Simca

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Simca fut un constructeur automobile français, créé en 1934 pour construire en France des véhicules Fiat sous licence. La marque, reprise successivement par Chrysler puis par Peugeot, a été abandonnée en 1980, au profit de Talbot. Elle fait aujourd'hui partie du patrimoine de PSA Peugeot Citroën.
Simca

Simca fut un constructeur automobile français, créé en 1934 pour construire en France des véhicules Fiat sous licence. La marque, reprise successivement par Chrysler puis par Peugeot, a été abandonnée en 1980, au profit de Talbot. Elle fait aujourd'hui partie du patrimoine de PSA Peugeot Citroën.

Origine du nom

- SIMCA : Société Industrielle de Mécanique et Carrosserie Automobile.

Historique

L'histoire de SIMCA débute avec Ernest Loste, un ancien coureur cycliste de talent qui, pour sa reconversion, décide d'ouvrir un garage automobile à Paris. En 1907, il devient distributeur exclusif des automobiles Fiat pour la France. Après guerre, ses affaires deviennent si florissantes que la maison-mère italienne commence à juger que laisser une petite officine française distribuer ses produits n'est plus concevable. En 1926 est créée la SAFAF "Société Anonyme Française des Automobiles Fiat" filiale française de Fiat-Italie chargée d'assurer la distribution des voitures dans tout l'hexagone. Loste est nommé président de la société mais n'est plus qu'un actionnaire minoritaire, les associés italiens de Fiat détenant l'essentiel du capital. Fiat impose même à Loste un jeune directeur général turinois de 28 ans, Henry Théodore Pigozzi. En 1929, la crise économique mondiale provoque le recul de la production industrielle mondiale et le repli sur soi de l'ensemble des nations. Dans un souci de protectionnisme, les droits de douanes sont considérablement accrus : face aux productions françaises, les automobiles Fiat ne sont plus du tout concurrentielles. Pigozzi réussit alors à convaincre les actionnaires de Fiat de produire leurs automobiles directement en France, les barrières douanières étant devenues trop fortes et l'assemblage de voitures à partir de pièces d'importation n'étant plus possible. En 1932, la SAFAF, tout en gardant le même sigle acronymique devient alors la "Société Anonyme Française pour la Fabrication en France des Automobiles Fiat". Pigozzi se heurte à un grave problème, car il ne s'agit pas simplement d'assembler des pièces fabriquées en Italie mais de véritablement fabriquer les pièces et de monter les véhicules. En l'absence d'usine SAFAF, Pigozzi met sur pied une nébuleuse de petits sous-traitants qui produisent les pièces à partir des plans italiens tandis que l'officine de Suresnes est chargée de l'assemblage des automobiles. En 1932 Fiat présente en Italie sa nouvelle Fiat 508 Balilla rebaptisée 6 CV en France. Les premières 6CV SAFAF portent sur la calandre la mention "Fabriqué à 80 % en France" puis "Fabrication Française". Ces voitures se reconnaissent à leur calandre droite et disposent de 3 vitesses. En avril 1934, quelques mois après Fiat en Italie, la SAFAF présente la nouvelle version de la 6CV équipée d'une boîte à 4 vitesses dont la nouvelle ligne sacrifie à la mode "aérodynamique". La 6CV connaît un vif succés en France qui conduit à une évidence : il devient désormais indispensable de fabriquer les voitures à grande échelle dans une véritable usine et non pas de manière irrationnelle éparpillée chez une constellation de sous-traitants. Le 27 novembre 1934 la Société Industrielle de Mécanique et Carrosserie Automobile, une entreprise au capital de huit millions