Primates

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Les primates constituent un au sein des mammifères placentaires incluant 188 espèces, dont les hommes, les grands singes, les autres singes et les lémuriens. Le terme « primate » provient du latin primat-, de primus qui signifie « summum, premier grade ».
Primates

Les primates constituent un au sein des mammifères placentaires incluant 188 espèces, dont les hommes, les grands singes, les autres singes et les lémuriens. Le terme « primate » provient du latin primat-, de primus qui signifie « summum, premier grade ».

Caractéristiques

Les primates sont caractérisés par une vie en général arboricole, la présence d'ongles aux doigts et aux orteils, l'aptitude à la préhension par opposition du pouce, une prédominance de la vision sur l'olfaction. La présence d'un cerveau plus développé que chez la plupart des autres mammifères est souvent avancée comme caractéristique de ce groupe mais elle n'est vérifiée que pour la super-famille des hominoïdes. Elle est en outre partagée par d'autres taxons, notamment le dauphin. À ces traits s'ajoute chez l'homme (et à des degrés divers chez les autres hominidés) la locomotion bipède. Leur taille varie entre 13 cm (chirogale mignon, Microcebus murinus) et 175 cm, pour un poids allant d'une centaine de grammes jusqu'à 275 kg (gorille, Gorilla gorilla). Le premier primate fossile date de -55 Ma.

Classification

Classification traditionnelle

En 1758, Carl von Linné créait un groupe comprenant l'homme, les simiens, les prosimiens, les dermoptères et les chiroptères. Cent ans avant les travaux de Charles Darwin, il était donc déjà évident pour Linné qu'il existait une certaine proximité entre les simiens et l'homme. Il donna à ce groupe le nom de « préminient » (à la première place) : les primates. On sait aujourd'hui que les dermoptères et les chiroptères forment des groupes séparés. La classification des primates n'est pas simple et a souvent été remise en question, soit par la découverte de nouvelles espèces, soit par les travaux récents sur les chromosomes, et donc sur l'ADN et les gènes. Il semble cependant que la vieille distinction entre deux sous-ordres, celui des Prosimiens (ou primates inférieurs) et celui des Simiens (ou Anthropoïdes, ou encore primates supérieurs) soit toujours d'actualité, même si certains préfèrent les appeler Strepsirhiniens et Haplorhiniens. Les différences entre les deux sous-ordres sont nombreuses, mais on en retiendra une en particulier :
- chez les prosimiens, la face est allongée en museau, avec formation d'un rhinarium, zone cutanée sans poils entourant les narines, avec absence de soudure de la lèvre supérieure ;
- chez les simiens, la face n'est plus allongée en museau, le rhinarium a disparu et la lèvre supérieure est soudée. Le seul problème est celui du tarsier, que tout rapproche des prosimiens, mais qui ne possède pas de rhinarium. Après de longues hésitations, les plus récents travaux classent le tarsier parmi les prosimiens Schwartz JH. 1986. « Primate systematics and a classification of the order ». In: Swindler DR, Erwin J, editors. Comparative Primate Biology. I. Systematics, Evolution, and Anatomy, New York, Alan R. Liss, p 1-42.. On signalera également que les tupaias ont été exclus de l'ordre des primates, dont ils sont cependant très proches.

Classification phylogénétique

La phylogénie du groupe, autrement dit la formation et le développement des espèces, est bien établie en général, mais le cas particulier de la position de l'espèce humaine a donné lieu à de nombreux débats. La classification traditionnelle réserve à l'homme la famille des hominidés, regroupant les deux espèces de chimpanzés, le gorille et l'orang-outan dans la famille des pongidés. Cette approche n'est plus retenue, les pongidés n'étant pas alors monophylétiques, car il semble bien établi que les hommes partagent avec les chimpanzés et le gorille un ancêtre distinct de celui de l'orang-outan. Le groupe frère des humains a fait longtemps débat entre les chimpanzés, le gorille ou l'ensemble . Ce débat semble converger vers la première hypothèse. Le groupe lui même est moins bien situé au sein des mammifères, il s'enracine dans le des Euarchontoglires qu'il partage entre autres avec le grand ordre des rongeurs, mais la phylogénie des euthériens est encore mal débrouillée en raison de nombreuses lacunes dans les fossiles et d'une diversification très rapide.

