Datura stramoine

Infos
Le datura stramoine ou stramoine officinal (Datura stramonium L.) a beaucoup de noms vernaculaires : stramoine, pomme-épineuse, herbes-aux-taupes, chasse-taupe, herbe du diable, endormeuse, Jimson weed, pomme poison, trompette des anges ou trompette de la mort, faisant référence à la forme du fruit ou à sa toxicité.
Datura stramoine

Le datura stramoine ou stramoine officinal (Datura stramonium L.) a beaucoup de noms vernaculaires : stramoine, pomme-épineuse, herbes-aux-taupes, chasse-taupe, herbe du diable, endormeuse, Jimson weed, pomme poison, trompette des anges ou trompette de la mort, faisant référence à la forme du fruit ou à sa toxicité.

Description

Fleur violacée C'est une plante annuelle de 30 cm à 2 m de haut, à odeur fétide désagréable, à feuilles relativement grandes, jusqu'à 20 cm, ovales, fortement sinuées, portant des dents aiguës. La racine est pivotante. Les fleurs, solitaires, généralement blanche ou jaune elles sont grandes, 10 à 12 cm de long, à corolle soudée en tube s'ouvrant en entonnoir à cinq lobes peu marqués, le calice, également soudé en tube est vert pâle, plus court que la corolle et terminé par cinq lobes. Une variété porte des fleurs violacées. Le fruit de forme ovoïde de la taille d'une noix, qui mûrit de juillet à octobre, est dressé, couvert d'épines longues et robustes. C'est une capsule septicide s'ouvrant à maturité par quatre grandes valves qui découvrent une colonne placentaire centrale portant les graines. Les graines réniformes, à surface réticulée, longues de 3 à 4 mm, sont noires et contiennent un embryon spiralé.

Distribution

C'est une plante très commune en Europe. Elle pousse dans les terres incultes : les champs, les friches, les décombres, les sables des cours d'eau, et aime les terres fraîchement retournées où elle est considérée comme une mauvaise herbe très envahissante.

Propriétés

La plante renferme des alcaloïdes : hyoscyamine, scopolamine, atropine. L'activité anticholinergique des alcaloïdes de la plante produit un délire hallucinatoire de plusieurs heures. Elle est très vénéneuse, c'est la plus toxique de toutes les solanacées, ce qui la rend potentiellement dangereuse même pour un usage chamanique. Elle a pourtant été employée pour des pratiques divinatoires depuis l'Antiquité. C'est à partir de datura stramoine que le chimiste allemand Albert Ladenburg isole en 1881 la scopolamine. De très petites quantités suffisent pour déclencher une intoxication grave, l'ingestion de 4 à 5 g de feuilles suffit pour tuer un enfant. On rapporte un cas d'intoxication collective survenu à Jamestown (États-Unis) en 1676, quand à l'occasion d'une rébellion, le capitaine John Smith donna à ses soldats une salade contenant des feuilles de datura. En cas d'empoisonnement au datura, une hospitalisation d'urgence est requise où sera pratiqué un traitement qui est avant tout symptomatique : lavage d'estomac, sédation par injection de benzodiazépines, réhydratation.

Utilisation

Jardinage

Il est utile dans la lutte contre les doryphores pour le maraichage. Il attire les doryphores qui y pondent, les oeufs éclosent et les jeunes larves s'empoisonnent en se nourrissant de la plante.

Usage traditionnel

Il est utilisé par certaines ethnies d'Amérique qui l'utilisent à des fins médicinales ou lors de rituels initiatiques. Il est notamment présent dans la composition du wysoccan, une préparation intervenant dans les rituels de passage à l'âge adulte des jeunes garçons chez les indiens algonquin. Il a été utilisée comme plante médicinale pour ses effets antispasmodiques et sédatifs du système nerveux central, préconisée contre l'asthme et les névralgies. La pratique des cigarettes antiasthmatiques au datura est cependant interdite en France depuis 1992 à cause des accidents que cela provoquait (chez des toxicomanes qui en détournaient l'utilisation).

