Konrad Lorenz

Infos
Konrad Zacharias Lorenz, plus connu sous le nom de Konrad Lorenz, biologiste et zoologiste autrichien, né le 7 novembre 1903 à Vienne, décédé le 27 février 1989.
Konrad Lorenz

Konrad Zacharias Lorenz, plus connu sous le nom de Konrad Lorenz, biologiste et zoologiste autrichien, né le 7 novembre 1903 à Vienne, décédé le 27 février 1989.

Biographie

Il fait des études de médecine et à trente-quatre ans, il enseigne la psychologie animale et l'anatomie comparée à Vienne pendant trois ans. Adhérent au parti nazi en 1938, au moment de l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne, il se fait l'avocat enthousiaste du nazisme. Enthousiasme dont il s'est longuement et à maintes reprises repenti y compris lorsqu'on avait cessé de lui demander des comptes (notamment dans son discours de remerciement à l'occasion de la remise du Prix Nobel près de trente ans après sa dénazification prononcé par K.Lorenz devant l'Académie Nobel). En 1940, il devient professeur à l'université de Königsberg où il occupe la chaire d'Emmanuel Kant. Engagé volontaire en 1941 dans l'armée comme médecin psychiatre auprès des soldats allemands souffrant de chocs traumatiques. Il est fait prisonnier par les Russes en 1942 et déporté en Arménie soviétique jusqu'en 1948. Dans ses travaux ultérieurs, Lorenz se servira de cette expérience (enthousiasme nationalisme et constats des dégâts du lavage de cerveaux chez les allemands nazifiés et les russes communisés) pour élaborer une critique des dérives de l'instinct d'agression chez l'homme. Dénazifié de bon gré, il dirige l'institut d'éthologie comparée d'Altenberg de 1949 à 1951 puis l'Institut Max Planck de physiologie comportementale (un des 80 instituts de recherche de la Société Max Planck) de Buldern (1951-1954) puis celui de Seewiesen (1954). Il reçoit en 1973, conjointement avec Karl von Frisch et Nikolaas Tinbergen, le prix Nobel de physiologie ou médecine pour leurs découvertes concernant «l'organisation et la mise en évidence des modes de comportement individuel et social»; il s'agit du seul prix Nobel jamais remis à des spécialistes du comportement. Leurs travaux constituent les fondements d'une nouvelle discipline de la biologie : l'éthologie. À la fin de sa vie, Lorenz, proche des mouvements écologistes et anti-nucléaires, consacre sa recherche à une réflexion humaniste sur le devenir de l'humanité.

Généalogie et parenté

Le Père de Konrad Lorenz

Adolf Lorenz est né à Silésie, petite ville de l'Autriche à l'époque. Fils d'un bourrelier, il connu une enfance difficile et souffra de la pauvreté. Malgré ses origines modestes, il devint anatomiste puis chirurgien. L'utilisation répétée du phénol, utilisé comme antiseptique à l'époque, lui brûla les mains. À l'age de trente ans il réorienta sa carrière et devint orthopédiste, il ouvrit un cabinet à Vienne, se maria et découvrit le village d'Altenberg lors de son voyage de noce de sept jours. Pratiquant toujours des opérations ouvertes (il utilisait désormais de l'alcool à la place du phénol), il développa une nouvelle opération pour le traitement du déboîtement congénital de la hanche. Chirurgien à la popularité croissante, il acheta une maison paysanne à Altenberg puis acheta progressivement des parcelles de terrain et agrandit son domaine. La maison d'Altenberg devint la maison natale de leur premier fils, Albert. À l'approche de la cinquantaine, il devint une sommité dans son domaine. Il fit alors fortune en se déplaçant aux États-Unis pour opérer la fille d'un riche industriel (Armour). Il obtint près d'un million de dollards pour ses honoraires. Il devint alors une véritable célébrité médicale, invité partout à faire la démonstration de sa méthode. C'est à cette époque, vingt ans après la naissance d'Albert, que n'acquis Konrad. Il perdu entièrement sa fortune dans la crise monétaire qui secoua l'Autriche et l'Allemagne pendant la première guerre mondiale. Il refit fortune après la guerre, puis reperda tout pendant la crise monétaire mondiale de 1929. Seul le manoir d'Altenberg, bien que dévalisé trois fois, resta toujours une propriété familiale. Konrad ne conserva que très peu de souvenirs de ces années de privation. Adolph Lorenz fut sélectionné pour le prix Nobel et, à la demande du comité, il leur communiqua l'ensemble de ses travaux concernant l'opération à la hanche sans hémorragie. Malheureusement, il manqua le prix par une seule voie. Adolf Lorenz raconte sa vie dans une autobiographie : La Recherche du Gant Perdu.

