Histoire des universités françaises

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La France compte actuellement plus de 80 universités. Cette situation résulte d'une histoire remontant au avec le développement des universités médiévales. La derniere université crée en France ouvrira ses portes à la rentrée 2007, à Nîmes
Histoire des universités françaises

La France compte actuellement plus de 80 universités. Cette situation résulte d'une histoire remontant au avec le développement des universités médiévales. La derniere université crée en France ouvrira ses portes à la rentrée 2007, à Nîmes

Les universités médiévales

Les universités médiévales sont généralement issues des écoles ecclésiastiques qui se trouvaient dans certaines villes. Le modèle originel est celui de l'Université de Bologne en Italie, qui est suivi par Paris, où les maîtres et étudiants obtiennent dès 1200 des privilèges de juridiction. En 1215, ils obtiennent du pape le droit de coalition, ce qui peut être considéré comme la première forme de l'université de ParisA. Léon, P. Roche, Histoire de l'enseignement en France, p. 20-21.. En 1231, le pape Grégoire IX lui confère la bulle Parens scientiarum universitas.. Les universités médiévales sont parfois spécialisées, comme Montpellier pour la médecine. Au début, l'université de Paris reste hostile au droit romain et se spécialise dans le droit canonique, ce qui entraîne le succès de l'université d'Orléans. Les enseignements pouvaient relever de quatre facultés : la faculté des Arts donnait une formation générale, et les facultés de théologie, de médecine et de droit (dites « de décret » quand elles enseignaient le droit canon) un enseignement spécialisé. Certaines universités, notamment celles qui recevaient des étudiants venus de loin, avaient des nations, comme à Paris et à Orléans. L'enseignement reposait très largement sur la lecture commentée des « autorités » et sur le principe de la disputatio. Ce type d'enseignement reste connu sous le nom de scolastique. Les examens sont la déterminance (plus tard appelée baccalauréat), puis la licence (littéralement licentia docendi ou « autorisation d'enseigner ») et enfin la maîtrise ou le doctorat. Dès la fin du , des collèges se créent pour héberger les étudiants. Toutefois, ils disposent de répétiteurs et de bibliothèques pour aider les étudiants, et en viennent à dispenser un véritable enseignement. Tout en restant attachés à l'université, ils ont une autonomie large en matière de pédagogie.

Universités créées en France au Moyen Âge

La Bulle Quia sapientia (1289) Ne figurent pas les universités créées sur le territoire actuel de la France mais qui n'étaient pas dans le royaume alors.
-Université de Paris (1200)
-Université de Toulouse (1229)
-Université de Montpellier (1289)
-Université d'Orléans (1303)
-Université de Cahors (1331)
-Université de Grenoble (1339)
-Université d'Aix-en-Provence (1409)
-Université de Poitiers (1431)
-Université d'Angers (1432)
-Université de Bordeaux (1441)
-Université de Caen (1445)
-Université de Valence (France) (1452)
-Université de Nantes (1461)
-Université de Bourges (1463)

Les universités à l'époque moderne

À la fin du Moyen Âge et au début de l'époque moderne, les universités, tout en restant des institutions ecclésiastiques, passent sous la protection et le contrôle du roi de France. Les collèges relèvent toujours en théorie de l'université, mais deviennent des établissements de formation du niveau secondaire, dont la plupart des élèves se contentent. Des collèges de congrégations se créent même en dehors des universitésA. Léon, P. Roche, Histoire de l'enseignement en France, p. 39-40. . L'enseignement de la faculté des arts n'est suivi que par ceux qui préparent les études de droit ou de médecine. Quant aux facultés de théologie, elles sont en concurrence avec les séminaires établis après le Concile de Trente. Il est indispensable, pour exercer la médecine ou pour occuper certaines fonctions, en particulier des offices, de justifier de diplômes universitaires. C'était bien souvent la seule motivation des étudiants. La tendance est donc plutôt à la diminution du nombre d'étudiants. Plus généralement, les sont marqués par une forme de décadence des universités. Néanmoins, certaines facultés des arts s'ouvrent à des enseignements originaux (histoire et géographie notamment)A. Léon, P. Roche, Histoire de l'enseignement en France, p. 35.. En médecine, des enseignements pratiques, « au lit du malade », sont timidement introduits. La principale réforme de l'Ancien Régime est la création, par l'édit de Saint-Germain-en-Laye (1679), de chaires de droit françaisPhilippe Sueur, Histoire du droit public français (XVe-XVIIIe siècles), tome II, p. 148..

