Saint-Quentin

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Saint-Quentin est une commune française, située dans le département de l'Aisne et la région Picardie. Ses habitants sont appelés les Saint-Quentinois.
Saint-Quentin

Saint-Quentin est une commune française, située dans le département de l'Aisne et la région Picardie. Ses habitants sont appelés les Saint-Quentinois.

Géographie et moyens de communications

Saint-Quentin est situé sur un fleuve côtier : la Somme, peu après la naissance de celle-ci à Fonsomme. La capitale de la Haute-Picardie est au cœur du Vermandois. La ville dispose d'une position géographique intéressante (Seuil du Vermandois) : à la croisée des chemins entre Paris, Amiens, Reims, Lille et Bruxelles. Cette position est confortée par la présence de deux autoroutes, l'A26 (dite « autoroute des Anglais ») allant vers Arras et Calais et l'A29, qui relie Saint-Quentin à Amiens et Rouen, et de la liaison ferroviaire Paris Nord - Bruxelles - Amsterdam, desservie notamment par des TEE (CC40100 accompagnée de rame inox). Cette ligne a vu passer des trains de voyageurs à destination de l'Allemagne, de la Pologne, de l'Union soviétique et des Pays scandinaves. Le canal de Saint-Quentin, traverse la cité et relie Chauny à Cambrai (environ 93 km). Il a été un des plus importants de France jusque dans les années 1960 / 70. Il unit les eaux de l'Escaut, de la Somme et de l'Oise. Il possède sur le tronçon Lesdins - Vendhuile, 2 souterrains importants constuits sous le 1 Empire. La ville est dotée d'un système urbain de bus (6 lignes) desservant le centre ville et les quartiers périphériques.

Démographie

Mairie de Saint-Quentin

Histoire

La ville a été fondée par les Romains, vers le début de notre ère, pour remplacer l' oppidum de Vermand comme capitale des Viromandui : peuple celte belge qui occupait la région. Elle reçut le nom d' Augusta Viromanduorum, Augusta des Viromandui, en l'honneur de l'empereur Auguste. Le site correspond à un gué qui permettait de franchir la Somme. Elle est ravagée au et il est possible que Vermand soit redevenue la capitale locale (cf. son nom qui provient de Veromandis). Durant le haut Moyen Âge, l'important monastère qui se développe grâce au pèlerinage sur la tombe de Quentin, un romain chrétien venu évangéliser la région et martyrisé à Augusta, donne naissance à un nouvelle agglomération qui porte le nom du célèbre saint. A partir du , Saint-Quentin est la capitale du comté de Vermandois. Dès le , les comtes de Vermandois (issus de la famille carolingienne, puis capétienne) sont très puissants. La ville se développe rapidement et obtient une charte communale dès le . Au début du , Saint-Quentin entre dans le domaine royal. À cette époque, c'est une ville florissante, en raison de son activité textile (ville drapante). C'est aussi une place commerciale dynamisée par sa position à la frontière du royaume de France, entre les foires de Champagne et les villes de Flandre (commerce du vin, notamment) : il s'y tient une importante foire annuelle. Elle bénéficie aussi de sa situation au cœur d'une riche région agricole (commerce des grains et de la guède). A partir du , Saint-Quentin souffre de cette position stratégique : elle subit les guerres franco-anglaises (guerre de Cent Ans). Au , elle est disputée au roi de France par les ducs de Bourgogne: c'est l'une des "villes de la Somme". Ravagée par la peste à plusieurs reprises, sa population diminue tandis que son économie est mise en difficulté : sa foire perd de l'importance, la production agricole est amoindrie, etc. Son industrie textile en déclin se tourne vers la production de toiles de lin. Parallèlement, elle doit faire face à d'importantes dépenses pour entretenir ses fortications et fournir des contingents armés. Entre la fin du et jusqu'au milieu du , cette position stratégique est source de terribles malheurs. En 1557, un siège héroïque face aux Espagnols se termine par le pillage de la ville et sa désertion durant deux ans. Rendue à la France en 1559, elle connaît une activité de fortification intense: l'enceinte médiévale est protégée de nombreux ouvrages fortifiés, remaniés à plusieurs reprises. Deux quartiers sont rasés pour leur faire place. Au milieu du , la ville échappe aux sièges, mais subit les affres des guerres qui ravagent la Picardie, accompagnées de la peste (celle de 1636 emporta trois mille habitants, sur peut-être dix mille) et de la famine. Dans la seconde moitié du , les conquêtes de Louis XIV l'éloignent de la frontière et elle perd beaucoup de son rôle stratégique. À la fin du , sa production textile se spécialise dans les toiles fines de lin (linon et batiste). Elle retrouve sa prospérité, notamment au , où ces toiles sont exportées dans toute l'Europe et aux Amériques. Au , elle poursuit son développement en devenant une ville industrielle prospère, grâce à des entrepreneurs sans cesse à l'affut des nouveautés techniques. Les productions sont diversifiées, mais la construction mécanique et surtout le textile l'emportent : les "articles de Saint-Quentin" sont alors bien connus. Saint-Quentin subit encore à trois reprises les conséquence de sa position stratégique: en 1814-1815, elle est occupée par les Russes (sans dommage). En 1870-1871, lors de la guerre franco-prussienne, la population associée à des débris de l'armée en déroute repousse l'envahisseur, mais la ville tombe lors de la deuxième offensive; néanmoins, cette action désespérée mais héroïque eut un retentissement national. Si ces deux épisodes du siècle n'ont pas affecté lourdement la ville, il en est tout autrement de la Première Guerre mondiale. Les Allemands l'intègrent dans la ligne Hindenburg: après l'évacuation de la population, la ville est systématiquement pillée et tout l'équipement industriel emporté ou détruit. Les terribles combats finissent de la ruiner : 80 % des immeubles (dont la Basilique) sont endommagés. Malgré le soutien national, la reconstruction est longue et la ville peine à retrouver le dynamisme antérieur à 1914. Les chiffres de la population sont explicites : le niveau des 55 000 habitants atteint en 1911, n'est retrouvé qu'au milieu des années 1950, dans le contexte favorable des "Trente Glorieuses". Le développement de la ville a repris, fondé sur la tradition industrielle textile et mécanique. Cette prospérité se poursuit jusqu'au milieu des années 1970, période où l'industrie textile française commence à souffrir de la concurrence des pays en voie de développement.

