Peinture académique

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Académisme
- A l'initiative de Louis XIV, le 1 février 1648, furent créé les académies royales de peintures et de sculptures. Le peintre Charles Le Brun en prend la direction. Les Académies pronent alors une méthode radicalement nouvelle d'enseignement des Beaux-Arts. Celle-ci érige les œuvres de l'antiquité gréco-romaine pour modéle et repose essentiellement sur un concept dont les mots clé sont simplicité, grandeur, harmonie et pureté. L'Académie se compose alors de deux
Peinture académique

Académisme
- A l'initiative de Louis XIV, le 1 février 1648, furent créé les académies royales de peintures et de sculptures. Le peintre Charles Le Brun en prend la direction. Les Académies pronent alors une méthode radicalement nouvelle d'enseignement des Beaux-Arts. Celle-ci érige les œuvres de l'antiquité gréco-romaine pour modéle et repose essentiellement sur un concept dont les mots clé sont simplicité, grandeur, harmonie et pureté. L'Académie se compose alors de deux sections : l'Académie de peinture et de sculpture, et l'Académie d'architecture. L' anatomie, la géométrie, la perspective et l'étude d'après le modèle vivant, constituaient les bases de l'enseignement préparatoire à la peinture et à la sculpture. L'enseignement de l'académie repose sur certains principe fondateurs:
- Affirmer la primauté du dessin sur la couleur
- Approfondir l'étude du nu, de l'anatomie
- Privilégier le travail en atelier par rapport au travail en plein air, sur le motif
- Réaliser des oeuvres "achevées"
- Imiter les anciens, imiter la nature et ont fini par constituer un carcan aux yeux de certains artistes et critiques de la fin du contre lequel ils se sont insurgés peu à peu. L'académisme était le courant dominant de la peinture sous le Second empire, caractérisé par un goût très fort pour les thèmes historiques et le goût pour l'orientalisme. La peinture académique emprunte au néoclassicisme de David ou d'Ingres sur le plan thématique, stylistique autant que technique (glacis). et . Le nom « pompier » (1888 d'après le Robert) est sans doute une allusion aux casques brillants de certains personnages des grandes compositions de l'époque, qui rappelaient ceux des sapeurs-pompiers. Certaines sources proposent l'hypothèse d'une dérision du mot « Pompéin » (de Pompéi). Enfin, ce mot évoque la pompe, le pompeux. La peinture académique est souvent opposée à la peinture réaliste de Courbet puis à l'art des impressionnistes bien qu'il ne faille pas oublier qu'à l'époque les frontières étaient moins claires : Auguste Toulmouche a été le protecteur de Claude Monet, Jean-Léon Gérôme a aidé Édouard Manet à ses débuts, etc.

Histoire de l'Académie

La création des académies

Les Académies Royales de peinture et de sculpture furent créés en 1648, par Louis XIV dans le but de garantir aux peintres et sculpteurs le statut d'artiste qui leurs était alors contesté. L'académie pourvoyait donc à la formation technique (apprentissage du dessin, de l'anatomie, de la couleur...) et culturel (familiarisation avec les sujets de l'antiquité, les grands auteurs...) des jeunes artistes. Les candidats à l'entrée à l'école des Beaux-Arts (les femmes n'y sont admises qu'en 1897) doivent passer un concours d'admission consistant en l'exécution d'une figure nue dessinée d'après le modèle vivant.

Le contrôle de l'Académie

Dans la deuxième moitié du , se cristallise une opposition qui va profondément marquer toute l'histoire de l'art du : celle de l'académisme et de la "modernité", terme lancé par Baudelaire. Les avant-gardes n'ont pu s'imposer, , qu'en bousculant l'art officiel. . Ils en avaient les moyens, car ils régnaient sur l'Académie des Beaux-Arts, à l'Institut, au Salon, longtemps lieu de passage obligé pour exposer, se faire connaître et obtenir des commandes de l'État. . Le second Empire assimila d'abord le naturalisme de Millet (honoré cependant d'une médaille au Salon de 1864) ou, plus encore, de Courbet au socialisme : Courbet passait à leurs yeux pour le peintre du laid, ou du néant, car ses œuvres semblaient dépourvues de signification. Jean-Léon Gérôme Jeunes grecs faisant battre des coqs (1847), Musée d'Orsay, Paris

