Arabes

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Les Arabes sont un ensemble de peuples anthropologiquement différents les uns des autres mais unis par un lien linguistique et culturel, réparti sur une vaste zone qui s'étend d’Oman à la Mauritanie.
Arabes

Les Arabes sont un ensemble de peuples anthropologiquement différents les uns des autres mais unis par un lien linguistique et culturel, réparti sur une vaste zone qui s'étend d’Oman à la Mauritanie.

Étymologie

. . Arabe et Europe pourraient provenir du sémitique ereb, qui signifie « coucher du soleil » (donc occident); cette hypothèse n’est aujourd'hui plus retenue.

Définitions du terme

Toile de Gustave Boulanger Un cavalier arabe Une personne peut se qualifier ou être qualifiée d'arabe selon :
- le groupe ethnique : est arabe une personne issue d'un groupe ethnique considéré comme arabe. Stricto sensu, est arabe une personne affiliée à des habitants de la Péninsule arabique. Cette définition dépend de l'établissement de l'arabité de ce groupe.
- La nationalité : est arabe un citoyen d'un pays membre de la Ligue arabe, ou faisant partie du monde arabe. Cette définition recouvre environ 300 millions de personnes, mais exclut la diaspora.
- La langue : est arabe une personne dont la langue maternelle est l'arabe ou l'arabe dialectal. Cette définition rassemble plus de 280 millions de personnes à travers le monde. Selon Mohammed Benrabah, certaines personnes arabophones ne se reconnaissent pas dans ces définitions, notamment au Maroc et en Algérie, et se considèrent comme des Berbères arabisés. Selon Sati al Housri, un des pères du nationalisme arabe, « est Arabe celui qui parle arabe, qui se veut Arabe et qui se dit Arabe. »

Peuplement arabe

Le peuplement originel de la péninsule arabique et du désert s'étendant de la Mésopotamie jusqu'en Syrie est de souche sémite, mais son origine ethnique même est sujette à de nombreux débats. De fait, la présence de ces populations bédouines est très ancienne, puisqu'on retrouve mention de leurs existences dans des textes assyriens et babyloniens datant du mais aussi dans la Bible.Selon la Bible ils serait issu d´une scission des hébreux , leurs ancêtre mythique serait Ismaël, frére d´Isaac ancêtre mythique des hébreux. L'historien Marc Bergé écrivit : Les Arabes font leur première apparition dans l'histoire en 854 avant Jésus-Christ : l'arabe Gindibu soutint Bin Idri de Damas (le Ben Hadad II de la Bible) en lui amenant mille chameliers du pays d'Aribi à l'occasion de la bataille de Qarqar Peut-être le camp de Gindibu était-il situé au sud-est de Damas. Il est certain que les éléments bédouins de la péninsule arabique - qu'on appelait probablement indifféremment Aram, Eber ou Haribu - devaient être installés à l'origine, dans la région qui s'étend entre la Syrie et la Mésopotamie et qui fut, avec la Syrie le berceau le plus ancien des Sémites"Marc Bergé, Les Arabes, p.20. Présents dans la péninsule arabique jusqu'au , ils ont alors connu une expansion vers le reste du Moyen-Orient, vers l'Afrique du Nord et la péninsule Ibérique portés par un élan mystique et de conquête guerrière.

Conquêtes musulmanes

Avant le début de la conquête musulmane, les tribus arabes étaient donc essentiellement nomades, à l'exception notable de quelques régions où les Arabes avaient développé des civilisations urbaines, comme au sud de la péninsule arabique, en Mésopotamie, sur le territoire araméen, où ils avaient créé autant de petits royaumes (Palmyre, Pétra, etc.). Après la conquête de la péninsule arabique par l'Islam, les Arabes ont conquis aux et s les régions voisines du Proche-Orient, de l'Afrique du Nord. Après leur conversion à l'islam, les Berbères conquirent l'Espagne où ils se sont maintenus près de huit siècles. Ils ont également occupé une petite partie du Sud de la France où ils se sont maintenus un siècle. La Sicile fut également mulsulmane pendant près de 250 ans et la majeure partie de ses habitants se convertirent à l'islam jusqu'à ce que les armées chrétiennes et normandes ne récupèrent l'île, fondant le royaume de Sicile. Cette islamisation et cette arabisation furent d'autant plus radicales qu'une immigration berbère importante suivit les famines qui ravagèrent l'Afrique du Nord de 1004-1005 à 1040. Après avoir fondé al-Andalus, les « maures » furent repoussés de la péninsule ibérique lors de la Reconquista. Le Proche-Orient demeure aujourd'hui majoritairement peuplés d'arabes.

Arabes et religions

Si la plupart des Arabes ont embrassé la religion musulmane sunnite, les Arabes restent minoritaires dans l'islam. Les six pays les plus importants, en terme de population majoritairement musulmane, sont l'Indonésie, le Pakistan, le Bengladesh, le Nigeria, la Turquie et l'Iran ; six pays non arabes. Deux autres pays ont une population musulmane très importante, bien que largement minoritaire, ce sont la Chine et l'Inde, qui devraient être les troisième ou quatrième pays musulmans, en terme de population, puisque chacun d'eux compteraient plus de cent millions de musulmans. On pourrait aussi ranger dans cette liste l'Union européenne qui compterait en 2005 plus de cinquante millions de musulmans, qui ne sont pas tous arabes. Il existe également près de quinze millions d'Arabes chrétiens en Égypte (de 8 à 16%), en Syrie (10%), au Liban (41%), en Palestine (6% (11% avant la diaspora palestinienne)), en Israël, en Jordanie(2, 7%), en Irak (3%) et en Iran (0, 5%). . Aux États-Unis, la communauté arabo-musulmane compte environ six millions de musulmans, mais une grande partie des arabes américains sont chrétiens. Leur communauté qui s'est installée dès le début du en provenance de Syrie, du Liban et d'Égypte, regroupe une population peu nombreuse mais très bien intégrée, avec de nombreux exemples de réussites personnelles, tels John Sununu et Ralph Nader dans la politique, Bobby Rahal dans le sport, ou Paul Anka et Frank Zappa dans la musique. Ces dernières années un certain nombres de nouveaux immigrants sont arrivés depuis l'Iran, l'Afghanistan et l'Irak.

