Jacques Parizeau

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Jacques Parizeau ( à Montréal - ) est un économiste, un haut fonctionnaire et un homme politique québécois. Il a été le 26 Premier ministre du Québec du au . En tant que premier ministre, il est l'artisan du référendum du 30 octobre 1995 qui a rejeté par une faible marge le projet souverainiste dont il s'est fait le défenseur indéfectible depuis son adhésion au Parti québécois en 1969. Lors de son passage de huit ans au poste de ministre des Finances du Québec
Jacques Parizeau

Jacques Parizeau ( à Montréal - ) est un économiste, un haut fonctionnaire et un homme politique québécois. Il a été le 26 Premier ministre du Québec du au . En tant que premier ministre, il est l'artisan du référendum du 30 octobre 1995 qui a rejeté par une faible marge le projet souverainiste dont il s'est fait le défenseur indéfectible depuis son adhésion au Parti québécois en 1969. Lors de son passage de huit ans au poste de ministre des Finances du Québec, il a été l'architecte de la politique économique du gouvernement de René Lévesque. Il a présidé à l'émergence d'un capitalisme québécois francophone qu'il a appuyé en instaurant notamment le Régime d'épargne-actions et en permettant la création du Fonds de solidarité de la FTQ. Il a aussi guidé le Québec au cours de la récession du début des années 1980 et imposé des réductions de salaire temporaires aux employés de l'État, un facteur qui a contribué à la défaite du Parti québécois à l'élection générale québécoise de 1985. À titre de haut commis de l'État, il a été intimement lié à plusieurs des initiatives-phare de la Révolution tranquille : la nationalisation de l'électricité, l'abolition du monopole des syndicats financiers torontois sur l'émission des obligations du gouvernement du Québec, la création de la Caisse de dépôt et placement du Québec et la mise en place de la Régie des rentes du Québec.

Biographie

Fils de Gérard Parizeau et de Germaine Biron, Jacques Parizeau est aussi l'arrière-petit-fils de Damase Dalpé (dit Parizeau), député à l'Assemblée législative du Québec de 1892 à 1897. Diplômé des Hautes études commerciales de Montréal, de l'Institut d'études politiques de Paris et de la Faculté de droit de Paris, Jacques Parizeau obtient finalement le titre de Ph.D. de la London School of Economics. Partisan de l'intervention de l'état en économie, il est l'un des conseillers les plus importants du gouvernement du Québec durant les années 1960, jouant un rôle important en coulisses pendant la Révolution tranquille, notamment dans la nationalisation d'Hydro-Québec et dans la création du Régime des rentes du Québec. Il fut conseiller économique auprès des premiers ministres Jean Lesage (Parti libéral du Québec) et Daniel Johnson (Union nationale) et l'un des principaux acteurs de la création de la Société générale de financement (SGF) en 1962 et de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) en 1965. D'abord en faveur du fédéralisme canadien, Jacques Parizeau, à mesure qu'il prend conscience de la situation économique du Québec, de la possibilité que celui-ci s'affranchisse du reste du Canada et acquière une plus grande autonomie sur la scène politique mondiale et au sein des ensembles économiques multinationaux, devient souverainiste et joint le Parti québécois le .