Créations, rattachements, fusion d'universités à l'époque moderne

Créations

-Université de Reims (1548)
-Université de Dijon (1722)
-Université de Pau (1722)
-Université de Rennes (1735, par transfert des chaires de droit de l'université de Nantes)

Rattachements au royaume

-Université de Perpignan (créée en 1349, rattachée en 1659)
-Université de Douai (créée en 1562, rattachée en 1668)
-Université de Dole (créée 1423, rattachée en 1678 et transférée en 1691 à Besançon)
-Université de Strasbourg (créée en 1621, rattachée en 1681)
-Université d'Avignon (créée en 1303, rattachée officiellement en 1698)
-Université d'Orange (créée en 1364, rattachée en 1708)
-Université de Nancy (créée à Pont-à-Mousson en 1572, transférée à Nancy en 1768, rattachée en 1774

Fusion

-L'université de Cahors est rattachée à Toulouse en 1751.

L'intermède de la Révolution

Outre leurs conservatisme et le passéisme supposé de leur enseignement, les universités se voyaient reprocher par la Révolution de constituer un corps à privilège et surtout de dépendre de l'Église. Les universités sont donc supprimées le 15 septembre 1793 par la Convention nationale, qui privilégie l'organisation d'écoles supérieures spéciales qui entraîneront le développement des grandes écoles. En particulier, devant la nécessité de former des professionnels dans ces domaines, le pouvoir crée trois écoles de santé dès 1794 et des écoles de droit en 1804.

De l'Université impériale aux universités de 1896

La loi du 10 mai 1806 et le décret du 17 mars 1808 établissent une unique Université impériale pour tout l'Empire. L'Université fédère et contrôle tout l'enseignement, depuis les « petites écoles » jusqu'au supérieur. Au sommet des enseignements se situent les cinq facultés de théologie, de droit, de médecine, de lettres et de sciences. Une académie est créée dans chaque ressort de cour d'appel et des facultés sont établies dans chaque académie :
-en principe, chacune devait avoir au moins une faculté de lettres et une de sciences ;
-les dix écoles de droit deviennent des facultés de droit
-les cinq écoles de médecine (dont Paris, Strasbourg et Montpellier) sont transformées en facultés de médecine ;
-les villes sièges d'un archevêchéLe concordat de 1801 n'avait établi que dix archevêchés. pouvaient, avec l'accord de l'archevêque, avoir une faculté de théologie catholique ;
-deux facultés de théologie protestante sont établies, à Strasbourg et à Bâle. L'entrée de la Sorbonne (construite vers 1900) En réalité, quelques facultés de lettres et plusieurs facultés des sciences n'ont pas été constituées. Après le Traité de Paris, la France dispose de 22 facultés de lettres, dix de sciences, neuf de théologie (huit de théologie catholique, une de théologie protestante), neuf de droit et trois de médecineA. Léon, P. Roche, Histoire de l'enseignement en France, p. 67.. En 1815, une ordonnance de Louis XVIII supprime encore plusieurs facultés de lettres et de sciences pour cause d'« effectifs insuffisants », privant plusieurs villes de tout enseignement supérieur. Les années suivantes sont marquées par quelques réformes dans les formations et les diplômes, mais sans changement d'ampleur. Cependant, la fonction de propédeutique des facultés de lettres et de sciences, soit pour obtenir le droit d'enseigner dans le primaire, soit pour accéder aux autres facultés, se renforce, le baccalauréat ès sciences conférant les mêmes droits que le baccalauréat ès lettres à partir de 1821. Le décret du 22 août 1854 fixe le siège des différentes académies, dans une organisation qui ne change pas ensuite pendant un siècle. Les villes universitaires complètent leur enseignement en créant les facultés qui n'existaient pas. Après la guerre de 1870, les pouvoirs publics, tentant de comprendre les causes de la défaites et les moyens de la revanche, estiment que la France n'est pas suffisamment dotée de bonnes formations supérieures. L'État concentre alors ses efforts sur l'université. Cela se manifeste notamment par une volonté de doter les facultés de locaux appropriés ; la reconstruction de la Sorbonne est emblématique de cet effort. Les universités acquièrent davantage d'autonomie, notamment avec l'attribution de la personnalité morale aux facultés en 1885. La loi du 28 avril 1893 institue dans chaque ville ayant au moins deux facultés un « corps de facultés », puis la loi Liard du 10 juillet 1896 donne à ces corps un statut de personne morale sous le nom d'université. Il existe donc à nouveau officiellement diverses universités en France. Placées sous l'autorité des recteurs, les universités sont alors administrées par un conseil universitaire composé uniquement des doyens et de professeurs. Les facultés gadent une très large autonomie, notamment budgétaire, sous la direction de leurs doyens élus par le corps enseignant.