de francs, 100 % française, dont tous les actionnaires sont français (même si les fonds investis sont quasi-exclusivement italiens...) et dont le siège social est à Nanterre voit le jour en remplacement de la SAFAF. Il ne reste plus qu'à construire une usine. L'opportunité s'offre début 1937 lorsque le fabricant Donnet, qui est en grande difficulté financière suite à son entêtement à vouloir persister dans la voiture à moteur 2 temps, se retrouve en faillite. SIMCA rachète alors Donnet pour disposer de son usine moderne de Nanterre. Pour ménager les susceptibilités nationales (une modeste ex-filiale d'une firme italienne rachète une usine française !) Pigozzi, amené à diriger l'usine, reste encore dans l'ombre en tant qu'Italien. Sur la calandre des Fiat françaises apparaît, pour la première fois en juillet 1935, le nom SIMCA en diagonale sur le logo FIAT. La gamme SIMCA-FIAT est déjà importante. La 11CV Fiat 518 Ardita inaugure dans sa version "Grand Luxe" la ligne "Comète" caractéristique des productions françaises. Si les modèles produits à Nanterre restent de simples copies des versions italiennes de Fiat, les techniques de promotion et de gestion des produits permettent à Simca de devenir l'un des tout premiers constructeurs français devant Citroën. Mi-1936, la marque SIMCA prédomine sur le nouveau macaron. Avec l'été le cabriolet 6CV adopte à son tour la ligne "Comète", bientôt imité par les berlines et le coupé. Simca présente alors la Simca 5 (Fiat 500 Topolino) qui rencontre rapidement un franc succès auprès de la clientèle hexagonale (la Simca 5 est même dévoilée en France avant la Fiat 500 en Italie). Les manifestations du Front Populaire en perturberont quelque peu la production. La 6CV simple, économique se vend toujours bien en 1937 malgré l'atmosphère de crise croissante. Son prix de base de 17 500 F correspond à 10 mois de salaire d'un ouvrier qualifié. La 11CV, de présentation luxueuse, coûte elle 33 000 F. En 1938, la Simca 8 prend la relève de la 6CV vieillissante qui reste quelques mois au catalogue dans la version fourgonnette 300 kg. La 11CV disparaît également du catalogue. Puis la guerre survient et les activités sont en partie gelées. En partie seulement... Les vainqueurs allemands veulent que toutes les entreprises participent à l'effort de guerre, notamment pour produire des véhicules destinés au front russe. Chaque usine se voit affecter un administrateur désigné par l'occupant. Mais Fiat, firme dont le pays, l'Italie, est allié de l'Allemagne, réussit à obtenir que l'administrateur de SIMCA soit l'un des directeurs de Fiat-Allemagne. De fait, l'usine de Nanterre va continuer à produire des automobiles pendant encore trois ans, contrairement aux usines Citroën ou Peugeot, contraintes à fabriquer du matériel militaire. En 1943, les revers de l'armée allemande conduisent à la cessation du traitement de faveur dont jouissait SIMCA. L'usine est affectée à la maintenance des véhicules militaires. À la libération, la fabrication reprend progressivement d'autant plus que l'usine a échappé aux bombardements. En 1946, le plan Pons intègre SIMCA à la Générale Française Automobile (GFA) avec Delahaye-Delage, Unic, Laffly et Bernard. Mais SIMCA échappe à la nationalisation et aux contraintes du gouvernement visant à travers la GFA à rationaliser la fabrication automobile. La production redémarre avec la Simca 5 et la Simca 8. La Simca 6, évolution de la 5, est lancée en 1947 mais ne rencontre que peu de succès face à la vive concurrence de la Renault 4CV. Pigozzi, notamment grâce aux deniers américains du Plan Marshall, lance