Jean Lesage

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L'honorable Jean Lesage, C.P., C.C., C.D., H.C. (Montréal, - Québec, ) était un avocat et un homme politique québécois. Il fut premier ministre du Québec du au . Il est parfois vu comme le père de la révolution tranquille.
Jean Lesage

L'honorable Jean Lesage, C.P., C.C., C.D., H.C. (Montréal, - Québec, ) était un avocat et un homme politique québécois. Il fut premier ministre du Québec du au . Il est parfois vu comme le père de la révolution tranquille.

Biographie

Une carrière juridique

Fils de Xavéri Lesage, enseignant et fonctionnaire à Montréal, et de Cécile Côté, Jean Lesage fit ses études au jardin de l'enfance Saint-Enfant-Jésus de Montréal, au pensionnat Saint-Louis-de-Gonzague à Québec, au séminaire de Québec et à l'Université Laval. Diplômé en droit, Jean Lesage fut admis au barreau de la province de Québec le . Il exerça sa profession d'avocat à Québec avec M Paul Lesage en 1934, puis avec Charles Gavan Power, Valmore Bienvenue, Paul Lesage et Jean Turgeon. Il épousa Corinne Lagarde, cantatrice, fille d'Alexandre Lagarde, gérant de commerce, et de Valéria Matte. Il fut Procureur de la couronne de procureur de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre, de 1939 à 1944.

Une vocation politique

Jean Lesage fut élu député de la circonscription fédérale de Montmagny-L'Islet pour le compte du Parti libéral du Canada pour la première fois lors de l'élection générale de 1945. Réélu en 1949, il fut par la suite nommé adjoint parlementaire du secrétaire d'État aux Affaires extérieures, poste qu'il occupa du au , pour ensuite devenir adjoint parlementaire du ministre des Finances du au . Réélu à nouveau en 1953, Jean Lesage devint ministre des Ressources et du Développement économique dans le cabinet Saint-Laurent du 17 septembre au , puis ministre du Nord canadien et des Ressources nationales du 16 décembre 1953 au 21 juin 1957. Il survécut à la vague progressiste-conservatrice de John George Diefenbaker, ayant été réélu en 1957 et 1958, mais démissionna de ce poste le 13 juin 1958 suite à son élection à la direction du Parti libéral du Québec le 31 mai de la même année.

Le gouvernement Lesage

Élu député à l'Assemblée nationale du Québec, Jean Lesage remporta le scrutin de 1960, faisant campagne avec le slogan C’est le temps que ça change, et mit ainsi fin au long règne de l'Union nationale, qui avait gouverné le Québec depuis 1944 sous la direction de Maurice Duplessis. Lesage devint premier ministre, président du Conseil exécutif et ministre des Finances du 5 juillet 1960 au , et également ministre des Affaires fédérales-provinciales du au et ministre du Revenu du 30 mai au . D'après Pierre Virion, il participa à la rencontre Bilderberg de 1965. VIRION, Pierre. Vers un gouvernement mondial, 1989

Le plébiscite de la nationalisation

Le programme de Jean Lesage et de son gouvernement est allé bien au-delà de simples réformes économiques. Ancré dans une tradition conservatrice, le Québec disposait d'une autonomie relative, tant au plan politique qu'au plan économique. Lesage voulait transformer les institutions et les mentalités, et la nationalisation des toutes puissantes compagnies hydroélectriques de la province devait être un . Il convoqua prématurément des élections générales le mercredi 19 septembre 1962 sur le thème de la nationalisation de l'électricité. Un débat politique télévisé, le premier de l'histoire du Canada, eut lieu le dimanche 11 novembre au soir, et opposa le chef du gouvernement et président du Parti libéral Jean Lesage, au chef de l'opposition et chef de l'Union nationale Daniel Johnson. Le Premier ministre en chef réussit ce tour de force et remporta un scrutin aux enjeux vitaux pour la province :

