Mandarin (langue)

Infos
Le Mandarin, (, « langue des officiels », , « parlés du Nord »), est une catégorie des langues chinoises parlée dans le nord et le sud-est de la Chine continentale. Envisagée comme une langue, c'est celle qui compte le plus grand nombre de locuteurs dans le monde. Il s'écrit au moyen des sinogrammes et on le transcrit maintenant le plus souvent en pinyin (comme dans la majorité des articles de Wikipédia), mais aussi en bopomofo. Même s'il est aujourd'hui enseigné
Mandarin (langue)

Le Mandarin, (, « langue des officiels », , « parlés du Nord »), est une catégorie des langues chinoises parlée dans le nord et le sud-est de la Chine continentale. Envisagée comme une langue, c'est celle qui compte le plus grand nombre de locuteurs dans le monde. Il s'écrit au moyen des sinogrammes et on le transcrit maintenant le plus souvent en pinyin (comme dans la majorité des articles de Wikipédia), mais aussi en bopomofo. Même s'il est aujourd'hui enseigné à tous les Chinois, les Chinois plus âgés ne parlent pas tous le mandarin mais d'autres langues chinoises, comme le cantonnais, ou d'autres comme le tibétain. Le mandarin, que les dirigeants communistes ont désigné comme la langue véhiculaire de leur nation entière en une version standardisée (dénommée 普通話 pǔtōnghuà, « langue commune »), était d'abord celle de communautés chinoises du Nord du pays. Bien que possédant aussi une ancienne histoire littéraire, elle ne dérive pas de la langue écrite classique littéraire et artificielle (文言 wényán), abandonnée en 1919 après avoir été utilisée comme langue écrite officielle et littéraire pendant plus de deux mille ans : en effet, c'est d'une langue vernaculaire parlée (白話 báihuà, « langue simple ») que le mandarin procède. En Français, Mandarin fait référence à deux concepts distincts :
-le chinois standard ou mandarin standard (Putonghua/Guoyu/Huayu), qui est basé sur le dialecte mandarin de Pékin. Le mandarin standard est la langue officielle en République populaire de Chine, à Taïwan et l'une des quatre langues de Singapour. Le "chinois" — en pratique le mandarin standard — est l'une des six langues officielles des Nations unies. Cette version standardisée du mandarin est l'objet de l'article mandarin standard;
-les différents dialectes parlés au nord, au centre et au sud-est de la Chine continentale. Ce groupe de dialectes est l'objet du présent article. En 1956, c'est la variante de Pékin qui est promue au rang de langue officielle. On la considère souvent comme la variante standard de cette langue. Le mandarin de Pékin possède cependant des spécificités (comme l'utilisation fréquente de la rétroflexion vocalique notée au moyen du suffixe -er) et on dit souvent que les Pékinois ont un « accent ». Le mandarin d'un Taiwanais sera donc quelque peu différent de celui d'un tel Pékinois. En dehors de la Chine, d'importantes communautés chinoises partagent cette langue, qui est enseignée dans de nombreux lycées et universités de par le monde. Comme les autres langues chinoises, c'est une langue à tons. Elle utilise quatre tonèmes, qui changent le sens du mot, haut et plat, montant, descendant légèrement puis remontant (modulé) et descendant. Les tons sont représentés en République populaire de Chine par les accents sur les voyelles des syllabes de l'écriture romanisée dite pinyin et, à Taiwan, par les mêmes accents sur les graphèmes du bopomofo. On utilise aussi le numéro du ton à la fin de la syllabe quand les contraintes techniques empêchent d'entrer ou de lire les accents. Au quotidien, "mandarin" fait généralement référence au mandarin standard (Putonghua/Guoyu). De l'étranger, le mandarin constitue un groupe de dialectes, dont l'intelligibilité mutuelle est variable. Ce groupe de parlés est l'objet d'une reconnaissance établie chez les linguistes, mais qui n'est pas nécessairement reconnue en dehors des cercles académiques. Lorsque l'on interroge un locuteur d'un dialecte mandarin, celui-ci ne va généralement pas reconnaitre qu'il parle une variante du mandarin, mais plutôt sa variante locale (ex : dialecte du Sichuan ou dialecte du nord-est), en le considérant comme différent du "mandarin standard" (putonghua); il n'auront pas nécessairement conscience que les linguistes classent leur dialecte comme une forme du "Mandarin" au sens linguistique ou vu de l'étranger. Il n'existe d'ailleurs pas d'identité culturelle liée au mandarin transversale aux différents dialectes, de par notamment l'importante diversité culturelle des locuteurs et leur éparpillement géographique. Comme pour d'autres langues chinoises, il y a une controverse sur le fait que le mandarin doit être considéré comme une langue ou un dialecte

