Saint-Barthélemy (Antilles françaises)

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Saint-Barthélemy est une île des Petites Antilles et une collectivité d'outre-mer depuis la promulgation de la loi organique 2007-223 du 21 février 2007 au J.O du 22 février. Avant le 15 juillet 2007, elle était encore une commune française du DOM-ROM de la Guadeloupe, date à laquelle le changement de statut a pris effet lors la première réunion du conseil territorial nouvellement élu. Elle est familièrement appelée Saint-Barth. Ses habitants sont les Sa
Saint-Barthélemy (Antilles françaises)

Saint-Barthélemy est une île des Petites Antilles et une collectivité d'outre-mer depuis la promulgation de la loi organique 2007-223 du 21 février 2007 au J.O du 22 février. Avant le 15 juillet 2007, elle était encore une commune française du DOM-ROM de la Guadeloupe, date à laquelle le changement de statut a pris effet lors la première réunion du conseil territorial nouvellement élu. Elle est familièrement appelée Saint-Barth. Ses habitants sont les Saint-Barths.

Géographie

Vue satellitaire de l'île Saint-Barthélemy se situe à 230 km au nord-ouest de la Guadeloupe "continentale", et à 25 km au sud-est de Saint-Martin. C'est une île montagneuse d'environ 21 km² (25 km² avec ses îlets). Elle possède 32 km de côtes. Au dernier recensement de 1999, sa population comptait 6 852 habitants. Le point culminant de l'île est le morne Vitet, à 286 m. L'île est entourée de nombreux îlets parmi lesquels l'île Chevreau, Coco, île Fourchue (important mouillage de plaisance), île Frégate, La Tortue, île Le Boulanger, Les Grenadins, Pain de Sucre, île Pelé, île Petit Jean, Toc Vers... L'île dispose d'une zone exclusive économique (ZEE) de 4 000 km².

Environnement

Saint-Barthélemy est une île dite « sèche » ; la nature de son socle rocheux, son relief et la déforestation ancienne font qu'il y pleut pas assez, et que l'eau n'est pas assez retenue pour fournir les habitants en eau potable. Celle-ci est importée (bouteilles) ou est fournie au robinet à partir d'eau de mer dessalinisée par osmose inverse, ce qui explique un prix au mètre cube le plus élevé de France. L'île a en 2007 une capacité de de 3500 m3/j qui devrait atteindre 4300 m3/j début 2008. Pour supprimer les pollutions et nuisances dues au décharges et se mettre en règle avec les directives européenne et la loi, un incinérateur d'ordures ménagères a été construit, dont la vapeur alimente une unité de dessalement d'eau de mer (ce double processus industriel est une première mondiale selon la commune). L'environnement est le principal atout de développement de l'île.
L'environnement terrestre
s'est dégradé avec l'arrivée des premiers colons, mais la présence de la mer et des reliefs épargnés par l'agriculture et l'urbanisation ont permis la conservation de paysages appréciés des habitants et des touristes. Comme dans toutes les îles des antilles, la faune s'est fortement raréfiée. (Iguanes.. Quelques tortues marines viennent encore pondre sur le littoral, où leurs oeufs sont depuis longtemps collectés ou braconnés (une surveillance n'est organisée que sur la réserve). Ce sont surtout la tortue verte (Chelonia mydas) et tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) ; la dernière ponte de tortue Luth daterait de 1982 (sur la plage de Flamands, selon le site de la réserve naturelle). Les oiseaux, plus difficiles à chasser, sont eux encore nombreux, avec 13 espèces nicheuses qui font de cette île la plus riche en oiseaux marins nicheurs de Guadeloupe. Hormis l'Herminier (Puffinus lherminieri) et les Paille-en-Queue (Phaeton aethereus et Phaeton lepturus) qui s'alimentent au large, toutes les autres espèces dépendent du littoral. Les îlets Frégate et Toc-Vers abritent la reproduction de la sterne bridée (Sterna anaethetus), la sterne fuligineuse (Sterna fuscata) et le noddi brun (Anous stolidus). Dauphins (Tursiops truncatus) et baleines sont occasionellement observés. Les poussins d'oiseaux marins tropicaux semblent très sensibles au phénomène dit de pollution lumineuse qui tend à se développer sur les îles habitées. L'environnement littoral et sous-marin est la seconde richesse naturelle de l'île, avec notamment ses coraux (51 espèces, et 31 genres différents) récifs bioconstruits et les herbiers de phanérogames marines. Là aussi, d'importantes dégradation sont constatées, comme sur toutes les îles de l'arc antillais. Ceci peut amplifier le risque ciguateraVERNOUX, Jean-Paul. «La ciguatera dans l'île de Saint-Barthélemy : aspects épidémiologiques, toxicologiques et préventifs» dans Oceanologica Acta, Paris, vol. 11, no 1, 1988, p. 37-46.. Rien que dans la réserve naturelle, 183 espèces de poissons étaient comptabilisés en 2007, avec une densité moyenne de 238 individus/100 m2, taux honorable par rapport à d'autres réserves antillaises. Le SEI (Sustainable Ecosystems Institute) a déjà montré que les populations se reconstituaient nettement depuis 1996 autour de Gros-Ilets et de Pain de Sucre, restauration qui semble liée à la mise en réserve (la pêche n'est pas interdite dans toute la réserve). Commes sur toutes les îles les espèces introduites sont sources de disparition d'espèces locales et d'appauvrissemnet de la biodiversité. Et les flux important de touristes venant du monde entier augmentent les risques d'épidémies et de zoonoses, de même que les apports en mer d'eaux usées et de ruissellement mal épurées. Une réserve naturelle a été créee au sein delaquelle la pêche est interdite dans les zones de protection renforcée et réglementée ailleurs. La réserve est gérée par l'association GRENAT avec la ville et l'Etat. La pollution générale de l'environnement marin est responsable de la bioconcentration de métaux lourds (et probablement de résidus de pesticides) chez les mammifères marins et poissons du sommet de la pyramide alimentaire. Le mercure méthylé atteint en particulier fréquemment des taux préoccupants dans la chair des les espèces prédatrices (thazards, thons, colas, espadons, marlins et voiliers) recherchés par les pêcheurs locaux et les touristes pêcheurs dits "sportifs". Étant donné la forte augmentation de l'orpaillage sauvage et autorisé dans le nord de l'Amérique du sud (Surinam, Guyane..) la situation ne devrait pas s'améliorer. Certaines espèces considérées comme de bons indicateurs de naturalité et qualité de l'environnement sont en forte régression, dont le Lambi maintenant totalement protégé (pêche interdite à tous, en tout temps et tout lieu, mort ou vif). Toutes les dégradations environnementales semblent pouvoir être attribuées aux modes de développement.

