Caraquet

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Caraquet est une ville portuaire canadienne située dans la région de la Péninsule acadienne et le comté de Gloucester, au nord-est du Nouveau-Brunswick. Élément fondamental de son histoire et de son économie, la pêche est aussi un atout touristique. Centre touristique de sa région et l'une des principales destinations de la province, Caraquet est également considérée comme la capitale culturelle de l'Acadie et compte de ce fait de nombreux festivals et institutions
Caraquet

Caraquet est une ville portuaire canadienne située dans la région de la Péninsule acadienne et le comté de Gloucester, au nord-est du Nouveau-Brunswick. Élément fondamental de son histoire et de son économie, la pêche est aussi un atout touristique. Centre touristique de sa région et l'une des principales destinations de la province, Caraquet est également considérée comme la capitale culturelle de l'Acadie et compte de ce fait de nombreux festivals et institutions culturelles. Son nom se prononce KA-ra-kète.

Géographie

15px Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette partie proviennent de la source suivante

Situation

L'île de Caraquet, la Gaspésie est visible à gauche La ville de Caraquet est située sur un plateau bordant la baie des Chaleurs et la baie de Caraquet. Caraquet est l'une des trois principales villes de la péninsule acadienne. Elle fait face à la péninsule de Maisonnette. La péninsule gaspésienne, située à une trentaine de kilomètres au nord, est visible de Caraquet et on peut distinguer les montagnes et même les maisons. Caraquet est limitrophe de Bertrand à l'ouest, de la paroisse de Caraquet au sud et de Bas-Caraquet à l'est. La ville fait légalement partie de la paroisse, même si elle n'y est pas incluse pour fins de recensement.

Topographie

Plan du centre-ville. 1:hôtel de ville, installations sportives, écoles et centre culturel; 2:édifices religieux; 3:hôpital, théâtre, collège, musée et hôtel; 4:marina, salle de spectacle; 5:port de pêche, usines de transformation de poisson; 6:parc industriel. Les parcs et le sentier apparaissent en vert clair. De gauche à droite: ruisseau Fitzpatrick, à Brideau et à Chenard. De gauche à droite: pointe et plage de l'Église, plage Foley (parc) et pointe à Brideau. Le terrain est généralement plat et légèrement incliné vers l'est, de sorte qu'il n'y a plus de falaises à la frontière avec Bas-Caraquet. Il y a trois principales collines dans la ville. La plus haute, située à l'extrémité ouest de la ville, a une altitude de . Un plateau d'une trentaine de mètres d'altitude se trouve à l'extrémité est de la ville. La ville est entrecoupée de quelques vallons et le littoral est principalement formé de falaises, mesurant par endroit plus de 15 mètres J. Antonin Friolet, Caraquet, Village au Soleil, chez l'auteur, Fredericton, 1978. pp. 17-29. Le littoral est relativement régulier, et forme quelques pointes, telles que la pointe aux Roseaux, la pointe Rocheuse, la pointe à l'Église et la pointe à Brideau. Finalement, Caraquet possède quelques plages, telles que Dugas, de l'Église et Foley.

Hydrographie

La configuration du relief de la région de Caraquet crée environ dix bassins hydrographiques. Ils se dirigent principalement dans trois plans d'eau différents, soit la rivière Pokemouche, la baie Saint-Simon et la baie de Caraquet. De nombreux cours d'eau, pour la plupart de faible importance, parcourent la ville. Ceux-ci sont d'une grande importance historique, car c'est à leur embouchure que les premiers hameaux se sont développés. Les principaux sont la Petite Rivière Caraquet, qui se déverse dans la baie de Caraquet à l'ouest, et la rivière Saint-Simon, au sud. Les autres cours d'eau sont les ruisseaux de la Cernu, à Maquerau et à Dominique, qui sont tous des afluents de la rivière Saint-Simon. Les ruisseaux Isabelle, à Chenard, à Brideau et Fitzpatrick se déversent dans la baie de Caraquet et la rivière Waugh se déverse quant à elle dans la Pokemouche. Plusieurs marais et tourbières, dont au moins quatre sont de tailles importante, se trouvent dans la forêt. On retrouve aussi des marais côtiers. On retrouve deux lacs dans les tourbières: le lac à l'Église et le lac Gallien. Il y a aussi quelques étangs.

Géologie

Le sous-sol de Caraquet date du Pennsylvanien et du Triassique (entre 200 et 250 millions d'années). Le sol est composé principalement d'une couverture de plaine (dépôt de charbon, sable, silt et gravier) au-dessus d'une épaisseur de till d'ablation de texture argileuse, sur une assise rocheuse de grès fissuré d'une épaisseur de à . Les dépôts de surface sont probablement d'origine marine. Un dyke de diabase rectiligne, d'une largeur de , traverse la municipalité en suivant un axe nord-est-sud-ouest. Il est exposé à la Pointe à Brideau (derrière l'hôpital) et à l'île de Caraquet.

Climat

La ville de Caraquet est situé à la limite du climat maritime, dû à la présence de la baie des Chaleurs et du Golfe du Saint-Laurent. Les hivers sont plus doux que dans le reste du pays et les étés y sont plus frais. La température moyenne pour le mois de janvier est de et de pour le mois d'août. Le taux d'humidité relatif est de pour le mois de janvier et de pour le mois d'août. La moyenne annuelle des précipitations est d'environ , un peu sous la moyenne provinciale. Les chutes de neige sont d'environ par hiver. Le littoral est exposé à de forts vents, qui endommagent les arbres situés près de la côte.

Faune et flore

Le développement de la ville s'étant fait en grande partie le long du littoral, la plupart du territoire est couvert d'une forêts mixte, où l'on retrouve des prusses noirs, blancs et rouges, des sapins baumiers, du bouleau blanc, du tremble, etc. Comme dans le reste de la province, une partie de la forêt fut détruite durant les grands feux de forêt de 1930. On observe surtout des corbeaux en ville mais plusieurs espèces d'oiseaux vivent dans la forêt, ainsi que des couleuvres, différents amphibiens, des rongeurs et parfois de grand mammifères comme les orignaux. Il n'y a pas de réserves naturelles à Caraquet, et les parcs couvrent une fraction infime du territoire. La forêt est menacée par les coupes à blanc et le développement résidentiel. Les tourbières n'ont pas été exploitées, mais il existe plus de vingt carrières.