Appellations

Les dialectes de la Chine orientale, dont ceux parlés à l'est (le mandarin oriental et le jianghuai, parfois aussi le jin), à l'ouest (mandarin occidental), au sud-ouest (xinan) appartiennent au mandarin Le terme français provient du portugais mandarim (du malais mentari ou mantari, lui-même emprunté au sanskrit mantrin-, signifiant « ministre ») ; c'est la traduction du chinois 官話/官话 guānhuà, qui signifie littéralement « langue des mandarins » (magistrats de l'Empire). Le terme guānhuà est souvent considéré comme une appellation archaïque par les sinophones d'aujourd'hui. En RPC, la langue en sa version standardisée est nommée 普通話/普通话 pǔtōnghuà, « langue commune » ou guóyǔ 國語/国语, « langue nationale ». À Taiwan, la langue est officiellement nommée 國語/国语 guóyǔ. Dans les communautés chinoises à l'étranger, particulièrement dans le Sud-Est asiatique, la langue est connue comme 華語/华语 huáyǔ, « langue chinoise » (華/华 huá est un terme désignant principalement la culture chinoise). Le terme Hanyu 漢語, désigne l'ensemble des dialectes de l'ethnie Han, et non pas seulement le mandarin : ainsi, le cantonnais est une variante du Hanyu, (« langue des Han ») au même titre que le mandarin. Par leur prononciation (notamment la présence ou non de consonnes finales autres que n), les différents dialectes peuvent être plus ou moins proches du chinois archaïque. A cet égard, hakka et cantonnais sont plus proches de la langue originelle que le mandarin. La forme standard du mandarin s'appuie sur la prononciation propre aux locuteurs de Pékin (cf. Prononciation du mandarin), sans certaines particularités phonétiques. Il existe en effet une grande diversité dans les prononciations régionales, pour deux raisons principalement. La première est que l'aire géographique où ce langage est la langue maternelle de la plupart des locuteurs est si étendue que l'on rencontre nécessairement des variations de prononciations d'une zone à l'autre. Ces différences régionales sont de même nature que celles que l'on entend dans les diverses régions francophones de France, de Belgique, de Suisse, d'Afrique, du Québec, etc. La seconde raison est que nombre de locuteurs possèdent le mandarin comme seconde langue. Ces locuteurs le contaminent ainsi fréquemment avec le système phonologique de leur propre langue maternelle. Le mandarin de Taïwan, par exemple, est devenu une variante relativement homogène du mandarin standard tel que défini par les autorités éducatives. Le mandarin est parfois encore nommé de manière informelle pékinois (北京話/北京话 Beǐjīng huà, 北京方言 Beǐjīng fāngyán, « langue régionale de Pékin », ou 京片子 Jīng piànzi). À Taïwan, les partisans de l'indépendance de Taïwan insistent fréquemment pour que l'on utilise le terme de Beǐjīng huà à la place de 國語/国语 guóyǔ afin de promouvoir l'idée que le taïwanais devrait être leur langue nationale.

