Bullying

Infos
Le bullying est un néologisme anglo-saxon forgé à partir du substantif bully (« voyou »), et qui désigne « une violence à long terme, physique ou psychologique, perpétrée par un ou plusieurs agresseurs (bully) à l'encontre d'une victime (bullied) dans une relation de domination. » Le bullying, qui est caractérisé par l'usage, non seulement de la violence, mais également du harcèlement, des moqueries et autres humiliations, est notamment utilisé pour déc
Bullying

Le bullying est un néologisme anglo-saxon forgé à partir du substantif bully (« voyou »), et qui désigne « une violence à long terme, physique ou psychologique, perpétrée par un ou plusieurs agresseurs (bully) à l'encontre d'une victime (bullied) dans une relation de domination. » Le bullying, qui est caractérisé par l'usage, non seulement de la violence, mais également du harcèlement, des moqueries et autres humiliations, est notamment utilisé pour décrire certains types de comportements déviants en milieu scolaireCatherine Blaya, art. cit.. Le terme « bullying » est parfois traduit en français par « harcèlement », ou encore « harcèlement et brimadescf. le site .. » Les Canadiens francophones utilisent quant à eux fréquemment le mot « intimidation », pour décrire les mêmes phénomènes. Le harcèlement au travail, qui présente des caractéristiques proches, sinon similaires au bullying, est plus couramment désigné sous le nom de mobbing, à la suite des travaux du psychologue allemand Heinz LeymannCf. Le site de Heinz Leymann, . Voir également sur le site de la chaîne de télévision franco-allemande Arte, le dossier qui est consacré au mobbing (.).

Le « School bullying »

Définition du bullying

Le concept de « bullying » a été forgé au début des années 70 par le psychologue Dan Olweus à l'occasion d'études réalisées dans des établissement scolaires scandinaves, à l'issue desquelles il a établi trois caractères permettant de définir le bullying :
- L'agresseur agit dans une volonté délibérée de nuire.Ce critère a toutefois été contesté, les enfants n'ayant pas nécessairement la même perception de l'intentionnalité que les adultes (cf. , sur le site )
- Les agressions sont répétées et s'inscrivent dans la durée.
- La relation entre l'agresseur ou les agresseurs et la victime est asymétrique (Introduction). Ce dernier point exclut donc les conflits (bagarres et disputes) entre élèves : pour qu'il y ait bullying, il faut que la victime ne soit pas, ou ne se considère pas comme étant en situation de se défendre : la pratique du bullying est inséparable de la mise en place d'une situation de dominationCf. Catherine Blaya, art. cit..

Formes prises par le bullying

Si la violence physique constitue bien l'une des formes prises par le bullying, celui-ci ne saurait se restreindre à ce type de passage à l'acte. Dans la définition qu'il en donne, Dan Olweus indique que doivent être considérées comme des formes de bullying, au même titre que les menaces physiques : les moqueries, l'ostracisation, ou encore la propagation de fausses rumeurs à l'encontre de la victime, si tant est que celles-ci visent à la faire rejeter par les autresCf. .

Profils d'agresseurs, d'agressés, d'agressés-agresseurs

Les profils d'« intimidateurs » (bully) et de victimes (bullied) seraient suffisamment différenciés pour ne pas être interchangeables : « les intimidateurs ne sont pas des victimes à d'autres moments, et les victimes n'ont pas tendance à manifester de comportements d'intimidation envers les autres », notent les auteurs du rapport sur le bullying chez les écoliers canadiensCraig, Peters, Konarski, op. cit., introduction.. D'autres études semblent pourtant indiquer qu'il existe un nombre important de victimes/agresseurs : entre 20% et 46% des victimes de bullying reproduiraient ces mêmes types d'agressions qu'ils ont (eu) à subirCf. Catherine Blaya, art. cit. « Il n'est cependant pas précisé si la victimisation est simultanée à l'agression ou si elle concerne des moments distincts de la vie des jeunes concernés. » (ibid.).

Conséquences du bullying

Étendue du problème

À l'issue des études réalisées en Scandinavie, Dan Olweus est parvenu aux résultats suivants : ... environ 15 % des élèves des écoles primaires et secondaires de premier cycle de Scandinavie (âgés à peu près de 7 à 16 ans) sont impliqués assez régulièrement dans des problèmes de brimades, soit comme tyrans, soit comme victimes, ou les deux. Environ 9 % sont des victimes et 7 % persécutent d’autres élèves de façon périodique. Une proportion relativement faible de victimes (15 à 20 %) brutalisent elles-mêmes d’autres enfants. Les études ont porté sur un panel de 150 000 élèves (ibid.). Ces chiffres sont sans doute en-dessous de la réalité, beaucoup d'enfants n'osant pas avouer qu'ils sont victimes de brimades et de harcèlements de la part de leurs camarades : une étude réalisée en Irlande en 1997 a ainsi établi que « 65% des victimes dans les écoles primaires et 84% des victimes dans les écoles secondaires n'avaient pas avoué à leurs professeurs qu'ils étaient persécutés. » Des problèmes de bullying ont été décelés dans la plupart des pays industrialisés, depuis l'Angleterre jusqu'au Japon, en passant par l'Australie ou le Canadacf. Craig, Peters, Konarski, op. cit., introduction. Concernant le « school bullying » au Japon, cf. Mariko Sanchanta, « Tragedy of school suicides shifts focus to Japan's education system », Financial Times, 30 novembre 2006 .

Causes

Les causes semblent être indépendantes du niveau social que l'on considère, soit pour la victime que pour l'agresseur. Pour retrouver les causes nous pouvons partir du profil de la victime, les études montrent qu'il y a toujours une contraposition entre la victime, l'agresseur et le groupe dont il est issu. L'agresseur a les moyens physiques ou psychologiques d'agresser. Sa force physique ou psychologique le pose en position de leader du groupe, il est sûr de lui. Cette assurance n'est en fait que la traduction d'une blessure narcissique à laquelle il s'est adapté en s'affirmant par la violence avec ces pairs; cette stratégie lui permet de régner sur le groupe et d'affirmer sa position au dépend de l'agressé. Le milieu familial est sans aucun doute favorisant; une situation parentale conflictuelle explicite ou implicite, une ambiance au sein d'une fratrie dans laquelle s'installent des rapports de force qui ne sont pas redimensionné par une autorité parentale adéquate. Si l'on s'appuie sur les recherches de Bion sur la psychologie des groupes ont peut penser que de façon paradoxale la victime en étant exclue du groupe en renforce par là même la cohésion. Ce phénomène serait donc lié à une recherche d'identité du groupe qui s'obtient non pas par contraposition à la structure (école, professeurs etc...) mais en sacrifiant un membre (le plus faible ou le plus différent selon une loi implicite ou explicite qui permet la définition identitaire du groupe). La cause majeure semble être le défaut d'estime de soi de la victime qui s'alimente avec un désir excessif de récupérer et d'affirmer une estime de soi de la part de l'agresseur.

Réactions contre school bullying

Autres champs

Le cyberbullying

« Mobbing »

Harcèlement familial

Voir aussi

-Harcèlement psychologique
-Bouc émissaire ==
Sujets connexes
Anglicisme   Arte   Bouc émissaire   Irlande   Néologisme   Scandinavie   Trinity College (Dublin)  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^