Chiapas

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Le Chiapas est un État fédéré du Mexique depuis 1824. C'est l'un des 31 États de la République fédérale du Mexique, sa capitale est Tuxtla Gutiérrez. Situé au sud de la péninsule du Yucatán, il est entouré par l'État de Oaxaca à l'ouest, celui de Tabasco au nord et par le Guatemala à l'est. Le Pacifique baigne son côté Sud. L'État du Chiapas est composé de 118 communes (municipios), regroupées en neuf régions économiques. Il couvre environ 75&thins
Chiapas

Le Chiapas est un État fédéré du Mexique depuis 1824. C'est l'un des 31 États de la République fédérale du Mexique, sa capitale est Tuxtla Gutiérrez. Situé au sud de la péninsule du Yucatán, il est entouré par l'État de Oaxaca à l'ouest, celui de Tabasco au nord et par le Guatemala à l'est. Le Pacifique baigne son côté Sud. L'État du Chiapas est composé de 118 communes (municipios), regroupées en neuf régions économiques. Il couvre environ 75 000 km² sur les 2 millions de km² du Mexique — ce qui le classe au 8 rang des États les plus étendus de la fédération mexicaine — et sa population s'élève à 3, 3 millions d'habitants (parmi lesquels 2 millions d'indigènes). Riche en ressources naturelles, il fournissait notamment à lui seul, en 2000, 55% de l'énergie hydroélectrique, 35 % du pétrole, près de 50 % du gaz naturel et 35 % du café du Mexique. Mais cet État est très pauvre socialement parlant puisque, par exemple, en 2000, près des 2/3 des logements du Chiapas n'avaient ni électricité ni eau courante, 72 % des enfants ne dépassaient pas la première année de scolarisation, et 67% des Chiapanèques ne cotisaient pas à la sécurité sociale.

Histoire

L'église de Santo Domingo à San Cristóbal de las Casas Cette région était peuplée par les mayas, bien avant l'arrivée des conquistadores espagnols. Après la fin de "l'empire maya" le territoire fut conquis par les Aztèques qui exigèrent de forts tributs des populations soumises. Les Espagnols arrivèrent en 1518 le nommèrent Gran Quiché. La conquête fut terminée par les espagnols aidés de leurs alliés tlaxcaltèques (venant du centre du pays) et mexicas en 1527. Le 28 août 1821 le Chiapas se déclara indépendant de l'Espagne. Le 14 septembre 1821 les habitants du Chiapas décidèrent par référendum leur union avec le Mexique par 96 829 voix contre 60400 qui allèrent au Guatemala, 15724 votèrent « blanc ». Par sa situation géographique marginale le Chiapas échappa aux violences des guerres d'indépendance. Il fut épargné par la plupart des troubles du et de l'intervention française. Pendant la Révolution contre Diaz et la guerre civile qui suivit son exil, le Chiapas fut aussi épargné. Ses habitants ne connurent durant toute la période du et celle de l'indépendance que peu de troubles. Bartolomé de Las Casas fut évêque de San Cristobal au , ville qui plus tard s'appelera San Cristóbal de las Casas.