Histoire

Les langues chinoises se sont développées à partir d'une langue commune nommée chinois archaïque, puis chinois médiéval. La plupart des Chinois vivant en Chine du nord, au Sichuan, et, en fait, dans un grand arc de cercle allant du nord-est (Mandchourie) au sud-ouest (Yunnan), utilisent plusieurs dialectes du mandarin comme langue maternelle. La prévalence du mandarin dans toute la Chine du nord est principalement le résultat de la géographie, en particulier les plaines du nord de la Chine. En comparaison, les zones montagneuses et fluviales de la Chine du sud ont connu une plus grande diversité linguistique. La présence du mandarin au Sichuan est largement due à une épidémie survenue au XIIe siècle. Cette épidémie, peut-être la peste noire, ayant décimé la population de cette région, elle a permis plus tard une colonisation par les Chinois du nord de la Chine et, indirectement, explique l'implantation d'une langue du Nord dans une région méridionale. (c'est faut.) ( La présence du mandarin au Sichuan est à cause des massacres des conquêtes des mongol-tibétains et des Mandchous. Avant le 12 siècle, c'est-à-dire avant la conquête des Mongols, le dialecte de cette région était complètement différant que Mandarin. En 13 siècle, les mongols avaient conquis la Chine du nord en 1234, ils ont commis le plus grand massacre du monde également. En 1241 les grands lamas tibétains cherchaient rejoindre les mongols, en échange, les mongols étaient convertis de lamaïste plus tard. Cette relation particulière entre eux existe toujours jusqu'à nos temps. Alors la région de Sichuan était devenue demi-étranglée par la force mongol-tibétain tout de suite. Sous la conquête de mongol-tibétain, la population d'ici avaient beaucoup chutée, l'ancien dialecte étaient disparu. Puis, en 17 siècle, sous la conquête du mandchou-mongol, la catastrophe retombait sur cette région. Les mandchous et les mongols ( occidentaux ) s’alliaient par le mariage. Après la mort de l’empereur de Huang-Taiji 1643, les mandchous conquéraient la Chine sous le règne d’une dame mongole, l’impératrice douairière Xiaozhuang 孝莊文皇后, la veuve de Huang-Taiji (皇太極) et la mère du jeune empereur Shunzhi (順治). ça a permis plus tard une colonisation par les Chinois du reste du pays, plutôt du sud que du nord de la Chine, mais entre eux ils utilisaient la langue commune, dont le mandarin avec l'accent du sud. C'est le dialecte actuel de cette région. Sauf les Hakka qui gardaient leur propre langue. ) ( Dans l’histoire de la Chine, la conquête des monades forçaient les anciens chinois quitter le pays du nord, et le chinois se planter au sud. Par exemple, 4 siècle, les sédentaires chinois avaient perdu leur territoire du nord au 5 barbares, donc les Huns (匈奴 Xiongnu), les Xianbei ( 鮮卑 une tribu proto-mongole), les Qiang (ou K’iang, 羌un peuple proto-tibétain), les Jie ( 羯 ), les di (氐 ). Alors les nombreux refuges chinois traversaient le Yangtzé, la langue chinoise du nord de cette époque se plantaient au sud du pays. La conquête des monades permet également le dialecte du nord de la Chine s’évoluer vite, et mélanger avec l’accent des monades. Par exemple, en ancien chinois du nord existait des consonnes sonores qui survivent en Shanghaien, les syllabes fermées par les occlusives (入聲) qui survivent en Shanghaien et Cantonnais. Ceux qui n’existent plus en Mandarin. En Pékinois il existaient des différences entre /si/ et /ɕi/ (分尖團). Les syllabes /si/ (comme si français ) et /ɕi/ (comme ch+i français ) se confondues avec l’arrive des mandchous. Car les mandchous avaient du mal bien prononcer la /si/, comme les pékinois actuel. En plus, quant à Pékin même, se trouve à coté de la grande muraille, ça suffisamment dire il étaient de la frontière des sédentaires et des monades. Il était choisi comme la capitale par les monades pour gouverner les sédentaires chinois et les nomades chinois. Pékin est devenu la capitale de l’état, la première fois, est sous la dynastie Liao (907 - 1125) fondé par les Khitan, un peuple proto-mongol, puis les dynastie Jin (1115-1234) fondé par les Jurchen, un peuple proto-mandchou continuait y s’installer. Alors, le dialecte de Pékin naturellement est mélangé plus avec l’accent altaïque. La capitale de l'ancien Chine est Xi'an. En ces raisons là, beaucoup de poésie classiques chinoises, principalement la dynastie Tang (唐, 618-907) et la dynastie Song(宋, 960-1279) , on ne peux pas retrouver les rimes avec le mandarin, mais avec le shanghaien et le cantonnais etc. ) Il n'existe pas de distinction claire de quand le chinois médiéval se termine et quand débute le mandarin lui-même; cependant, le Zhōngyuán Yīnyùn (中原音韵), un livre de rimes datant de la dynastie Yuan, est généralement considéré comme un pierre angulaire de l'histoire du mandarin. C'est en ce livre que l'on voit pour la première fois apparaitre de nombreuses caractéristiques du mandarin, telles la disparition de la consonne finale, et la réorganisation des tons du chinois médiéval. Jusqu'au milieu du XXe siècle, la plupart des Chinois vivant en Chine du sud ne parlaient pas le mandarin. Cependant, malgré la mixité sociale entre membres de l'administration et gens du peuple parlant divers dialectes chinois, le mandarin pékinois était devenu la langue dominante au moins sous la dynastie Qing, dont la langue officielle était le mandchou. Depuis le XVIIe siècle, l'Empire avait créé des académies d'« orthoépie », 正音書院/正音书院 zhēngyīn shūyuàn, dans une tentative de rendre la prononciation conforme au standard de Pékin. Leur succès s'était avéré très limité. Cette situation a évolué avec la création (en RPC et à Taïwan) d'un système d'éducation d'école élémentaire dévolu à l'enseignement du mandarin. En conséquence, le mandarin est devenu la langue la plus couramment parlée par la plupart des habitants de Chine continentale et de Taïwan. À Hong Kong, cependant, la langue de l'éducation et des formalités reste le cantonais standard, bien que le mandarin standard soit de plus en plus présent.

