Empire du Mali

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L’Empire du Mali a été créé au par Sundjata Keïta. Il connut son apogée au , s’étendant entre le Sahara et la forêt, l'Océan Atlantique et la Boucle du Niger soit sur les actuels Mali, Sénégal, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Mauritanie et une grande partie de la Côte d'Ivoire. La falaise de Bandiagara - Patrimoine mondial de l'Unesco .
Empire du Mali

L’Empire du Mali a été créé au par Sundjata Keïta. Il connut son apogée au , s’étendant entre le Sahara et la forêt, l'Océan Atlantique et la Boucle du Niger soit sur les actuels Mali, Sénégal, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Mauritanie et une grande partie de la Côte d'Ivoire. La falaise de Bandiagara - Patrimoine mondial de l'Unesco .

Les origines

La région du Manding (ou Manden) était divisée en trois provinces dirigées par les clans malinkés : les Condé régnaient sur la province du Do, les Camara sur le Bouré et les Keïta alliés aux Traoré et aux Konaté dans le Kiri. Vers 1050, le clan des Keïta l’emporte sur les autres. Ils se convertissent à l’islam et refusent la soumission à l’empire du Ghana. A la fin du , règne Naré Maghann Konaté, père de Sundjata Keïta. Il chercha à s’allier avec les royaumes voisins afin de s’opposer aux nomades venant du Sahara capturer des esclaves. Le Manding (ici dans la région de Siby) est le berceau de l'Empire du Mali Au nord, Soumaoro Kanté, roi du Sosso conquiere les petits royaumes voisins au et constitue une armée très disciplinée. Voulant contrôler les mines d’or, Soumaoro Kanté attaque le Manding. Origine possible du nom Mali: On peut penser que le mot Mali ( qui veut dire hippopotame en Mandingue, Bambara, Dioula) vient du nom de l'hippopotame, puisque la tradition veut que le père fondateur de l'empire, Soundiata Kéïta se soit noyé dans le Sankarani. Les habitants de l'empire, eux ont toujours appelé leur pays Manden et non Mali. Mais il est bon de savoir que les Peulhs (ethnie nomade présente au Mali depuis la création de l'empire) appelle les habitants du Manden: Malinké, littéralement les gens, les habitants du Mali en peulh. On en déduit que les peulh, contrairement aux "mandenka" eux mêmes qui appellent leur pays Manden, les peulh eux appellent le pays: Mali et ses habitants malinké.

Sundjata Keïta

En difficulté devant les attaques de Soumaoro Kanté, les malinkés font appel à Sundjata Keïta. Selon la tradition racontée par les griots, Sundjata Keïta est né handicapé et ce n’est que tard qu’il a pu marcher. Il fut persécuté par son frère aîné Dankaran Tuman, ce qu’il l’a poussé à s’exiler à Néma. En 1230, il devient roi et il réunit les clans malinkés à Siby. Il organise une armée composée de dix mille cavaliers et ses cent mille fantassins et entreprend la guerre contre le roi du Sosso. Après plusieurs batailles, c’est en 1235 que Sundjata Keïta vainc l’armée de Soumaoro à Kirina. Selon la légende, Soumaoro disparaît dans les montagnes autour de Koulikoro. Sundjata Keïta conquiert alors tous les royaumes de la région qu’il unifie pour former l’Empire du Mali. Il est proclamé « Mansa » ce qui signifie « Roi des rois ». Il met en place une organisation administrative et militaire. La population est répartie en 30 clans : 16 clans d'hommes libres; 4 clans de griots; 5 clans maraboutiques, et 5 clans d'artisans. Pour rassembler ces clans, il instaure le système de parenté à plaisanterie. Il met en place deux gouvernements militaires au Nord à Soura et au Sud à Sankaran. Il établit la capitale de l’Empire à Niani. Carte de l'empire du Mali à son apogée Après ces conquêtes, le règne de Sundjata Keïta est connu pour être une époque de paix, de prospérité et de liberté suite à la proclamation de la Charte du MandenYoussouf Tata Cissé, Wa Kamissoko , Soundjata, la gloire du mali - Karthala - Hommes et Sociétés - Histoire. L’empire du mali regroupait alors des populations issues de différentes ethnies (Malinkés, Bambaras, Wolofs, Toucouleurs) Sundjata Keïta meurt en 1255, vraisemblablement par noyade. Selon la légende, il se serait transformé en hippopotame.

