Le Bon, la Brute et le Truand

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Le Bon, la Brute et le Truand (Il Buono, il brutto, il cattivo ou The Good, the Bad and the Ugly) est un western spaghetti réalisé par Sergio Leone en 1966. Pour compléter la Trilogie du dollar et pour éliminer une fois de plus le risque de se répéter, Sergio Leone augmente de deux à trois le nombre de protagonistes. Tout comme Clint Eastwood partageait la vedette avec Lee Van Cleef dans le deuxième film (Et pour quelques dollars de plus), c
Le Bon, la Brute et le Truand

Le Bon, la Brute et le Truand (Il Buono, il brutto, il cattivo ou The Good, the Bad and the Ugly) est un western spaghetti réalisé par Sergio Leone en 1966. Pour compléter la Trilogie du dollar et pour éliminer une fois de plus le risque de se répéter, Sergio Leone augmente de deux à trois le nombre de protagonistes. Tout comme Clint Eastwood partageait la vedette avec Lee Van Cleef dans le deuxième film (Et pour quelques dollars de plus), ceux-ci partagent l'écran avec Eli Wallach dans ce troisième film. Autre nouveauté, l'irruption de l'Histoire dans le scénario, avec la guerre de Sécession états-unienne. Particularité encore plus unique : le positionnement chronologique du film à l'intérieur de la trilogie. L'auteur semble vouloir suggérer un retour cyclique sans fin : Alors que dans les deux premiers films, la guerre semble déjà terminée, ici elle fait toujours rage. Plutôt qu'une conclusion, donc, ce troisième film relaterait des faits qui se sont produits plusieurs années auparavant. À l'appui de cette hypothèse, le personnage de Clint Eastwood (la constante qui lie les trois films) ne se présente pas dans sa tenue habituelle. Au lieu d'un poncho, il porte un long manteau. C'est au cours de ce film qu'il trouve son fameux poncho et l'endosse, retrouvant enfin l'apparence extérieure du personnage des deux premiers films. en date du D'autres éléments semblent toutefois contredire l'hypothèse qu'il s'agit du même homme. Il est donc possible que cette histoire soit indépendante des deux autres, tout en étant liée à celles-ci par son traitement, sa mise en scène et ses interprètes, plutôt que par la continuité du scénario ou l'identité des personnages.

Synopsis

Le film raconte l'histoire de trois as de la gâchette qui durant la guerre de sécession sont à la recherche d'un chargement d'or disparu. Le premier à être présenté est Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez (le truand) - appelé simplement Tuco - (Eli Wallach), un criminel ayant commis de nombreux délits et dont la tête est mise à prix. Tuco est de connivence avec Blondin (le bon, interprété par Clint Eastwood) : Blondin livre Tuco aux autorités, encaisse la prime de l'arrestation, et libère ensuite son complice au moment où celui-ci doit être pendu. Les deux se partagent ensuite le butin et refont la même opération dans les comtés voisins. Durant ce temps, un troisième personnage nommé Sentenza (la brute, interprété par Lee Van Cleef), un tueur sans pitié, apprend l'existence d'un coffre rempli de pièces d'or confédérées, caché par un soldat nommé Bill Carson. Il commence donc à chercher plus d'information à ce sujet. Blondin décide de rompre son partenariat avec Tuco, l'abandonnant dans le désert. Celui-ci réussira cependant à survivre et après une traversée de 70 miles, il arrive, complètement épuisé, dans un petit village. Il décide de se venger. Il retrouve rapidement Blondin et inverse les rôles, contraignant son ex-compagnon à le suivre à pied dans le désert. À un certain point, ils rencontrent une diligence remplie de soldats confédérés, morts ou mourants. Parmi ceux-ci se trouve Bill Carson, l'homme recherché par Sentenza. Carson révèle à Tuco le nom du cimetière où est caché l'or, mais demande de l'eau en échange du nom sur la tombe. Pendant que Tuco va chercher une gourde, Carson meurt, non sans avoir donné le nom de la tombe à Blondin, qui tout à coup devient très important pour Tuco. Celui-ci devra donc le soigner afin de pouvoir connaitre le nom en question. Déguisés en soldat confédérés, Tuco conduit Blondin (presque mort) dans une mission catholique administrée par son frère, un prêtre. Pendant que Blondin se rétablit, les deux frères se disputent et chacun blâme l'autre pour les difficultés de sa propre vie. Après avoir laissé la mission, Tuco et Blondin, toujours déguisés en soldats confédérés, sont capturés par un groupe de soldats de l'Union. Ils se retrouvent dans un camp de prisonniers nordiste. Durant ce temps, Sentenza a suivi la trace de Bill Carson jusqu'à ce camp, où il est devenu sergent gardien. Avec l'aide du caporal Wallace, il torture Tuco pour connaitre le nom du cimetière. Lorsqu'il apprend que seul Blondin connait le nom de la tombe, il change de tactique. Il propose une alliance à ce dernier. Accompagnés par 5 ou 6 autres brigands, ils s'enfuient tous les deux du camp et partent à la recherche de l'or. Pendant ce temps, Tuco est conduit dans un train de prisonniers, escorté par le caporal Wallace. Il réussit à s'enfuir après avoir éliminé le caporal. Dans un village voisin, dévasté par l'artillerie des deux armées, Tuco rencontre un chasseur de primes blessé par lui au début du film et cherchant à se venger. Tuco l'abat. Blondin, qui était dans le même village, entend les coups de feu et reconnaît le son du pistolet de son ami. Il part à sa recherche. L'ayant retrouvé, les deux décident de s'associer à nouveau pour éliminer Sentenza. Ils réussissent à se débarrasser des membres de son gang, mais Sentenza s'échappe. Tuco et Blondin, lors de leur voyage vers le cimetière, sont les témoins d'une bataille entre les forces confédérées et celles de l'Union, qui se disputent le contrôle d'un pont de grande valeur stratégique. Capturés encore une fois par les forces nordistes, ils offrent de s'enrôler, après avoir parlé au capitaine de la compagnie. Ce dernier, clairement ivre, révèle aux deux son rêve secret : détruire le pont, afin de faire cesser le massacre inutile entre les deux armées. Le meilleur moment serait lors de la brève trêve entre les batailles, lorsque les deux armées s'affèrent à récupérer les blessés. Puisque le cimetière est de l'autre côté du pont, les deux décident de le faire exploser, afin de forcer les soldats à se retirer. Pendant qu'ils posent les explosifs, ils décident de se révéler leurs secrets. Tuco donne le nom du cimetière : Sad Hill. Blondin donne le nom sur la tombe : Arch Stanton. Après l'explosion du pont, les deux armées se retirent comme prévu et les deux associés arrivent finalement de l'autre côté de la rivière. Pendant que Blondin s'arrête près des ruines d'une église, Tuco en profite pour galoper jusqu'au cimetière. Une fois la tombe repérée, il commence à creuser furieusement. Avant d'avoir trouvé quoi que ce soit, il est rejoint par Blondin, armé d'un pistolet, qui lui ordonne de creuser avec une pelle. Sentenza arrive, armé lui aussi, et il ordonne à Blondin d'aider Tuco à creuser. Blondin révèle que l'or n'est pas enterré dans cette tombe, qui ne contient que des ossements. Blondin inscrit sur une pierre le véritable nom où est enterré l'or. Les trois se font face sur une large place au milieu du cimetière, pour un grand duel à trois. Blondin abat Sentenza alors que Tuco s'aperçoit que son pistolet est vide. Blondin avoue l'avoir déchargé la nuit précédente. Il montre aussi qu'il n'avait rien écrit sur la pierre, puisque la tombe recherchée est celle sans nom, à côté de Arch Stanton. Tuco est donc contraint de creuser à nouveau, et dès qu'il trouve l'or, Blondin le force à se passer une corde de pendu autour du coup, debout sur le sommet de la croix d'une tombe. Blondin charge la moitié du butin sur son cheval et s'éloigne, pendant que Tuco crie à l'aide. Une fois plus loin, Blondin fait feu sur la corde et libère Tuco, comme au début du film. Blondin s'enfuit avec la moitié de l'or, laissant l'autre moitié à Tuco fou de rage.