Vie politique

Candidat défait aux élections générales de 1970 et 1973, Jacques Parizeau se fait élire aux élections de novembre 1976 sous la bannière de ce parti et devient ministre des Finances, poste qu'il occupera jusqu'en 1984. Parizeau joue un rôle important dans le référendum de 1980 au Québec, défendant la proposition du gouvernement péquiste pour la souveraineté-association, c'est-à-dire l'indépendance politique du Québec vis-à-vis le Canada assortie d'une association économique. Jacques Parizeau a été professeur aux Hautes Études Commerciales de 1955 à 1976. Il y retourne après 1984, année où il rompt avec René Lévesque et son idée du : Lévesque s'était éloigné de l'idée de réaliser à court terme l'indépendance du Québec et s'occupait plutôt de le gouverner, donnant une dernière chance au fédéralisme canadien en accueillant favorablement le projet de réforme constitutionnelle envisagé par le premier ministre fédéral Brian Mulroney. Jacques Parizeau, comme plusieurs de ses collègues, s'opposent à ce changement d'orientation. Lui et six autres ministres quittent le conseil des ministres à la fin novembre 1984. René Lévesque se retire lui aussi peu après et sera remplacé par Pierre Marc Johnson. En 1987, Pierre-Marc Johnson quitte la direction du Parti québécois après avoir été défait lors de l'élection de 1985. Jacques Parizeau est élu pour le remplacer en tant que chef du parti le et il devient Chef de l'opposition officielle le . Il dénonce d'abord la du gouvernement de Bourassa, particulièrement dans le domaine constitutionnel, puis ultimement « tend la main à (s)on premier ministre» suite à la déclaration du 22 juin 1990. En 1992, le premier ministre Bourassa fait amender la loi 150 qui, constatant l'échec de l'accord du lac Meech, prévoit la tenue d'un référendum sur la souveraineté du Québec, et en fait changer le libellé pour que la consultation populaire porte sur la ratification de l'accord de Charlottetown, par lequel le Québec révise à la baisse ses exigences. Les populations du Québec et du Canada rejettent l'accord et Jacques Parizeau devient premier ministre moins de deux ans plus tard.

Jacques Parizeau, premier ministre

En 1994, Jacques Parizeau mène le Parti québécois à la victoire électorale, formant un gouvernement majoritaire et devenant Premier ministre du Québec. Parizeau promet de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec dans la première année de son mandat et, malgré de multiples objections, respecte l'échéancier promis. La date du référendum est fixée pour le . L'appui à la souveraineté se situe au départ à environ 40 % dans les sondages d'opinion. À mesure que la campagne avance, toutefois, les appuis à l'option du « Oui » augmentent. Malgré cela, l'option souverainiste plafonne, et Parizeau fait l'objet de pressions pour s'adjoindre les services de Lucien Bouchard, le populaire chef du Bloc québécois en le nommant "négociateur en chef" du Québec advenant la victoire du "Oui". Jacques Parizeau accepte ainsi de jouer un second rôle pour la suite de la campagne. La nuit du 30 octobre, le Québec a été à quelques milliers de votes près d'accéder à l'indépendance, mais le « Oui » perd tout de même, le « Non » ayant récolté 50, 6 % des voix. Le soir de la défaite, le discours de Jacques Parizeau comporte quelques phrases amères au sujet de (critiquant surtout ainsi les dépenses illégales engagées par les forces fédéralistes du « Non »Démontrées par la suite non seulement lors de la Commission royale d'enquête du juge John Gomery, mais également lors de l'enquête du juge Grenier décrétée par le Directeur général des élections du Québec. et les communautés ethnoculturelles pour leur rejet massif du projet souverainisteÀ titre d'exemple, les circonscriptions de D'Arcy-McGee et de Jacques-Cartier, très majoritairement non-francophones, ont voté « OUI » dans une proportion respective de 3, 62 % et de 8, 98 %.), et parle de , c'est-à-dire les francophones qui avaient voté « Oui », déclarant que ce groupe majoritaire, pour la première fois, n'avait plus peur de l'indépendance politique. Soixante pour cent des francophones québécois (qui représentent 80 % de la population québécoise) avaient voté « Oui », ce qui s'avéra malgré tout insuffisant pour que le Québec accède à sa souveraineté. Jacques Parizeau est fortement critiqué pour ses commentaires, qu'il qualifie plus tard de et méritants la désapprobation avec laquelle ils sont accueillis. Étant donné la défaite référendaire et ses commentaires, il démissionne comme chef du Parti québécois et Premier ministre du Québec le lendemain. Quelques semaines plus tard, le quotidien français Le Monde révèle la collaboration nouée entre Jacques Parizeau et l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, pour aider les souverainistes à proclamer l'indépendance juridique du Québec 10 jours seulement après les résultats du scrutin.