Loin du Salon

Les novateurs durent exposer et se faire connaître en dehors des institutions, des récompenses et des commandes officielles. Ce ne fut pas par choix, mais par obligation. C'est au Salon, où se pressaient artistes, mondains et critiques, qu'ils auraient voulu triompher. Seulement le jury du Salon était nommé par l'Académie des Beaux-arts, avant de se voir en partie coopté par les artistes reçus eux-mêmes au Salon. En 1855, Gustave Courbet fit ériger le "Pavillon du Réalisme" en face de l'Exposition universelle où certaines de ses toiles n'avaient pas été acceptées. En 1863, tant de toiles furent refusées au Salon que, dans un souci d'apaisement, Napoléon III autorisa l'ouverture d'un salon parallèle. Le Salon des refusés était né. Le Déjeuner sur l'herbe permit ainsi à Manet de se faire connaître par un succès tout de scandale. Les critiques étaient choqués et irrités tant par le fond que par la forme. Manet ne mettait la nudité de la chair au service d'aucune convention mythologique ; il accordait au jeu de l'ombre et de la lumière infiniment plus d'importance qu'au dessin. En 1874, quelques artistes, dont Monet, Renoir, Camille Pissaro, Alfred Sisley, organisèrent une exposition dans l'atelier du photographe Nadar. Critiques et publics ne virent dans leurs toiles que les œuvres de fous et de daltoniens. Les journaux multiplièrent les caricatures et les railleries. Dans le Charivari, Louis Leroy se moqua en ces termes de la toile de Monet Impression, soleil levant, représentant le port du Havre : « Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans. » A vrai dire, rappelle Pascale Bertrand, le mot "impression" était déjà depuis une quinzaine d'années au centre de toutes les conversations, dans les ateliers ou les cafés. Dès le début des années 1880, chacun des impressionnistes préféra explorer sa propre voie. C'est, estime Marina Ferretti-Bocquillon, qu'ils étaient soudés par l'ambition d' « inventer une expression objective de la vie moderne », et que la bataille était déjà gagnée. Cézanne, en particulier, préfèrait depuis ses débuts la permanence à la fluidité de l'univers impressionniste (« j'ai voulu faire de l'Impressionnisme quelque chose de solide et de durable comme l'art des musées », dira-t-il). À la huitième et dernière exposition impressionniste, en 1886, il n'exposa pas, pas plus que Monet, Renoir, et Sisley. Seurat et Paul Signac étaient là, en revanche. L'histoire du post-impressionnisme commençait, conclut Ferretti-Bocquillon.

Défaite et évolution de l'académisme

L'année 1897 entérina la défaite de l'Académisme. Manet, Degas, Pissarro, Monet, Renoir, Sisley et Cézanne firent en effet leur entrée dans une institution officielle, le musée du Luxembourg, réservé aux commandes de l'État. Le legs Caillebotte, mécène des impressionnistes, collectionneur et peintre lui-même, était enfin accepté, après trois années de combats acharnés (seuls les tableaux de Degas avaient d'abord été admis). C'est le Conseil d'État qui avait tranché, arguant que ces œuvres faisaient de fait partie de l'histoire de la peinture française. En réalité, on avait coupé la poire en deux : sur 67 toiles, 29 furent rejetées. Gérôme avait pourtant menacé de démissionner de sa chaire de professeur des Beaux-Arts, qualifiant ces toiles d' "ordures", et voyant dans leur entrée au Luxembourg le signe de «la fin de la nation ». C'est qu'un nouveau public s'était formé, avide d'innovations formelles plutôt que de confirmation des codes établis. Les courants avant-gardistes se multipliaient. L'Académie et l'École des beaux-arts elles-mêmes devinrent plus éclectiques, note Claire Barbillon. Après avoir été rejeté sous le second Empire, sauf sous certaines formes édulcorées, « le naturalisme fut adopté par les peintres les plus officiels de la troisième République », écrit-elle. Quant au symbolisme, il réunit « des artistes formellement assez traditionnels », comme Gustave Moreau, et des peintres radicalement novateurs comme Gauguin ou Odilon Redon. Le Salon des Indépendants (1884), puis le Salon d'Automne (1903), bousculèrent le monopole du Salon officiel. L'apparition d'un véritable marché de l'art et des galeries, souvent dirigées par des amateurs des nouveaux courants, permit aux artistes de vendre leurs œuvres sans passer sous les fourches caudines du Salon et des commandes officielles. En 1899, les tableaux de Cézanne rencontrent enfin le succès, lors d'une vente à la galerie Georges Petit. En 1900, l'impressionnisme triomphe à l'exposition centennale de l'Art français. La rétrospective Van Gogh organisée en 1901 par la galerie Bernheim-Jeune marque fortement Maurice Vlaminck, qui s'exclame qu'il aime mieux Van Gogh que son père ! La même année, Picasso expose chez Ambroise Vollard. En 1905, Marquet, Matisse, Derain et Vlaminck exposent ensemble au Salon d'Automne. L'histoire bégaie : le nom de "fauves" qui leur est alors donné a pour origine l'exclamation railleuse d'un critique. L'ouverture du musée d'Orsay en 1986 sera l'occasion de vives polémiques. Beaucoup y verront une réhabilitation des "pompiers", voire du "révisionnisme". André Chastel considérait cependant dès 1973 qu'il n'y avait « que des avantages à substituer à un jugement global de réprobation, héritage des vieilles batailles, une curiosité tranquille et objective. »