Production

Le réalisateur Sergio Leone Après le succès de Pour une poignée de dollars et de Et pour quelques dollars de plus, les dirigeants de United Artists contactèrent le scénariste des deux films Luciano Vincenzoni pour acquérir les droits de ses œuvres précédentes ainsi que de ses prochains westerns. Ni lui, ni le producteur Alberto Grimaldi, ni Sergio Leone n'avaient de projets en tête. En fait, Leone n'avait même pas l'intention de faire un autre western. Cependant, attiré par l'énorme somme d'argent offerte (qui lui permettrait d'être financièrement indépendant pour le reste de sa vie), il accepta la proposition, sans avoir encore trouvé l'idée du prochain film. Heureusement pour lui, Vincenzoni proposa l'idée d'un « film à propos de trois canailles à la recherche de trésors durant la guerre de sécession. » Cristopher Frayling, Sergio Leone: Something To Do With Death, Faber & Faber, 2000. ISBN 0571164382 Le studio accepta et un budget de 1 million de dollars US (plus 50% des revenus de vente de billets à l'extérieur de l'Italie) fut attribué au projet. Finalement, le film coutera 1, 3 million, une somme astronomique si on pense aux conditions précaires dans lesquelles Leone a dû travailler seulement deux années plus tôt. Luciano Vincenzoni décrit ainsi la vente du film, et la genèse du scénario : : Sergio Donati, scénariste, décrit ainsi la vente du film à la United Artist : : Sergio Leone décrit ainsi son approche de la conception du film : :