Mandarin et pékinois

Distribution en République populaire de Chine des 8 principaux dialectes du mandarin : 东北 = mandarin du nord-est (bleu turquoise) 北京 = dialecte de Pékin (vert foncé) 冀鲁 = mandarin jilu (rose) 胶辽 = mandarin jiaoliao (vert clair) 中原 = mandarin zhongyuan (kaki) 兰银 = mandarin lanyin (jaune) 江准 = mandarin jianghuai (bleu clair) 西南 = mandarin du sud-ouest (bleu foncé) Voir aussi : Syllabe en mandarin Une erreur commune consiste à croire que le mandarin serait le dialecte pékinois. Il est vrai que la prononciation standard et que la grammaire de la langue enseignée s'appuie principalement sur le dialecte de Pékin, mais la notion de mandarin standard reste un concept assez flou car il représente plutôt un ensemble de langues fabriquées et imposées à la population, à qui l'on demande d'oublier ses prononciations régionales habituelles. L'accent des habitants de Harbin, autrefois en zone mandchoue, serait resté celui le plus proche du mandarin actuel. De la vaste aire qui s'étend de la Mandchourie au nord-est de la Chine jusqu'au Yunnan au sud-ouest, la langue maternelle de la plupart des habitants est le mandarin (dans son sens général), mais ces langues maternelles diffèrent toutes dans la prononciation, le vocabulaire et même parfois la grammaire, de la langue enseignée. Spécifiquement, conformément à la langue des natifs de Pékin, la plupart des locuteurs se conforment bien à la prononciation standard des consonnes rétroflexes (notées par zh, ch, sh et ri en pinyin), mais ils ajoutent souvent le -er final ─ communément utilisé comme diminutif ─ à des mots que d'autres locuteurs laisseraient tel quel. Ce trait dialectal est nommé 兒音/儿音 éryīn, « prononciation avec -er ». Il existe également de nombreux éléments lexicaux largement attestés dans la zone pékinoise mais fort rares ailleurs. En plus de toutes ces différences, comme c'est le cas pour les langues occidentales, il y a plus d'un accent propre à Pékin, dépendant du niveau social, d'éducation, etc. Ces quelques exceptions mises à part, la prononciation locale des natifs de Pékin se conforme généralement très bien à la prononciation standard. En général, les prononciations locales des natifs d'autres aires du mandarin se différencient d'autant plus qu'elles sont éloignées de la capitale. Les personnes qui vivent à Tianjin ont aussi une prononciation assez standard. Les personnes qui vivent dans le nord-est de la Chine transforment couramment les syllabes commençant par ce que le pinyin note j en syllabes commençant par g ou k (conformément à l'étymologie, du reste) et ont des difficultés à prononcer les sons commençant par r. Les personnes qui vivent dans les aires plus au sud transforment souvent les consonnes rétroflexes du mandarin standard : zh devient z, ch devient c, sh devient s et r se prononcent plutôt comme z. Cette remarque est également vraie pour le mandarin parlé à Taiwan. Dans certaines régions les locuteurs ne font pas la distinction entre l et n (principalement quand ils ont le cantonais comme langue maternelle), et dans d'autres la finale vélaire ng est changée en n. De plus, la langue enseignée emploie de nombreux tons légers (une absence de tonème qui rend la syllabe moins distincte ; cf. Prononciation du mandarin) pour les secondes syllabes des mots composés (consulter Sinogramme), alors que dans de nombreuses régions, en particulier au sud, le ton des deux syllabes est clairement marqué.