Quartiers

Caraquet, regardant vers l'ouest à partir du port Historiquement, la ville de Caraquet s’est développée à partir de trois villages. Le premier, au lieu-dit de Sainte-Anne-du-Bocage, près de l’embouchure de la Petite Rivière Caraquet, un deuxième près du ruisseau à Chenard et un dernier près du ruisseau Isabelle (faisant maintenant partie de Bas-Caraquet). Les terrains étaient originellement de forme rectangulaire, s'étendant de la mer vers l’intérieur des terres. La forme des terrains et la situation des hameaux est due au fait que les premiers habitants vivaient surtout de la pêche et avaient donc un accès facile à la mer. Par succession de père en fils, les terrains ont été divisés de la même façon jusqu’à devenir des rectangles de plus en plus étroits. De nos jours, à part au centre-ville où la population est plus dense, la ville se trouve en quelque sorte dans une étroite prairie située le long du boulevard Saint-Pierre, et bordée au nord par la baie et au sud par la forêt. On peut tout de même distinguer quelques quartiers, dont le nom est utilisé par la population (note: pour les quartiers officiels, voire Administration). Haut-Caraquet s'étend de Bertand, à l'ouest, jusqu'à un ruisseau dans les environs du Sanctuaire Sainte-Anne-du-Bocage. Ce quartier est rural et est une destination de villégiature, avec entre autres de nombreux chalets, le sanctuaire et un terrain de camping. La Butte à Japon sétend sur une colline (butte), de l'est du quartier Haut-Caraquet à la Petite Rivière Caraquet. C'est un quartier résidentiel de faible étendue. La Pointe-Rocheuse s'étend de la Petite Rivière Caraquet aux environs de l'église. Ce quartier s'est développé tardivement et a conservé une certaine allure rurale. On y retrouve entre-autres un centre commercial, des bâtiments corporatifs et des industries légères, un ciné-parc, quelques chalets, une résidence pour personnes âgées et un cimetière. Le Centre-Ville s'étend approximativement de l'église au port. D'une densité de population élevée, on y retrouve l'hôtel de ville et la plupart des institutions, ainsi que de nombreux magasins et restaurants. Dans ce quartier, on retrouve en plus le Port de Caraquet (aussi appelé quai, parce qu'il y en avait autrefois juste un), qui accessible par deux vallons et qui se situe à l'est de l'hôpital. On y retrouve bien sûr le port de pêche, les usines d'apprêtage de poisson, une marina, un parc, un hôtel, une salle de spectacle, le bureau d'information touristique et un restaurant. Le Bouthillier, autrefois appelé Middle Caraquet, s'étend sur environ trois kilomètres du port jusqu'à Bas-Caraquet. Ce quartier, situé dans une prairie surplombant la baie, est majoritairement résidentiel et compte de nombreux chalets. Le Parc Industriel se trouve sur une colline à l'est du port et au sud de Lebouthilier. Ont y retrouve les services de travaux publics et quelques entreprises. De plus, on retrouve des maisons, des industries et quelques commerces au nord de la rue du Portage et du chemin Saint-Simon. Finalement, il y a quelques hameaux, en particulier dans l'ouest.

Rues

Le chemin du Portage est utilisé comme ligne de partage des adresses est et ouest sur le boulevard Saint-Pierre. Les rues croisant ce dernier sont elles aussi séparées en sections est et ouest, ou encore nord et sud.

Histoire

Origines

Jacques Cartier Micmacs La ville est nommée d'après la baie de Caraquet. Deux théories tentent d'expliquer l'origine de son nom. Ce serait un mot en langue micmaque qui signifie , en référence à la rivière du Nord et la rivière Caraquet. Selon la deuxième, le nom ferait référence à un type de bateau, la caraque "Caraquet." Encyclopædia Britannica. 2007. Encyclopædia Britannica Online. 3 août 2007 .. Il est à noter que les Micmacs appellent la ville Calaket. Le gouverneur Nicolas Denys est le premier à faire mention de Caraquet, en 1672, dans son livre Description géographique et historique des costes de l'Amérique septentrionale. Il y faisait une courte description des Îles de Tousquet, qui sont les îles de Caraquet et Pokesudie. Ce nom est une erreur parce qu'elles figuraient sur sa carte comme Îles de Caraquet. Les différentes orthographes utilisées au fil des années incluent Karaquet, Quaraqu, Carraquet et Caraquette William Francis Ganong, The history of Caraquet and Pokemouche, New Brunswick Museum, Saint-Jean, 1948.. Les premiers habitants furent les Micmacs. Ils vivaient principalement à Pokemouche, mais avaient un campement près de l'endroit où se trouve maintenant l'hôpital. Peu de choses sont connues de leur présence dans les environs et il se servaient probablement de l'endroit comme raccourci pour se rendre de la baie Saint-Simon à la baie des Chaleurs. Les Vikings seraient les premiers européens à avoir visité la région, à partir du Mentionné sur l'article de la Wikipédia anglophone. Cette information semble provenir du livre The Norse Atlantic Sagas, par Gwyn Jones (À vérifier). D'après un article du magazine Popular Science (mai 2001), l'anthropologiste norvégien Thor Heyerdahl aurait écrit en 2000 un livre sur une recherche, basée sur les sagas Viking et les archives du Vatican, qui prouverait que la population Viking en Amérique du Nord aurait atteint jusqu'à 25 000 personnes et qu'ils y seraient restés pendant au moins un siècle. Ce livre, Ingen Grenser, semble ne pas avoir été traduit du norvégien.. En effet, des coquilles de noyer ont été découvertes à L'Anse aux Meadows. Il n'y a pas de noyer à Terre-Neuve, et l'endroit le plus près où cet arbre pousse est sur la côte est du Canada, incluant le Nouveau-Brunswick. La région commença à être visitée par des pêcheurs Basques, Normands et Bretons dès la fin du Donat Robichaud, Le Grand Shippagan, 1976. p.33-37. Jacques Cartier jetta l'ancre dans la région de Miscou en juillet 1534 et explora la région pendant quelques jours Lacoursière, Jacques, Jean Provencher et Denois Vaugeois (2000). Canada-Québec 1534-2000 Québec : Septentrion. pp. 24-25. En 1619, Association des marchands de Bordeaux fonda un poste de pêche à Miscou. Des jésuites vinrent ensuite pour évangéliser les amérindiens de la région. Nicolas Denys faisait du commerce sur la côte de la baie des Chaleurs et du golfe du Saint-Laurent, incluant à Caraquet. L'association fut ensuite dissoute, les jésuites rappelés en France et Nicolas Denys forcé de quitter l'île pour Nipisiguit Corinne Albert-Blanchard, Caraquet, Quelques bribes de son histoire, 1967.. Vers 1724, le Français Gabriel Giraud dit St-Jean est probablement le premier colon à s'établir en permanence dans la région. Il serait en fait arrivé vers les années 1710 et on sait qu'il vivait à Miramichi en 1727. Il serait né en Bretagne. Il vivait sur la rive est du ruisseau Saint-Jean (aujourd'hui Isabelle), à trois quarts de lieues de la route, à la limite entre Caraquet et Bas-Caraquet. Il maria une Micmac et ils eurent au moins deux enfants, Angélique et Jean-Baptiste, marié lui aussi à une Micmac. Leur nom a disparu mais ils ont quelques descendants, principalement en Gaspésie.