Scénarisation

Alors que Sergio Leone développe ses idées et planifie un mise en scène vraie et personnelle, Vincenzoni recommanda de travailler avec une équipe de scénaristes incluant Age-Scarpelli et gérée par Leone lui-même ainsi que par le scénariste Sergio Donati. À ce sujet, Leone raconte : « Leur contribution fut un désastre. Inutile et rien d'autre. Je ne pus utiliser rien de ce qu'ils avaient écrit. Ce fut la pire déception de ma vie. Je dus reprendre en main le scénario avec Donati. » Donati confirme cette déclaration, ajoutant : « Dans la version finale du scénario, il ne restait pratiquement rien de ce qu'ils avaient écrit. Ils n'avaient écrit que la première partie, quelques mots à peine. Ils étaient extrêmement éloignés du style de Leone. Leone voulait essayer quelque chose de nouveau. Plutôt qu'un western, Age-Scarpelli avaient écrit une espèce de comédie se déroulant dans l'ouest. » Scarpelli décrit comme fatale sa rencontre avec Leone. « Dans notre profession nous devons faire preuve de curiosité et porter attention aux films des autres - de quelle façon ils fonctionnent, qu'est-ce qui s'y passe. C'était l'époque des deux westerns de Sergio Leone. Dans toute la communauté du cinéma il existe une passion secrète et infantile pour le western, donc nous avons accepté de collaborer à l'écriture de ce film, surtout qu'il voulait refaire La grande guerre en version western. Mais notre rencontre avec lui s'est avérée fatale. » Marco Giusti, Dizionario del Western all'italiana, Milan, Arnoldo Mondadori, 2007, ISBN 9788804572770 Vincenzoni déclara avoir écrit le scénario en onze jours Sergio Leone, C'era una volta il Cinema, Radio 24, I magnifici, mais bien rapidement il laissera le projet, lorsque les rapports avec Leone se seront détériorés. Il travaillera alors plutôt sur deux autres westerns, avec des réalisateurs différents : Il mercenario (1968) de Sergio Corbucci et Da uomo a uomo (1967) de Giulio Petroni. Les trois personnages principaux (Tuco, Blondin et Sentenza) sont partiellement construits à partir d'éléments autobiographique du réalisateur, Leone. Au cours d'une entrevue, celui-ci déclara : : Le film est donc basé sur trois rôles : un arlequin, une fripouille et un méchant. Eastwood remarquera ironiquement à propos de la trilogie : « Dans le premier film j'étais seul, dans le second nous étions deux, ici nous sommes trois. Dans le prochain, je me retrouverai au milieu d'un détachement de cavalerie. » Leone était très attiré par les idées qui jaillissaient durant la préparation du film : : Leone fut aussi inspiré par une vieille histoire à propos de la guerre : : Le camp de prisonniers où sont conduits Blondin et Tuco est basé sur les bas-reliefs en acier d'Andersonville, réalisés en août 1864, alors qu'il s'y trouvait 35 000 prisonniers. De plus, les scènes extérieures s'inspirèrent des archives photographiques de Mathew Brady. Van Cleef raconte à ce sujet : « Le camp de prisonniers construit par Sergio était très simple : seulement quelques cabanes et des palissades. Et il était surpeuplé, mais il donnait l'impression que durant la guerre civile, les choses devait être exactement comme cela. C'était comme les images que j'avais vu d'Andersonville... Vraiment comme une photographie de Brady. » À propos des décors du film, Leone raconte : : Leone n'hésite pas à insérer dans le scénario des idées personnelles : La façon dont Blondin et Tuco perçoivent la guerre est la même que la sienne. Le regard de ces deux personnages sur le champ de bataille synthétise ce que Leone voulait transmettre. De plus, grâce à quelques astuces, il arrive à créer plusieurs contrastes durant les scènes de guerre, critiquant et parfois même satirisant la guerre civile : Tuco et Blondin sont en fait les seuls à ne pas endosser d'uniformes militaires et, malgré le marasme généralisé, il font preuve d'une humanité troublante, même pour leurs propres personnages. Le titre original du film était Les deux magnifiques bons-à-rien mais il fut changé dès le début du tournage, lorsque Vincenzoni vit en rêve le titre Le bon, la brute et le truand, qui plut aussitôt à Leone.

Distribution

Clint Eastwood (Blondin)

Clint Eastwood interprète le bon, l'homme sans nom, un chasseur de primes flegmatique et arrogant qui est en compétition avec Tuco et Sentenza dans la course au trésor caché, au milieu de la guerre de sécession. Blondin et Tuco développent un relation amour-haine. Tuco connait le nom du cimetière où se trouve l'or, mais Blondin connaît le nom de la tombe où il est enterré. Ils sont donc contraints à travailler ensemble et à se secourir à tour de rôle. Nonobstant cette quête avide, la compassion exprimée par Blondin pour les soldats mourant dans le carnage chaotique de la guerre est évidente : « Je n'ai jamais vu autant de gens mourir si mal » affirme-t'il. Clint Eastwood incarne celui qui est peut-être le mieux réussi de tous les personnages créés par Leone : grandiose, laconique, un as de la gâchette soigné dans les moindres détails. La présence du cigare de Blondin est un symbole très important dans le film. Eastwood en a un à la bouche dans presque toutes les scènes, et le rallume continuellement. De plus, le cigare devient un élément clé de l'action à quelques occasions (la poursuite en suivant la piste des cigares toujours plus fraichement fumés, l'allumage de la mèche du canon et de celle des explosifs, etc.). Son expression sombre et pensive, ses yeux à demi-fermés pourrait faire de Blondin le stéréotype idéal du « méchant ». Cependant, Leone réussi à surprendre tout le monde en créant un personnage à mi chemin entre le chasseur de prime traditionnel et le bandit, parvenant à un résultat que peut-être aucun autre réalisateur n'avait réussi à atteindre. Dans la composition de ce personnage, Leone démontre qu'il a su intégrer l'essence des grands classiques tels la tragédie grecque et l'œuvre de Shakespeare. De plus, il admettra que le personnage de Clint Eastwood est largement inspiré du style des grands auteurs latin comme Plaute et Térence. À propos de l'interprète, Sergio Donati raconte : : (littéralement « Histoires des acteurs ») Site web consulté le 04-08-2007. 1965 marque la fin de Rawhide, un série télévisée états-unienne dans laquelle Clint Eastwood tient l'un des rôle principaux. À ce moment, aucun des films italiens de Eastwood n'est encore distribué en Amérique. Lorsque Leone lui offre un rôle dans son prochain film, celui-ci hésite, bien qu'il s'agisse de sa seule offre de travail. Il remarque que le rôle de Tuco est plus important que le sien. Il demande donc à ce que son propre rôle soit augmenté. Leone dut redoubler d'effort pour le convaincre d'accepter : : Eastwood cependant ne fut pas convaincu. Leone dut donc se déplacer jusqu'en Californie avec sa femme, pour tenter de négocier. L'épouse de Leone, Carla, raconte : : Pendant que les deux épouses discutent, Eastwood et Leone s'affrontent durement et leur relation commence à se détériorer. Leone explique sa situation : « S'il interprète le rôle, je serai très heureux. Mais s'il refuse, alors étant donné que j'invente déjà tout, demain je devrai m'en inventer un autre comme lui. » Après deux journées de négociations, l'acteur accepte de tourner le film et demande à être payé 250 000 $, plus 10% des profits du box-office sur tout le territoire occidental, un accord qui déplaira à Leone. Dans le film, le personnage de Eastwood est désigné avec le surnom Blondin, puisque personne ne connait son vrai nom. De plus, lorsque le capitaine Clinton demande leurs noms à Tuco et Blondin, celui-ci demeure silencieux, restant fidèle à son image. Dans le scénario du film, par contre, on réfère à celui-ci sous le nom de Joe.

