Tournoi

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Le tournoi est un art martial médiéval pratiqué en Occident entre les |, avec un maximum vers 1125-1225Dominique Barthélemy, La grande foire des tournois, Les collections de L’Histoire no 16, juillet 2002, p 46. C’est une guerre en réduction, sur une vaste étendue de terres. Il se pratique principalement dans le nord de la France, et attire des chevaliers des régions voisines. Le tournoi diffère de la joute équestre où deux cavaliers armés de lances s'élan
Tournoi

Le tournoi est un art martial médiéval pratiqué en Occident entre les |, avec un maximum vers 1125-1225Dominique Barthélemy, La grande foire des tournois, Les collections de L’Histoire no 16, juillet 2002, p 46. C’est une guerre en réduction, sur une vaste étendue de terres. Il se pratique principalement dans le nord de la France, et attire des chevaliers des régions voisines. Le tournoi diffère de la joute équestre où deux cavaliers armés de lances s'élancent l'un contre l'autre de part et d'autre d'une barrière. Aujourd'hui le terme tournoi est employé pour de nombreuses compétitions sportives ou ludiques.

Tournoi

Au Moyen Âge, un tournoi est une compétition, sorte de jeu opposant plusieurs chevaliers en armes, le plus souvent dans un espace ouvert, simulant une véritable guerre, avec embuscades et bataille rangée devant un public (parfois fémininDominique Barthélemy, , p 46 et p 50). Le terrain est généralement situé, non seulement sur les marches de deux principautés, mais dans des landes entre deux villages, les terres cultivées et les habitations étant ainsi épargnéesDominique Barthélemy, , p 48.

Zone géographique concernée

Le tournoi chevaleresque est un sport qui se joue en France, au nord de la Loire (zone des Francs), et jusqu’aux Flandres (c’est-à-dire dans le duché de Normandie, le comté du Maine, le comté de Champagne, le Vermandois, duché de France). On n’en organise pas en Angleterre, ni en Italie. Par contre, il y en a dans le Saint Empire romain germanique, bien que moins grands et moins fréquents qu'en France (du moins jusqu'au ). Ils sont principalement organisés par les détenteurs des principautés territoriales (comtes et ducs), le plus souvent à la lisière de deux de ces principautés. Les tournoyeurs viennent de ces régions, et des régions voisines : Bretagne, Anjou, Poitou, Bourgogne, comté de Flandre, comté de Hainaut, Angleterre. Quelques participants viennent de Basse-Lorraine (actuels Pays-Bas), aucun du Midi de la France. Ce sont essentiellement des chevaliers « jeunes », bacheliers, qui ont été adoubés mais ne possèdent pas encore de fief, qui participent. On recrute aussi des compagnies de soldats professionnels non-nobles. Certains grands tournois rassemblent jusqu’à trois mille chevaliers, soit dix mille combattants (pour celui de Lagny, soit plus de personnes et de richesses rassemblées que pour la foire annuelle).

Calendrier

Les tournois, substitut à la guerre, sont organisés en un véritable calendrier sportif tout au long de l’année, sauf en temps de guerre, et durant les carêmes précédant les grandes fêtes religieuses : Noël et Pâques, mais aussi la Toussaint et l’Ascension. La belle saison, qui évite la rouille aux armures de fer, est cependant privilégiée. Le but est de réaliser des prouesses, donc d’acquérir de l’honneur et une bonne réputation, mais aussi de capturer son ennemi, ou son cheval, et ainsi de réaliser un gain, par la revente ou la rançon. Ce gain est généralement dilapidé dans les fêtes qui suivent le tournoi. Celui-ci rassemble ainsi, outre les combattants, nombre d’artisans, prostituées, prêteurs, qui tous s’enrichissent. Les chevaliers s’organisent en équipes régionales : Français (du duché de France) contre Normands, Angevins, etc. Ces équipes régionales s’allient parfois à plusieurs les unes contre les autres, selon les affinités : Français-Champenois contre Anglais-Normands, reproduisant les luttes politiques réelles.