Guerre de Sept Ans

Monument commémorant la fondation de Caraquet Tombe d'Alexis Landry Monument commémorant le Grand Dérangement Les premières années de l'histoire de Caraquet sont intimement liées à la Guerre de Sept Ans. Pour échapper à la déportation, des centaines d'Acadiens se réfugièrent à partir de l'été 1756 au Camp d'Espérance à l'Île Boishébert, dans la Miramichi. Ils y passèrent un hiver terrible et environ 2000 personnes moururent de la faim et de maladies. Au printemps 1757, une partie de la population décida de s'établir sur le littoral sud de la baie des Chaleurs, entre Népisiguit et Néguac. Un village fut fondé à Caraquet par Alexis Landry, Olivier Blanchard, Olivier Légère, Louis Brideau et leur familles, au lieu-dit de Sainte-Anne-du-Bocage Bona Arsenault, Histoire des Acadiens, Fides, 2004. pp. 370-371. Dans une lettre postée de la Restigouche et datée du , le commissiare Basagier écrivit au Cardinal Mazarin que 150 personnes vivaient à Caraquet dans 36 familles. La même année, suite à la bataille de la Ristigouche, le capitaine Saint-Simon se vit confier le commandement d'un bateau corsaire avec 47 hommes d'équipage Normands. En octobre, ils prirent en chasse un bateau anglais, qu'ils capturèrent. Ensuite, une frégate anglaise les poursuivit. Ils se réfugièrent dans la baie de Saint-Simon pour échapper à la capture. Ils sabordèrent leur bateau au lieu-dit de La Chaloupe, près du hameau de Morais à Bas-Caraquet. Ne pouvant retourner à Restigouche, ils passèrent l'hiver dans la région. Au printemps 1761, Saint-Simon retourna en France, tandis qu'une partie de son équipage s'établit à Caraquet et Bas-Caraquet. Certains fondèrent plus tard le village de Saint-Simon. En juillet et août 1761, Pierre Du Calvet effectua un recensement de la région pour le compte du gouverneur Murray. D'après le recensement, 37 familles (174 habitants) habitaient Caraquet dans trois villages. À la suite de ce recensement et en représailles de la bataille, le capitaine Roderick MacKenzie captura la plupart des Acadiens de la région, entre Nipisiguit (Bathurst) et Shippagan. Ces gens seront emprisonnés à Halifax (sur l'île George) et au Fort Cumberland. Caraquet fut relativement épargnée, car sur environ 170 habitants, 150 sont laissés sur place à cause du manque de place sur les bateaux ou se sont enfuit. Ceux qui échappèrent à ces attaques s'établirent en d'autres endroits de la baie des Chaleurs, comme à Bonaventure ou à Miscou, au ruisseau des Landry. N'étant pas acadiens, Gabriel Giraud et sa famille n'ont probablement pas été déportés. Cela ferait de Caraquet et Bas-Caraquet un des établissement permanent les plus anciens du Nouveau-Brunswick et de l'est du Canada. Le marchand Anglais Gamaliel Smethurst relatera plus tard ces évènements. Il fut témoin de la déportation de Nipisiguit et ensuite abandonné par son capitaine. Il se rendit à Caraquet avec l'aide de trois Français s'étant cachés dans le bois, probablement des membres de l'équipage de Saint-Simon. Après avoir marchandé, Gabriel Giraud lui donna un canot et l'aide des Micmacs pour qu'il puisse se rendre au Fort Cumberland.