Héraldique

Malte-Brun, dans la France illustrée (1882), rapporte deux blasonnements pour les armes traditionnelles de la ville de Saint-Quentin : 1°) « D'azur, à un buste de Saint-Quentin d'argent, accompagné de trois fleurs de lis d'or, deux en chef et une en pointe. » 1°) « De gueules, à un buste de Saint-Quentin d'argent, accompagné de trois fleurs de lis d'or, deux en chef et une en pointe. »

Administration

La ville est chef-lieu de trois cantons :
- le canton de Saint-Quentin-Centre est formé d'une partie de Saint-Quentin (20 189 habitants) ;
- le canton de Saint-Quentin-Nord est formé d'une partie de Saint-Quentin et des communes de Essigny-le-Petit, Fieulaine, Fonsommes, Fontaine-Notre-Dame, Lesdins, Marcy, Morcourt, Omissy, Remaucourt et Rouvroy (25 830 habitants) ;
- le canton de Saint-Quentin-Sud est formé d'une partie de Saint-Quentin et des communes de Gauchy, Harly, Homblières, Mesnil-Saint-Laurent et Neuville-Saint-Amand (27 887 habitants).
- 1789 : Nicolas Margerin, premier maire de l'ère "moderne" de la ville.
- 1777 : Pierre Alexandre François Margerin (1735-1803). Quentin de La Tour fit son portrait.

Économie

- Métallurgie liée à la manutention, à l'agro-alimentaire (sucrerie) et constructions de motocyles, de moteurs de bateaux (MBK / Yamaha);
- Chimie;
- Agroalimentaire;
- Textile. Saint-Quentin est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de l'Aisne dont le Président est Serge Renaud (CCIA). Elle gère le port de plaisance de Saint-Quentin.

Personnalités liées à la ville

Monuments et lieux touristiques

Saint-Quentin est classée ville d'art et d'histoire. L'art déco est fortement représenté dans la ville (patrimoine important). De nombreuses façades reconstruites après la 1 guerre mondiale sont de véritables bijoux architecturaux. 3000 façades ont été recensées et environ 300 classées (fer forgé, fayences, sculptures en ciment, de nombreux bow-windows...).