Position dans l'arbre phylogénétique

Les études génétiques récentes montre que la position des primates dans l'arbre phylogénétique est défférente de la position classique. Les Glires sont en fait des proches parents des primates.

Position phylogénétique relative des principaux sous-ordres

- Prosimiens (ou Strepsirhiniens)
- Lémuriformes
- Lorisiformes
- Tarsiformes
- Simiens (ou Haplorhiniens)
- Platyrhiniens
- Catarhiniens

Les Prosimiens

Si on excepte l'inclassable tarsier, les Prosimiens se divisent en deux infra-ordres, les Lémuriformes et les Lorisiformes.
-Caractéristiques
-ils sont arboricoles
-ils n'ont pas de queue préhensile
-ils sont nocturnes et insectivores (caractères primitifs ancestraux)
-brachiation développée : articulation de la tête humérale par rapport à la cavité glénoïde
-articulations des membres postérieurs développées

Les Lémuriformes

Exemple de lémurien (Maki catta) Ils vivent tous à Madagascar, île qu'ils ont colonisée en l'absence d'autres primates plus évolués. On les classe en diverses familles :
-Lemuridae (Lémuridés), comportant notamment le maki.
-Indriidae, aux membres postérieurs plus développés que les antérieurs (indri, avahi, sifaka).
-Megaladapidae, famille représentée par le genre Lepilemur.
-Daubentoniidae : un seul genre et une seule espèce, l'aye-aye.

Les Lorisiformes

Tous de petite taille, rencontrés en Afrique et en Asie, ils regroupent les familles suivantes :
-Cheirogaleidae, vivant à Madagascar et ressemblant plus à des écureuils qu'à des singes. La position de cette famille varie suivant les auteurs, tantôt parmi les lorisiformes, tantôt parmi les lémuriformes comme dans la révision taxonomique proposée par J.G. Fleagle en 1999 Fleagle, J.G. 1999. Primate Adaptation and Evolution. Academic Press: New York..
-Galagidae, vivant en Afrique, comportant le genre Galago.
-Loridae, vivant en Afrique et en Asie (genres Loris, Nycticebus, Perodicticus et Arctocebus).

Le tarsier (tarsiidae)

À grosse tête et aux yeux globuleux, il vit en Indonésie et aux Philippines. Il possède deux paires de mamelles (pectorales et abdominales).

Les Simiens

La distinction entre les Simiens est d'abord une affaire de nez, secondairement une question de queue. On distingue en effet deux infra-ordres :
- celui des Platyrhiniens, à narines écartées et à queue longue et préhensile, tous originaires d'Amérique centrale et du Sud (on les appelle aussi « singes du Nouveau Monde ») ;
- celui des Catarhiniens, à narines rapprochées, à queue parfois absente et de toute façon jamais préhensile (autre nom : « singes de l'Ancien Monde »).

Les Platyrhiniens

Exemple de platyrhinien, un ouistiti à toupet blanc (Callithrix jacchus) Outre la distinction ci-dessus, on précisera qu'ils possèdent presque tous 36 dents (contre 32 chez les Catarhiniens). Ils se divisent en trois familles :
- Cebidae (Cébidés), famille à laquelle appartiennent le sapajou, l'atèle (ou singe-araignée), le singe-laineux et le singe-hurleur.
-
Callithricidés
, avec notamment les tamarins et les ouistitis.
- Pitheciidae (Mivart, 1865) - famille récemment individualisée avec deux sous-familles les Callicebinae et les Pitheciinae, auparavant genres des Cébidés.

