Nicolas Ier de Russie

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Le tsar Nicolas le grand de Russie (1796-1855)portrait par Horace Vernet Nicolas I Pavlovitch (Nikolai Pavlovitch Romanov, en russe Николай Павлович Рома́нов) (6 juillet 1796 – 2 mars 1855) fut empereur de Russie, roi de Pologne et grand-duc de Finlande du 1825 jusqu'à sa mort. Il s'agit du souverain de l'Empire russe dont l'influence fut sûrement la plus importante et qui donna à ce dernier son apogée sur le plan i
Nicolas Ier de Russie

Le tsar Nicolas le grand de Russie (1796-1855)portrait par Horace Vernet Nicolas I Pavlovitch (Nikolai Pavlovitch Romanov, en russe Николай Павлович Рома́нов) (6 juillet 1796 – 2 mars 1855) fut empereur de Russie, roi de Pologne et grand-duc de Finlande du 1825 jusqu'à sa mort. Il s'agit du souverain de l'Empire russe dont l'influence fut sûrement la plus importante et qui donna à ce dernier son apogée sur le plan international. Il est connu pour le régime autocratique qu'il instaura et qui permit en outre un plus grand développement de l'Empire russe.

Famille

Nicolas est le fils du tsar Paul I et de la princesse Sophie-Dorothée de Wurtemberg. Il est également le jeune frère d'Alexandre. Il épouse en 1817 la princesse Charlotte de Prusse, qui s'appelle désormais Alexandra Feodorovna. Charlotte est la fille du roi Frédéric-Guillaume III de Prusse et de la princesse Louise de Mecklembourg-Strelitz. Charlotte et Nicolas eurent sept enfants :
-Tsar Alexandre II (1818–1881), qui épousa la princesse Marie de Hesse et du Rhin
-Grande-duchesse Maria Nicolaïevna de Russie (1819–1876), qui épousa le duc Maximilien de Leuchtenberg puis Grégoire Stroganoff.
-Grande-duchesse Olga Nicolaïevna de Russie (1822–1892), qui épousa le roi Charles Ier de Wurtemberg
-Grande-duchesse Alexandra Nicolaevna de Russie (1825–1844), qui épousa le landgrave Frédéric de Hesse-Cassel
-Grand-duc Constantin Nicolaevitch de Russie (1827–1892), qui épousa la princesse Alexandra de Saxe-Altenbourg
-Grand-duc Nicolas Nicolaevitch de Russie (1831–1891), qui épousa la princesse Alexandra d'Oldenbourg
-Grand-duc Michel Nicolaevitch de Russie (1832–1909), qui épousa la princesse Cécile de Bade Il eut également un enfant naturel : Joséphine Koberwein (1825–1893), qui épousa le peintre Joseph Fricero.

Principes

Nicolas I manquait complètement de l'ampleur spirituelle et intellectuelle de son frère. C'était un colosse très autocratique, surnommé Nicolas la Trique. Né en 1796, il avait été élevé dans la période des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, au moment des coalitions contre la France libérale. Il en avait gardé une farouche haine pour le libéralisme. L'épisode de la révolte décembriste accentua cette haine. C'était un militaire qui aimait s'entourer de militaires qu'il utilisait comme envoyés spéciaux pour faire appliquer sa politique dans les provinces. Formé à la discipline militaire, il voulait que ses ordres fussent exécutés rapidement. Le respect de la hiérarchie et de la discipline entraîna chez lui la volonté de défendre l'ordre établi. En même temps, le désordre régna parce que l'administration civile ne supportait pas le pouvoir des militaires. Nicolas gouverna seul parce qu'il avait court circuité les organes traditionnels du pouvoir. Le Sénat, le Conseil d'État et le Conseil des Ministres avaient été mis en sommeil. Nicolas utilisa surtout les Comités Spéciaux. Ces organes temporaires étaient formés de favoris du tsar, réunis pour discuter d'un problème particulier et le régler. Ils furent donc très nombreux, et n'eurent que peu de résultat. Le tsar se reposait aussi sur le Secrétariat de Sa Majesté, relais de son pouvoir personnel. Le Secrétariat de Sa Majesté était divisé en 6 sections. Les plus importantes furent les deuxième, troisième et cinquième sections. La deuxième section effectua un très gros travail législatif sous la direction de Mikhail Mikhailovich Speranski. La troisième section était la police politique chargée de la surveillance des Russes, dans tous les aspects de leur vie. Elle faisait aussi la propagande impériale, défendant la conception gouvernementale de Nicolas, et contrôlait la presse par la censure. Elle fut dirigée par le Prince Alexis Orlov. Elle montra les limites de son efficacité lors de l'épisode des Petrachevtsy, groupe extrémiste qui fut découvert et démantelé par la police traditionnelle. La cinquième section devait réformer le statut des paysans d'État. Elle échoua, et son travail fut confié en 1837 au Ministère des Domaines d'État. Le gouvernement exerçait la censure et autres contrôles direct sur l'éducation, la publication et toutes les manifestations de la vie publique. En 1833 le ministre de l'éducation Sergueï Ouvarov précisa ce programme autoritaire : "autocratie, orthodoxie et génie national" seraient les principes guidant le régime. Les gens devraient montrer leur loyauté à l'autorité illimitée du tsar, aux traditions de l'église orthodoxe russe, et, d'une manière vague la nation russe. La répression notamment des nationalités non-russe et des autres religions s'exerça. Par exemple l'Église Uniate en Ukraine et Biélorussie en 1839. Voir aussi Cantonistes.