Variations grammaticales et lexicales

D'un point de vue officiel, il y a deux mandarins, puisque le gouvernement de Pékin se réfère à celui du continent comme étant le 普通話/普通话 pǔtōnghuà, « langue commune », alors que le gouvernement de Taipei nomme sa langue officielle 國語/国语 kuo-yü (en pinyin : guóyǔ), « langue nationale ». Officiellement, le pǔtōnghuà inclut les prononciations de plusieurs régions, alors que le kuo-yü est basé théoriquement sur les seuls phonèmes du mandarin de Pékin. La comparaison entre des dictionnaires des deux zones montre qu'il y a quelques différences substantielles. Cependant, les deux versions du mandarin scolaire sont assez souvent différentes du mandarin tel que réellement parlé, lequel subit l'influence de variations régionales. De plus, toutes les variantes du mandarin ne sont pas directement mutuellement intelligibles. Pour être plus précis, selon SIL : :« Les variétés du mandarin du plateau inférieur du Shaanxi ne sont pas directement intelligibles avec le putonghua. Les variétés du mandarin de Guilin et de Kunming sont fondamentalement inintelligibles aux locuteurs du putonghua. » Cependant, les locuteurs éduqués vivant dans les villes du Sud-Ouest telles que Guilin et Kunming parlent un pǔtōnghuà assez correct en plus de leur langue maternelle. Dans la Chine du Nord, au Sichuan, et dans d'autres aires où la langue du Nord est parlée, ce qu'on nommerait « variantes locales du mandarin » est en fait l'une des langues maternelles de locuteurs de ces zones. La période d'éducation de masse du mandarin n'a pas effacé ces différences régionales antérieures. Dans le Sud, l'interaction entre le mandarin et les autres langues chinoises ont créé des versions locales de la langue du Nord, qui sont assez différentes du mandarin officiel standard tant pour la prononciation que pour la grammaire. Par exemple, le mandarin parlé à Taïwan par les étudiants qui parlent taïwanais (un dialecte de min du sud) ou hakka comme langue maternelle est généralement parlé avec une grammaire et un accent qui le rendent différent du kuo-yü standard, donnant naissance à une version du mandarin communément nommée mandarin de Taiwan. Bien que le mandarin soit considéré comme le dialecte standard, parler le mandarin sans accent local ou parler le mandarin à la place du dialecte local peut faire passer le locuteur pour un étranger ou quelqu'un d'anormal. C'est pour cette raison que la plupart des locuteurs, dirigeants politiques y compris, ne se forcent pas à parler le mandarin avec l'accent standard officiel.

Vocabulaire

Il y a plus de mots polysyllabiques en mandarin que dans toute autre langue chinoise, à l'exception du Shanghaïen. Ceci est dû en partie au fait que le mandarin a subi plus de modifications dans sa prononciation au cours de l'histoire que d'autres variétés du chinois, et devait dès lors composer avec davantage d'homophones (voir notamment : Le Poète mangeur de lions dans son repère de pierre); de nombreux mots furent créés en les composant de deux ou plusieurs sinogrammes, ou en ajoutant un affixes tel lao- (老), -zi (子), -(e)r (儿), et -tou (头). Il existe cependant des mots qui ont été polysyllabiques depuis le chinois archaïque, tel húdié (蝴蝶, papillon). Le pronom singulier en mandarin sont wǒ (我) "Je", nǐ (你) "Tu", nín (您) "vous (singulier)", et tā (他/她/它) "Il / Elle / (Il-neutre)", avec -men (们) ajouter pour donner le pluriel. De plus, il existe une distinction entre le pronom pluriel de la première personne zánmen (咱们), qui inclut celui qui écoute, et wǒmen (我们), qui exclut celui qui écoute. Les dialectes du mandarin ont une utilisation quasi-équivalente de ces pronoms, mais pas nécéssairement les autres variétés de chinois (par exemple, le Shanghaïen utilise 侬 non "tu" et 伊 yi "il / elle"). D'autres morphèmes que les dialectes mandarins ont généralement en commun sont les particules d'aspect et d'ambiance, tels -le (了), -zhe (着), et -guo (过). D'autres variétés de chinois utilisent par contre d'autres mots pour ces contextes (par exemple en cantonais 咗 et 緊). De par le contact avec les cultures d'Asie centrale, le mandarin inclut certains mots d'origine altaïques, qui n'existent pas en d'autres langues chinoises, tel hútong (胡同) "allée". Les variétés méridionales de chinois ont par contre intégré des mots des langues thaïs ou des langues austronésiennes.

