Style néogothique

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Gratte-ciel Tribune Tower, Chicago Dessin de Villet-le-Duc présentant la fléche de la cathédrale d'Amiens et son décor de plomb ; plomb très utilisé par les architectes du « Gothic revival », qui fut à l'origine d'une vague de saturnisme chez les ouvriers couvreurs et artisans d'art Le style néo-gothique est un style architectural né au milieu du 18 siècle en Angleterre. Au , des styles néogothiques de plus en plus sérieux et instruits ont visé à fa
Style néogothique

Gratte-ciel Tribune Tower, Chicago Dessin de Villet-le-Duc présentant la fléche de la cathédrale d'Amiens et son décor de plomb ; plomb très utilisé par les architectes du « Gothic revival », qui fut à l'origine d'une vague de saturnisme chez les ouvriers couvreurs et artisans d'art Le style néo-gothique est un style architectural né au milieu du 18 siècle en Angleterre. Au , des styles néogothiques de plus en plus sérieux et instruits ont visé à faire revivre des formes médiévales, en contraste avec les styles classiques dominants à l'époque. Le mouvement a eu une influence importante en Europe et en Amérique du Nord, et il y a peut-être eu davantage d'architecture gothique construite durant les et s qu'il n'y en avait eu à l'origine. On peut distinguer trois phases :
- le néogothique de Christopher Wren en Angleterre, appliqué aux universités comme Oxford
- la deuxième phase en Grande-Bretagne est parallèle au développement du roman gothique en littérature
- la maturité dans les années 1840 grâce aux progrès de la science historique

Histoire

Survivance et renouveau

L'architecture gothique n'a pas complètement disparu au , mais à plutôt surnagé dans des projets en cours de construction de cathédrales et d'églises dans des régions rurales de plus en plus isolées d'Angleterre, de France, d'Espagne et d'Allemagne. À Bologne, en 1646, l'architecte baroque Carlo Rainaldi construisit des voûtes gothiques (achevées en 1658) pour la basilique de San Petronio qui était en construction depuis 1390; ici, le contexte gothique de la structure a primé sur le mode architectural de l'époque. De manière similaire, l'architecture gothique a survécu dans un contexte urbain à la fin du , comme le montrent Oxford et Cambridge, où quelques extensions et réparations de bâtiments gothiques étaient apparemment considérées comme gardant davantage le style des structures originales plutôt que le baroque d'alors. La Tom Tower de Christopher Wren pour la Christ Church d'Oxford, et, plus tard, les tours occidentales de l'abbaye de Westminster par Nicholas Hawksmoor, effacent les frontières entre ce qui est appelé la "survivance gothique" et le renouveau gothique. Au milieu du , avec la montée du romantisme, un intérêt et une prise de conscience croissants pour le Moyen Âge parmi certains connaisseurs influents ont créé une approche plus admirative des arts médiévaux, en commençant par l'architecture des églises, les monuments mortuaires des monarques et des nobles, les vitraux et les derniers manuscrits gothiques. D'autres arts gothiques continuaient toutefois à être considérés comme barbares et grossiers : les tapisseries et le travail du métal, par exemple. Les associations sentimentales et nationalistes avec des figures historiques étaient aussi fortes dans ce début de renouveau que des considérations purement esthétiques. Quelques Anglais, et bientôt quelques Allemands, commencèrent à apprécier le caractère pittoresque des ruines - « pittoresque » devenant une nouvelle qualité esthétique - et les effets adoucissants du temps que les Japonais appellent wabi-sabi et que Horace Walpole admirait indépendamment, de manière ironique, comme "la vraie rouille des guerres des Barons". Les détails "gothick" de la villa de Twickenham de Walpole "Strawberry Hill", plaisaient aux goûts rococos du moment, et d'ici les années 1770, des architectes entièrement néoclassiques tels que Robert Adam et James Wyatt étaient préparés pour fournir des détails gothiques dans des salons, bibliothèques et chapelles, pour une vision romantique d'une abbaye gothique, l'Abbaye de Fonthill dans le Wiltshire. Le style "gothick" était une manifestation architecturale du "pittoresque" architectural vu ailleurs dans les arts : ces temples ornementaux et chaumières ignoraient la structure logique des véritables constructions gothiques et étaient en fait des constructions palladiennes avec des arches pointues. Le paysagiste excentrique Batty Langley a même tenté d'"améliorer" des formes gothiques en leur donnant des proportions classiques. Une génération plus jeune qui prenait plus au sérieux l'architecture gothique a été le lectorat de la série de Cathedral Antiquities de J. Britten, qui apparut en 1814. En 1817, Thomas Rickman écrivit un Attempt… (Essai…) pour nommer et définir la séquence de styles gothiques dans l'architecture ecclésiastique anglaise, « un traité pour l'étudiant architecte ». Son long titre est descriptif : Attempt to discriminate the styles of English architecture from the Conquest to the Reformation; preceded by a sketch of the Grecian and Roman orders, with notices of nearly five hundred English buildings. (Essai pour discriminer les styles des architectures anglaises de la Conquête à la Réforme; précédé par une esquisse des ordres grecs et romains, avec des observations d'approximativement cinq-cent constructions anglaises.) Les catégories qu'il utilisa ici sont la Normande, la Jeune Angleterre, la Décorée et la Perpendiculaire. Il a été édité de nombreuses fois et était toujours édité en 1881.

