René Rémond

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René Rémond, né le 30 septembre 1918 à Lons-le-Saunier et mort le à Paris, était un historien et politologue français. Il fut professeur des universités à l’institut d’études politiques de Paris, président de l’université Paris-X Nanterre et de la Fondation nationale des sciences politiques, et membre de l’Académie française. Ses travaux sur l’histoire politique, intellectuelle et religieuse de la France contemporaine, par leur souci d’ouvrir l’hist
René Rémond

René Rémond, né le 30 septembre 1918 à Lons-le-Saunier et mort le à Paris, était un historien et politologue français. Il fut professeur des universités à l’institut d’études politiques de Paris, président de l’université Paris-X Nanterre et de la Fondation nationale des sciences politiques, et membre de l’Académie française. Ses travaux sur l’histoire politique, intellectuelle et religieuse de la France contemporaine, par leur souci d’ouvrir l’histoire politique à la science politique et de dégager les tendances de long terme des courants de pensée et de la vie politique, ont largement contribué au renouvellement du domaine à partir des années 1970. Il a également joué un rôle important dans la constitution en France de l’histoire du temps présent.

Carrière

Né le 30 septembre 1918 à Lons-le-Saunier d'un père ingénieur franc-comtois et d'une mère champenoiseFrançois Dufoy, "René Rémond, le pape de Sciences-Po", L'Histoire, novembre 2002, p.28-29., René Rémond est le neveu de Paul Rémond, évêque de Nice de 1930 à 1963. Après des études aux lycées Carnot, Condorcet et Louis-le-Grand, il est en juillet 1939 admissible au concours d’entrée à l’École normale supérieure, mais est mobilisé jusqu’en 1941. Il entre finalement à l’École en 1942, participe à la Résistance, et est reçu deuxième à l’agrégation d’histoire ; il reste rue d’Ulm en tant qu’agrégé préparateur, ou . Entré à la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) dans les années 1930, il devient son secrétaire général en 1943. En 1946, il est élu secrétaire général du Centre international de documentation et d’information, créé par la JEC pour asseoir une présence internationale. La même année, il co-fonde avec Pierre Juneau la JEC Internationale (JECI-IYCS) qui joue le rôle de coordination internationale des mouvements JEC. Assistant de Pierre Renouvin à la Sorbonne au sortir de la guerre, il obtient en 1952 un doctorat ès lettres avec sa thèse sur les États-Unis devant l’opinion française (1815–1852), dirigée par Charles-Henri Pouthas. Durant la rédaction de sa thèse, il a également préparé ce qui deviendra son ouvrage le plus connu, La Droite en France de 1815 à nos jours, qu’il publie en 1954. Il est ensuite assistant à l’université de Paris, et devient en 1956 directeur d’études et de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) et maître de conférences, puis professeur des universités à l'institut d’études politiques de Paris. En 1964, il est nommé à la nouvelle faculté des lettres et sciences humaines de l’université de Paris à Nanterre, où il occupe la première chaire d’« histoire du » créée en France. Il devient doyen de la faculté en 1970, et sera le premier président de la nouvelle université Paris-X Nanterre de 1971 à 1976. Il est premier vice-président de la Conférence des présidents d’université de 1974 à 1976, et directeur de la Revue historique de 1973 à 1998. Dès cette époque, il intervient fréquemment à la télévision, à la radio et dans la presse pour commenter l’actualité politique, notamment lors des soirées électorales, et siègera dans divers conseils d’administrations d’organismes publics de radiotélédiffusion. En 1978, il participe à la création de l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP), dont il sera le premier président de 1979 à 1990. Il est également de 1988 à sa mort président du Conseil supérieur des archives. En 1981, il succède à François Goguel à la présidence de la Fondation nationale des sciences politiques, poste qu’il quitte le 30 janvier 2007 au profit de Jean-Claude Casanova. Le 18 juin 1998, il est été élu au premier fauteuil de l’Académie française, où il succède à François Furet, élu et mort l’année précédente avant d’avoir siégé ; il devra faire le double éloge de Furet et de son prédécesseur, Michel Debré. Son fils Bruno, politologue, travaille sur la décentralisation et les collectivités locales, et enseigne également à l’IEP de Paris. Il meurt le samedi 14 avril 2007 à l’âge de quatre-vingt-huit ans, , Le Figaro.fr, 14 avril 2007 . Le lundi 16 avril 2007, le conseil d’administration de la FNSP baptise du nom de René Rémond l’immeuble situé au nº 13 de la rue de l’Université, ancien siège de l’École nationale d’administration. Ses obsèques ont eu lieu le vendredi 20 avril 2007 en l’église Saint-Pierre de Montrouge. Y assistaient de nombreuses personnalités telles que Louis Schweitzer, Valéry Giscard d’Estaing, des membres de l’Académie française dont le secrétaire perpétuel, Hélène Carrère d’Encausse, qui a prononcé un des éloges funèbres. Il repose au cimetière du Père-Lachaise.