Du Régime Anglais à nos jours

En 1763, c'est la signature du traité de Paris: l'Angleterre obtint tout le territoire de l'Acadie. En 1764, la Proclamation royale permit aux Acadiens déportés de venir s'établir sur des terres inhabitées. Alexis Landry est revenu à Caraquet en 1766, avec les Légère, Blanchard, Poirier, Cormier, Dugas, Gallien, Doiron, Gionet, Albert, Bouthillier et Lanteigne. Les Dugué et Mallet décident plutôt de s'établir à Shippagan. On sait que Raymond Bourdages, de Bonaventure, exploitait un poste de pêche à Caraquet aux environs de 1763. En 1776, Caraquet fut probablement la cible de corsaires Américains durant la Révolution Américaine. En 1784, François Gionest se rendit à pied à Halifax. La Grande Grant, l'occupation légale du sol à Caraquet, y fut accordée le 19 mars, une concession de pour 34 familles. Certaines de ces terres font maintenant partie de Bertrand ou Bas-Caraquet. À cette époque, plusieurs pêcheurs Normands s'étaient établis à Caraquet. Une partie des premiers colons étant Micmacs, leurs descendants sont donc Métis. Ce sera ensuite le tour d'autres Canadiens. Il n'était pas rare de voir des familles avec 14, 15 ou même 16 enfants. À partir de cette époque, la population de Caraquet se sépara en deux groupes distincts: les Acadiens vivant à l'ouest et les Métis, Québécois, et Normands vivant à l'est. Pendant environ 50 ans, il y eut une certaine haine entre les deux groupes et aucun mariage. Ce clivage aura des conséquences désastreuses durant les émeutes de 1875 Clarence Lebreton, La Révolte Acadienne, Les Éditions de la Francophonie, Moncton, 2002. . Des prêtres commencèrent à visiter la ville en 1768. Auparavant, les habitants de Caraquet célébraient des messes blanches, dirigées par Alexis Landry. La première église fut construite à Sainte-Anne-du-Bocage en 1791. En juillet 1811, l'évèque Joseph-Octave Plessis fit une visite de quelques jours à Caraquet. Il affirma que la viande était rare et le pain de mauvaise qualité mais que les gens faisaient bien la pêche. Il affirma aussi que les gens de l'ouest étaient purs mais que ceux de l'est avaint moins bonne renommée, qu'ils sortaient à Paspébiac et qu'ils s'étaient alliés avec des « sauvagesses », sans êtres pour autant des barbares. En 1817, l'abbé Thomas Cooke devenait le premier prêtre résident de Caraquet. Une deuxième église fut construite en 1818. Étant la seule de la région à l'époque, cela contribua à la prospérité de la ville. Au , plusieurs Jersiais, Écossais et Anglais vinrent s'établire à Caraquet. La plupart quitteront après quelques années ou laisseront très peu de descendance. Ils contrôleront pourtant l'économie et la politique locale pendant plus de cent ans. La Companie Robin s'établit en 1837 et sera présente jusqu'en 1958. Le commercant anglais Robert Young s'établit à Caraquet en 1850. Un peu plus tard, ce sera le tour de Philip Rive et William Fruing. En 1857, l'église Saint-Pierre-aux-Liens est construite. En 1865, Jean-Louis Landry ouvrit le premier moulin à farine de la région. Il fonctionnera pendant 35 ans. Il possédait aussi un moulin à bois et un autre à carder la laine. Le , le gouvernement provincial adopta la Common School Act, qui, entre autres, mit fin à l'enseignement religieux dans les écoles. Appuyés par les Irlandais de la province, quelques députés et le clergé, les habitants protestèrent et demandèrent un réseau d'écoles catholiques. Cette crise causa la défaite de plusieurs députés provinciaux et fédéraux, affaiblissa le gouvernement de John A. Macdonald et contribua à sa chute. Les habitants de Caraquet se révoltèrent contre les partisans de la loi et les marchands anglais. Cela dégénèrera en des émeutes de deux semaines. La police intervint avec l'aide d'une milice et de l'armée canadienne. Il y eu deux morts le : John Gifford, un milicien de 22 ans venu de Newcastle, et Louis Mailloux, 17 ans. L'école secondaire et une rue portent aujourd'hui son nom. Le Château Albert Le Vieux Couvent en 1880 À la demande des marchands de la ville, la Montreal Telegraph Co fit ouvrir un service télégraphique en 1872. Le couvent de la Congrégation Notre-Dame, aujourd'hui appelé Vieux Couvent, destiné à l'éducation des filles, est construit en 1874. L'ingénieur Sanford Fleming proposa au gouvernement fédéral de faire passer le Chemin de fer Intercolonial dans la ville et de construire un port à Pokesudie Clarence Lebreton, Le Caraquet Flyer, Éditions du Fleuve, 1990. . Le trajet fut finalement dévié vers Halifax, mais un chemin de fer plus modeste fut tout de même inauguré en novembre 1887. En décembre, le train Caraquet Flyer déraille à Sainte-Anne-du-Bocage, faisant huit morts. Le service de passagers est arrêté en 1954 et remplacé par un service d'autobus, le service de marchandises en 1986 et les rails sont enlevées en 1994 Consulté le 10 septembre 2007. Il y a toujours une rue de la Gare. L'ouverture du chemin de fer causa un certain boom économique à Caraquet, avec la construction de plusieurs usines, ateliers, commerces et hôtel, dont le Château Albert, construit en 1907. En 1895, Henri A. et Nazaire Dugas ouvrirent une scierie et plus tard une manufacture de portes et fenêtres, une autre de bardeaux et un moulin à farine de trois étages. La qualité de leur produits était renommée dans toute la région. Des bateaux furent construits par Charles Chenard et Théotime Albert. Il y eut aussi une confiserie, la tannerie Fitzpatrick, une fonderie, une boucanière, des conserveries à homard et une boulangerie. En 1919, Jos L. Blanchard ouvri le premier atelier d'artisanat commercial. Il y avait une carrière à proximité de l'église, d'où furent extraites les pierres servant à la construction des édifices institutionnels. La plupart de ces usines n'existent plus. Le téléphone fit son arrivée à Caraquet vers 1891. Le Collège Sacré-Cœur ouvrit ses porte en 1899. En 1905 eut lieu à Caraquet la V Convention nationale acadienne. En 1912, le Dr F.X. Comeau fut le premier résident à posséder une voiture. Le , lors d'une forte tempête, 13 pêcheurs de Caraquet, 6 de Bas Caraquet et une quinzaine de Lamèque perdirent la vie. Le Collège Sacré-Cœur fut détruit par un incendie en 1915. Après un long débat pour que le collège soit reconstruit à Caraquet, c'est finalement à Bathurst qu'il fut reconstruit en 1921. L'électricité arriva à Caraquet vers 1939. Durant les années 1940, le gouvernement fédéral acheta le quai de Caraquet, mettant en partie fin à la mainmise des marchands Anglais sur l'économie locale. En 1945, un service d'autobus fut instauré. Trois véhicules assuraient les liaisons intérieures et un autre assurait la liaison Bathurst-Tracadie-Shippagan. Le service local existera jusque dans les années 1970. La section
-56 de la Légion royale canadienne fut inaugurée en 1946. Le Congrès eucharistique de 1950 attira plus de participants. Une usine fut construite en 1950 par la compagnie américaine Gorton-Pew, près des installations de la compagnie Young. Cette usine apprêtait surtout des filets congelés de morue ou de sole. Le Château Albert fut détruit par un incendie en 1955. En 1959, l'École régionale de Caraquet (plus tard appelée La Nacelle, du nom de son journal étudiant) fut construite sur les ruines du Collège Sacré-Cœur. Auparavant, les étudiants de la ville étaient répartis dans plusieurs écoles trop petites. La même année, l'École des Pêches est installée dans le sous-sol. Après l'abolition des gouvernements de comté, Caraquet obtint sa charte de ville le 15 novembre 1961. Le premier maire fut Alban Blanchard. L'année 1963 vit la construction du nouveau bâtiment de l'École des Pêches, de l'Hôpital Enfant-Jésus, l'ouverture du Musée Acadien le 13 août et finalement la tenue du premier Festival Acadien. En 1965, Caraquet acceuillit la XIV Convention nationale acadienne. La Villa Beauséjour, une vaste résidence pour personnes âgées, fut inaugurée en 1967. Le Colisée Léopold Foulem fut construit la même année. L'usine de textiles Cirtex est ouverte en 1974. Elle est fermée deux ans plus tard après une longue grève. Le Village Historique Acadien fut inauguré ouvert en 1977 et le nouvel hôtel de ville en 1978. La même année, un entrepôt frigorifique fut construit à Bas-Caraquet. Il brûla mystérieusement peu après son ouverture et fut reconstruit au port de Caraquet. Le quotidien l'Acadie Nouvelle est fondé en 1984. Les années 1980 et 1990 ont vu la fin du contrôle de l'industrie de la pêche par les Canadiens anglais Consulté le 10 septembre 2007. Le Vieux-couvent, qui abritait la plupart des organismes culturels et communautaires de la région, fut détruit par un incendie en 1992. Caraquet acceuillit les 15e Jeux de l'Acadie en 1994. En 2003, suite à l'émeute de Shippagan, des pêcheurs Micmacs s'installèrent au port de Caraquet pour assurer leur sécurité. La même année, un mouvement de protestation au Nouveau-Brunswick et au Québec se forma pour empêcher la construction d'un incinérateur par la compagnie Bennet Environmental à Belledune, pour traiter des sols contaminés aux hydrocarbures et à l'huile de créosote. Des risques pour l'environnement et la santé des habitants des communautés de la Baie des Chaleurs ont été évoqués. Face à la pression populaire, le gouvernement du Nouveau-Brunswick exiga plusieurs actions de la part de la compagnie, dont la tenue d'une consultation publique, avant de donner le feu vert à la construction .