Romantisme et nationalisme

Le style néogothique français a ses racines dans un aspect mineur de l’anglomanie, commençant à la fin des années 1780. En 1816, quand l'universitaire français Alexandre de Laborde dit « l'architecture gothique a ses propres beautés », l'idée était neuve pour la plupart des lecteurs français. À partir de 1828, Alexandre Brogniart, le directeur de la manufacture nationale de Sèvres, produit les premières peintures cuites d'émail sur des grands carreaux de verre, pour la chapelle royale de Louis-Philippe Ier à Dreux. Il serait difficile de trouver une commande aussi grande et importante dans le gout gothique avant celle-ci, sauf pour quelques éléments gothiques dans une poignée de jardins à l'anglaise. Le renouveau gothique en France a pris une plus grande importance grâce à un pionnier, Arcisse de Caumont, qui a fondé la Société des antiquaires de Normandie à une époque où « antiquaine » signifiait encore un expert en antiquités, et qui a publié son œuvre sur l'architecture normande en 1830. L'année suivante vit la parution de Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, dans lequel la grande cathédrale gothique de Paris est à la fois un décor et un protagoniste dans une œuvre de fiction énormément populaire. La même année, la nouvelle monarchie française établitun poste d'Inspecteur-Général des Monuments historiques, un poste occupé en 1833 par Prosper Mérimée, qui devint le secrétaire d'une nouvelle Commission des Monuments Historiques en 1937. C'était la commission qui a instruit Eugène Viollet-le-Duc pour faire un rapport sur les conditions de l'Abbaye de Vézelay en 1840. Par la suite Viollet-le-Duc entrepris la restauration de nombreux bâtiments gothic emblematique de la France - Vezelais, Carcasonne, Mont Saint-Michel, Notre Dame de Paris, Château de Roquetaillade. . . . Pendant ce temps, en Allemagne, l'intérêt dans la Cathédrale de Cologne, dont la construction avait commecné en 1248 et qui était toujours inachevée à l'époque du renouveau, commença à réapparaitre, marquant de manière importante le retour en l'Allemagne de l'architecture gothique. Schloss Braunfels À cause du nationalisme romantique au début du , les Allemands, les Français et les Anglais affirmaient tous que l'architecture gothique originale du était originaire de leur propre pays. Les Anglais ont hardiment inventé le terme "Early English" pour le gothique, un terme qui sous-entendait que l'architecture gothique était une création anglaise. Dans son édition de 1832 de Notre-Dame de Paris, Victor Hugo disait « Inspirons s’il est possible, à la nation l’amour de l’architecture nationale », sous-entendant que le gothique était un héritage français. En Allemagne, avec l'achèvement de la Cathédrale de Cologne dans les années 1880, à l'époque le plus haut bâtiment du monde, la cathédrale était vue comme le sommet de l'architecture gothique. À Florence, la façade de Duomo fut démolie en 1587-1588, et resta dépouillée jusqu'en 1864, quand une compétition fut organisée pour dessiner une nouvelle façade en accord avec la structure d'Arnolfo di Cambio et du campanile à côté d'elle. Cette compétition fut remportée par Emilio De Fabris, et le travail sur son dessin polychrome et les panneaux de mosaïque furent commencés en 1876 et achevés en 1887.