Effet psychotrope

À faible dose, le datura provoque la dilatation des pupilles (effet mydriatique de l'atropine), une diminution des sécrétions, une diminution du péristaltisme entraînant la constipation, une élévation du rythme cardiaque, une dilatation des bronches, et a des effets hallucinogènes. De fortes doses entrainent le décès par troubles du rythme cardiaque. Le datura est la plupart temps absorbé sous forme d'infusion, plus rarement il est fumé sous forme de joint. Les hallucinations sont décrites par les usagers comme cauchemardesques souvent accompagnées de crises d'angoisse et de la perte des repères spatio-temporels.http://www.drogues.gouv.fr/fr/pdf/pro/etudes/Trend2003.pdf, Cinquième rapport national du dispositif TREND , Phénomènes émergents liés aux drogues en 2003. L'utilisation dans un cadre récréatif reste anecdotique et souvent limité à une expérimentation isolée et de brève durée du fait de la difficulté de gestion du produit, des effets secondaires désagréables (importante sécheresse des muqueuses, amnésie, confusion mentale et impression d'étrangeté persistante plusieurs jours après la prise), et des risques d'accidents. Ces risques d'accidents (intoxication) sont liés à la difficulté à déterminer la dose souhaitée car la limite entre la dose hallucinogène et une surdose est très étroite et liés à la période de latence entre l'absorption et l'apparition des effets qui peut amener les usagers à se surdoser.http://www.drogues.gouv.fr/fr/pdf/pro/etudes/Trend2003.pdf, Cinquième rapport national du dispositif TREND , Phénomènes émergents liés aux drogues en 2003.

Aspect historique

L'origine du Datura stramonium est controversée. Certains auteurs situent son origine en Asie (Inde), d'autres en Amérique (Mexique). L'étymologie favoriserait plutôt la première hypothèse. Sa présence en Europe (aussi bien en Grèce que dans l'Ouest atlantique) est sans doute très ancienne et semble attestée dès le avant notre ère. Selon une note publiée récemment cette plante serait celle dénommée Strychnos manicos par Théophraste dans ses « recherches sur les plantes » (ou Historia plantarum, 320-300 avant J.-C.), qui est tout à fait similaire au D. stramonium tant par sa description que par ses effets sur l'organisme humain. Témoignage complété par Dioscoride dans sa « Matière médicale » bien que ce dernier auteur fasse un amalgame partiel avec certains traits de la belladone. Enfin deux auteurs du I siècle avant J.-C., Diodore de Sicile et Strabon rapportent que les Celtes empoisonnaient leurs pointes de flèches avec du suc de datura, la description du fruit ne laissant aucun doute quant à l'identité de la plante. Suzanne Amigues, Études de botanique antique, Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, tome XXV, chez De Boccard, Paris, 2002, p 243-246.

Notes

Voir aussi

Article connexe

- Datura

Références externes

- Catégorie:Flore (nom vernaculaire) Catégorie:Solanaceae Catégorie:Plante toxique Catégorie:hallucinogène bg:Татул cs:Durman obecný da:Almindelig Pigæble de:Gemeiner Stechapfel en:Datura stramonium es:Datura stramonium fa:تاتوره gl:Estramonio hsb:Jakotawa hu:Maszlag it:Datura stramonium lt:Paprastoji durnaropė nl:Doornappel pl:Bieluń dziędzierzawa qu:Chamiku sq:Tatulla sr:Татула sv:Spikklubba tg:Бангдона zh:曼陀罗花
Sujets connexes
Alcaloïde   Algonquins (tribu)   Amnésie   Amérique   Antiquité   Antispasmodique   Asie   Asthme   Atropine   Belladone   Benzodiazépine   Calice (botanique)   Capsule (botanique)   Carl von Linné   Chaman   Constipation   Corolle   Datura   Diodore de Sicile   Dioscoride   Doryphore   Empoisonnement   Europe   Feuille   Fleur   France   Fruit   Grèce   Hallucination   Hallucinogène   Hyoscyamine   Inde   Infusion   Intoxication   Jamestown (Virginie)   John Smith   Mexique   Mydriase   Plante annuelle   Plante médicinale   Racine (botanique)   Rythme cardiaque   Scopolamine   Strabon   Surdose   Système nerveux central   Sédatif   Théophraste   Toxicité   Toxicomanie  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^