Politique

De nombreux partis politiques et mouvements sociaux y sont actifs, jouant le jeu des institutions démocratiques. L’organisation rebelle EZLN, très connue des altermondialistes, est toutefois minoritaire et n'est pas parvenue à mobiliser une large base populaire aussi bien au sein des indigènes que du reste de la population du Chiapas. Son porte-parole est le sous-commandant Marcos, formé a Cuba. Dénonçant des siècles d'oppression politique, sociale et culturelle le soulèvement de l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) en date du 1994 se réfère de façon mythique à la première révolution mexicaine commencée en 1910 sous la direction de plusieurs chefs politiques de tendance libérale tels que Francisco Madero et militaires comme Francisco Villa dans le nord , ainsi qu' Emiliano Zapata( qui ignorait tout du marxisme) dans le Morelos. L'EZLN a aussi découragé les investisseurs locaux et étrangers de venir au Chiapas, d'où une perte d'emplois qui accélère le départ des jeunes vers les USA, ne trouvant pas de travail sur place. Se considérant comme une armée, elle fournit un excellent prétexte aux partisans de l'ordre et de la fermeté, aux nationalistes qu'ils soient de gauche ou de droite qui saisirent cette occasion pour essayer sans grands résultats (voir chiffres % PIB) de donner plus de moyens aux militaires et aux forces de l'ordre. Le PRI (membre de l'internationale socialiste) avait depuis son arrivée au pouvoir cherché à diminuer le pouvoir des militaires. Certains de ses sympathisants regrettent que l'EZLN ne participe pas aux élections et qu'elle ne soit pas un parti politique classique, qui lui donnerait une légitimité acquise démocratiquement par les urnes et donnerait la part exacte de sa représentativité. Il semblait, qu'avec l'élection de Vicente Fox, les négociations reprenaient le dessus sur la violence de l’EZLN, le gouvernement jouant la temporisation, l'EZLN n'est pas un grand souci pour le gouvernement mexicain. D'autres groupes de guérilleros comme L'EPR (Ejército Popular Revolucionario) dénoncent la mollesse et l'utilisation de la poésie par l'EZLN, et mènent actuellement une lutte armée(juillet 2007 attaque d'une prison.) Janvier 2003 : 27 nouveau-nés sont morts en 45 jours dans un hôpital à Comitán. Ces décès, bien que jamais prouvés ont créé un scandale médical rapporté par la Jornada, (quotidien mexicain de gauche à l'époque très proche des zapatistes) En effet, certains estiment que ces morts auraient pu être évitées, comme celle des enfants qui naissent à la maison et dont la mortalité très élevée est due en partie aux soins traditionnels pourrait aussi être évitée. Cette situation serait due à la faiblesse des budgets alloués à la santé au Chiapas (67 pour cent des habitants ne cotisant pas à la sécurité sociale) mais bénéficiant de nombreux programmes gouvernementaux de soins gratuits (campagnes de vaccinations par ex. et de dispensaires gratuits) et au manque de médecins (dans la plupart des endroits, il n'y aurait qu'un médecin pour 2300 habitants) et de façon plus générale à la pauvreté de la majorité des habitants de cette région. Plusieurs élus locaux de toutes tendances politiques avaient envoyé en vain des messages pour demander de l'aide. Selon certains, les médecins chiapanèques formés par les programmes fédéraux préférant travailler dans des villes ou dans le District fédéral, voir même abandonner la médecine pour d'autres offices aux USA où ils sont mieux payés, la pauvreté des habitants de cette région ne les encourageant pas à y rester. D'autre part de graves problèmes liés aux crime organisé et aux luttes des trafiquants de drogue pour avoir le monopole des routes menant aux lieux de consommation, ainsi qu'un très forte délinquance et une insécurité endémique accablent cet État. Le manque d'infrastructures pouvant apporter une réelle amélioration de la qualité de la vie est notoire la population réclame des autoroutes, des ponts, des aéroports, des hôpitaux, des structures modernes de ventes tels que supermarchés etc. ainsi que des sources d'emplois tels qu'industries et une modernisation des techniques agricoles permettant une production de fruits et légumes exportables. De nombreux artisans indigènes sont privés de leur travail. En effet certains d'entre eux ont préféré faire fabriquer en Asie des copies très exactes de l'artisanat local. Les gens trouvant plus facile d'importer des objets et de les vendre aux touristes que de les fabriquer eux-mêmes d'ou un appauvrissement culturel de certaines populations et une perte regrettable de savoir faire.

Géographie

fleuve Usumacinta à la frontière avec le Guatemala L'État du Chiapas est situé dans le sud-est du Mexique. Son relief est fortement contrasté et peut être divisé en quatre zones : la côte, les vallées centrales, les montagnes et la forêt tropicale.
- Villes principales :
- San Cristóbal de las Casas
- Tuxtla Gutiérrez (434 100 habitants) : Capitale de l'État
- Tapachula (271 600 habitants)
- Toutes les municipalités du Chiapas

Démographie

Le Chiapas comptait d'après de chiffres officiels de 2005 une population de 4293459 habitants, composée de 55% de métis (issus d'espagnols et d'indigènes) de 40% d'indigènes appartenant à diverses ethnies, le 5% restant composé de noirs, blancs et de moyen-orientaux. Neuf groupes ethniques indigènes différents sont identifiés au Chiapas : Cakchiqueles, Choles, Lacandones, Mames, Mochós, Tojolabales, Tzeltales, Tzotziles, Zoques.

Politique

- 1994-1996 : Révolte au Chiapas : certaines zones reculées sont gérées de manière autonome et échappent à la juridiction de l'État.
- Depuis 2001, Pablo Salazar Mendiguchía, candidat de l'alliance des partis d'oppostion au PRI(Le PRI est membre de l'internationale socialiste) gouverneur du Chiapas, il succède à Roberto Albores Guillén (1998-2000).