Histoire

L'île a été découverte par Christophe Colomb, qui l'a baptisée ainsi en l'honneur de son frère Bartolomé, lors de son deuxième voyage en 1493. Il la revendiqua alors pour l'Espagne. En 1648 eut lieu la première occupation par les Français, sur décision du commandeur Lonvilliers de Poincy à Lorient. De 1651 à 1656, l'île est gouvernée par les chevaliers de Malte. Elle fut ensuite abandonnée jusqu'en 1659, date à laquelle elle redevient colonie française. Dotée d'un sol pauvre et d'un climat très sec, elle n'offre aucun potentiel économique, mais demeure cependant un enjeu stratégique dans le nord des Petites Antilles. Les habitants y développent davantage la flibuste et la pêche que la culture du coton ou de la canne à sucre. Panneau à l'entrée de Gustavia, écrit en français, suédois et anglais. En 1784, l'île est cédée par Louis XVI au roi Gustave III de Suède contre un droit d'entrepôt à Göteborg. En hommage à celui-ci, qui dispensa les Saint-Barths d'impôts, le chef-lieu de l'île fut renommé Gustavia. Les Suédois transforment le carénage en port franc appelé Gustavia, libre d'entrée et sans aucun droit. Ce n'est que le 16 mars 1878 que les Suédois revendront l'île à la France et qu'elle sera rattachée à la Guadeloupe. L'île s'enrichit mais subit au de nombreuses calamités. En 1957, David Rockefeller acheta une propriété de 27 hectares pour quelques milliers de dollars et enclencha la transformation progressive de l’île en « site exceptionnel, assurant aux touristes une ambiance familiale et confidentielle en haute saison, et un fort degré de sécurité, ce qui distingue cette destination des autres îles des Caraïbes ». Le prix très élevé d’une résidence secondaire ou d’un séjour sur place ainsi que les difficultés d’accès par avion (l’atterrissage n’est possible que pour de petits appareils) permettent dès lors de « capter la clientèle haut de gamme, soucieuse de préserver la confidentialité de la destination ». Le 7 décembre 2003, les Saint-Barths ont approuvé par référendum, avec une participation de 78, 71 % et 95, 51 % des suffrages exprimés, un projet institutionnel faisant de leur île une collectivité territoriale à assemblée unique détachée du DOM-ROM de la Guadeloupe. L'île est ainsi devenue le 21 février 2007 collectivité d'outre-mer. Le 1 juillet 2007 a lieu le premier tour des premières élections territoriales de Saint-Barthélemy où 4 listes s'affrontent.