Les Catarhiniens

On les divise en deux super-familles :
-Cercopithecoidea, formant une seule famille, les Cercopithecidae, elle-même divisée en deux sous-familles :
-Les Cercopithécinés, comportant les cercopithèques, les macaques et les babouins ;
-Les Colobinés, avec notamment le nasique.
-Hominoidea, ou Anthropomorphes, composés de quatre familles :
-Hylobatidés (gibbons)
-Panidés (chimpanzés et gorilles)
-Pongidés (orang-outan)
-Hominidés (homme)

Biologie

- Les orbites oculaires orientées vers l'avant permettent une vision binoculaire.
- Le développement du lobe occipital du cerveau montre la prédominance de la vue sur les autres sens.
- Le radius et le cubitus sont très mobiles l'un par rapport à l'autre, permettant des mouvements sophistiqués de la main.
- Le pouce opposable aux autres doigts permet la préhension.
- Chez la plupart des espèces, les griffes sont remplacées par des ongles plats.

Origines et évolution

Le premier primate pourrait être apparu il y a 85 millions d'années S. Tavaré, C.R. Marshall, O. Will, C. Soligo et R.D. Martin « Using the fossil record to estimate the age of the last common ancestor of extant primates », Nature, 416, pp. 726-729, 18 avril 2002. . Le plus ancien spécimen connu est le Purgatorius, âgé de 70 millions d'années. Purgatorius est toutefois plus proche des dermoptères que des primates. Les fossiles les plus anciens de primates indiscutables sont les adapidés Donrusselia et Cantius (- 55 millions d'années).

Écologie

On retrouve les différentes espèces de primates dans les zones intertropicales sur tous les continents sauf l'Australie. Il existe toutefois deux exceptions : certains macaques de Chine et du Japon, et l'homme, qui a colonisé toutes les terres jusqu'au-delà du cercle polaire. En Europe, hormis l'homme, la seule espèce de primate que l'on peut trouver en habitat naturel est le singe magot de Gibraltar (Macaca sylvanus), probablement introduit par les Maures avant la colonisation du rocher par les britanniques. Essentiellement arboricoles, les primates habitent les forêts, plaines arborées et hautes montagnes. Quelques espèces ont adopté un retour secondaire à la locomotion terrestre, et peuplent les savanes et les steppes.

Éthologie

Structures sociales

Les sociétés de primates sont extrêmement variées. Ces animaux peuvent vivre isolés, en groupes permanents ou en groupes temporaires. Les grands singes et les hommes semblent partager une dimension sociale unique : la culture. En 2001, Frans de Waal a montré dans une étude innovante que les grands singes (comme les chimpanzés) pouvaient partager des particularités culturelles (des pratiques apprises et non pas innées qui sont transmises à l'intérieur d'un groupe mais inconnues en dehors) . Sans tomber dans les excès de la sociobiologie ou de la psychologie évolutionniste, cela ouvre la porte à une évaluation intéressante des structures sociales des primates en rapprochant les grands singes de l'homme.

Enjeux éthiques et politiques

Anatomie comparée, homme et gorille. Le fait que l'homme fasse partie de l'ordre des primates donne à ce groupe d'animaux un caractère particulier. Cette idée est défendue par exemple par Peter Singer, l'auteur du projet grands singes visant à reconnaître un statut spécial pour les singes anthropomorphes . Peter Singer voudrait en effet accorder certains droits aux grands singes (les plus proches de l'homme génétiquement) et ainsi créer, comme pour l'Homme avec sa charte des Droits de l'homme, une charte définissant les droits des primates. Cette pensée fait partie d'un mouvement que l'on appelle la libération animale ; on peut citer par exemple le documentaire Koko, le gorille qui parle (1978) de Barbet Schroeder, ou en apprenant le langage des signes à un gorille, celui-ci se mit à inventer des mots en accolant des mots déjà appris. Ce débat est l'un des plus houleux du moment, car certains voient cela comme un rabaissement de l'Homme au niveau du primate, ce qui pose certaines questions quant à la nature profonde de l'Homme et notamment dans les questions abordées : finalement qu'est-ce qu'un Humain ? et finalement l'Homme peut-il lui-même définir l'Homme ? Ce sont des questions plus philosophiques, et qui entraînent divers problèmes éthiques.