Systèmes de transcription

Depuis que les premiers Occidentaux sont entrés en Chine et ont tenté d'apprendre le mandarin (ou, plutôt, de traduire la Bible dans une volonté d'évangélisation) est apparu le besoin d'une romanisation permettant de noter les caractères chinois. Depuis, de nombreux systèmes de transcription phonétique ont été proposés. Le premier à avoir été globalement accepté est le système dit Wade-Giles, nommé d'après ses inventeurs du . Ce système est toujours utilisé aujourd'hui, mais pas en Chine continentale. Il se rencontre surtout dans des éditions anciennes de livres occidentaux, ainsi que pour un assez grand nombre de termes chinois lexicalisés dans les langues occidentales. L'École française d'Extrême-Orient a aussi utilisé un système nommé EFEO, maintenant caduc. Au , les linguistes chinois ont proposé de nombreux systèmes de transcription. L'un d'eux propose même un nouvel alphabet syllabique, c'est le 注音符號/注音符号 zhǔyīnfúhào, « symboles phonétiques » (ou, de manière moins formelle, bopomofo). Le plus fructueux de ces systèmes est cependant le 漢語拼音/汉语拼音 hànyǔ pīnyīn, « méthode pour épeler phonétiquement le mandarin », plus souvent nommé pīnyīn, qui a été accepté comme système de transcription officiel pour la langue chinoise par la RPC en 1958 et ensuite par les Nations unies ainsi que par d'autres organisations internationales. Pendant les années 50, on a même pensé en Chine, sans succès, remplacer les caractères chinois par le pīnyīn. La chose n'est en effet pas faisable, à cause des nombreux cas d'homonymies dans la langue, homonymies dues à la structure syllabique particulière du mandarin. On retrouve cette diversité de systèmes de transcription également à Taiwan. Le gouvernement central de Taiwan a en effet adopté le 通用拼音 tōngyòng pīnyīn en 2002 (variante du pīnyīn de RPC) tout en permettant aux gouvernements locaux de ne pas appliquer cette décision pour préférer leur propre système de romanisation. Le zhǔyīn est utilisé pour l'apprentissage de la prononciation des caractères et de la grammaire dans les écoles. Les efforts visant à remplacer ce système en faveur du pīnyīn ont été bloqués à cause, principalement, de désaccords sur le type de pīnyīn à utiliser en remplacement ainsi que de l'effort très important à fournir pour corriger tous les documents pédagogiques existant et re-former complètement le corps enseignant. Parmi les autres systèmes de romanisation, on compte aussi :
- le pīnyīn postal (dérivé du Wade-Giles) ;
- la romanisation Yale ;
- le gwoyeu romatzyh ;
- le MPS II.