Administration

Gustavia, le plus grand quartier de l'île. De 1962 à 2007, les communes de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ont constitué le 3 arrondissement ("les îles du nord") de la Guadeloupe, et étaient administrées par un sous-préfet qui avait sa résidence principale à Saint-Martin mais disposait aussi d’un bureau et d’une résidence secondaire à Saint-Barthélemy.
- Liste des gouverneurs et maires de Saint-Barthélemy : noms des gouverneurs suédois et maires successifs de l’île de Saint-Barthélemy. Le nouveau statut de Collectivité d’outre-mer (C.O.M) de Saint-Barthélemy est contenu dans la Loi organique du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l’outre-mer.
- La Collectivité d’outre-mer (C.O.M) de Saint-Barthélemy est administrée par un Conseil territorial de 19 membres et d’un Conseil exécutif de 7 membres dirigé par le président du Conseil territorial. La loi du 21 février 2007 prévoit la création d'un Conseil économique social et culturel (Le décret du 25 mai 2007 a fixé à 11 le nombre des membres du C.E.S.C.). Saint-Barthélemy sera représenté à l'Assemblée nationale par 1 député (élection prévue en 2012) et au Sénat par 1 sénateur (élection prévue en 2008). C’est le député de la Guadeloupe, Victorin Lurel qui représentera Saint-Barthélemy à l’Assemblée Nationale de 2007 à 2012. Le représentant de l'État français est le préfet délégué des îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy : il se nomme Dominique Lacroix (nommé depuis le 7 mars 2007 en conseil des ministres, prise de fonction le 21 mars 2007). Le Président du Conseil territorial est : Bruno Magras (élu le 15 juillet 2007) La composition du Conseil exécutif (7 membres dont le président):
- 1 vice-président : Yves Gréaux
- 2 vice-président : Nicole Gumbs ép. Gréaux
- 3 vice-président : Michel Magras
- 4 vice-président : Marie-Thérèse Weber
- Conseiller exécutif : Jean-Pierre Magras
- Conseiller exécutif : Maxime Desouches (opposition) La composition du Conseil territorial (sans les 7 membres du Conseil Exécutif) :
- Micheline Blanchard ép. Jacques
- Rose-Marie Berry ép. Fauconnier
- Nils Dufau
- Gilles Brin
- Jeanne-Marie Gréaux
- Corinne Gréaux ép. Febrissy
- Ginette Laplace ép. Gréaux
- Andy Laplace
- Cécille Girelli ép. Tiberghien
- Patrick Kawamura
- Karine Miot-Richard (opposition)
- Benoît Chauvin (opposition).

Démographie

L'île est habitée en majorité par les descendants des colons normands, bretons, poitevins, saintongeais et angevins. Sa population a la particularité d'être à forte majorité d'origine européenne, la grande majorité de la population d'origine africaine ayant émigré dans les années qui suivirent l'abolition de l’esclavage de 1847. Les langues maternelles de la population de souche sont le patois dans la partie sous le vent de l'île et le créole dans la partie au vent. Le patois est un parent proche du français québécois et des autres variétés du français populaire des Amériques tandis que le créole parlé est une variété archaïque du créole martiniquais.CALVET, Louis-Jean et Robert CHAUDENSON. Saint-Barthélemy: une énigme linguistique, Paris, CIRELFA, Agence de la Francophonie, 1998, 165 p. L’île accueille aujourd'hui les résidences secondaires de célébrités internationales.

Économie et Société

L'économie de l'île est essentiellement basée sur le tourisme de luxe, favorisée par le fait que l'île revendique l'exonération de toute fiscalité nationale basée fondée sur les éxonérations fiscales instituées sous le gouvernorat de Suède). Ceci en fait une destination appréciée de nombre de grandes fortunes. Contrairement à une idée reçue, l'île ne bénéficie ni des services qu'offre la métropole, ni de tous les services publics habituellement délivrés par une commune française de 7500 habitants: les voiries ont longtemps été en très mauvais état, les services de santé se résument à un dispensaire et à un hôpital local sans bloc opératoire, l'éducation nationale n'assure plus de cours après le collège (ce qui implique des coûts énergétiques, environnementaux et financiers important pour le transport des enfants vers les lycées et universités souvent très éloignés). Les exonérations fiscales permettent aux habitants de subir le contrecoup de la surtarification des produits de consommation courante, tous importés par avion ou bateau (avec un surcout de 25% pour les produits de construction à 400% pour certaines denrées alimentaires).

Monuments historiques inscrits et autres sites touristiques

- Maison Dinzey (Brigantin) à Gustavia
- Église catholique de Gustavia
- Ancien presbytère de l'église catholique
- Fort Gustave (batterie suédoise gustavia)
- Clocher suédois à Gustavia
- Maison des gouverneurs (ancienne mairie)
- Clocher de l'église de Lorient
- Wall House (musée - bibliothèque)
- Fort Karl
- Sous-préfecture
- Cimetière suédois (quartier de Public)
- Musée international du coquillage (Inter-Oceans Museum) à Corossol

Voir aussi

Notes et références

Bibliographie

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