Lee Van Cleef (Sentenza)

Lee Van Cleef interprète le rôle de la brute (nommé le méchant en anglais et en italien), un mercenaire insensible et sans pitié qui s'appelle Sentenza (littéralement la sentence). Il n'hésite pas à éliminer froidement tous ceux qu'il rencontre dans sa course au trésor. Après que Blondin et Tuco furent capturés et emprisonnés, Sentenza est le sergent qui interroge et qui torture Tuco, découvrant ainsi le nom du cimetière où est caché l'or, mais ne parvenant pas à obtenir le nom de la tombe. Il forme donc une brève alliance avec Blondin. Ce dernier préfèrera retourner avec Tuco dès que l'occasion se présentera. À l'origine, Leone voulait que Charles Bronson interprète Sentenza, mais celui-ci était déjà en train de tourner Les Douze Salopards (1967). Leone songea alors à travailler de nouveau avec Lee Van Cleef : : Lee Van Cleef raconte : : L'acteur souffrait d'une peur étrange des chevaux, alors évidemment il ne connaissait rien de l'équitation. Sergio Donati raconte : « On lui trouva un cheval docile et amadoué comme une bête de cirque, mais pour pouvoir y monter, il lui fallait une chaise et il fallait que quelqu'un tienne l'animal. La même histoire se répétait évidemment lorsqu'il s'agissait de redescendre. (Wallach utilisa le même cheval dans ses propres scènes, puisque lui non plus ne savait pas monter). » Lee Van Cleef, d'autre part, bien qu'il interpréta des « méchants » dans la majorité de ses films, était un homme doux qui contrastait nettement avec ses personnages. Ce sont ses talents d'acteur qui lui permettaient de si bien personnifier des rôles si éloignés de sa propre personnalité. Donati raconte cette autre anecdote à ce sujet : : Dans ce film, Lee Van Cleef dut porter des verres de contact colorés pour cacher le fait qu'il a un œil vert et un œil bleu. Ce maquillage n'était pas nécessaire dans ses autres films, mais dans Le bon, la brute et le truand, il aurait été possible de remarquer la différence de couleur dans l'un des nombreux gros plans, typiques de l'œuvre de Leone. Mark Sceurman et Mark Moran, Weird NJ, New York, Barnes & Noble, 2004. ISBN 076073979X On remarquera par contre, dans un gros plan lors du duel final, qu'il manque à l'acteur une phalange sur un doigt de la main droite.

Eli Wallach (Tuco)

Eli Wallach interprète le rôle de Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez, Le truand, un bandit comique, maladroit et loquace recherché par les autorités. Tuco apprend le nom du cimetière où est enterré l'or, mais il ne connait pas le nom de la tombe. Seul Blondi le connait. Cette situation les force tous les deux à devenir compagnon de voyage. Leone, à propos du choix de Wallach, raconte : : Leone choisit donc Eli Wallach en se basant sur son rôle dans le film La conquête de l'ouest (1962). Leone fut particulièrement touché par son interprétation dans la fameuse scène des chemins de fer. À ce sujet, il racontera à Oreste De Fornari (son biographe) : : Oreste De Fornari, Tutti i film di Sergio Leone, Milan, Ubulibri, 1985, ISBN 8877480378 Les deux hommes se rencontrèrent à Los Angeles, mais l'acteur était réticent à interpréter de nouveau ce type de personnage. Cependant, après avoir visionné la séquence d'ouverture de Et pour quelques dollars de plus, il demanda : « Quand avez-vous besoin de moi? » Tous les deux s'entendirent très bien, partageant le même sens de l'humour étrange. Leone permit à Wallach d'effectuer des modifications à son personnage, en terme de mise en scène et à propos de sa façon de bouger. Les vêtements de Tuco furent de plus choisis par Wallach lui-même. C'est également lui qui proposa le signe de croix comme tic nerveux du personnage. Wallach décrit en quelques mots son travail avec Van Cleef : « Le principal souvenir de mon travail avec lui est qu'il était devenu depuis peu de temps l'orgueilleux propriétaire d'une Mercedes neuve. » Sa relation avec Eastwood était tout à l'inverse : « J'étais très reconnaissant à Clint. Il proposa des idées et des détails qui rendaient mon personnage encore mieux... Sur le plateau, il ne parlait pas beaucoup, mais il était un observateur attentif. Il disait que c'était son troisième film en Italie et qu'il retournerait ensuite aux États-Unis pour relancer sa carrière là-bas. C'est ce qu'il fit. » Tant Eastwood que Van Cleef saisirent que le personnage de Tuco plaisait particulièrement au réalisateur. Leone et Wallach devinrent de grands amis, même à l'extérieur du plateau. Van Cleef raconte : :