La Mère de Konrad Lorenz

Emma Lecher, fille de bonne famille mais sans fortune, était également médecin et assistante du docteur Adolf Lorenz. Elle accoucha difficilement de Konrad à l'âge de quarante-deux ans, elle reçu congé de son travail d'assistante durant les cinq années préscolaires de Konrad.

Le frère de Konrad Lorenz

Albert Lorenz suivit les traces de son père et devint chirurgien orthopédiste. Il survécu à deux guerres et à quatre mariages, il mourut à plus de quatre-vingts ans.

La femme de Konrad Lorenz

Margarethe Gebhardt (Gretl) est l'amie d'enfance intime de Konrad qui partagea ses jeux et son attrait pour le monde animal. Bien que plus vieille que lui de trois ans, ils passaient presque tout leur temps ensemble. Fille des voisins, son père maraicher à Saint-Andréa (village adjacent d'Altenberg) était un autodidacte possédant une bibliothèque bien garnie, contrairement à celle du père de Konrad. Elle termina des études de médecines et maria Konrad en 1927, l'année de la première publication de celui-ci : Observation sur les choucas, publiée dans le journal d'ornithologie de Leipniz. En fait, c'est elle avec un ami, Bernhard Hellmann, qui tapa à la machine le travail de Konrad et le posta à Berlin au grand spécialiste du comportement Oskar Heinroth. C'est donc grâce à sa femme que débuta sa carrière de scientifique.

Ses études

À l'âge de six ans il débuta sa scolarité primaire dans une école privée, financée par un riche maître-boulanger viennois (Mendel) et dirigée par une de ses tantes qui y était institutrice. À onze ans, il entra au réputé lycée Schotten à Vienne, il y étudia, pour commencer, que la chimie, la physique et l'histoire. Il termina sa formation comme pensionnaire et il étudia les matières classiques traditionnelles et la science, particulièrement la biologie. En 1922, son père décida de l'envoyer étudier la médecine à New York, à l'université de Colombia. Il y rencontra, par hasard, le professeur Thomas Hunt Morgan, le père de la génétique moderne et eut le privilège d'observer son premier chromosome dans son microscope. Après un seul trimestre, s'inquiétant trop de ce qui pourrait survenir à Gretl (ou plutôt de qui elle pourrait rencontrer), il décida de rentrer à Vienne. Il étudia la médecine à l'université de Königsberg et apprit l'anatomie comparative avec le professeur Ferdinand Hochstetter. Hochstetter qui était directeur de l'institut d'anatomie, lui enseigna aussi la phylogénétique comparative, c'est-à-dire, comment reconstruire l'arbre généalogique des espèces à partir des similarités et des différences anatomiques. Hochstetter fit de Konrad son démonstrateur en anatomie, l'année même où Gretl (sa future épouse) débuta sa médecine; il devint alors son instructeur. En 1928, il obtint le titre de docteur en médecine bien qu'il n'eût aucunement l'intention d'en faire sa profession. Il devint alors assistant de Hochstetter et son travail avec celui-ci se termina à peine quelques années plus tard quand le vieil homme prit sa retraite. Lorenz ne s'entendit pas avec son successeur et décida alors d'étudier la zoologie. En 1933, lors de son second doctorat, il soutint une longue thèse qu'il avait déjà publiée sur le vol des oiseaux et à l'adaptation des différentes formes d'ailes. Fait anecdotique, il soutint sa thèse devant un professeur ne l'ayant jamais lu et qui était très attaché aux idées existantes. Il donna donc les réponses que le professeur attendait, il ne voyait pas la nécessité d'aller à contre-courant.

Sa recherche

Le professeur Hochstetter considéra Lorenz comme un pionnier de l'application de ses propres méthodes à un nouveau domaine. Ce fait est également rapporté par Lorenz lui-même dans plusieurs de ses livres. L'idée principale consiste à appliquer les méthodes de l'anatomie comparative, développées par Hochstetter, à l'analyse du comportement animal. Chaque espèce animale développe une gamme propre de comportements individuels ou sociaux. Pour l'éthologue, la connaissance du comportement animal débute par sa description, cependant, cette connaissance doit s'enrichir par des tentatives visant à expliquer le comportement. On appelle éthogramme l'ensemble des formes stables de comportement recensées dans une espèce animale. On peut les classer en quatre catégories : :
- la dimension de causalité immédiate : réaction à un stimulus. :
- la dimension ontogénétique : le comportement inné et programmé. :
- la dimension phylogénétique : les différences et ressemblances entre espèces. :
- la dimension adaptative, ou fonctionnelle : les facteurs extérieurs qui ont généré un comportement. Les concepts fondamentaux qu'il apporta à l'éthologie sont les actions endogènes, les mécanismes innés de déclenchement, d'activités de substitution et d'Empreinte... De son point de vue d'éthologue, Konrad Lorenz a aussi étudié le rite qu'il interpréta comme une forme adaptative qu'une culture donne à l'agressivité individuelle de ses membres pour circonscrire ses effets désordonnés et indésirables et a contrario valoriser sa contribution à la conservation du groupe. Konrad Lorenz a passé une grande partie de sa vie à l'étude des oies cendrées, réalisant alors le travail le plus complet à l'heure actuelle sur cette espèce.