Les successeurs de Sundjata Keïta

À la mort de Sundjata Keïta, plusieurs de ses fils lui ont succédé : Ouali Mansa wullen (vers 1255 - vers 1270), Ouati (vers 1270 - vers 1274), Khalifa (vers 1274 - vers 1275). Ensuite, c’est Abu Bakr (Abubakar I) (vers 1275 - 1285), petit-fils de Sundjata Keïta qui prend le trône. À la mort de ce dernier, Sakoura, qui ne fait pas parti de la lignée des Keïta, s’empare du trône et régne pendant 15 ans, de 1285 à 1300 pendant lesquels il va consolider l’Empire. À sa mort, les descendant de Sundjata Keïta retrouvent le pouvoir avec Gao (vers 1300-1305), puis le fils de ce dernier, Mohammed ibn Gao (vers 1305-1310), enfin son neveu Aboubakri II (vers 1310-1312). Aboubakri II est devenu célèbre en lançant deux expéditions pour connaître les limites de l’océan. En effet, Ibn Fadl Alla Al OmariIbn Fadl Allah Al ‘Omari, Masalik el Absar fi mamalik el Amsar, Traduit par Gaudefroy-Demombynes, Librairie Orientaliste Paul Geuthner, Paris 1927 rapporte qu'Aboubakry II aurait d'abord équipé deux cents « navires » en vue d'explorer l'autre rive de l'Océan Atlantique ; dont aucun équipage ne serait revenu. Puis il en affréta deux mille autres dont il prit le commandement, mais ne revint jamais de son expéditionVoir les ouvrages , en particulier They Came Before Columbus : The African Presence in Ancient America, Hardcover, Random House, 1976. Où l'auteur soutient que des membres des équipages d'Aboubakry II auraient bel et bien atteint l'Amérique du Sud, laissant des traces dans certaines cultures précolombiennes.. La tradition malinké le considérant alors comme mort, ce qui en justifia la succession, en l'occurrence, par son fils Kankou Moussa.
-Sundjata Keïta (1240-1255)
-Ouali Keïta (1255-1270)
-Ouati Keïta (1270-1274)
-Khalifa Keïta (1274-1275)
-Abu Bakr (1275-1285)
-Sakura (1285-1300)
-Gao (1300-1305)
-Mohammed ibn Gao (1305-1310)
-Aboubakri II (1310-1312)

Kankou Moussa

thumb Vers 1312, Kankou Moussa (ou Kango Moussa), arrive au pouvoir. C’est sous son règne que l’Empire du Mali atteint son apogée : de l'Adrar des Ifoghas à l'estuaire de Gambie. En 1324, il effectue un pèlerinage à la Mecque dont la tradition et les sources arabesIbn Fadl Allah Al ‘Omari, Masalik el Absar fi mamalik el Amsar, Traduit par Gaudefroy-Demombynes, Librairie Orientaliste Paul Geuthner, Paris 1927 garderont le souvenir des fastes : accompagné de milliers de serviteurs et d’esclaves, il aurait emporté tellement d’or (environ 10 tonnes) que le cours du métal précieux aurait baissé pendant plusieurs années. Sa générosité aurait frappé les esprits. Néanmoins, selon Elikia Mbokolo, Mansa Moussa aurait vendu la plupart des esclaves (8 700 à 14 000 selon les sources, en très grande majorité des femmes) en Egypte et en ArabieHugh Thomas, La traite des Noirs, éditions Robert Laffont, 2006, p. 27'Elikia M'Bokolo, Afrique noire, Histoire, tome 1, éditions Hatier, 1995, p.174. Toutefois, Serge Daget et François Renault observent qu'à ce propos les sources arabes ne sont pas unanimes, ni sur les effectifs (de 8000 à 14000) du cortège de Kankou Moussa, ni sur leur statut : tantôt on parle d'« esclaves », tantôt de « sujets » ou encore de « personnes » ; sans toujours savoir s'ils ont été vendus par le Mansa MaliFrançois Renault et Serge Daget, Les traites négrières en Afrique, éd. Karthala, 1985, page 25, note n°34 : Al Omari affirme que le souverain était accompagné « de quatorze mille jeunes esclaves affectés à son service particulier » . Le même chiffre est retenu par Makrizi, mais il précise que c'était des esclaves femmes . Al Omari, toutefois, deux pages après la citation précédente, réduit le chiffre à dix mille et ne mentionne plus que des « sujets ». Le Tarikh el Fettach, (traduction) Paris, 1964, de son côté mentionne « huit mille personnes ». Kango Moussa revient au Mali accompagné de plusieurs hommes de science et de culture dont Abu-Isack-es Saheli, originaire de Grenade qui a été l’architecte de la Mosquée Djingareyber de Tombouctou construite en 1328 à Tombouctou. Mansa Moussa meurt en 1337. Au , un voyageur, Al-'Umari, déclare que l'empire du Mali, la monarchie d'Afrique occidentale la plus importante à l'époque, tirait de grands profits de ses marchandises et de ses rapts par razzias en terre infidèleHugh Thomas, La traite des Noirs, éditions Robert Laffont, 2006, p.26.