Les universités de 1896 à 1968

La réforme de 1896 et les efforts consentis par les gouvernements successifs, mais aussi l'amélioration de l'enseignement primaire et secondaire, conduisent à une augmentation du nombre des étudiants, encore mesurée toutefois avant la Seconde Guerre mondiale. Les universités se démocratisent et se féminisent un peu. L'Université joue un plus grand rôle dans le domaine de la recherche dans toutes les disciplines. En particulier, les laboratoires de physique, chimie, biologie se développent. L'enseignement évolue peu, mais la pharmacie acquiert une spécificité à travers les Écoles supérieures de pharmacie, puis les facultés du même nom. En revanche, les chaires de théologie catholiques disparaissent en 1886, suivies par celles de théologie protestante en 1905. À partir des années 1920, certains enseignements se développent et / ou gagnent en autonomie : l'économie fait l'objet d'un enseignement, d'abord au sein des facultés de droit, puis dans des facultés autonomes ; du côté des matières scientifiques, les mathématiques créent parfois des facultés autonomes ; la sociologie et la psychologie font leur entrée dans les facultés de lettres. Les premiers centres universitaires s'ouvrent dans d'autres villes pendant la Seconde Guerre mondiale pour pallier les difficultés de communication. Après guerre, les effectifs croissent davantage, et les effets du baby boom se font sentir dans les années 1960. De nouveaux centres universitaires sont créés à Paris et en province pour tenter de faire face à cette situation. C'est d'ailleurs dans les années 1960 que sont créés les premiers campus à la française, sur le modèle américain. Pour les études de médecine et la recherche médicale, une réforme importante a lieu en 1958 avec la création des centres hospitaliers universitaires (CHU). L'université s'engage dans une formation techologique avec la création, en 1966, des instituts universitaires de technologie. En revanche, les structures administratives mises en place suite à la loi de 1896 évoluent peu et, en particulier, ne permettent pas aux étudiants de s'exprimer ou de peser sur les orientations du monde universitaire. Par ailleurs, la pédagogie reste très traditionnelle. Ces deux critiques, conjuguées au problème des effectifs, constituent les principales revendications lors du mouvement de mai 1968.

Les universités après mai 1968

Les évènements de mai 1968, tant à Paris qu'en province, ont pris tout le monde de court, et ont donné lieu à des mouvements spontanés et pas toujours organisés. Ils ont été l'occasion de rencontres nouvelles entre certains enseignants et des étudiants, ainsi qu'à une vague importante de propositions. Dans plusieurs villes universitaires, des facultés se déclarent autonomes, des facultés ou des universités modifient leurs statuts dans un sens plus démocratique. Le gouvernement, après les législatives de 1968, réagit avec la Loi Faure, promulguée le 12 novembre 1968. Les universités deviennent des établissements publics à caractère scientifique et culturel. Chacune dispose d'un conseil d'administration et d'un conseil scientifique. Les facultés prennent le nom d'unités d'enseignement et de recherche (UER) et ne sont que des « composantes » de l'université ; elles perdent leur personnalité morale. L'université est désormais dirigée par un président élu par les deux conseils et non plus par le recteur, représentant du ministre. La loi favorise la scission de certaines universités, ce qui entraîne une augmentation du nombre des universités, créées entre 1968 et 1971. Le mouvement est particulièrement visible à Paris, où treize universités sont créées. En 1973, le premier cycle est rénové avec la création du diplôme d'études universitaires générales (DEUG)A. Léon, P. Roche, Histoire de l'enseignement en France, p. 115.. La Loi Savary en 1984 fait des universités des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel, les UER prennent le nom d'unités de formation et de recherche (UFR). La démocratie universitaire est renforcée avec la création du Conseil des études et de la vie universitaire (CEVU), où les étudiants et les enseignants sont représentés à parité. La plupart des universités se dotent d'un vice-président étudiant. D'autres formations à caractère professionnel sont créés : les magistères en 1985, les instituts universitaires professionnalisés en 1991. Dans les années 1990 et 2000, la France s'engage dans des plans de modernisation, en particulier pour améliorer les structures (restaurants universitaires, laboratoires...) ou pour rénover les locaux. À partir de 2001, les universités françaises s'engagent dans le processus de Bologne avec la réforme LMD. La Loi de programme pour la recherche promulguée en 2006 prévoit la possibilité de créer des pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) qui peuvent faciliter le rapprochement entre universités d'une même ville ou région.

Notes et références de l'article

Voir aussi

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