Parizeau quitte la politique

M. Parizeau donnant une conférence devant un auditoire d'étudiants à l'Université Laval de Québec, en mars 2007. Jacques Parizeau est remplacé par Lucien Bouchard à la direction du Parti québécois et du gouvernement du Québec le . Citoyen privé, il continue de commenter la situation politique, notammment la lenteur du nouveau gouvernement Bouchard et ses hésitations dans la promotion de l'indépendance du Québec. De plus, il agit à titre de conférencier régulier et particulièrement apprécié auprès des jeunes dans les institutions d'enseignement du Québec. Son biographe est Pierre Duchesne (Trois tomes, Éditions Québec Amérique). En 2003, de présumées déclarations de Jacques Parizeau, véhiculées par le quotidien trifluvien Le Nouvelliste (déclarations qui se sont avérées par la suite sans fondement), ont fait dérailler la campagne de Bernard Landry pendant le débat des chefs. Aux élections de 2007, Jacques Parizeau soutient le Parti Québécois, alors dirigé par André Boisclair, qui subit la défaite.

Vie privée

Jacques Parizeau a déjà été marié à Alice Parizeau (Poznanska de son nom de fille), une femme de lettres, journaliste et criminologue québécoise d'origine polonaise. En 1992, soit deux ans après le décès de celle-ci, Jacques Parizeau s'est remarié avec Lisette Lapointe, qui, lors de l'élection générale de 2007, se présenta comme candidate du Parti québécois dans la circonscription de Crémazie. Au lendemain de ce scrutin, Lisette Lapointe devint députée de cette circonscription.

Citations

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- Time Magazine, 1992
- Pierre Duchesne, Jacques Parizeau, tome 2, Québec Amérique, 2002, p. 505 (1985 lors de sa démission du cabinet Lévesque)

Notes et références de l'article

Voir aussi

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Sujets connexes
Accord de Charlottetown   Accord du lac Meech   Alice Parizeau   André Boisclair   Années 1960   Années 1980   Assemblée nationale du Québec   Beau risque   Bernard Landry   Bloc québécois   Bourassa   Brian Mulroney   Caisse de dépôt et placement du Québec   Canada   Chef de l'Opposition officielle (Québec)   Circonscription électorale (Québec)   Commission Gomery   Conseil des ministres du Québec   Crémazie (circonscription provinciale)   D'Arcy-McGee (circonscription provinciale)   Daniel Johnson (fils)   Daniel Johnson (père)   Directeur général des élections du Québec   Déclaration du 22 juin 1990   Député   Fonds de solidarité FTQ   Fédéralisme canadien   Gouvernement Jacques Parizeau   Gouvernement Lucien Bouchard   Gouvernement René Lévesque   Gouvernement Robert Bourassa (2)   Gouvernement majoritaire   Guy Chevrette   Gérard Parizeau   Haut fonctionnaire   Hydro-Québec   Idéologie fédéraliste au Québec   Indépendance   Institut d'études politiques de Paris   Jacques-Cartier (circonscription provinciale)   Jean Lesage   Jean Perreault   Journaliste   Le Monde   Le Nouvelliste   Lisette Lapointe   London School of Economics   Louise Beaudoin   Lucien Bouchard   Montréal   Mouvement souverainiste du Québec   Parti libéral du Québec   Parti québécois   Pierre Duchesne (journaliste)   Pierre Marc Johnson   Politique du Québec   Pologne   Premier ministre   Premier ministre du Canada   Premier ministre du Québec   Québec   Raymond Garneau   René Lévesque   Rita Dionne-Marsolais   Référendum de 1980 au Québec   Référendum de 1995 au Québec   Régie des rentes du Québec   Révolution tranquille   Société générale de financement   Toronto   Union nationale (Québec)   Université Laval   Valéry Giscard d'Estaing   Yves Duhaime  
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