Autres personnages

-Aldo Giuffré : Un capitaine nordiste ivre qui devient ami de Blondin et Tuco. Il comprend bien que ses hommes sont envoyés inutilement au massacre, et il rêve de détruire le pont - un rêve qui se réalisera grâce à ses nouveaux amis. Blessé mortellement durant la bataille du pont, il meurt tout de suite après avoir vu celui-ci exploser. Giuffré est un comique italien qui est devenu acteur.
-Mario Brega : Le caporal Wallace, un gardien de prison et un assassin qui travaille pour Sentenza et qui torturera Tuco pour lui faire dire où est le trésor. Sentenza confiera ensuite Tuco à Wallace, pour que celui-ci puisse toucher la prime de sa capture. Tuco, cependant, éliminera Wallace en le poussant hors d'un train en mouvement. Un boucher devenu acteur, l'imposant Brega est omniprésent dans les films de Leone et dans les westerns spaghetti en général.
-Antonio Casale : Bill Carson/Jackson. Le mourant Bill Carson, aussi connu comme Jackson, représente l'un des point tournant de l'histoire. Il donne à Tuco le nom du cimetière où se trouve l'or, et il donne à Blondin le nom de la tombe où il est enterré. Casale apparaitra aussi dans le film de Leone Il était une fois la révolution.
-Luigi Pistilli : Pablo Ramirez, un prêtre catholique et le frère de Tuco. Il méprise son frère qui est devenu un bandit, mais fondamentalement il lui veut du bien. Pistilli est un vétéran ayant joué dans plusieurs westerns spaghetti, interprétant habituellement un « méchant » (comme pour le film Et pour quelques dollars de plus.
-Antonio Casas : Stevens, le paysan mêlé à l'histoire entre Baker et Bill Carson. Il sera assassiné avec sa famille par Sentenza, après avoir révélé à ce dernier des informations sur l'or et sur la nouvelle identité de Jackson. Casas fut un joueur de football populaire en Espagne, puis il est devenu acteur. Il est apparu dans plus de 170 films et émissions de télévision durant sa carrière.
-Livio Lorenzon : Baker, le soldat confédéré impliqué dans l'affaire de l'or caché (avec Stevens et Carson). Il engagea Sentenza pour obtenir de l'information et pour assassiner Stevens. Il sera ensuite lui-même assassiné par Sentenza, payé par Stevens.
-Rada Rassimov : Maria, une prostituée attaquée par Sentenza. Elle connait Bill Carson, mais n'est pas impliquée dans ses affaires.
-Al Mulock : Chasseur de prime manchot. Il fut blessé par Tuco au début du film. Il devra se faire amputer les bras droit. Il doit ré-apprendre à tirer de la main gauche. Il cherchera désespérément vengeance. Après avoir retrouvé Tuco, il parle trop longtemps et Tuco en profite pour l'abattre. Mulock fut un acteur canadien. Après ce film, il apparaitra également dans Il était une fois dans l'ouest, dans le rôle d'un des trois as de la gâchette, au début du film. Il se suicida durant le tournage, se lançant en bas d'une des fenêtres de l'hôtel, en costume de scène.
-Molino Rojo : Harper, le bon capitaine nordiste présent dans le camp de prisonniers, atteint de gangrène à une jambe. Il n'accepte pas les méthodes de Sentenza et plus d'une fois lui répète d'être moins brutal avec les prisonniers. Il n'est cependant pas pris au sérieux.
-Enzo Petito : Le commerçant.
-Claudio Scarchilli : Un membre du gang de Sentenza.
-John Bartha : Un shériff.