Démographie

La ville comptait en 2006 4 156 habitants, alors qu'elle en comptait 4 442 en 2001, soit une baisse de 6, 4% Consulté le 10 septembre 2007.. La ville compte 1973 logements privés dont 1793 sont occupés par des résidents habituels. De ce nombre, 77, 5% sont occupés par le propriétaire et 22, 5% sont loués . La ville a une superficie de 68, 26 kilomètres et une densité de population de 60, 9 habitants au kilomètre carré . 97, 6% de la population parle le français à domicile, tandis que 90, 1% le parle au travail . Chez les plus de 15 ans, 39, 9% sont célibataires, 40, 7% sont mariés, 6, 4% sont séparés, 5, 9% sont divorcés et 7, 1% sont veufs. 98, 5% de la population est née au Canada, moins de 1% est autochtone et 1, 8% appartient à une minorité visible. 95, 6% des habitants sont catholiques et on compte quelques bouddhistes et protestants. Presque tout au long de son histoire, Caraquet a connu un exode de sa population à cause des mauvaises conditions de vie et des attaques, lors des premières décennies, et des problèmes économiques . La plupart de ces gens ce sont établis aux États-Unis, principalement au Maine, au New Hampshire, au Massachussetts, au Michigan et en Floride. Il se sont aussi établit dans le reste du Canada, principalement à Québec et Montréal, où la « diaspora » est plus populeuse que leur ville d'origine . Plus récemment, beaucoup de gens, surtout des jeunes, se sont établit dans le Grand Moncton ainsi qu'en Alberta, attirés par l'industrie des sables bitumineux. Les pyramides des âges, établies selon les données du recensement 2006 de Statistique Canada pour la ville , le Nouveau-Brunswick Consulté le 10 septembre 2007. et le Canada Consulté le 10 septembre 2007., montrent que la population est plus âgée que dans le reste de la province ou du pays.

Administration

Caraquet est subdivisé en quatre quartiers, chacun représentés au conseil municipal par deux conseillers: Gertrude Landry et Romain Robichaud (Quartier 1), Yves Roy et Michel Rail (Quartier 2), Gilles Lanteigne et Cyrille Landry (Quartier 3), Pierre P. Albert et Kevin J. Haché (Quartier 4). Le maire est Antoine Landry, le maire suppléant est Gertrude Landry et le directeur général est Lucien Saulnier. Marc Cormier est l'Ingénieur municipal et le Secrétaire greffier est Éric Haché. Le mandat des élus est passé de trois ans à quatre ans lors des élections municipales de 2004.

Budget et services municipaux

Le budget municipal pour l'année 2007 prévoit 4 353 778 dollars de dépenses. 19% du budget est alloué à l'administration, 25% aux services de protection, 12% aux services financiers, 19% aux transports, 14% à l'hygiène et à l'aménagement, 7% aux services récréatifs et 4% à la culture. La taxe d'eau s'élèvent à 120$ et la taxe d'égoût à 250$. Pour les compteurs des industries et commerces, la taxe est de 1, 00 $ par 1000 gallons d'eau salée, 2, 25 $/1000 gallons pour l'eau douce et 1, 20 $ pour chaque gicleur. La ville compte environ 35 employés. Le service des travaux publics de Caraquet s'occupe du déneigement et du balayage des rues, de la construction et de l'entretien des réseaux d'aqueduc et d'égout, de l'entretien des bornes-fontaines, de la vérification mécanique des équipements, ainsi que le nettoyage des espaces verts. Le département de génie de Caraquet a comme responsabilités les nouvelles constructions, le lignage et l'éclairage des rues, l'arpentage et la cartographie, la planification d'infrastructures, la collecte des déchets, les bâtiments, l'inspection, l'asphaltage, le chauffage et l'électricité, les trottoirs et le parc industriel. L'urbanisme est de la responsabilité de la Commission d'aménagement de la péninsule acadienne (CAPA).

Sécurité

La Gendarmerie royale du Canada fait office de police municipale et possède un poste situé dans le centre-ville. Celle-ci s'occupe aussi du service 911. La ville de Caraquet a sa propre brigade de pompiers volontaire, fondée en 1948. Elle a un effectif d'une vingtaine d'hommes et possède des camions à incendie, une motoneige et un traîneau de sauvetage Consulté le 10 septembre 2007. La brigade possède aussi un bateau de sauvetage en mer servant de garde-côtière auxiliaire à celle de Shippagan. Les Forces canadiennes n'ont pas de présence en ville, mais il y a parfois des exercices militaires dans la baie.

