Alberto Giacometti

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Alberto Giacometti, né à Borgonovo (Stampa) dans le Val Bregaglia (dans le canton des Grisons, en Suisse) le 10 octobre 1901, mort à Coire (Suisse) le 11 janvier 1966, est un sculpteur et peintre.
Alberto Giacometti

Alberto Giacometti, né à Borgonovo (Stampa) dans le Val Bregaglia (dans le canton des Grisons, en Suisse) le 10 octobre 1901, mort à Coire (Suisse) le 11 janvier 1966, est un sculpteur et peintre.

Biographie

Giovanni Giacometti, Portrait d'Alberto enfant Il est l'ainé de quatre enfants. Son père, Giovanni Giacometti, lui-même peintre, le pousse à s'intéresser à l'art. Il fait ses premières œuvres dans le domicile familial, essentiellement des portraits des membres de sa famille ou de ses condisciples, reprenant le style post-impressionniste paternel. Au terme de ses écoles obligatoires, Alberto part étudier à l'École des beaux-arts de Genève avant ( le 1 janvier). Il fréquente l'atelier d’Antoine Bourdelle à l’académie de la Grande Chaumière de Montparnasse. Il découvre le cubisme, l’art africain et la statuaire grecque et s'en inspire dans ses premières œuvres. Ses sculptures sont en plâtre, parfois peintes secondairement, ou coulées en bronze, technique qu'il pratiquera jusqu'à la fin de sa vie. Avec son frère, Diego Giacometti, il emménage en avril 1927 rue Hippolyte-Maindron (14 arrondissement) dans « la caverne-atelier » qu'ils ne quitteront plus, malgré sa petite taille et son inconfort. Il alterne ainsi, durant toute sa vie, avec des séjours dans l'atelier paternel, en Suisse, beaucoup plus clair et confortable. La même année, Alberto expose ses premières œuvres au Salon des Tuileries.

Giacometti et les surréalistes

Tête monumentale Après avoir créé des sculptures « plates » (Femme cuillère, 1926) et « ouvertes » (Homme et Femme, 1928), Giacometti se rapproche des surréalistes et expose aux côtés de Joan Miró et Jean Arp à la galerie Pierre (1930). Il rencontre Louis Aragon, André Breton, Salvador Dalí, André Masson... Il adhère officiellement au mouvement surréaliste un an plus tard. Il y créée diverses œuvres ainsi que des gravures servant d'illustrations pour des livres de René Crevel, André Breton ou Tristan Tzara. Il participe à la rédaction des revues du groupe. Avec L’Heure des traces ou la Boule suspendue, Giacometti crée le premier « objet à fonctionnement symbolique » (1930) et une sculpture surréaliste au sens premier du mot : L’Objet invisible (1935). Un exemplaire de cette œuvre est d'ailleurs visible au domicile d'André Breton. « Depuis des années, je n'ai réalisé que des sculptures qui se sont offertes tout achevées à mon esprit ; je me suis borné à les reproduire dans l'espace sans y rien changer, sans me demander ce qu'elles pouvaient signifier. Rien ne m’est jamais apparu sous la forme de tableau, je vois rarement sous la forme de dessin. Les tentatives auxquelles je me suis livré quelquefois, de réalisation consciente d'une table ou même d'une sculpture ont toujours échoué. L’objet une fois construit, j’ai tendance à y retrouver transformés et déplacés des images, des impressions, des faits qui m’ont profondément ému, des formes que je sens m’être très proches, bien que je sois souvent incapable de les identifier, ce qui me les rend toujours plus troublantes... » (Minotaure, 1933). Rompant avec les surréalistes (1935), Giacometti garde toutefois des relations amicales avec Michel Leiris et Georges Limbour, et ses sculptures ne cesseront d'être présentées dans les diverses expositions surréalistes. L'inquiétude, le vide, l'incertitude, la violence, l'horreur sont les caractéristiques des sculptures de cette époque : Femme couchée, Femme égorgée, Cage, Fleur en danger, Objet désagréable à jeter, Table surréaliste, le Palais à quatre heures du matin...

L'homme qui marche

L'Homme qui marche Lors de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il quitte Paris pour Genève. Ne disposant d'aucun atelier, Giacometti réalise des sculptures « semis » pouvant se ranger dans une grosse boîte d'allumettes. À la Libération, il revient à Paris avec Annette Arm (il l'épouse en 1949), retrouve son atelier, et ses sculptures « semis », sorties de leur boîte, croissent « naturellement ». À la recherche de la « vraie réalité », il dépouille ses personnages, les réduits à l'essentiel, les rend filiformes. Passant des heures dans son atelier à retoucher sans cesse le morceau d'argile auquel il ajoute de la matière pour mieux la creuser et en retirer le superflu (« Je ne dessine pas l'œil, je sculpte le regard »), au point que parfois, ses amis lui soustraient une œuvre qu'ils considèrent comme achevée quand Giacometti pense qu'il doit la recommencer. Dans un premier temps, sa statuaire reste figée, hiératique, ses personnages restant devout, pieds joints, le socle faisant partie intégrante de l'œuvre. Il représente également plusieurs fragments isolés du corps humain (bras, jambe...). Parfois, il reprend plusieurs de ses statues pour les juxtaposer dans une même scénographie (Trois hommes qui marchent, 1948, La forêt, 1950). Sa première femme qui marche date de 1932 mais il ne reprend cette thématique du mouvement qu'à partir de 1947. Sa renommée est au plus haut : ses œuvres sont acquises par plusieurs grands musées dont la Tate Gallery à Londres. Ce n'est qu'en 1947 qu'il montre ses dessins et ses sculptures ; effigies nues, allongées, étirées, creuses : Femmes de Venise, Homme qui marche... En 1954, il rencontre le poète Jean Genet. Il remporte le grand prix de sculpture de la Biennale de Venise de 1962. À la fin de sa vie, Giacometti juge sévèrement sa période surréaliste. Il la considère comme « catastrophique, une impasse totale » et dénie à ses objets la moindre valeur. Alberto Giacometti meurt des suites d’un cancer à l’hôpital cantonal de Coire, en Suisse, le 11 janvier 1966. Son corps sera transféré à Borgonovo, dans le caveau de famille. Sa veuve fonde en 1988 une Fondation Alberto et Annette Giacometti, dont le siège se situe à Paris. Elle comprend nombre tabeaux et sculptures de l'artiste, ainsi qu'un centre de recherche et de documentation.