Prix et distinctions

Distinctions Internationales

- Professeur honoraire des universités de Münster (1953) et de Munich (1957).
- Récipiendaire du Mérite des Sciences et des Arts (Allemagne, 1950).
- Membre étranger de la Royal Society (Angleterre, 1964) et de l'American National Academy of Sciences (1966).
- Membre honoraire de plusieurs sociétés dont : Leeds (1962), Bâle (1966), puis Yale, Chicago, Oxford et Birmingham.
- Récipiendaire du Prix mondial Cino Del Duca (1969).
- Prix Nobel de physiologie ou médecine (1973).

Distinctions autrichiennes

- Récipiendaire du Prix de la ville de Vienne (1959).
- Distinction autrichienne pour la Science et les Arts (1964).
- L'Anneau de Paracelse de la ville de Villach (1973).

Références

Œuvres

- King Solomon's Ring (1952) ; (titre original : « Er redete mit dem Vieh, den Vögeln und den Fischen », Borotha-Schoeler, Wien, 1949) ; Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons (traduit de l'allemand), Flammarion, Paris (1968)
- Les animaux ces inconnus, Editions de Paris (1953)
- Man Meets Dog (1954) ; (titre original : « So kam der Mensch auf den Hund », Borotha-Schoeler, Wien, 1950) ; Tous les chiens, tous les chats (traduit de l'allemand), Flammarion, Paris (1970)
- On Aggression (1966) ; (titre original : « Das sogenannte Böse. Zur Naturgeschichte der Aggression. », Borotha-Schoeler, Wien, 1963) ; L'Agression, une histoire naturelle du mal (traduit de l'allemand), Flammarion, Paris (1977) ISBN 2080810200
- Évolution et Modification du comportement : L'inné et l'acquis, Payot, Paris (1967)
- Essais sur le comportement animal et humain : Les leçons de l'évolution de la théorie du comportement, Le Seuil, Paris (1970).
- Studies in Animal and Human Behavior Vol I (1970) ; (orig.: « Über tierisches und menschliches Verhalten. Aus dem Werdegang der Verhaltenslehre », Band 1, 1965)
- Studies in Animal and Human Behavior Vol II (1971) ; (orig.: « Über tierisches und menschliches Verhalten. Aus dem Werdegang der Verhaltenslehre », Band 2, 1965)
- Behind the Mirror : A Search for a Natural History of Human Knowledge (1973) ; (orig.: « Die Rückseite des Spiegels. Versuch einer Naturgeschichte menschlichen Erkennens », 1973) ; L'envers du miroir : Une histoire naturelle de la connaissance, Flammarion, Paris (1975).
- Les Huit péchés capitaux de notre civilisation (1974) ; (orig.: « Die acht Todsünden der zivilisierten Menschheit », 1973)
- The Foundations of Ethology (1981) ; Les Fondements de l'éthologie, Flammarion, Paris (1984)
- L'Homme dans le fleuve du vivant, Flammarion, Paris (1981)
- Les Oies cendrées, Editions Albin Michel, Paris (1989) ; (orig.: « Hier bin ich - Wo bist du ? Ethologie der Graugans », R. Piper GmbH & Co. KG, Munich 1988)
- L'Année de l'oie cendrée, Stock, Paris (1991) ; (orig.: « Das Jahr der Graugans », 1979)

Citations

-«Je crois avoir trouvé le lien manquant entre le chimpanzé et l'homme civilisé. C'est nous.»
-«Tout l'art humain s'est développé au service des rites.» L'agression
-«Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.» Les huit péchés capitaux de notre civilisation

Voir aussi

- Jacob von Uexküll
- Oies de Lorenz ===
Sujets connexes
Adaptation   Agressivité   Altenberg (Erzgebirge)   Anatomie comparée   Autriche   Biologie   Biologiste   Birmingham   Bâle   Chicago   Culture   Emmanuel Kant   Empreinte (psychologie)   Humanité   Inné   Karl von Frisch   Leeds   Munich   National Academy of Sciences   Nazisme   Nikolaas Tinbergen   Oies de Lorenz   Oxford   Paracelse   Phylogénie   Prix Nobel de physiologie ou médecine   Prix mondial Cino Del Duca   Rite   Royal Society   Stimulus   Vienne (Autriche)   Villach  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^