Culture

L'insistance officielle sur le sentiment national russe contribua à un débat sur la place de la Russie dans le monde. Un groupe, les Occidentaux, croyaient que la patrie demeurait arriérée et primitive et devait aller vers plus d'européanisation. Un autre groupe, les Slavophiles, favorisaient avec enthousiasme les Slaves et leur culture et coutumes détestant la technicité avec le rationalisme de l'ouest. Certains pensaient que la commune paysanne russe, ou mir, offrait une alternative possible au capitalisme occidental et serait un sauveur social et éthique. Les slavophiles, donc, représentaient une forme de messianisme. La littérature, à travers les œuvres d'Alexandre Pouchkine, Nicolas Gogol, Ivan Tourgueniev et bien d'autres, gagna une stature et reconnaissance internationale. Le ballet s'acclimata après son importation de France et la musique classique s'implanta fermement avec les compositions de Mikhaïl Glinka.

Politique étrangère

En politique étrangère Nicolas agit comme protecteur des forces en places et obstacle aux révolutions. Il fut au début de son règne particulièrement influencé par l'ambassadeur autrichien Charles Louis de Ficquelmont, conservateur avéré proche de Metternich et n'ayant de cesse que de combattre les idées révolutionnaires qu'il avait subit étant jeune prince lorrain dans la tourmente qui suivit 1789. Sur ses conseils, Nicolas servit la politique du grand chancelier autrichien. Ses offres de répression des révoltes en Europe lui valurent d'être considéré comme le gendarme de l'Europe. En 1830, après les Trois Glorieuses en France, les Polonais dans le royaume du Congrès se rebellèrent dans ce qui est connu comme l'insurrection de Novembre. Nicolas la brisa, abolit la constitution polonaise, et réduisit ce pays au statut de simple province russe. En 1849 il intervint à la demande des Habsbourg et les aida à réduire l'insurrection en Hongrie. Il insista aussi auprès de la Prusse pour qu'elle refusât la constitution libérale. Ayant aidé les forces conservatrices à repousser le spectre de la révolution, Nicolas semblait dominer l'Europe. Mais c'était une illusion. Alors que Nicolas cherchait à maintenir le statu quo en Europe il adopta une position agressive vis-à-vis de l'Empire ottoman. Nicolas considérait que la question orientale serait résolue par la partition de l'empire Ottoman. C'était la politique traditionnelle de la Russie. Il désirait maintenir la protection russe sur des chrétiens orthodoxe des Balkans, alors largement sous le contrôle des Turcs dans les années 1820. La Russie connut des succès militaires contre l'Empire ottoman en 1828 et 1829 et l'obligea au traité d'Unkiar-Skelessi en 1833. Les principaux partis européens croyaient que le traité contenait une clause secrète octroyant à la Russie le droit d'envoyer des navires de guerre à travers les détroits du Bosphore et des Dardanelles. Par la convention des détroits de Londres de 1841 ils affirmèrent le contrôle ottoman de ces détroits et interdirent à quelque puissance y compris la Russie d'envoyer des bateaux militaires par ces passages. Basé sur son rôle dans la suppression des révolutions de 1848 et sa croyance erronée qu'il eut du rapport britannique, Nicolas s'engagea contre les Ottomans qui déclarèrent la guerre en 1853. Craignant une victoire facile de la Russie le Royaume-Uni et la France s'allièrent pour ce qui est connu comme la guerre de Crimée. L'Autriche offrit aux Ottomans un support diplomatique et la Prusse demeura neutre, laissant la Russie sans alliés sur le continent. Les alliés débarquèrent en Crimée et mirent le siège à la base russe bien fortifiée de Sébastopol. Après une année d'affrontements la base tomba, exposant l'incapacité de défendre une fortification à l'intérieur de son territoire. Nicolas mourut avant la reddition mais il avait déjà reconnu l'échec du régime. La Russie faisait alors face au choix de commencer des réformes majeures ou perdre son statut comme puissance européenne principale.

Legs

Nicolas a laissé à son successeur une Russie plus unie et plus forte aussi bien sur le plan économique, que politique et militaire. Son règne fut rythmé par un expansionnisme fort (guerres du Caucase, conquêtes en Asie mineure et sur l'Empire ottoman, etc..), un interventionnisme important et une politique extérieure dynamique. Il adopta une politique pan-slaviste et envisagea l'union sous la couronne de Russie des peuples slaves des Balkans et l'annexion des Empires ottoman et perse, mais sa démarche fut entravée par l'intervention franco-britannique de 1854-1855 (guerre de Crimée).

Voir aussi

- Astolphe de Custine Nicolas 01 Nicolas 01 Nicolas Russie 01 Nicolas Russie 01 Catégorie:Souverain de Pologne Nicolas Russie 01 be:Мікалай I, імператар расійскі bg:Николай I (Русия) ca:Nicolau I de Rússia cy:Niclas I o Rwsia da:Nikolaj 1. af Rusland de:Nikolaus I. (Russland) en:Nicholas I of Russia eo:Nikolao la 1-a (Rusio) es:Nicolás I de Rusia et:Nikolai I fa:نیکلای یکم fi:Nikolai I gl:Nicolao I de Rusia he:ניקולאי הראשון hr:Nikola I., ruski car it:Nicola I di Russia ja:ニコライ1世 ka:ნიკოლოზ I (რუსეთი) ko:러시아의 니콜라이 1세 lt:Nikolajus I nl:Nicolaas I van Rusland nn:Nikolai I av Russland no:Nikolaj I av Russland pl:Mikołaj I Romanow pt:Nicolau I da Rússia ro:Nicolae I al Rusiei ru:Николай I sh:Nikola I., ruski car sr:Николај I Романов sv:Nikolaj I tr:I. Nikolay (Rusya) uk:Микола I (російський імператор) zh:尼古拉一世 (俄国)
Sujets connexes
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