Diverses utilisations du terme arabe

Le nom est souvent employé pour se rapporter à toute personne originaire du Moyen-Orient ou de l'Afrique du Nord dont la langue maternelle est la langue arabe. De ce fait, ni les Turcs ni les Iraniens ne sont arabes, puisque les Turcs parlent le turc (langue altaïque comme le mongol) et les Iraniens parlent le persan (une langue indo-européenne). Par extension, le terme se rapporte à n'importe quelle personne originaire d'une ethnie qui a adopté cette langue sémitique. De telles personnes peuvent n'avoir aucun autre lien avec l'Arabie, que de vivre dans un pays qui fut annexé pendant l'expansion arabe (Syrie, Liban) ou vivre dans un État membre de la Ligue arabe, laquelle comporte des États à majorité non arabe, comme la Mauritanie, ou non-arabophone comme la Somalie, les Comores et Djibouti, ou à majorité arabophone mais où il existe de fortes minorités non arabes comme le Soudan. Par exemple, les Berbères d'Afrique du Nord sont souvent appelés « Arabes » par méconnaissance en Occident, alors qu'ils ne sont reliés avec l'Arabie en tant que telle que par le fait qu'ils parlent souvent la langue arabe en plus du berbère, leur langue maternelle, l'arabe étant une des langues officielles du pays dans lequel ils vivent et, surtout, la langue liturgique.

Filiations traditionnelles

Selon les tradition biblique et coranique, les Arabes sont un ensemble de tribus de souches sémite (c'est-à-dire descendant de Sem), et chamitique. Certaines descendent de Yoktan (Kahtan en arabe), fils d'Éber, appelés « al-ʿArabu'l-ʿAriba », (c’est-à-dire « les Arabes arabes » ou « Purs Arabes ») ou « mutʿarib ». D'autres tribus, présentes plus tardive, les Ismaélites - d'où sont issus les Banu Quraych selon la tradition arabe, descendent d'Ismaël, le fils aîné du patriarche Abraham, qui s'installa dans le pays. Sa mère Agar lui procura une épouse égyptienne (descendant donc de Cham par Mistraïm, selon la Bible). Ils furent appelés par les premiers « mustʿarib » , c’est-à-dire « arabisés ». La traditon affirme l'existence d'anciennes tribus arabes disparues à l'époque des deux précédentes, appelés « Al-Arabu'l-Baida », c’est-à-dire « les Arabes disparus ».

Arabes non arabophones

Les Arabes d'Asie centrale et les Arabes d'Indonésie constituent des groupes ethniques distincts, recensés comme tels, mais les recensements ont montré que la majorité des personnes se déclarant « arabes » dans ces pays ne parlent pour la majorité d'entre eux pas cette langue, ou ne la connaissent que comme langue liturgique, non comme langue usuelle, qu'elle soit intrafamiliale ou non.

Arabophones non arabes

Les Maltais parlent le maltais, une langue qui au départ est un dialecte arabe proche des dialectes tunisiens, mais ils ne se considèrent pas comme arabes. En effet, le mouvement nationaliste maltais, au , a construit une origine mythique phénicienne à la langue et à la nation maltaise pour contrer les partisans de l'annexion de Malte à l'Italie en processus d'unification, ces derniers utilisant notamment pour argument que l'arabe était la « langue des musulmans ». Il existe également des Juifs arabophones pour lesquels l'appellation « Arabes juifs » n'est pas utilisée, sauf parfois pour désigner des tribus arabes de confession juive à l'époque antéislamique ou au début de l'ère islamique (Hégire), ou dans un sens idéologique, pour désigner par exemple des Juifs non sionistes se considérant comme Judéo-arabes, par exemple Abraham Serfaty au Maroc ou Ilan Halévi, membre de l'Organisation de Libération de la Palestine. Nombre de Somaliens et de Djiboutiens ont pour seconde langue l'arabe qui est langue officielle dans leur pays. Parmi les populations berbères des pays dont l'arabe est la langue officielle, il existe des mouvements identitaires berbéristes (Parti démocrate amazigh au Maroc, Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie et Mouvement citoyen des Aarchs en Kabylie, Algérie) qui militent pour la reconnaissance de l'identité berbère. Les populations berbères d'Afrique du Nord, de cultures distinctes et de langues propres (tamazight, chleuh, ...) ne sont pas considérées comme arabes. La langue arabe est d'ailleurs fortement rejetée par une partie des populations berbérophones qui la considèrent comme une langue d'oppression politique et culturelle , .

Notes et Références

Bibliographie

- Les Arabes d'hier à demain, Jacques Berque, Paris, Seuil, 1960
- La pensée arabe, Mohammed Arkoun, Paris, PUF, 1975
- Histoire des Arabes, Dominique Sourdel, Paris, PUF (collection « Que sais-je ? », n°915) , 1976
- Les Arabes, Maxime Rodinson, PUF, 1979
- Les Arabes du message à l'Histoire, sous la direction de Dominique Chevalier et André Miquel, Fayard, 1995 ==
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