Peintres académistes

- Eugène-Emmanuel Amaury-Duval
- Paul Baudry
- Amélie Beaury-Saurel
- Léon Bonnat
- William Bouguereau
- Gustave Boulanger
- Alexandre Cabanel
- Pierre Auguste Cot
- Thomas Couture
- Paul Delaroche
- Gilbert Dupuis
- Hippolyte Flandrin
- Henri Gervex
- Jean-Léon Gérôme
- Jacques-Émile Lafon
- Jean-Paul Laurens
- Jules Joseph Lefebvre
- Louis Anselme Longa
- Jean-Louis-Ernest Meissonier
- Auguste Toulmouche
- Georges-Antoine Rochegrosse
- Franz Xaver Winterhalter (François Xavier Winterhalter)

Peintures

Image:DelarocheNapoleon.jpg|Napoléon abdiquant à Fontainebleau (1845) par Delaroche Image:Jean leon gerome combat de coqs.jpg|Le Combat de coqs (1847) par Gérôme Image:Thomas_Couture_003.jpg|Les Romains de la décadence (1847) par Couture Image:William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) - The Dance (1856).jpg|La Danse (1856) par Bouguereau Image:Gerome - Diogenes.jpg|Diogène (1860) par Gérôme Image:Fryne przed areopagiem.jpg|Phrynée devant l'Aréopage (1861) par Gérôme Image:Baudry.jpg|Nu féminin (1862) par Baudry Image:Duval La Naissance de Venus.jpg|La Naissance de Vénus (1862) par Amaury-Duval Image:Madame de Loynes.jpg|Madame de Loynes par Amaury-Duval Image:1863 Alexandre Cabanel - The Birth of Venus.jpg|La Naissance de Vénus (1863) par Cabanel Image:Meissonier - 1814, Campagne de France.jpg|1814, Campagne de France (1864) par Meissonier Image:Charles Gleyre 002.jpg|Le coucher de Sapho (1867) par Gleyre Image:Truth.jpg|La Vérité (1870) par Lefebvre Image:Jean-Leon Gerome Pollice Verso.jpg|Pollice Verso (1872) par Gérôme Image:Gerome Bethseba.jpg|Bethsabée par Gérôme Image:Jean-Léon Gérôme 001.jpg|Marché aux esclaves par Gérôme Image:Kiss (1873).jpg|Le premier baiser (1873) par Bouguereau Image:Odalisque.jpg|Odalisque (1874) par Lefebvre Image:Chloé.jpg|Chloé (1875) par Lefebvre Image:William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) - Nymphs and Satyr (1873).jpg|Nymphes et Satyre (1873) par Bouguereau Image:Laurens excomunication 1875 orsay.jpg|L'Excommunication de Robert le Pieux (1875) par Lefebvre Image:Léon Bonat - Roman Girl at a Fountain.jpg|Jeune fille romaine à la fontaine (1875) par Léon Bonnat Image:Mary Magdalene In The Cave.jpg|Marie-Madeleine dans la grotte (1876) par Lefebvre Image:William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) - The Nymphaeum (1878).jpg|La Nymphée (1878) par Bouguereau Image:William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) - The Birth of Venus (1879).jpg|La Naissance de Vénus (1879) par Bouguereau Image:William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) - A Young Girl Defending Herself Against Eros (1880).jpg|Jeune Femme se défendant contre l'Amour (1880) par Bouguereau Image:Pandora.jpg|Pandore (1882) par Lefebvre Image:William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) - Return of Spring (1886).jpg|Le retour du printemps (1886) par Bouguereau Image:William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) - The Bohemian (1890).jpg|La Bohémienne (1890) par Bouguereau Image:William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) - After the Bath (1894).jpg|Après le bain (1894) par Bouguereau Image:Psycheabduct.jpg|L'enlèvement de Psyché (1895) par Bouguereau Image:Bouguereau The Virgin With Angels.jpg|La Vierge avec les Anges (1900) par Bouguereau

Voir aussi

- Hiérarchie des genres | Art officiel
- Peinture académique
- Peinture historique
- Critique de l'académisme de 1850 à nos jours Catégorie:peinture par courant br:Arz akademikel ca:Academicisme cs:Akademismus de:Akademische Kunst en:Academic art eo:Akademismo es:Academicismo fi:Akateeminen taide gl:Academicismo hr:Akademizam hu:Akadémizmus lv:Akadēmiskā māksla no:Akademisk kunst pl:Akademizm pt:Academicismo ro:Academism ru:Академизм sk:Akademizmus sr:Академизам sv:Akademisk konst zh:學院藝術
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