Réalisation

Le film fut tourné en Espagne avec l'approbation du régime franquiste et avec l'assistance de l'armée espagnole. Parmi les figurants on retrouve entre autre 1500 soldats locaux. En 1973, Eastwood raconta : : Sur le plateau de tournage, Leone avait à ses côté un jeune Giancarlo Santi, qui occupait le poste d'assistant réalisateur. Santi, lors d'une entrevue au Festival di Torella dei Lombardi (2006), se souvient : : Tonino delli Colli fut pour la première fois directeur de la photographie dans un film de Sergio Leone. À propos de leur collaboration, delli Colli raconte : : Eli Wallach se souvient que Leone utilisa la lumière et l'ombre en s'inspirant de Vermeer et de Rembrandt Alors que le tournage se déroulait sans incident majeur, la nouvelle qu'un nouveau western de Leone était en production fit le tour du monde. De son côté, le réalisateur s'insurgea contre les règles de co-production cinématographique italo-espagnole. Il déclara lors d'une entrevue accordée au quotidien Il Messaggero (publiée le ) que : : Durant le tournage, il se produisit quand même quelques évènements notables : Eli Wallach fut presqu'empoisonné lorsqu'il but accidentellement d'une bouteille d'acide laissée par un technicien près de sa bouteille de soda. Wallach mentionne cette anecdote dans son autobiographie, tout en déplorant que Leone, bien qu'il fut un réalisateur brillant, n'avait mis en place aucune mesure de sécurité lors du tournage des scènes dangereuses. Eli Wallach, The Good, the Bad, and Me: In My Anecdotage, Harcourt Trade Publishers, 2006, ISBN 0156031698 L'acteur fut en danger dans plusieurs scènes. Lorsqu'il est sur le point d'être pendu et qu'il est libéré par un coup de feu qui coupe la corde et qui effraie le cheval, lui permettant de s'enfuir à toute allure, le cheval s'emballa et continua de courir pendant plus de 1500 mètres avec l'acteur en selle, les mains toujours attachées derrière le dos. Wallach risqua également sa vie dans la scène où lui et Brega doivent sauter hors du train en mouvement. Le saut fut accomplit sans problème, mais une situation dangereuse survint lorsque son personnage doit couper la chaine qui l'attache au caporal, maintenant mort. Tuco plaça le cadavre sur les rails, afin que le prochain train coupe la chaine au passage. Wallach n'avait pas remarqué que des marches en métal de 30 cm dépassaient au bas de chaque wagon, et personne dans l'équipe technique ne semblât s'en être aperçu non plus. Si l'acteur avait soulevé la tête au mauvais moment, une de ces marches l'aurait probablement décapité. Leone demanda à l'acteur de reprendre la scène, mais celui-ci déclara qu'il ne la referait plus jamais de sa vie. En Espagne, l'équipe tourna les scènes extérieures dans plusieurs endroits différents. Quelques mois s'écoulèrent entre le repérage et le début du tournage, ce qui causa un problème sur le site choisi pour tourner la scène du pont. Lors de la première inspection, le niveau d'eau de la rivière Arlanza (devant représenter le Rio Grande) avait une hauteur de 1, 20 mètre, parfaite pour les besoins du film. À l'arrivée de l'équipe de tournage, le niveau n'était plus que de 20 cm. Pour résoudre ce problème, une digue fut construite par l'armée espagnole, en aval de la zone choisie pour filmer, permettant de ramener la hauteur de l'eau au niveau désiré. Le pont dut cependant être construit deux fois plutôt qu'une. Leone voulait un véritable pont en pierre et en bois, sur lequel on pouvait circuler. Il fallu 15 jours pour le construire la première fois. Les problèmes commencèrent lorsqu'arriva le temps de le faire exploser. Sergio Donati raconte : : . Site visité le 04-08-2007. Pour remédier à ce problème, il fallut donc demander l'aide des spécialistes de l'armée espagnole. Des nouvelles charges explosives furent installées et les caméras placées à divers angles autour du pont. Arrivée au moins 10 du compte à rebours, le capitaine de l'armée crut entendre le signal de faire exploser le pont, alors qu'il s'agissait en fait d'une parole adressée à un technicien de caméra-vidéo. On n'arriva donc qu'à filmer la fin de l'écroulement. Eli Wallach raconte ainsi les évènements : : Sergio Donati ajoute : « Le pont fut entièrement reconstruit en une nuit et le matin suivant, il explosa de nouveau, cette fois avec toutes les caméras en fonction. Cependant, la première explosion était la meilleure, alors toutes les prises de vues de la chute des débris proviennent des images de cette première erreur. » Les problèmes avec la scène du pont ne se terminent pas là. Tant Eastwood que Wallach faillirent être soufflés par l'explosion. Eastwood raconte : « Si nous nous étions trouvé au point choisi par Leone, selon toute probabilité nous ne serions plus ici aujourd'hui pour en parler. » Richard Schickel, Clint Eastwood - L'uomo dalla cravatta di cuoio - La biografia ufficiale, Milano, Sperling & Kupfer Editori, 1999, ISBN 882002831X Ce fut Eastwood lui-même qui insista pour déplacer leur position vers un endroit plus sûr. Ici aussi, on voit donc le peu d'attention porté par Leone aux questions de sécurité, ce qui amena Eastwood à conseiller à Wallach de « ne jamais faire confiance à personne dans un film italien. » Plusieurs critiques remarquèrent le style à la Buster Keaton de cette scène, et Leone ne démentit pas s'être inspiré du film Le Mécano de la « General » (1927). Site consulté le 04-08-2007 La préparation du duel à trois et du cimetière ont requis un soin extrême et une grande implication de la part des scénographes italiens et espagnols, coordonnés par Carlo Leva. Leone, lors d'une journée de pause, alla voir comment se déroulaient les travaux. Il fut impressionné par la précision du travail de Leva. Il lui rappela que dans la scène finale, on devait apercevoir les ossements dans le cercueil et que ceux-ci devaient être réaliste. Après s'être adressé sans succès aux services médicaux et aux autorités locales, Leva apprit d'un décorateur qu'à Madrid, une femme louait le squelette de sa mère, actrice de son vivant. Cette dernière avait choisi de l'offrir ainsi, afin de « pouvoir continuer sa carrière même après sa mort ». Leva se rendit donc à Madrid en auto, pour prendre livraison du squelette parfaitement conservé, exactement tel qu'il apparait dans la scène du cimetière. Toujours lors du tournage au cimetière, afin d'obtenir de Wallach une expression de surprise aussi sincère que possible pendant qu'il court de tombes en tombes, Leone fit libérer un chien et le laissa courir sur le plateau. À propos du tournage au cimetière, le scénographe et costumier Carlo Leva raconte : : Site consulté le 04-08-2007 La séquence du duel à trois demeurera célèbre dans l'histoire du cinéma. Sergio Leone sut la mettre en valeur à travers des prises de vues nouveau genre, avec des plans rapprochés, avec des détails comme le mouvement des yeux et avec un montage toujours plus rapide qui fera école auprès de la génération suivante de grands cinéastes. Cependant, cette séquence n'aurait peut-être pas eut autant d'impact sans sans la trame musicale exaltée d'Ennio Morricone. Leone raconte : : Lors de la production de ses deux premiers films, Leone avait déjà acquit la réputation d'être obsédé par les détails, mais durant ce troisième tournage, cette réputation prit des proportions quasi légendaires. Luca Morsella, fils de Fulvio Morsella, raconte une anecdote : :