le projet d'une nouvelle petite voiture moderne, codée Simca 9, qui deviendra au printemps 1951 la première "véritable" Simca, l'Aronde. L'Aronde est un franc succès qui permet à SIMCA de dégager d'important bénéfices. En 1954, Pigozzi est nommé PDG de l'entreprise tandis que SIMCA devient Simca et commence à convoiter la filiale française de Ford, Ford SAF. Les Ford se vendent mal car, avec leur V8 très gourmand, sont peu adaptées au marché français. Dès 1952, Henri Ford songeait à se débarrasser de cette filiale qui avait du mal à écouler les Vedette, conçues aux USA mais construites dans l'Hexagone. Simca se porte acquéreur de Ford SAF, accroissant considérablement sa capacité de production grâce à l'usine de Poissy de ce dernier et héritant de la Vedette, entre-temps remise au goût du jour. En 1955, Simca acquiert également la société Unic qui construit des automobiles (la fabrication sera arrêtée rapidement) mais aussi et surtout des poids lourds. Puis, toujours avec l'aide de Fiat, Pigozzi crée la SOMECA pour la fabrication de matériel agricole, tracteurs notamment. Simca devient le premier constructeur français privé derrière l'entreprise d'état qu'est la Régie Renault. En 1958, le constructeur américain Chrysler devient actionnaire à 25 % de Simca en rachetant les 15 % du capital appartenant encore à Ford et en prenant 10 % supplémentaires. Simca fabrique alors 200 000 voitures par an et rachète le constructeur Talbot. En 1961, Les deniers américains permettent à Pigozzi de lancer un nouveau projet, la Simca 1000. Les solutions techniques, dérivées de la Fiat 850, sont similaires à celles de la Renault R8 avec un petit 4 cylindres arrière dans une carrosserie cubique à trois volumes. Les modèles de pré-série de la 1000 sortent des chaînes de Poissy en juillet 1961 et elle est présentée au salon de Paris en automne. La Simca 1000 rencontre un énorme succès qui durera jusqu'en 1978, tandis que la gamme Vedette est arrêtée. La participation de Chrysler passe à 63 % en 1962, toujours sous l'égide de Pigozzi qui recherche de nouveaux capitaux suite au départ de Fiat qui souhaite créer sa propre filiale et est en négociation pour racheter Citroën. Pigozzi est limogé quelques mois plus tard, lorsque les Américains s'aperçoivent que la transaction ne comprend pas Simca Industries qui regroupe diverses infrastructures et marques indispensables à Simca Automobiles : les sociétés Unic et SOMECA ont en effet été cédées à Fiat qui en fera ses filiales regroupées dans F.F.S.A. (Fiat France SA). En 1963, Georges Héreil, ex-patron de Sud-Aviation (le constructeur des avions Caravelle) devient le nouveau PDG de Simca et doit batailler ferme face à sa direction américaine pour défendre le projet de la nouvelle Simca 1100. Les dirigeants ne veulent en effet pas engager d'argent pour étudier un nouveau modèle alors que certains modèles de la gamme Chrysler pourraient être mis sur le marché français. Finalement Héreil obtient gain de cause et la Simca 1100 (hayon arrière et traction avant) est lancée en 1967 : nouvel énorme succès avec 2 millions d'exemplaires vendus jusqu'en 1981. En 1970, Simca est renommée Chrysler France, suite au rachat total de la marque par le constructeur américain. La marque Simca est cependant conservée sur les modèles jusqu'en 1980. Durant les années qui vont suivre, Chrysler Europe va négliger d'investir dans l'évolution de ses mécaniques et va rapidement se retrouver à bout de souffle. En août 1978, Chrysler décide de revendre l'ensemble de ses activités Chrysler France, Rootes et Chrysler Simca Espagne à PSA Peugeot Citroën.