Représentation

Le député fédéral (Acadie-Bathurst) est Yvon Godin, du NPD. Il fut élu lors des élections de 1997, où le député sortant Doug Young perdit les élections en raison de la colère provoquée par une réforme du régime d'assurance-emploi. Le député provincial de Caraquet est Hédart Albert, du parti libéral.

Économie

Situation économique

L'économie de la Péninsule acadienne est peu développée, et la situation à Caraquet n'est guère mieux. La pêche est le principal moteur économique. Durant la dernière décennie, plusieurs projet d'usines ont été abandonnés à cause du manque d'infrastructures de transport. Le taux d'activité est de 66, 4%, tandis que le taux d'emploi est de 56, 0%. Le taux de chômage est élevé, 15, 6% (à titre de comparaison, celui de la province est de 12, 5% et celui du pays est de 7, 4%) Consulté le 10 septembre 2007.. Le tableau suivant démontre que Caraquet a un fort taux d'emplois saisoniers.

Activitées portuaires

Il y a toujours un important port situé dans l'est. Plusieurs usines d'apprêtage de poisson sont situées à proximité. L'une d'elles sera bientôt agrandie, un projet de 4 million de dollars qui créera 250 emplois Consulté le 10 septembre 2007. La pêche crée aussi un grand nombre d'emplois indirects. Cette industrie a pourtant eu à faire face à d'important problèmes lors des dernières années: importantes mises à pied dans les usines en 1981, plusieurs baisses importantes des prises de crabe depuis les années 1980, moratoire sur la pêche à la morue à partir de 1992, réformes de l'assurance-chômage durant les années 1990, etc. Autrefois activitée importante, le port acceuille très rarement des bateaux de marchandises.

Autres activitées

La Place de l'Acadie, le siège social des Caisses populaires acadiennes, est le principal employeur non-gouvernemental de la ville. Avec 2 milliards $ d'actifs et plus de membres elle est — à l'instar des Caisses populaires Desjardins au Québec — un acteur majeur dans l'économie acadienne. Fondée en 1946, la Fédération des caisses compte 85 succursales dans toutes les régions acadiennes et francophones du Nouveau-Brunswick. Elle constitue la plus grande institution financière à avoir son siège social dans la province Caisses populaires acadiennes. . Page consultée le 20 août 2007.. Le tourisme est maintenant très important. Neuf festivals ont lieu à Caraquet. Le Festival acadien à lui seul attire 180 000 visiteurs et raporte des millions en retombées économiques durant ses 15 jours Consulté le 10 septembre 2007.. Caraquet et sa région possèdent de nombreux hôtels, motels , bed & breakfasts et campings, dont l'historique Hôtel Paulin (
-
-) et la reproduction du Château Albert. Au début de la colonisation, le tiers des habitants pratiquaient l'agriculture et tout le monde avait un jardin. De nos jours, il reste seulement quelque fermes. Caraquet est également doté d'un parc industriel.

Infrastructures et services

Caraquet n'est pas une ville universitaire, mais on y retrouve tout de même l'École des Pêches du Nouveau-Brunswick et un centre de formation du CCNB-Péninsule acadienne, tous deux situés dans l'édifice Léonce Chenard. Il y a bien sur l'École Marguerite-Bourgeoys, accueillant les élèves de la maternelle à la 8 année et la Polyvalente Louis-Mailloux, accueillant les élèves de la 9 à la 12 année. Toutes deux sont dépendantes du district scolaire 9. L'Hôtel de ville abrite la Bibliothèque publique Mgr-Paquet. Caraquet possède aussi une école pour adultes et un conservatoire de musique. Dans le centre-ville se trouve un bureau de poste, ainsi que des bureaux de Pêches et Océans Canada. Un tribunal de la cour provinciale se trouve à l'hôtel de ville. Caraquet possède plusieurs installations sportives. Dans un parc derrière l'hôtel de ville se trouve le Colisée Léopold-Foulem (un aréna de 1500 places), une patinoire extérieure, une piste de course, des terrains de soccer et de baseball, des courts de tennis et un sentier forestier pour la marche et le ski de fond. Un autre terrain de baseball se trouve à l'ouest de la ville. De plus, un réseau de sentier asphalté, le plus long de la province, parcoure toute la région. Des aires de repos sont installées tous les 10 km et des tables de picnic sont installées un peu partout le long des 130 kilomètres du sentier. Il est ouvert toute l'année et ont peut y pratiquer aussi bien la course, la marche et la bicyclette. L'hiver, la motoneige est permise sur certains tronçons. Il y a un service de location de canot, de kayak et de vélo. Il est aussi possible d'utiliser la piscine intérieure de l'École des Pêches. L'électricité est fournie par Énergie NB tandis que les services de téléphonie et d'Internet sont fournis par Bell Aliant.

Fermeture de l'hôpital

En 2004, le gouvernement provincial et le ministre de la santé Elvy Robichaud effectuèrent une restructuration des soins de santé dans la province Consulté le 27 septembre 2007. Plusieurs hôpitaux, dont celui de Caraquet, allaient être fermés. Ayant vu le jour en 1963, c'est le que l'hôpital l'Enfant Jésus de Caraquet perd ses services d'urgences, en devenant un service communautaire ouvert 12 heures par jour. Les services d'obstétrique et les chirurgies ont aussi été transférés ailleurs, à Bathurst Consulté le 10 septembre 2007.. Durant le déménagement des services, les gens de Caraquet se sont mobilisés pour préserver leur hôpital. De multiples manifestations se sont déroulées, une commission pour la restauration du service d'urgence nommé 'SOS Hôpital' (Action H peu après) s'est formée Consulté le 10 septembre 2007.. De concert avec les habitants des autres villes, le mouvement New-Brunswick Rural Health Care Coalition fut créé. La ville de Caraquet s'est impliquée à emmener le gouvernement provincial en cour pour les dommages possibles de cette fermeture. Malgré qu'une offre entre le gourvenement et l'un des principaux négociateurs pour la ville de Caraquet, Claude L'Espérance, avait été mis sur la table, le résultat est venu à un échec Consulté le 10 septembre 2007.. Une poursuite judiciaire s'est quand même réalisé avec un groupe indépendant. Avec comme défense qu'un service à Bathurst pourrait nuire à la qualité du service en français pour une région utilisant presque uniquement cette langue, le verdict s'est aussi soldé par un échec. Le juge Roger Savoie affirma que c'est le rôle de la législature et du gouvernement du Nouveau-Brunswick, et non des tribunaux, de protéger et de promouvoir en premier lieu l'égalité du français et de l'anglais dans la province Consulté le 10 septembre 2007.. En , peu après la victoire des libéraux, le nouveau gouvernement du Nouveau-Brunswick gouverné par Shawn Graham n'avait pas l'intention de reconvertir en hôpital le centre de santé communautaire de Caraquet. Le ministre de la Santé, Michael Murphy, a fait à ce sujet, à Tracadie-Sheila, une déclaration sans équivoque. « On n'aura pas une réouverture de l'hôpital de Caraquet » Consulté le 10 septembre 2007.. « On se tenait tranquille, mais il va y avoir des décisions », indique la porte-parole Mireille Manuelle tout récemment. Il y a eu sans succès un projet de construire un hôpital régional à Pokemouche Consulté le 10 septembre 2007.. Les hôpitaux les plus près de Caraquet sont maintenant situés à Tracadie-Sheila (35 km) et à Bathurst (75 km). Cette perte est particulièrement grave pour des endroits encore plus éloignés, comme Pokesudie ou Maisonnette.