Travaux

On lui doit une trentaine d’ouvrages d'histoire politique, intellectuelle et religieuse de la France aux . Il a publié en 1954 son ouvrage le plus célèbre, La Droite en France de 1815 à nos jours, devenu un classique des sciences humaines, et renommé les Droites en France pour sa quatrième et dernière édition, en 1982. Il y dresse une typologie de la droite française en trois familles héritées des conflits du , la droite ou libérale, la droite ou autoritaire, et la droite ou réactionnaire, et postule leur pertinence jusqu’à nos jours. La démarche illustre le profit que les sciences sociales peuvent tirer d’une fécondation réciproque de l’histoire politique et de la science politique, ainsi que l’importance de la compréhension des grands mouvements et des mentalités rémanentes pour comprendre la politique , ce qu’Hélène Carrère d’Encausse résumera ainsi lorsqu’elle accueillera Rémond à l’Académie un demi-siècle plus tard : Réponse au discours de M. René Rémond], séance publique de l’Académie française, Palais de l'Institut (Paris), 4 novembre 1999 En 1992, Jean-François Sirinelli, ancien élève de Rémond et de Jean Touchard, dirigera une grande Histoire des droites en France en trois volumes qui s’inscrit dans la lignée de l’ouvrage de Rémond, et montre les perspectives d’une étude historique de la droite française ouverte aux concepts de culture politique et de sensibilité. À partir des années 1960, Rémond est l'une des grandes figures du renouveau de l’histoire politique, cible de la critique des Annales, avec à la fois les historiens et ceux de l’institut d’études politiques de Paris, où il enseigne également. En 1988, il dirige Pour une histoire politique, ouvrage collectif à visée de manifeste par lequel de grands politistes français exposent les transformations de leur domaine, en réaffirment la pertinence au sein des sciences sociales en générale et de l’histoire en particulier, et soulignent les champs encore à explorer. Plus largement, ce renouveau profite de l’éclosion nouvelle de la science politique, en particulier à l’IEP de Paris avec les travaux de Jean Touchard, secrétaire général de la Fondation nationale des sciences politiques, François Goguel, Alfred Grosser, Raoul Girardet, Maurice Duverger — et Rémond lui-mêmeCe séminaire sur les années 1930, dirigé collectivement par Jean Touchard, René Rémond et Raoul Girardet, se rattachait à réflexion plus générale qui faisait l’objet d'un cours assuré en alternance par ces trois spécialistes sur le mouvement des idées politiques dans la France contemporaine.. C’est aussi aux événements contemporains que René Rémond contribue à ouvrir l’histoire, en aidant à la constitution en France d’une , notamment avec la création en 1978 de l’Institut d’histoire du temps présent par François Bédarida et la publication d’ouvrages comme les trois volumes de l’Introduction à l’histoire de notre temps dans la collection de poche du Seuil (1974), et celle de Notre siècle (1988). Au nombre de ses autres ouvrages importants compte L’Anticléricalisme en France de 1815 à nos jours (1976). Il est également l’auteur de deux manuels très répandus dans les premiers cycles universitaires, La Vie politique en France, publié en deux volumes dans la collection d’Armand Colin (1966–1969), et l’Introduction à l’histoire de notre temps (1974). En 2005, il publie un ouvrage prolongeant Les Droites en France et intitulé Les Droites aujourd'hui, et un autre ouvrage sur Le Nouvel Anti-christianisme.