Les successeurs de Mansa Moussa et le déclin de l’Empire du Mali

Mamelouk; Perse; Arabes; Yémen. califat hafcide; Kanem; Touareg; 1-Mérinides; 2 - Abdalwadides; Empire du Mali. Éthiopie; Aloa (
-); Toundjour. comptoirs arabes ; Zanzibar; Kitara (
-); Grand Zimbabwe; Feti; Khoï; San (
-). Plusieurs empereurs se sont succédé : Mansa Maghan (1337-1341), Mansa Souleymane, frère de Mansa Moussa (vers 1341-1360), son fils Kassa (vers 1360), Mari Diata II, fils de Mansa Maghan (vers 1360-1374), son fils Moussa II (vers 1374-1387), Magha II (vers 1387-1389), et l'usurpateur Sandaki (vers 1389-1390). Après la mort de Mansa Souleymane, des querelles de successions affaiblissent l’Empire qui sera attaqué par les Mossi, les Touaregs puis les Songhaïs. Entre le et le , Le Mali se réduit à ses dimensions d’origine.
-Kouta Moussa (1312-1337)
-Maghan (1337-1341)
-Suleyman (1341-1360)
-Kassa (1360)
-Mari Diata II (1360-1374)
-Musa II (1374-1387)
-Magha II (1387-1389)
-Sandaki (1389-1390)
-Mahmud (1390-1400)
- Mansas inconnus (1400-1546)

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

- Djibril Tamsir Niane, Soundjata ou l'épopée mandingue, Présence africaine, Paris, 1960.
- , tome IV, chapitres 6&7, éd. Présence Africaine/UNESCO/EDICEF, 1991
- Jolly, Jean, Histoire du continent africain, tome 1 (sur 3), L’Harmattan, 1996, ISBN 2-7384-4688-4
-Youssouf Tata Cissé, Confrérie des chasseurs Malinké et Bambara, étude (broché). Paru en 10/1994
-Youssouf Tata Cissé, Wa Kamissoko , La grande geste du Mali - Des origines a la fondation de l'empire- Karthala - Hommes et Sociétés - Civilisation
-Youssouf Tata Cissé, Wa Kamissoko , Soundjata, la gloire du mali - Karthala - Hommes et Sociétés - Histoire
-Dialiba Konaté, L’épopée de Soundiata Keïta, Seuil jeunesse, Paris, 2002. ===
Sujets connexes
Abdalwadides   Aboubakri II   Adrar des Ifoghas   Arabes   Bambaras   Bataille de Kirina   Charte du Manden   Côte d'Ivoire   Djibril Tamsir Niane   Empire du Ghana   Empire du Mali   Falaise de Bandiagara   Gambie   Grenade (Espagne)   Griot   Guinée   Hafsides   Histoire de l'Éthiopie   Islam   Koulikoro   Kouta Moussa   La Mecque   Maghan   Mali   Malinkés   Mauritanie   Mosquée Djingareyber de Tombouctou   Mossi   Mérinides   Naré Maghann Konaté   Niani   Niger (fleuve)   Océan Atlantique   Paris   Perse   Royaume de Sosso   Royaume du Kanem-Bornou   Sahara   San   Siby   Soumaoro Kanté   Soundiata Keïta   Sénégal   Tombouctou   Toucouleurs   Wa Kamissoko   Yémen   Zanzibar (archipel)  
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