Déroulement

Les chevaliers arrivent souvent déjà organisés en équipes au tournoi, chacune menée par un grand seigneur. Ces équipes peuvent s’allier entre elles pour aboutir à une situation où seuls deux camps s’affrontent. Avant le tournoi, les heaumes ornés de cimiers sont exposés sous les bannières des participant, dans un cloîtreDominique Barthélemy, , p 50. Sur le terrain, des recès sont choisis par convention avant le début du tournoi : tout groupe de combattants peut s‘y réfugier pour s’y reformer, comme au cours d’une véritable bataille, les chevaliers se replient à l’arrière pour reprendre leur souffle ou faire redresser un casque.

Repères chronologiques

-842 : première mention de tournoi.
-944 : Tournoi à GoettingueSavette P.A., Tournois et carrousels, Saumur, 1937, p.10.
- Mars 1000 : à l’occasion de la Pâques, un grand tournoi rassemble la fine fleur de la chevalerie champenoise à Troyes. Nombreux morts et blessés.
-vers 1066 : Geoffroy de Preuilly dresse des règles écrites aux tournois. Un texte du chroniqueur anglo-normand Mathieu Paris (1189) attribua longtemps l'invention des tournois (conflictus Gallici) à Geoffroy de PreuillyJusserrand Jean-Jules, Les sports et jeux d'exercice fans l'ancienne France, Paris, 1901, p. 50, ce qui n'est pas le cas.
- Début du siècle : les tournois deviennent courants dans tout l'Occident (en actuelle France, Italie, Allemagne, Pays-Bas et Luxembourg, notamment)..
- Début du siècle : grand essor du tournoi, avec la fin des guerres seigneurialesDominique Barthélemy, , p 46
-1130 : au concile de Clermont d’Auvergne, le pape Innocent II interdit énergiquement la pratique du tournoi. La chevalerie française ne tient aucun compte de cette interdiction...
-1179 : au III concile du Latran, le pape Alexandre III condamne la pratique du tournoi. Malgré la multiplication de ces interdits, le tournoi reste l’activité la plus prisée par les chevaliers qui peuvent y montrer leur force et leur endurance. La chevalerie française, qui collectionne les victoires en tournoi comme sur les champs de bataille ne conçoit pas de mettre un terme à cet « art de vivre » .
-19 août 1186 : le duc de Bretagne Geoffroy II Plantagenêt trouve la mort dans un tournoi à Paris.
- À partir de 1230 environ, le tournoi donne lieu à des mises en scène plus élaborées
-1240 : soixante morts lors d’un tournoi à Neuss.Jusserrand Jean-Jules, Les sports et jeux d'exercice fans l'ancienne France, Paris, 1901, p. 58
-Juin 1245 : le concile de Lyon condamne la pratique du tournoi .
-1260 : le roi de France saint Louis interdit la pratique du tournoi .
- À partir de 1280 environ, les armes courtoises (émoussées) remplacent les armes de guerre : le tournoi est progressivement remplacé par la joute, qui valorise les individualités et met en scène la parade des participants, notamment de haut rangDominique Barthélemy, , p 50
-1307-1327 : règne d’Édouard II, roi d’Angleterre, qui promulgue en 20 ans pas moins de 40 interdictions de tournois et de joutes.
-1394 : se moquant ouvertement des interdits religieux, des chevaliers français s’affrontent en tournoi déguisés en clercs
-1468 : Charles le Téméraire est contraint de menacer de mort les participants d’un tournoi pour qu’ils cessent la partie donnée en l’honneur de son mariage. Les amateurs de tournois, activité ultra-violente qui cadre mal avec l’air du temps, doivent désormais se contenter des joutes.Jusserrand Jean-Jules, Les sports et jeux d'exercice fans l'ancienne France, Paris, 1901, p. 96

Voir aussi

Articles de Wikipédia

- Joute
- Pas d'armes ===
Sujets connexes
Alexandre III (pape)   Angleterre   Anjou   Art martial   Ascension   Bourgogne   Bretagne   Carême   Charles le Téméraire   Chevalerie   Clermont-Ferrand   Comté de Champagne   Comté de Flandre   Comté de Hainaut   Comté du Maine   Dominique Barthélemy   Foires de Champagne   Francs   Geoffroy II de Bretagne   IIIe concile du Latran   Innocent II   Joute   Joute équestre   Lagny-sur-Marne   Louis IX de France   Moyen Âge   Neuss   Normandie   Noël   Pape   Paris   Pas d'armes   Poitou   Pâques   Toussaint   Troyes   Vermandois  
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