Peintures et dessins

Il s'agit d'un pan important de l'œuvre de l'artiste. Il est connu essentiellement pour ses portraits, même s'il a fait quelques paysages ou natures mortes dans sa jeunesse. Il a également peint des tableaux abstraits dans les années 1920 et 1930. Ses portraits sont faits soit d'après modèles mais également de mémoire. Le nombre de ses modèles est relativement limité. Les plus connus sont son frère Diego et sa femme Annette. Il a également utilisé des modèles professionnels ainis que certains de ses amis (dont le professeur de philosophie Yanaihara à partir de 1955). Les portraits de Giacometti se caractérisent par l'absence de décor, le caractère quasi monochrome et sombre de la palette, l'attitude figé du modèle, toujours de face, qui contraste avec l'abondance des retouches au niveau du visage, jusqu'à en effacer l'esquisse initiale.

Citation

Principales œuvres

;Sculptures
- Torse, 1925
- Femme cuillère, 1926
- Le Couple, 1926
- Tête qui contemple, 1927
- Femme couchée qui rêve, 1929
- Homme et femme », 1929
- L’Heure des traces ou La Boule suspendue, 1931
- Projet pour un couloir, 1931
- Cage, 1931
- Objet désagréable à jeter, 1931
- Pointe à l’œil, 1932
- On ne joue plus, 1932
- Femme égorgée, 1932
- Main prise, 1932
- Table surréaliste, 1933
- Le Palais à quatre heures du matin, 1933
- Fleur en danger, 1933
- L’Objet invisible ou Mains tenant le vide, 1934
- La Femme qui marche, 1934
- Nuit, 1946
- L’Homme au doigt, 1947
- Le Nez, 1947
- Tête sur tige, 1947
- Homme qui marche, 1947
- Grande figure, 1949
- La Place de la cité, 1949
- Le Chariot, 1950
- Le Chien, 1951
- Tête de Diego sur socle, 1953
- , 1954
- Femmes de Venise, 1956
- Grande femme IV, 1960
- Grandes figures II et III, 1960
- Homme qui marche, 1960
- Arbre, sculpture pour le décor d’En attendant Godot de Samuel Beckett, 1961 ;Peintures
- Auto-portrait, 1921
- Le Couple, 1926
- La Mère de l’artiste, 1937
- Pomme sur un buffet, 1937
- Stehende Figur, 1947
- La rue, 1952
- Paysage à Stampa, 1952
- Diego in a Plaid Shirt, 1954
- Rue d'Alésia, 1954
- Annette dans le studio, 1954
- Yanaihara, 1958
- Annette, 1962
- Jean Genet
- Michel Leiris

Bibliographie

- BONNEFOY Yves, Alberto Giacometti : biographie d’une œuvre, Flammarion, Paris, 1991.
- CLAIR Jean, Le Nez de Giacometti, Gallimard, Paris, 1992.
- DELAY Claude, Giacometti, Alberto et Diego, l’histoire cachée, Fayard, 2007.
- DUPIN Jacques, Alberto Giacometti, Farrago, Tours, 1999.
- GIACOMETTI Alberto, Écrits, Hermann, Paris, 1991 (préfaces de Michel Leiris et Jacques Dupin, réédition revue et augmentée, 2007).
- HOHL Reinhold, Alberto Giacometti, Gerd Hatje, Stuttgart, 1971.
- LORD James, Giacometti : biographie, New York, 1983, Nil éditions, Paris, 1997.
- PAGÈS Suzanne (directrice de publication), Alberto Giacometti. Sculptures - peintures - dessins, catalogue de l’exposition du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 1991-92.
- SOLDINI Jean, Alberto Giacometti. Le colossal, la mère, le sacré, préface de René Schérer, L’Âge d'homme, Lausanne, 1993.
- SYLVESTER David, Looking at Giacometti, Henry Holt & Co., 1996.

Principales expositions

-Rétrospective à Londres, New-York et Copenhague en 1965 ;
-Première rétrospective française au Palais de l'orangerie à Paris en 1969 ;
-Rétrospective au musée d’Art moderne de Paris en 1991 ;
-L'Atelier d'Alberto Giacometti'', exposition Centre Pompidou à Paris, entre le 17 octobre 2007 et le 11 février 2008.

Voir aussi

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Sujets connexes
Académie de la Grande Chaumière   André Breton   André Masson (peintre)   Antoine Bourdelle   Biennale de Venise   Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou   Claude Delay   Coire   Cubisme   Diego Giacometti   En attendant Godot   Fondation Maeght   Genève   Georges Limbour   Giovanni Giacometti   Jacques Dupin   Jean Arp   Jean Genet   Joan Miró   Louis Aragon   Michel Leiris   Paris   Portrait   Post-impressionnisme   René Crevel   René Schérer   Salvador Dalí   Samuel Beckett   Stampa   Suisse   Surréalisme   Tate Gallery   Tristan Tzara   Télévision suisse romande   Yves Bonnefoy  
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