Pugin, Ruskin et le gothique en tant que force morale

À la fin des années 1820, Augustus Pugin, encore adolescent, travaillait pour deux employeurs hautement visibles, fournissant du détail gothique pour des biens de luxe. Pour les fabricants de meubles royaux Morel et Seddon, il fournit des plans pour des redécorations pour le plus âgé George IV au Château de Windsor dans un goût gothique qui allait avec le décor. Pour les argentiers royaux Rundell Bridge and Co., Pugin fournit des plans pour l'argenterie à partir de 1828, en utilisant le vocabulaire gothique anglo-français qu'il continuera plus tard à favoriser dans des plans pour le nouveau Palais de Westminster. Dans Contrasts (1836), Pugin exprima son admiration non seulement pour l'art médiéval mais pour tout l'esprit médiéval, affirmant que l'architecture gothique était le produit d'une société plus pure. Dans The True Principles of Pointed or Christian Architecture (1841), il suggéra que les artisans modernes cherchant à émuler le style de la fabrication médiévale devraient également reproduire ses méthodes. Pugin croyait que l'architecture gothique était la véritable architecture chrétienne, affirmant hardiment « l'arche pointée était produite par la foi catholique ». La construction de Pugin la plus célèbre est la Chambre des Parlements à Londres, qu'il a conçu en deux campagnes, 1836-1937 et encore en 1844 et 1852, avec le classiciste Charles Barry et son co-architecte. Pugin fournit la décoration extérieure et les intérieurs, tandis que Barry dessina l'arrangement symétrique de la construction. John Ruskin compléta les idées de Pugin dans ses deux œuvres théoriques influentes, The Seven Lamps of Architecture (1849) et The Stones of Venice (1853). Cherchant son idéal architectural à Venise, Ruskin suggéra que les constructions gothiques excellaient au-dessus des autres architectures à cause du « sacrifice » des sculpteurs de pierre qui décoraient tortueusement chaque pierre. En déclarant le Palais des Doges "la construction centrale du monde", Ruskin défenda la cause des bâtiments gothique pour le gouvernement tout comme l'a fait Pugin pour les églises, bien que seulement en théorie. Quand ses idées ont été mises en pratique, Ruskin méprisa le torrent de bâtiments publics construits en référence au palais Ducal, parmi lesquels le Musée d'Histoire Naturelle de l'Université d'Oxford à Oxford. En Angleterre, l'anglicanisme vivait un renouveau de l'idéologie anglo-catholique et ritualiste sous la forme du Mouvement d'Oxford et on se mit à projeter de construire un grand nombre de nouvelles églises pour pourvoir à la population croissante. Des exposants étaient tout prêts dans les universités, où le mouvement ecclésiologique était en train de se former. Ses partisans croyaient que le gothique était le seul style approprié pour une église paroissiale, et favorisaient une ére particulière de l'architecture gothique, la "Décorée". The Ecclesiologist, la publication de la Cambridge Camden Society, était si sauvagement critique envers les nouvelles constructions d'églises qui étaient en-dessous de ses standards qu'un style nommé "gothique archéologique" émergea, produisant des constructions médiévales parmi les plus convaincantes du néogothique. Toutefois, tous les architectes et les clients n'étaient par emportés par ce courant. Bien que le néogothique réussit à devenir une style de plus en plus familier de l'architecture, la tentative de l'associer avec la supériorité de la haute église, comme le promouvait Pugin et le mouvement ecclésiologique, allait contre ceux qui possédaient des principes œucuméniques ou non-conformistes. Ceux-ci cherchaient à l'adopter uniquement pour ses qualités esthétiques romantiques, pour le combiner avec d'autres styles ou recherchaient en Europe du Nord pour du gothique d'apparence plus simple, et pour consciemment choisir un style assez différent; ou dans certains cas, ces trois choses en même temps, comme pour l'œucuménique Abney Park Cemetery pour lequel l'architecte William Hosking fut engagé.