Monuments

Basilique de Saint-Quentin
-La Basilique de Saint-Quentin : Début de la construction : au début du . Fin de la construction : Cette importante durée de construction lui vaut d’avoir connu tous les styles du gothique. Ce monument offre aux visiteurs un ensemble complexe et fascinant de l'architecture gothique et constitue une originalité parmi les cathédrales de Picardie (possède 2 transepts). Ce bâtiment est affecté à l'exercice du culte catholique. ''Fortement endommagée par les bombardements de 1917, la reconstruction de la collégiale de Saint-Quentin est entammée en 1919, sous l'égide des Monuments historiques. Les vitraux du sont remis en place en 1948, grâce au travail minutieux de Maurice Berry, architecte en Chef des Monuments historiques. Les vitraux manquants sont complétés par des œuvres modernes, réalisées par un artiste de la seconde école de Paris: Hector de Pétigny (1904-1992). En 1956, la nouvelle basilique peut enfin être ouverte au culte. Certains travaux furent remis à plus tard: ainsi c'est seulement en 1983, que fut érigée la flèche au dessus de la croisée.".
-L'Hôtel de Ville : à l'instar des grandes villes du Nord, l'Hôtel de Ville de Saint-Quentin, achevé en 1509, de style gothique, à trois pignons, est orné de 173 sculptures et se trouve sur une très grande place fermée. L'Hôtel de Ville de Saint-Quentin est renommé pour son carillon (37 cloches). Ce monument abrite une superbe salle des mariages (plafond polychrome et cheminée de type renaissance). La salle du conseil municipal réalisée en 1925 (Art déco) est de boiseries et fer forgé.
-Le théâtre municipal Jean Vilar, conçu en 1844 selon les plans de monsieur Guy, architecte à Caen, est du type à l'italienne. En 1854, le sculpteur Matagrin, taille les pierres de la façade. En 1921, le plafond fut décoré par le peintre Prévost et représente la Ville renaissante de ses cendres, suite aux destructions de la première guerre mondiale.
-Les Béguinages : La ville possède de nombreux béguinages dont les origines remontent au Moyen Âge.
-Le Palais Fervaques construit à l'emplacement de l'ancienne abbaye de Fervaques, a été construit de 1897 à 1911. Il abrite outre le TGI, une superbe salle de réception.
-La Porte des canonniers, d'un ancien bâtiment attribué aux canonniers et arquebusiers.
-La gare SNCF de style Art déco, fut construite d'après les plans de Gustave Umbdenstock.
-La grand poste, rue de lyon, également de style Art Déco.
-Le monument commémorant la défense héroïque de Saint-Quentin par ses habitants, en 1557 contre l'armée du roi d' Espagne Philippe II (Civis murus erat). Sculpteur: C. Theunissen. (Ce monument a été déplacé de la place de l'hôtel de ville vers la place du 8 octobre, pour permettre la construction d'un parking souterrain)

Les Musées

-Musée des papillons : il possède une collection qui compte plus de spécimens, dont sont en exposition au musée.
-Musée Antoine Lécuyer : consacré à l'œuvre de celui qui allait devenir le virtuose du pastel du , Maurice-Quentin de La Tour. Il abrite des œuvres de natures et d'époques variées (dessins, peintures, sculptures, fayences de Sinceny, objets d'art...).
-La Société Académique, située rue Villebois-Mareuil, possède un remarquable musée archéologique.

Autres lieux intéressants

-La plage de l'étang d'Isle et son mini golf
-La réserve naturelle des Marais d'Isle
-Le parc d'Isle Jacques Braconnier (Maison de la nature).
-Les Champs Elysées (8 hectares)qui abritent un kiosque à musique en fer forgé.
-Le vieux port qui abrite le port de plaisance dans sa darse
-Le cimetière du Nord (monument important de la guerre de 1870-71)
-Le cimetière militaire français, route d'Amiens
-Le cimetière militaire allemand, rue de la Chaussée Romaine
-La place La Fayette dite place aux grenouilles (jets d'eau en forme de grenouilles)
-Le monument aux morts (Siège de 1557, guerre de 1870, 1ère et 2ème guerres mondiales), situé devant l'étang d'Isle
-Les deux phares du pont d'Isle (Art déco)
-L'espace St Jacques (ancienne église du même nom) rue de la Sellerie
-La bibliothèque municipale Guy de Maupassant, rue des Canonniers (50 m de la porte des Canonniers)
-Le square Winston Churchill qui abrite la margelle du vieux puit. Celui-ci était en service place de l'Hôtel de ville, ensuite la margelle a été relèguée place du marché, puis dans le square, près de la basilique.
-Le temple, rue Claude Mairesse.
-Les anciennes géoles royales souterraines.

Animations estivales

- La Plage de Saint-Quentin : Saint-Quentin a été la première ville en France à transformer son centre ville en véritable plage (Initiative de Xavier Bertrand, maire adjoint à la redynamisation): tous les ans, de début juillet à la mi-août, la place de l’Hôtel de Ville revêt sa tenue estivale pour se métamorphoser en une plage de sable fin : la Plage de l’Hôtel de Ville.

Manifestations diverses

- La Foire de la Saint Denis (en octobre)
- La Foire au boudin (Quartier Saint Jean)
- La Fête du Bouffon (week-end de Pentecôte)
- La Braderie (1 lundi de septembre)
- Le marché aux fleurs
- Le marché de la poésie
- Le marché de Noël
- Le festival des associations (tous les deux ans)

Jumelages

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Bibliographie

-Maxime de Sars, Petite histoire de Saint-Quentin, Laon, 1936, X-174 p. (réimpression : Bruxelles : Culture et civilisation, 1978)
-André Fiette, Suzanne Fiette, Saint-Quentin, Colmar - Ingersheim, 1972, 108 p.
-Jean-Luc A. d'Asciano, Francis Normand, Le piéton de Saint-Quentin, éditions Du Quesne, Lille, 2004.
-Hervé Cabezas, Alastair Lang, Pierre Rosenberg, Renaissance de la collection de dessin du musée Antoine-Lécuyer, éditions L'Œil d'or, Paris, 2005.
-Jean-Paul Besse, Saint-Quentin et sa contrée dans l'Histoire, Versailles, 2006, 450p.

Voir aussi

- Saint-Quentin Basket-Ball
- Géants du Nord ==
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