Santé

Les principaux obstacles en termes de santé publique sont le manque de ressources financières de la population, le manque d'infrastructures de santé, de déplacement et de communication (aéroports, routes) en particulier dans les régions isolées du centre du Chiapas et de la forêt lacandone (Selva Lacandona). À ces problèmes d'ordre structurels s'ajoute une certaine indifférence envers les indigènes et les populations marginalisées, les difficultés de communication entre les praticiens d'origine urbaine et leurs patients (environ un tiers des indigènes ne parlent pas espagnol et les médecins ne peuvent apprendre tous les idiomes locaux) et la quasi absence de coordination entre praticiens « traditionnels » ou communautaires et praticiens du secteur public ou non-gouvernemental. Certains ajoutent qu'il existe aussi une certaine méfiance des indigènes envers les étrangers en général et les métis et des rivalités entre groupes indigènes, ce qui augmente les difficultés de communication entre les différentes populations du pays. Il y a également de très graves problèmes d'alcoolisme dans les populations indigènes, de consommation de drogues bon marché (amphétamines, drogues synthétiques de très basse "qualité" produites sur place, colles, solvants) et de violence intra-familiales, de désintégration des liens familiaux, de prostitution dont les victimes sont le plus souvent les femmes et les enfants en bas âge. De nombreux jeunes hommes sont partis de leurs villages allant dans les grandes villes du pays ou aux États-Unis délaissant souvent vieillards, femmes et enfants n'étant pas dans la possibilité de leur venir en aide. Ils souffrent aussi des conséquences de superstitions et de l'ignorance dans laquelle leur éloignement géographique et le peu d'intérêt porté à ces populations jusqu'à peu par les gouvernements successifs les a laissés. En l'absence de médecins ou de structures médicales ils sont la proie de nombreux charlatans se réclamant de la « médecine traditionnelle » qui les exploitent en prétendant les guérir de maladies devenues fréquentes telles que le sida, la tuberculose, la syphilis et les hépatites de type virale, etc. La vente de copies de médicaments devient également un problème. En 1993 selon les chiffres publiés par Salud publica de México en 1995 (volume 37, No 1) il y avait au Chiapas 1 médecin pour 1642 habitants contre 292 dans le District Fédéral pour une moyenne nationale de 1 médecin pour 673 habitants. Le Chiapas doit aussi affronter d'autres problèmes comme la pollution de ses cours d'eaux par toutes sortes de causes (égouts, pesticides etc.) le manque d'infrastructures pour éliminer correctement le déchets ménagers et industriels et les recycler, ainsi que la coupe sauvage de bois précieux s'ajoutant à la déforestation pour gagner des terres cultivables. La sécurité alimentaire y laisse aussi beaucoup à désirer et de nombreux cas d'aliments contaminés par toutes sortes de polluants y ou périmés (viandes, lait en poudre, boissons gazeuses, bières) ainsi que la vente de faux miel, faux extraits de vanille etc. y sont détectés. Les parcours thérapeutiques des chiapanèques, spécialement des indigènes, sont diversifiés et reflètent le pluralisme du système thérapeutique. Une tradition multiséculaire se maintient dans les régions indigènes et les couches populaires de la population urbaine. Cette médecine « traditionnelle » est caractérisée par la diversité de ses thérapeutes, aux savoirs et savoir-faire s'étendant du technico-empirique au rituel magico-religieux. S'illustrent, parmi ces thérapeutes, les « preneurs de pouls », les « diseurs de prières » et les accoucheuses. Ces méthodes ancestrales sont responsables de nombreux morts et de retards dans les soins aggravant souvent le diagnostic de maux qui auraient pu être correctement soignés s'il avaient été détéctés dès leur apparition . Les principaux problèmes de santé de la population sont d'ordre gastro-intestinal, respiratoire (en particulier chez les femmes, qui sont exposées quotidiennement à la fumée des foyers) et dermatologique. Chez les hommes les accidents du travail sont nombreux, liés aux activités agricoles, et chez les femmes la morbi-mortalité liée à la grossesse et à l'accouchement est importante. À cet égard, la lutte contre la mortalité maternelle et infantile constitue l'une des priorités des programmes de santé public. Dans cette perspective, l'État mexicain a notamment mis en place des programmes de formation des accoucheuses communautaires, visant à encadrer leur pratique et à encourager le transfert des femmes présentant des pathologies vers les structures médicalisées. Les programmes de santé public présentent également des enjeux politiques directs au niveau local, dans la mesure où les structures et le matériel médical constituent des ressources exploitables économiquement, et où l'accès aux postes de promoteur de santé ou d'intermédiaire des services publics se traduisent par un gain d'influence au niveau communautaire. Ces enjeux locaux ne sont pas dissociables d'enjeux plus globaux, dans un contexte marqué par de nombreux et importants conflits politiques (liés notamment à des revendications agraires, écologistes et identitaires)et de rivalités ancestrales entre groupes ethniques indigènes. Ces conflits et l'instabilité qu'elle génère découragent nombre de chiapanèques médecins, techniciens, dentistes etc., qui préférent partir vers des régions plus calmes comme le district fédéral pour les plus qualifiés, ou les États-Unis pour d'autres. À cet égard, les choix en termes de modèle de santé publique au niveau fédéral, de gestion des inégalités de richesse au niveau national, et d'accès à l'exercice de leurs droits des populations marginalisées constituent des problèmes fondamentaux qu'il s'agirait de résoudre avant d'espérer obtenir la réduction des inégalités de santé au Chiapas.

Remarques

En espagnol, on rencontre l'abréviation Chis. Chiapaneco est l'adjectif espagnol que l'on donne aux habitants du Chiapas.

Voir aussi

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