Doublage et sortie

Le plateau de tournage était véritablement multilingue. Leone pouvait parler l'italien, le romain et le français, mais très peu l'anglais. La moitié de l'équipe et des figurants parlaient l'espagnol. Wallach ne comprenait pas l'italien, alors il utilisait le français pour communiquer avec les italiens. Durant les prises de vues, les acteurs secondaires parlaient dans leurs langues respectives, pour ensuite être doublés en studio. Plus extrême encore, l'acteur Al Mulock (interprétant le bandit manchot qui surprend Tuco dans une baignoire) n'arrivait pas à réciter correctement son texte alors il ne fit que prononcer une séquence numérique. Les trois protagonistes principaux jouèrent leurs rôles en anglais, et furent doublés en italien pour la première du film à Rome. Pour la version américaine, leurs voix originales furent conservées et celles des autres interprètes furent doublées en anglais. On remarqua qu'aucun dialogue n'est parfaitement synchronisé, car Leone ne tournait que rarement (sinon jamais) les scènes avec l'audio en synchronisation. Diverses hypothèses furent avancées pour expliquer ce choix : Leone préférait souvent entendre la musique de Morricone durant le tournage, afin d'inspirer les acteurs. Pour Leone, le côté visuel d'une scène était plus important que les dialogues (sa connaissance de l'anglais étant très limitée). À tout cela s'ajoutaient les limitations techniques et le manque de temps, ce qui fait qu'il était difficile d'enregistrer parfaitement les dialogues dans les scènes tournées par Leone. Cependant, tous les acteurs furent redoublés à New York, en octobre et en novembre 1967. Aucune raison officielle n'est documentée, mais certains affirment que ce travail fut accompli pour régler les problèmes de synchronisation et pour donner l'impression que le film était tourné directement en anglais. La supervision du doublage fut confiée à Mickey Knox, un acteur états-unien ami de Wallach. Knox raconte : : Sergio Donati, lors d'une visite de contrôle des opérations de doublage, constata avec horreur que Knox avait considérablement modifié les dialogues, dans un effort de synchronisation avec les lèvres. D'autre part, une erreur de traduction dans la première bande-annonce états-unienne du film inversa deux surnoms : Sentenza devint The Ugly (le truand) et Tuco devint The Bad (la brute). Le film fut projeté en public pour la première fois le en Italie. Cette version était d'une durée de 161 minutes. Il existe aussi une version director's cut, dont la longueur varie entre 179 et 186 minutes (selon le pays). Ces versions élaborent davantage sur le développement de l'histoire et des personnages.

Accueil

Le film connut rapidement un grand succès à travers le monde, grâce avant tout à la notoriété du réalisateur Sergio Leone. Il généra en 31 années (de 1966 à 2007) plus de 25 millions de dollars, un chiffre qui, convertit en équivalence d'aujourd'hui, ne sera probablement jamais égalé par un autre réalisateur européen. Site consulté le 6-8-2007 Les dirigeants de l'United Artists furent abasourdis de voir les salles de cinéma partout dans le monde se remplir comme jamais auparavant elles ne s'étaient remplies pour un western. Depuis ses débuts, ce film est demeuré un favori du public. Il est souvent mentionné dans les listes et les palmarès des meilleurs films. Les utilisateurs de Box Office Mojo lui ont attribué par vote une marque de "A". Il a également obtenu 100% des votes du site de critique cinématographique Rotten Tomatoes Site consulté le 6-8-2007. Il se retrouve aussi dans les listes des meilleurs films de tous les temps des magazines Mr. Showbiz Site consulté le 6-8-2007, Empire Magazine Site consulté le 6-8-2007 et Time Out Site consulté le 6-8-2007 ainsi que sur le site IMDB Site consulté le 6-8-2007.

Le Bon, la Brute et le Truand, deuxième partie

Sergio Leone n'avait pas l'intention de tourner d'autres westerns. Avec le film suivant (Il était une fois dans l'ouest), il espérait clore le genre. Le scénariste de Leone, Luciano Vincenzoni, a cependant déclaré plusieurs fois avoir écrit le scénario d'une suite, Le Bon, la Brute et le Truand, deuxième partie, se déroulant environ 20 ans après le film original. Ce scénario n'était qu'une ébauche, mais Vincenzoni avait quand même contacté les principaux interprètes. Eli Wallach fit quelques allusions à propos de l'histoire de cette suite présumée : : Clint Eastwood aurait été en charge de la production, et aurait aussi été le narrateur du film, permettant ainsi de découvrir ce qui est arrivé à son vieux personnage . Le poste de réalisateur fut offert à Joe Dante et Sergio Leone devait être co-producteur du film . Cependant, malgré toutes ces préparations, le projet fut annulé lorsque Leone décida de ne plus tourner de western et ne donna pas la permission d'utiliser le titre et les personnages .

Trame sonore

Le compositeur de la trame sonore du film, Ennio Morricone La trame sonore du film fut composée par Ennio Morricone, collaborateur régulier de Leone. Durant leur enfance, les deux hommes furent compagnons de classe Gianni Minà, , site consulté le 26-08-2007 Gaia Giuliani, , site consulté le 26-08-2007. Les compositions uniques de Morricone, dans lesquelles il utilise des détonations, des sifflements (d'Alessandro Alessandroni) et du yodel contribuent à créer l'atmosphère qui caractérise le film. Le thème musical principal, semblable au hurlement d'un coyote, est une mélodie de deux notes devenue célèbre. On l'utilise dans le film pour représenter les trois personnages principaux, en utilisant un son différent pour chacun : Une flute soprano pour Blondin, une ocarina de type arghilofono pour Sentenza et une voix humaine pour Tuco. Cette mélodie se répètera tout au long du film comme un leitmotiv appuyant l'entrée en scène ou la sortie d'un personnage. Morricone décrit la technique inhabituelle utilisée pour l'enregistrer : : Sergio Leone explique qu'une partie de la musique de Morricone fut écrite avant le début du tournage, ce qui représentait un grand pas en avant par rapport aux films précédents, où des limitations de budget ne permettaient pas une telle flexibilité. Il explique aussi : : La trame sonore fut publiée en 1966 et obtint un grand succès, tant auprès du public que de la critique : L'album se classa en 4ième position du Billboard Magazine au cours de l'année 1968 , site consulté le 4-8-2007. Une nouvelle édition fut publiée par Capitol Records en 2004. Celle-ci contient des pièces supplémentaires, tirées du film.