Transport

Les gens de Caraquet se déplacaient autrefois en calèche ou en bateau. Ensuite vint le le train, peu à peu remplacé par l'autobus. Ces moyens de transports ayant disparu, le seul moyen de se déplacer sur de longues distances est l'automobile, rendant Caraquet relativement difficile d'accès. La gare routière et la gare de Bathurst sont situés 70 km à l'ouest. L'aéroport régional de Bathurst est situé quant à lui à 75 km et l'aéroport international du Grand Moncton est à 260 km au sud. Il est à noter que les gens ont souvent à se rendre à Montréal (900km) pour prendre l'avion. Les routes provinciales 11 et 145 se croisent dans le centre-ville, où se trouve le seul feu de circulation. La route 11 étant la principale rue de la ville, cela occasionne des problèmes de circulation et des accidents. On parle de construire une voie d'évitement Consulté le 10 septembre 2007., mais ce serait difficile du aux nombreuses terres humides de la région. On parle aussi depuis des décénies de construire un pont entre Bas-Caraquet et Shippagan, ce qui faciliterait le transport vers Shippagan, Lamèque et Miscou. 8% des citoyens utilisent la bicyclette pour se déplacer. Il y en fait une importante piste qui suit le tracé de l'ancien chemin de fer et qui parcourt toute la région Consulté le 10 septembre 2007.. Un nouveau chemin de fer, Acadian Railway, sera probablement construit dans la région et les travaux commenceront au début 2008 Consulté le 25 septembre 2007. Un autre projet récent, celui d'un traversier reliant la ville à la Gaspésie, semble avoir été abandonné Consulté le 10 septembre 2007..

Culture et patrimoine

Bénédiction des bateaux Caraquet s'est auto-proclamée capitale culturelle de l'Acadie en 1993, a adopté une politique culturelle et formé un commission culturelle en 1994. Cette commission avait pour but de . Pour son engagement dans le développement des arts et de la culture, la ville a reçu de Patrimoine canadien le titre de "Capitale culturelle du Canada-2003". La ville a l'un des plus important budget culturel per capita au pays. Plusieurs salles de spectacles se trouve à Caraquet. Dans le port, on retrouve le Carrefour de la mer et le Bot'à Chansons (bot signifie bateau). À proximité se trouve la Boîte-Théâtre. Un centre culturel a ouvert ses portes en 2003, incluant un cinéma, une salle de spectacle à géométrie variable, des salles de répétitions, des loges et des bureaux administratifs. Une galerie d'art est établie dans le centre-ville. La région compte plusieurs musées, comme par exemple le Village Historique Acadien. En ville se trouvent le Musée Acadien et l'Éco-musée de l'Huître. Le seul quotidien francophone des Maritimes, L'Acadie Nouvelle, est publié à Caraquet. S'y trouvent aussi des bureaux régionaux de CHAU (TVA) et de Radio-Canada. Le film Le Secret de Jérôme a été tourné à proximité de la ville et la première eut lieu dans l'ancien cinéma.

Architecture et monuments

Église St-Pierre-aux-Liens Vieille maison typique Chapelle Sainte-Anne-du-Bocage Caraquet possède un certain patrimoine architectural. En fait, 375 bâtiments ont étés construits avant 1946, et certains datent du début du . La très grande majorité des bâtiments sont construits en bois. Sauf l'église, aucun ne compte plus de trois étages. La municipalité à mis sur pied un comité de sauvegarde du patrimoine et depuis, de plus en plus d'édifices historiques sont restaurés. Il est maintenant interdit de couper un arbre sur la rue du Portage ou sur le boulevard Saint-Pierre sans la permission d'un botaniste, et un certain nombre de bâtiments sont maintenant classés. Le boulevard Saint-Pierre est bordé d'arbre centenaires, offre de nombreux points de vue sur la baie et comprends la plupart des monuments et bâtiments historiques. La Maison touristique Dugas est, avec sa grange, le dernier vestige du complexe industriel mentionné ci-haut. Elle fut construite en 1926 par Henri Dugas, premier architecte Acadien avec son frère Nazaire. La plupart de la décoration intérieure est d'origine. Le sanctuaire Sainte-Anne-du-Bocage comprends une chapelle, une fontaine dont les eaux auraient des propriétés miraculeuses, un cimetière, un chemin de croix et plusieurs monuments. La place du Vieux Couvent est en quelque sorte le cœur de la ville. Plusieurs monuments, parcs et bâtiments institutionnels se trouvent à proximité. Le Vieux Couvent fut détruit dans un incendie en 1992. Les ruines ont étés consolidées et des tableaux d'artistes locaux sont exposés sur la facade. La municipalité pense y ouvrir un musée ou une nouvelle bibliothèque. L'église Saint-Pierre-aux-Liens, sur la place du Vieux-Couvent, fut construite de 1857 à 1860. Les colonnes et les arches en bois furent peintes par les frères Duval. À l'intérieur, de style baroque , se trouve aussi un vitrail fabriqué en Belgique représentant Saint-Pierre, un orgue Casavant, un tableau de Saint-Pierre par Joseph Légaré, un chemin de croix en bois de Médard Bourgault et un autel de Thomas Baillairgé Consulté le 10 septembre 2007.. Derrière l'église se trouve le presbytère. Le cimetière Thomas Cooke se trouve au sud du boulevard, en face de la place. Il fut utilisé entre 1820 et 1914. 3000 personnes furent enterrées dans ce cimetière, mais seulement 56 pierres tombales existent toujours. Il contient des sépultures d'Européens et de Micmacs découvertes en 1820 au ruisseau Isabelle. S'y trouverait aussi la tombe d'un membre d'équipage de Jacques Cartier, mort lors de l'expédition de 1534. L'hôtel Paulin est un hôtel classique construit en 1891 dans le style victorien Consulté le 10 septembre 2007.. En face de la Coop, deux entrepôts construits à la fin du comme magasins. Sur la rue des Patriotes se trouve le monument aux morts. En face de l'hôpital se trouve un des deux canons qui y ont étés découverts durant la construction, ainsi qu'une controversée statue ressemblant à une étoile de mer. Il y a bien sûr d'autres commerces et résidences ayant un intérêt architectural. Plusieurs édifices historiques de Caraquet ont étés déplacés ou reconstruits au Village historique acadien, tels que le Château Albert.