Publications

Travaux d’histoire politique

- La Droite en France de 1815 à nos jours. Continuité et diversité d'une tradition politique, Aubier-Montaigne, Paris, 1954, rééditions en 1963 (La Droite en France de la première Restauration à la V République), 1968 et 1982 (Les Droites en France)
- Forces religieuses et attitudes politiques dans la France depuis 1945 (direction), Armand Colin, Paris, 1965
- Atlas historique de la France contemporaine (direction), Armand Colin, Paris, 1966
- Léon Blum, chef de gouvernement (direction), Armand Colin, Paris, 1967
- La Vie politique en France, tome 1 : 1789–1848, tome 2 : 1848–1879, Armand Colin (« U »), Paris, 1964–1969
- Le Gouvernement de Vichy et la Révolution nationale (direction), Armand Colin, Paris, 1972
- Introduction à l’histoire de notre temps, 3 volumes, Le Seuil, (« Points Histoire »), Paris, 1974
- Édouard Daladier, chef de gouvernement, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, Paris, 1977
- La France et les Français en 1938-1939, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, Paris, 1978
- Quarante ans de cabinets ministériels (direction), Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, Paris, 1982
- Le Retour de de Gaulle, Complexe, Paris, 1983
- Pour une histoire politique (direction), Le Seuil (« L'Univers historique »), Paris, 1983
- Notre siècle (1918–1988), avec la collaboration de Jean-François Sirinelli, Fayard, Paris, mises à jour en 1992, 1995 et 2003 (Le Siècle dernier), 1988
- La République souveraine, Fayard, 2002
- Les Droites aujourd'hui, Louis Audibert, Paris, 2005

Travaux sur l’histoire religieuse de la France

- Lamennais et la démocratie, Presses universitaires de France, Paris, 1948
- Les Catholiques, le Communisme et les Crises (1929–1939), Armand Colin, Paris, 1960
- Les Deux Congrès ecclésiastiques de Reims et Bourges (1896–1900) Sirey, Paris, 1964
- L’Anticléricalisme en France de 1815 à nos jours, Fayard, Paris, 1976, rééditions en 1985 et 1999
- Histoire de la France religieuse (co-direction), Le Seuil, Paris, 1992
- Le Catholicisme français et la Société politique, Éditions de l'Atelier, Paris, 1995
- Le Fichier juif (en collaboration), Plon, Paris, 1996
- Les Crises du catholicisme en France dans les années trente, Le Seuil, Paris, 1996
- Religion et société en Europe aux et siècles. Essai sur la sécularisation, Le Seuil, Paris, 1996
- Les Grandes Inventions du christianisme, Bayard, Paris, 1999
- Le Christianisme en accusation, Desclée de Brouwer, Paris, 2000
- Le Nouvel Anti-christianisme, Desclée de Brouwer, Paris, 2005

Travaux sur les États-Unis

- Histoire des États-Unis, Presses universitaires de France (« Que sais-je ? »), Paris, 1959
- Les États-Unis devant l'opinion française (1815–1852), 2 volumes, Armand Colin, Paris, 1962

Réflexions sur le temps présent

- Vivre notre histoire, entretien avec Aimé Savard, Le Centurion, Paris, 1976
- Âge et politique (en collaboration), Économica, Paris, 1991
- Valeurs et politique, Beauchesne, Paris, 1992
- La politique n’est plus ce qu'elle était, Calmann-Lévy, Paris, 193
- Une laïcité pour tous, Textuel, Paris, 1998
- La politique est-elle intelligible ?, Complexe, Paris, 1999
- Regard sur le siècle, Presses de Sciences Po, Paris, 2000
- Du mur de Berlin aux tours de New York. Douze années pour changer de siècle, (en collaboration avec François Azouvi), Bayard, 2002
- Une mémoire française, Desclée de Brouwer, 2002
- Quand l’État se mêle de l'Histoire, Stock, Paris, 2006

Textes personnels

- La Règle et le Consentement. Gouverner une société, Fayard, Paris, 1979
- Contribution aux Essais d’ego-histoire dirigés par Pierre Nora, Gallimard, Paris, 1987
- Paul Touvier et l'Église (en collaboration), Fayard, Paris, 1992 : Enquête demandée à Rémond sur les protections dont le milicien Paul Touvier a bénéficé au sein de l'Église catholique de France
- Discours de réception à l’Académie française, Fayard, Paris, 2000

Distinctions

- Élu en 1998 au premier fauteuil de l’Académie française

Décorations françaises et étrangères

-Grand officier de la Légion d’honneur
-Grand-croix de l’ordre national du Mérite (14 novembre 2006)
-Commandeur des Palmes académiques
-Commandeur des Arts et Lettres
-Commandeur du Mérite agricole
-Commandeur de l’ordre du Mérite de la République italienne
-Commandeur de l’ordre du Mérite de la République de Pologne
-Médaille de la Reconnaissance française

Références et sources

Notes

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Sujets connexes
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