Quelques dates

- 1907 : Ernest Loste crée le premier réseau de distribution Fiat pour la France.
- 1926 : Création de la SAFAF "Société Anonyme Française des Automobiles Fiat", filiale française de Fiat-Italie chargée d'assurer la distribution des voitures Fiat dans tout l'hexagone.
- 1932 : La SAFAF devient Société Anonyme Française pour la Fabrication en France des Automobiles Fiat.
- 1934 : La SAFAF devient Société Industrielle de Mécanique et de Carrosserie Automobile (SIMCA), créée par Henri-Théodore Pigozzi, sous l'impulsion de Fiat. Les premières Simca sont des Fiat rebadgées Simca/Fiat.
-1937 : SIMCA rachète le constructeur Donnet et dispose enfin d'une usine moderne à Nanterre.
- 1945 : Les origines italiennes d'Henri Pigozzi font peser sur SIMCA la menace d'une nationalisation qui est finalement évitée.
- 1946 : le plan Pons intègre SIMCA à la Générale Française Automobile (GFA) avec Delahaye-Delage, Unic, Laffly et Camions Bernard.
- 1951 : Lancement de l'Aronde, le premier modèle original de SIMCA. Son succès est immédiat et installe confortablement la marque Simca, parmi les constructeurs importants de l'Hexagone. La même année, Simca rachète UNIC constructeur de camions.
- 1954 : SIMCA devient Simca SA et rachète le constructeur Ford SAF, qui reçoit en échange 15% du capital de Simca. Fiat garde sa participation majoritaire d'origine. Le siège social déménage dans l'usine moderne de Poissy. Avec ce rachat, Simca récupère la gamme des modèles Vedette.
- 1958 : Simca rachète le constructeur Talbot. Ford vend sa participation de 15% dans Simca à Chrysler. Fiat commence à se désengager de Simca.
- 1961 : Lancement de la Simca 1000. Énorme succès, qui durera jusqu'en 1978. Fiat cède la majorité du capital à Chrysler car, au terme des accords avec Michelin et le gouvernement français, il doit racheter Citroën.
- 1967 : Lancement de la Simca 1100. Autre énorme succès, qui terminera sa carrière en 1981.
- 1970 : Simca, qui avait été petit à petit phagocyté dans les années 1960 par Chrysler Europe, devient la société Chrysler France. Chrysler-Europe comprend aussi les Espagnols Barreiros poids lourds et Simca-España, ainsi que les Britanniques Hillman, Sunbeam, Humber, Singer et Commer.
- 1978 : Chrysler vend sa filiale Chrysler Europe à PSA Peugeot-Citroën.
- 1979 : PSA change l'appellation Chrysler Europe en Talbot.
- 1980 : La marque Simca est abandonnée à la fin du millésime. Elle appartient toujours au groupe PSA.
- 2004 : Un musée Simca ouvre à Poissy sur le centre technique PSA de Carrières-sous-Poissy.

Les modèles

La Simca 1000
- Simca-Fiat 6cv, issue de la Fiat 508 Balilla
- Simca-Fiat 11cv, issue de la Fiat 518 Ardita
- Simca 5 (1936 - copie de la Fiat 500 fabriquée à Nanterre)
- Simca 8 (1937 - issue de la Fiat 508C ou Fiat 1100)
- Simca 6 (1947 - 2 série de la Fiat 500C topolino)
- Simca Aronde (1951) utilisant toujours un moteur Fiat
- Simca Vedette (1955)
- Simca Régence
- Simca Versailles
- Simca Trianon
- Simca Marly (break)
- Simca Présidence
- Simca Chambord
- Simca Beaulieu
- Simca Ariane
- Simca Aronde-P60 (1959) utilisant toujours un moteur Fiat
- Simca 1000 (1961)
- Simca 1300 / 1500 (1963)
- Simca 1100 (1967)
- Simca 1200 S - Coupé
- Simca 1301 / 1501 (1968)
- Simca-Chrysler 160 / 180 / 2 litres (1971)
- Matra-Simca Bagheera (1973-1980)
- Simca-Chrysler 1307 / 1308 / 1309 (1975), élue voiture de l'année 1976
- Simca-Chrysler Horizon (1978), élue voiture de l'année 1979, vendue également aux USA sous le nom de Dodge Omni.
- Matra-Simca Rancho (1978), SUV sur base de Simca 1100.

Voir aussi

- Constructeur automobile | Talbot | Peugeot
- Automobile | Transport | Matra Simca | Simca 1000 rallye | Simca racing team

Bibliographie

- « Henry Théodore Pigozzi » dans Le moniteur de l'Automobile n°1332, 30/12/2004. ==
Sujets connexes
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