La Révolution tranquille

Profitant d'une forte croissance économique, le gouvernement Lesage remodela profondément l'État québécois en lançant des projets majeurs d'investissements publics, comme la nationalisation des richesses naturelles, avec la création des sociétés d'État Sidérurgie du Québec en 1964 et Société québécoise d'exploration minière en 1965. Préoccupé par l'indépendance et la compétence de l'État, Jean Lesage initia une vaste réforme de l'enseignement public, conduite par son gouvernement, dont l'apogée fut la création du ministère de l'Éducation en 1964. La période Lesage vit également la création en 1961 de l'assurance maladie québécoise, , et des ministères des Affaires culturelles, du Revenu et des Affaires fédérales-provinciales. D'importantes institutions économiques et sociales sont aussi créées, comme la Caisse de dépôt et placement du Québec et la Régie des rentes, toutes deux en 1965. Enfin, la représentation du Québec à l'étranger fut développée, avec l'inauguration des Délégations générales du Québec à Paris en 1961 et à Londres en 1963. Le gouvernement du parti Libéral a profité des surplus accumulés par le gouvernement précédent (de l'Union Nationale). Il faut ainsi constater que le gouvernement de l'Union Nationale de Duplessis a géré convenablement les avoirs et les entrées de l'État (à l'époque, il était l'un des seuls gouvernements du Canada à obtenir un bilan économique positif). À la mort de Duplessis en 1959, le Québec n'a pas de dettes mais, au contraire, accumule un surplus qui sera utilisé, par les Libéraux, pour la création des ministères de l'Éducation et des Resources naturelles (Hydro-Québec). Mais le scrutin de 1966 eut raison du gouvernement de la ; bien que le Parti libéral ait obtenu le plus grand nombre de voix, les comtés ruraux, moins favorables aux libéraux, continuaient à jouir d'un poids disproportionné par rapport aux comtés urbains (et ce malgré une réforme de la carte électorale adoptée l'année précédente), ce qui permit à l'Union nationale de l'emporter. À la fin de son mandat exécutif, Jean Lesage devint député de la circonscription de Louis-Hébert en 1966, et chef de l'opposition jusqu'en 1970. Ayant fait part de sa décision d'abandonner le poste de chef du Parti libéral le , il demeura en fonction jusqu'au congrès de janvier 1970, au cours duquel il ne s'était pas représenté.

Reconversion professionnelle

Après avril 1970, Jean Lesage fit partie de la commission chargée par le gouvernement du Québec de la préparation de la législation. Colonel honoraire du 6 régiment d'artillerie de 1965 à 1970, il occupa dès lors le poste de directeur de plusieurs compagnies, notamment Lever Brothers Ltd., Montreal Trust Co., Mondev Corporation Ltd., Campbell Chibougamau Mines Ltd. et J.J. Baker Ltd. Membre du conseil d'administration de la Canadian Reynolds Metals Co. en 1971, Jean Lesage fut nommé président du conseil d'administration des Nordiques de Québec en juin 1972. Jean Lesage mourut le à Québec. Il est enterré au cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Sainte-Foy (Québec).

Distinctions

Honorifiques

- Compagnon de l'ordre du Canada
- Chevalier de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem
- Chevalier de l'ordre de Saint-Lazare-de-Jérusalem
- Grand Québécois du siècle de l'Académie des Grands Québécois (2000)
- Grand officier de l'ordre de la Pléiade à titre posthume (14 février 1991)

Universitaires

- Docteur honoris causa des universités :
- Bishop
- Concordia
- Laval
- McGill
- de Moncton
- de Montréal
- Mount Allison
- du Nouveau-Brunswick
- d'Ottawa
- de Sherbrooke
- Western
- du Dartmouth College
- de l'École des sciences politiques d'Athènes
- Récipiendaire de la médaille des Anciens de l'Université Laval en 1961

Autres

- L'Autoroute 20 (autoroute Jean-Lesage) entre Cacouna et Montréal a été nommé en son honneur.Ministère des transports du Québec, , consulté le 14 janvier 2006.
- L'aéroport de Québec a été nommé en son honneur: Aéroport international Jean-Lesage.
- Une circonscription électorale du Québec s'appelle Jean-Lesage.
-Un monument a été érigé en son honneur en 2000. Il est situé sur la place de l'Assemblée-Nationale.

Article connexe

- Gouvernement Jean Lesage

Lien externe

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Références

Catégorie:Premier ministre du Québec Catégorie:Ancien député du Parti libéral du Québec Catégorie:Chef du Parti libéral du Québec Catégorie:Ministre des Finances et Trésorier du Québec Catégorie:Naissance en 1912 Catégorie:Décès en 1980 Catégorie:Membre de l'Ordre du Canada Catégorie:Personnalité de la Ville de Québec Catégorie:Membre de l'Ordre de la Pléiade de:Jean Lesage en:Jean Lesage pl:Jean Lesage
Sujets connexes
Académie des Grands Québécois   Antonio Barrette   Assemblée nationale du Québec   Assurance maladie   Athènes   Autoroute 20   Avocat (métier)   Bilderberg   Cacouna   Caisse de dépôt et placement du Québec   Cimetière Notre-Dame-de-Belmont   Circonscription électorale (Québec)   Claude Castonguay   Conseil privé de la Reine pour le Canada   Daniel Johnson (père)   Dartmouth College   Docteur honoris causa   Décoration des forces canadiennes   Gouvernement Jean Lesage   Jean-Lesage (circonscription provinciale)   L'honorable   Londres   Maurice Duplessis   Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup   Montréal   Nordiques de Québec   Ordre de la Pléiade   Ordre du Canada   Paris   Parti libéral du Canada   Parti libéral du Québec   Parti progressiste-conservateur du Canada   Personnalité politique   Pierre Virion   Premier ministre du Québec   Québec   Québec (ville)   Robert Bourassa   Régie des rentes du Québec   Révolution tranquille   Union nationale (Québec)   Université Concordia   Université Laval   Université McGill   Université Mount Allison   Université d'Ottawa   Université de Moncton   Université de Montréal   Université de Sherbrooke   Université de Western Ontario   Université du Nouveau-Brunswick  
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