Littérature en mandarin

Au début du XXe siècle, le chinois écrit était une langue originale (chinois classique, écrit), et nettement distincte de la langue parlée. À l'origine, celle-ci fut pourtant proche de la langue parlée (chinois médiéval, parlé), mais s'en écarta avec le temps, un peu l'image de la place qu'occupa le latin dans les sociétés européennes de langue romane jusqu'au XVIIIe siècle. La langue écrite, appelée chinois classique ou littéraire, est plus concise que la langue actuelle. A l'écrit, le problème des homonymes ne se pose pas et la langue ne comporte que peu d'ambiguïtés. Par exemple, 翼 (yì, wing) n'est pas ambigu en chinois écrit, mais possède environ 75 homonymes en mandarin (parlé). Pour une écriture formelle, tels des documents officiels, et ainsi que pour des textes plus littéraires, le langage écrit était plus économique et plus policé, tant pour l'écriture à la main qu'en imprimerie. Mais pour reproduire une conversation, le chinois classique n'est pas approprié. Même la transcription à l'écrit d'un professeur tel Zhu Xi (1130-1200) s'approchait de la langue parlée. Depuis au moins les pièces de théâtre de la dynastie Yuan qui narraient les épopées des Robin des Bois chinois jusqu'aux nouvelles de la dynastie Ming, telle Shui Hu Zhuan (水滸傳 / 水浒传 / Shuǐhǔ Zhuàn, Au bord de l'eau), ou la nouvelle de la dynastie Qing Hónglóu mèng (紅樓夢 / 红楼梦 / Hónglóu mèng, généralement traduite par Le Rêve dans le pavillon rouge) et au delà, ils développèrent une littérature proche du style oral (báihùa wénxúe). En de nombreux cas, cette langue écrite s'approche du mandarin parlé. Si les prononciations ne sont pas portées par les sinogrammes, l'écrit véhicule cependant la grammaire et le style en toutes les régions de langue mandarine. Ces écrits sont généralement exprimés en mandarin standard pour les lectures formelles. Un acteur majeur de la littérature chinoise du début du XXe siècle, Hu Shi, écrivit une étude approfondie de cette tradition littéraire, appelée Báihuà wénxué shǐ (Une histoire de la littérature vernaculaire).

Lexique

Emprunts français

Le français a emprunté relativement peu de mots au mandarin ou aux autres langues chinoises. Notons cependant les mots litchi, ginseng (littéralement « plante-homme »), mah-jong (« je gagne »), et kaolin. Ce dernier mot vient de deux mots chinois signifiant « colline élevée », d'après l'endroit d'où l'on extrayait la roche. D'autres mots gardent une forte ressemblance mais ont évolué légèrement avec les langues des peuples qui les ont apportés en France, comme badiane (bajiu, par le persan), tofu (doufu, par le japonais) ou soja (shiyu, également par l'intermédiaire du japonais) ou encore ketchup (koechiap, dans le dialecte d'Amoy par le malais et l'anglais). ==
Sujets connexes
Affixe   Alphabet   Anglais   Asie centrale   Asie de l'Est   Au bord de l'eau   Badiane   Bopomofo   Cantonais standard   Chinois archaïque   Chinois classique   Chinois médiéval   Chinois parlé   Chinois écrit   Dialecte   Diminutif   Dynastie Ming   Dynastie Qing   Dynastie Song   Dynastie Tang   Dynastie Yuan   Français   Ginseng   Grammaire du mandarin   Graphème   Guilin   Harbin   Homonymie   Hong Kong   Hu Shi   Japonais   Kaolin (géologie)   Ketchup   Kunming   Langue   Langue maternelle   Langue vernaculaire   Langue véhiculaire   Langue à tons   Langues altaïques   Langues austronésiennes   Langues chinoises   Latin   Le Poète mangeur de lions dans son repère de pierre   Le Rêve dans le pavillon rouge   Lepidoptera   Lexicalisation   Lexique   Liste Swadesh du mandarin   Litchi   Mah-jong   Malais (langue)   Mandarin du nord-est   Mandarin du sud-ouest   Mandarin jianghuai   Mandarin jiaoliao   Mandarin jilu   Mandarin lanyin   Mandarin standard   Mandarin zhongyuan   Mandchou   Mandchourie   Ministre   Mot composé   Organisation des Nations unies   Persan   Peste noire   Phonème   Pinyin postal   Portugais   Pronom   Pékin   Robin des Bois   Romanisation (écriture)   République populaire de Chine   Sanskrit   Shaanxi   Shanghaïen   Sichuan   Singapour   Sinogramme   Soja   Suffixe -er   Syllabe   Syllabe en mandarin   Système de romanisation de l'EFEO pour le mandarin   Taipei   Taiwan   Tianjin   Tibétain   Tonème   Transcription et translittération   Université Yale   Wade-Giles   Wu (langue)   XVIIIe siècle   XXe siècle   Xi'an   Yunnan  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^