Viollet-le-Duc et le fer

Bien que la France n'ait pas été présente sur la scène néogothique aussi tôt, elle a produit un géant du renouveau en Eugène Viollet-le-Duc. En plus d'être un théoricien puissant et influent, Viollet-le-Duc était un architecte de premier plan dont le génie résidait dans la restauration. Il restaurait des constructions à un stage de complétion qu'elles n'auraient pas connu même quand elles étaient construites pour la première fois, théorie qu'il appliqua à ses restaurations de la ville fortifiée de Carcassonne, ainsi qu'à Notre-Dame, le Chateau de Roquetaillade et à la Sainte Chapelle à Paris. À cet égard, il différa de son homologue anglais Ruskin étant donné qu'il remplaçait souvent le travail des tailleur de pierres médiévaux. Son approche rationnelle du gothique contrastait complètement avec les origines romantiques du renouveau, et est considérée par certains comme un prélude à l'honnêteté structurelle exigée par le modernisme. Tout au long de sa carrière, il resta dans le dilemme de choisir si le fer et la maçonnerie devaient être combinés dans une construction. Le fer avait en fait été utilisé dans les constructions gothiques depuis les premiers jours du néogothique. C'est seulement avec Ruskin et l'exigence du gothique architectual pour la vérité structurelle que le fer, qu'il soit visible ou pas, fut considéré inapproprié pour une construction gothique. Cet argument commença à s'écrouler au milieu du comme des grandes structures préfabriquées telles que le Crystal Palace de verre et de fer et la cour vitrée du Oxford University Museum furent érigées, semblant incarner les principes du gothique à travers le fer. Entre 1863 et 1872, Viollet-le-Duc publia ses Entretiens sur l’architecture, un ensemble de plans audacieux pour des constructions qui combinaient le fer et la maçonnerie. Bien que ces projets ne furent jamais réalisés, ils influencèrent plusieurs générations de dessinateurs et architectes, notamment Antonio Gaudi. Gasson Hall sur le campus du Boston College à Chestnut Hill, Massachusetts, par Charles Donagh Maginnis, 1908-1913

Le 20 siècle et au-delà

Au tournant du , les avancées technologiques telles que l'ampoule électrique, l'ascenseur et l'acier ont fait que de nombreuses personnes ont vu l'architecture qui utilisait la maçonnerie comme obsolète. L'acier supplanta des fonctions non-ornementales des voûtes et des arcs boutant. Certains architectes utilisèrent la tracerie néogothique comme un ornement appliqué sur un squelette de fer en-dessous, par exemple dans le gratte-ciel Woolworth Building de 1907 de Cass Gilbert à New York et la Tribune Tower de 1922 de Raymond Hood à Chicago. Mais durant la première partie du siècle, le néogothique fut supplanté par le modernisme. Certains dans le Modern Movement virent la tradition gothique de la forme architecturale entièrement en termes d'"expression honnète" de la technologie de l'époque, et se virent comme les héritiers en droit de cette tradition, avec leurs fenêtres rectangulaires et leurs poutres de fer visibles. Malgré cela, le néogothique continua à exercer son influence, simplement parce que nombres de ses projets les plus massifs étaient encore en construction durant la seconde moitité du 20 siècle, telles que la Cathédrale de Liverpool de Giles Gilbert Scott. Aux États-Unis, les premières constructions de Charles Donagh Maginnis au Boston College aidèrent à établir la prévalence de l'architecture gothique collégiale sur les campus de l'université américaine. Le gratte-ciel néogothique du campus de l'Université de Pittsburgh, la Cathedral of Learning, par exemple, utilisait des styles très gothiques à la fois à l'intérieur et à l'extérieur, tout en utilisant des technologies modernes pour rendre la construction plus haute. Ralph Adams Cram devint une force de premier plan dans le gothique américain, avec son projet le plus ambitieux, la Cathedral of Saint John the Divine à New York (dite la plus grande cathédrale du monde), ainsi qu'avec des constructions gothiques collégiales à l'Université de Princeton. Cram disait « le style taillé et perfectionné par nos ancêtres est devenu le nôtre par un héritage incontesté ». Bien que le nombre de nouveaux bâtiments néogothiques déclina fortement après les années 1930, ils continuèrent à être construits. La cathédrale de Bury St. Edmunds fut construite entre la fin des années 1950 et 2005 . En 2002, Demetri Porphyrios fut accrédité pour concevoir un collège résidentiel néogothique à l'Université de Princeton, connu sous le nom de Whitman College. ==
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