Connectivité écologique

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La connectivité écologique est une notion relative et théorique relevant des théories de l'écologie du paysage, proche de celle dintégrité écologique. Les théories de la connectivité ou de la percolation peuvent s'appliquer à toutes les échelles du paysage
Connectivité écologique

La connectivité écologique est une notion relative et théorique relevant des théories de l'écologie du paysage, proche de celle dintégrité écologique. Les théories de la connectivité ou de la percolation peuvent s'appliquer à toutes les échelles du paysage

Définition

La connectivité écologique désigne la connectivité fonctionnelle qui lie ou relie des habitats naturels ou semi-naturels entre eux, du point de vue d'un individu, d'une espèce ou d'un groupe d'espèces, pour tout ou partie de leur stade de développement, à un moment donné ou pour une période donnée. La connectivité écologique diminue notamment quand la fragmentation écologique augmente. Notion relative : cette (zone humide naturelle située entre Victoria et Vancouver), non fragmentée, offre à l'échelle du mètre carré un bon exemple de connectivité écologique, en dépit de l'apparence de fragmentation par les cours d'eau : les vasières et zones humides constituent encore ici un espace physiquement et écologiquement intègre (d'une seule pièce, matérialisé par la couleur verte sur la photo). Néanmoins, vue de plus haut, cette zone apparaît semi-isolée par deux grands cours d'eau. Les bocages français normand ou breton, tels qu'ils existaient encore dans les années 1930-1940 offrait de remarquables milieux de substitutions aux espèces de lisières forestières et des milieux ouverts, tout en maintenant avec une forte connectivité écologique. L'agriculture intensive est facteur d
insularisation écologique

Enjeux

Pour l'écologue, la connectivité écopaysagère est un facteur important car
- elle contrôle les taux de migration (ou de dispersion) des espèces dans la mosaïque éco-paysagère.
- elle est un des facteurs de résilience écologique d'un milieu
- elle est utile à la cartographie des corridors biologiques
- elle devrait être cartographiée par les études d'impact d'infrastructures, d'aménagements ruraux et d'urbanisme.
- c'est souvent un des indices de naturalité d'un paysage.

Notion relative

La connectivité prend un sens différent selon le grain et l'échelle du paysage considérés par l'observateur. De plus, deux milieux peuvent être connectés pour une espèce et disconnecté pour une autre. : Ex : un grand cours d'eau ou une route sont quasi infranchissables pour certaines espèces (vers de terre), mais franchissables pour d'autres. : Un profond cours d'eau est un obstacle pour les espèces terrestres fuyant instinctivement l'eau. Mais certaines de ces espèces traverseront ce même cours d'eau gelé. l'accès à une presqu'île vraie ou « métaphore écopaysagère »(cf théorie de l'insularisation écologique) est coupé à marée haute, mais la mer n'est plus un obstacle à marée basse (pour une espèce qui ne craindrait pas de circuler « à découvert ». Des milieux peuvent être physiquement disjoints, mais fonctionnellement interconnectés par des « structures-gué », ou par des corridors biologiques immatériels utilisables par une espèce considérée.Une barrière éco-paysagère peut être invisible à nos yeux (barrière d'odeur marquant un territoire, barrière de pesticides pour des invertébrés, barrière lumineuse pour une espèces lumiphobe, etc. Un élément de paysage écologiquement disconnecté de jour pour une espèce de type « agoraphobe » (espace ouvert entre deux bois), peut être considéré comme fonctionnellement connecté de nuit pour cette même espèce si elle ne craint pas les milieux ouverts dans le noir. (Pour de nombreux animaux, une grande part des déplacements locaux et les grandes migrations se font de nuit).

Mesure de la connectivité

C'est une notion qu'on comprend intuitivement mais dont la quantification est délicate. 0n cherche à la mesurer ou plutôt à l'approcher au travers d'indices de connectivité calculés par des modèles et logiciels qui analysent les « patrons » de « taches » du paysage, à partir d'images satellites, aériennes ou de cartes. Les modes de calculs sont inspirés de théories de l'Écologie du paysage, de la géométrie du pattern paysager et parfois de la théorie de la percolation. La vérification sur le terrain du degré de connectivité écologique d'éléments du paysage nécessite des méthodes souvent très coûteuses et/ou délicates, comme le radio-pistage, la détection et/ou photographie automatique, les pièges à traces, ou les méthodes de capture-marquage-recapture. C'est pourquoi on cherche à affiner les modélisations mathématiques et SIG de cette dimension du paysage.

Moyens de conservation

La restauration de corridors biologiques, la création d'écoducs, ou l'utilisation du téléphérique ou de passages en tunnels, ou encore le débardage par câble, par chevaux ou l'utilisation de routes provisoires (structures démontables de type génie militaire) permettent de réduire la fragmentation écopaysagère due aux routes, canaux et voies ferrées. L'usage du dirigeable est aussi périodiquement évoqué, par exemple pour l'installation d'éoliennes, ou le débardage afin de pouvoir se passer de construire des routes surdimensionnées pour les camions et engins de levage qui ne serviront que peu. Depuis les années 2000, certaines lois (loi Voynet en France) commencent à intégrer la notion de réseau écologique, et donc d'intégrité écologique, qui doivent alors faire l'objet de mesures conservatoires et compensatoires lors de grands travaux. Une directive européenne impose aussi d'étudier les impacts des plans et grands travaux, y compris, théoriquement, sur la connecticité écologique.

Voir aussi

- percolation
- Cartographie des corridors biologiques
- Fragmentation écopaysagère
- Biodiversité
- Trame verte
- Intégrité écologique
- Migration animale
- Roadkill
- Route HQE
- écoduc
- Corridor biologique
- Liste des animaux migrateurs

Lire

- Françoise Burel et Jacques Baudry, Écologie du paysage. Concepts, méthodes et applications, Paris, TEC & DOC, 1999, 362 p.
- Forman, R.T.T. and M. Godron. 1986. Landscape Ecology. John Wiley and Sons, Inc., New York, NY, USA.
- Forman, R.T.T. 1995. Land Mosaics: The Ecology of Landscapes and Regions. Cambridge University Press, Cambridge, UK.
- Naveh, Z. and A. Lieberman. 1984. Landscape ecology: theory and application. Springer-Verlag, New York, NY, USA.

Liens externe

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