Fêtes, traditions et folklore

Le principal festival de Caraquet est le festival acadien, qui se déroule du premier au 15 août, jour de la fête nationale des Acadiens. En plus des spectacles, les deux principaux évènements sont:
-La Bénédiction des bateaux, où le curé bénit la flotte de pêche. Les pêcheurs invitent ensuite la population et les touristes à embarquer dans leur bateaux, décorés pour l'occasion, pour faire un tour dans la baie.
-Le Tintamarre. Une partie du boulevard Saint-Pierre est fermé à la circulation et les gens marchent déguisés dans la rue en faisant le plus de bruit possible, avec des casseroles, des instruments de musique ou d'autres objets pour montrer au monde que les Acadiens ne sont pas disparus. Le premier tintamarre eut lieu à Moncton, en 1955, à la demande de l'archevêque Mgr Norbert Robichaud à l'occasion du bicentenaire du Grand Dérangement. Les autres festivals sont le gala de la chanson de Caraquet, le festival des arts visuels en Atlantique, le FestiVin, le Caraquet Moto Week-End, le festival des Arts Visuels en Atlantique, le festival de blues, l'exposition de voitures antiques ainsi que le festival acadien de poésie. En plus des principales fêtes catholiques romaines, la neuvaine de la Sainte-Anne est célébrée au mois de juillet au sanctuaire Sainte-Anne-du-Bocage. Comme presque partout en Amérique du Nord, l'Halloween est célébré le 31 octobre. En 2008 aura lieu le Congrès des plus belles baies du monde . (la baie des Chaleurs fait partie de cette liste). Une partie du Congrès Mondial Acadien de 2009 se déroulera à Caraquet. Le bateau fantôme apparaît parfois dans la baie des Chaleurs, surtout avant une tempête et en général au nord de l'île de Caraquet. Il est aussi appelé vaisseau-fantôme, feu-de-roussi et feu du mauvais temps. Il aurait déjà été vu à quelques centaines de mètre seulement de la ville. La légende, ou l'une de ses versions, raconte que c'est la goélette enflamée des pirates et condamnée à silloner les mers; vaisseau fantôme aux voiles rouges et noires, à la coque enflammée, portant le plus sinistre équipage de forbans qui ait jamais existé et commandé par ce hollandais nommé Poil-Rouge à cause de sa moustache rousse; le vaisseau-fantôme annoncerait toujours pluie violente et tempête. Dans certaines versions, des bruits infernaux de chaînes accompagnent le bateau. Plusieurs théories circulent quant à son origine. Ce serait un éclair en boule ou encore une poche de gaz sous-marine s'embrasant. On raconte aux enfants que le Bonhomme sept-heures vit dans un vieil entrepôt en face de la Coop. Autrefois, les familles avaient chacune leur sobriquet. Certains, comme le lièvre, étaient appliqués à plusieurs familles. Les habitants des villages avaient aussi leurs surnoms. Les gens de Caraquet étaient surnommés mangeux de mélasse ou mangeux de maquereau.

Héraldique

Jumelage

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- http://www.acadie.net/guide/profil_muni2.cfm?id=30 Source pour les jumellages

Personnalités nées à Caraquet

- Corinne Blanchard: fondatrice du Voilier, premier journal de Caraquet.
- Mathilda Blanchard (1920-2007): syndicaliste.
- Théotime Blanchard (1844-1911): député.
- Léonce Chenard: sous-ministre provincial.
- Onil Doiron (19??-): instigateur et promoteur de la station de radio CJVA, député provincial.
- Nazaire Dugas (1864-1942): architecte et industriel
- Calixte Duguay: auteur-compositeur-interprète.
- Bernard Jean: procureur-général.
- Clarence Lebreton (1951-): historien, sous-ministre adjoint provincial.
- Irois Léger (19??-): journaliste sportif.
- Martin J. Légère: un des fondateurs du mouvement coopératif acadien, membre de l'Ordre du Canada.

Municipalités environnantes

Annexes

Bibliographie


-William Francis Ganong, The history of Caraquet and Pokemouche, New Brunswick Museum, Saint-Jean, 1948 50px
-Clarence Lebreton, La Révolte acadienne, Les Éditions de la Francophonie, Moncton, 2002, ISBN 2-923016-03-3
-Clarence Lebreton, Le Caraquet Flyer, Éditions du Fleuve, 1990, ISBN 2-89372-038-2
-Corrine Albert-Blanchard, Caraquet: quelques bribes de son histoire, Comité du centenaire de Caraquet, Caraquet, 1967.50px
-J. Antonin Friolet, Caraquet, village au soleil, Fredericton, 1978 50px
-Clarence Lebreton, Caraquet 1961-1981: du plus long village du monde à la plus longue rue des maritimes, Caraquet, 1981
-Clarence Lebreton, Le Collège de Caraquet, 1892-1916, Les Éditions du Fleuve, Montréal, 1991

Notes, sources et références

Pour aller plus loin

Sujets connexes
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