Version de 1966

-Il buono, il brutto, il cattivo - 2:38 (littéralement : Le Bon, la Brute et le Truand)
-Il tramonto - 1:12 (littéralement : Le coucher du soleil)
-Il forte - 2:20 (littéralement : Le fort)
-Il deserto - 5:11 (littéralement : Le désert)
-La carrozza dei fantasmi - 2:06 (littéralement : Le diligence des esprits)
-Marcetta - 2:49
-La storia di un soldato - 3:50 (littéralement : L'histoire d'un soldat)
-Marcetta senza speranza - 1:40 (littéralement : Le désespoir de Marcetta)
-Morte di un soldato - 3:05 (littéralement : La mort d'un soldat)
-L'estasi dell'oro - 3:22 (littéralement : L'extase de l'or)
-Il triello - 5:00 (littéralement : Le duel à trois)

Version de 2004

-Il buono, il brutto, il cattivo - 2:42 (littéralement : Le Bon, la Brute et le Truand)
-Il tramonto - 1:15 (littéralement : Le coucher du soleil)
-Sentenza - 1:41
-Fuga a cavallo - 1:07 (littéralement : Fuite à cheval)
-Il ponte di corde - 1:51 (littéralement : Le pont de corde)
-Il forte - 2:22 (littéralement : Le fort)
-Inseguimento - 2:25 (littéralement : La poursuite)
-Il deserto - 5:17 (littéralement : Le désert)
-La carrozza dei fantasmi - 2:09 (littéralement : La diligence des esprits)
-La missione San Antonio - 2:15 (littéralement : La mission Saint-Antoine)
-Padre Ramirez - 2:37 (littéralement : Père Ramirez)
-Marcetta - 2:53
-La storia di un soldato - 3:53 (littéralement : L'histoire d'un soldat)
-Il treno militare - 1:25 (littéralement : Le train militaire)
-Fine di una spia - 1:16 (littéralement : La fin d'un espion)
-Il bandito monco - 2:45 (littéralement : Le bandit manchot)
-Due contro cinque - 3:46 (littéralement : Deux contre cinq)
-Marcetta senza speranza - 1:40 (littéralement : Le désespoir de Marcetta)
-Morte di un soldato - 3:08 (littéralement : La mort d'un soldat)
-L'estasi dell'oro - 3:23 (littéralement : L'extase de l'or)
-Il triello - 5:02 (littéralement : Le duel à trois)

Musiciens

-Vincenzo Restuccia, percussions
-Franco De Gemini, harmonica
-Michele Lacerenza, trompette
-Francesco Catania, trompette
-Bruno Battisti D'Amario, guitare classique
-Alessandro Alessandroni, Sifflements
-Nicola Samale, flûte soprano
-Italo Cammarota, arghilofono (la version basse de l'ocarina, un instrument à vent en terre cuite de la région des Abruzzes Patrick Ehresmann, , site consulté le 19-11-2007)
-Edda Dell'Orso, voix
-Alide Maria Salvetta, voix
-I Cantori Moderni di Alessandroni, chœur
-Franco Cosacchi, Nino Dei, Enzo Gioieni, Gianna Spagnuolo, voix

Bibliographie

- Cristopher Frayling, Sergio Leone: Something To Do With Death (littéralement : Sergio Leone : Quelque chose à propos de la mort), Faber & Faber, 2000, ISBN 0571164382
- Eli Wallach, The Good, the Bad, and Me: In My Anecdotage (littéralement : Le Bon, la Brute et Moi : Parmi mes anecdotes), Harcourt Trade Publishers, 2006, ISBN 0156031698
- Richard Schickel, Clint Eastwood - L'uomo dalla cravatta di cuoio - La biografia ufficiale (littéralement : Clint Eastwood - L'homme à la cravate de cuir - La biographie officielle), Sperling & Kupfer, 1999, ISBN 882002831X
- Mark Sceurman et Mark Moran, Weird NJ (littéralement : NJ bizarre), Barnes and Noble, 2004, ISBN 076073979X
- Paul Duncan et Douglas Keesey, Clint Eastwood: Taschens Movie Icons (littéralement : Clint Eastwood: Les icones cinématographiques Taschens), Taschen America Llc, 2006, ISBN 9783822820049
- Marco Giusti, Dizionario del Western all'italiana (littéralement : Dictionnaire des westerns à l'italienne), Arnoldo Mondadori Editore, 2007, ISBN 9788804572770
- Oreste De Fornari, Tutti i film di Sergio Leone (littéralement : Tous les films de Sergio Leone), Ubulibri, 1985, ISBN 8877480378

Notes

Voir aussi

- Trilogie du dollar
- Western spaghetti
- Sergio Leone

Lien externe

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Sources

Bon Bon, la brute et le truand Bon, la brute et le truand Bon, la brute et le truand Bon, la brute et le truand de:Zwei glorreiche Halunken en:The Good, the Bad and the Ugly es:Il Buono, Il Brutto, Il Cattivo fi:Hyvät, pahat ja rumat he:הטוב, הרע והמכוער hr:Dobar, loš, zao io:La bonigo, la brutigo e la ledajo it:Il buono, il brutto, il cattivo ja:続・夕陽のガンマン lb:Il buono, il brutto, il cattivo mk:Добриот, лошиот и грдиот nl:Il buono, il brutto, il cattivo no:Den gode, den onde og den grusomme pl:Dobry, zły, brzydki pt:Il buono, il brutto, il cattivo ru:Хороший, плохой, злой (фильм) simple:The Good, the Bad and the Ugly sr:Добар, лош, зао sv:Den gode, den onde, den fule tr:İyi Kötü ve Çirkin vi:Thiện, ác, tà zh:黃昏三鑣客
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