Le genre Homo

L'émergence du genre Homo

Les plus anciens représentants du genre Homo, les Homo habilis et les Homo rudolfensis, semblent apparaître en Afrique vers 2, 5 MA, alors que des changements climatiques importants ont lieu : la formation de la calotte glaciaire arctique entraîne une sécheresse en Afrique, ce qui provoque le recul des forêts. Le genre Homo se définit par une capacité crânienne plus forte (supérieure à 600 cc), une boîte crânienne plus arrondie, une réduction de l'appareil masticateur et de la face, de petites canines, et une bipédie quasi exclusive. Homo habilis était encore adapté à la vie arboricole. Les empreintes visibles sur les os de la boîte crânienne prouvent qu'il existait déjà une asymétrie entre les cerveaux droit et gauche, ce qui suggère une plus grande capacité à fabriquer et à utiliser les outils. Il invente les galets taillés (industrie Oldowayenne). Homo rudolfensis était plus corpulent et possédait un gros cerveau et des mâchoires plus puissantes (à mettre en relation avec un régime alimentaire probablement plus végétarien que Homo habilis). Bien qu'il soit peu connu, on pense que sa bipédie devait être plus évoluée que celle d' Homo habilis. Homo habilis et Homo rudolfensis disparaissent vers 1, 6 MA. Contemporain des derniers Homo habilis et Paranthropus, l' Homo ergaster possède des caractéristiques qui le rapprochent beaucoup de l'homme moderne : taille plus importante, bipédie exclusive, forte capacité crânienne (supérieure à 800 cc), boîte crânienne bien arrondie et qui domine la face, face réduite, .... Ses outils commencent à être plus sophistiqués: bifaces, ... (industrie acheuléenne). Il apprivoise le feu dès 1 MA (et même peut-être avant....). Sa bonne adaptation à la marche bipède et à la course lui permet de parcourir de grandes distances et il part à la conquête de l'ancien monde (Asie et Europe), dès 1, 8 MA, probablement an suivant ses proies au gré des changements climatiques. Ses nouveaux outils lui permettent d'adopter un régime alimentaire contenant beaucoup plus de viande (c'est un vrai chasseur). Enfin, il peut communiquer en pratiquant un langage articulé (probablement déjà esquissé chez Homo habilis). Les Homo ergaster installés en Asie sont probablement à l'origine des Homo erectus, au squelette très robuste, mais à la capacité crânienne élevée et à la face réduite. Ces derniers perpétuent la tradition Oldowayenne.

Les origines de l'homme moderne

Les Homo ergaster d'Afrique s'installent en Europe. Descendant des premiers hommes qui ont conquis l'Europe et le Moyen-Orient, et qui se sont probablement trouvé isolés lors de certaines périodes de glaciation, Homo neanderthalensis (Homme de Neandertal) a vécu de 100 000 à 30 000 ans. Son corps présente des adaptations au froid. C'est probablement lui qui "invente" les rites funéraires. On trouve des représentants d'une lignée prénéandertalienne entre 1MA et 120 000 ans, mais les origines véritables sont loin d'être éclaircies (il y aurait peut-être eu continuité en Asie, mais remplacement en Europe...). D'autres populations d' Homo ergaster venant d'Afrique et du Proche Orient sont à l'origine des "Proto-Cro-Magnon", puis des Cro-Magnon (Homo sapiens). Vers 40 000 ans, Homo neanderthalensis entre donc en compétition avec Homo sapiens (Homme de Cro-Magnon) qui vient s'installer en Europe, et qui constitue le premier représentant de notre espèce. Sa morphologie longiligne traduit des origines très probablement africaines.

Protection

Par ailleurs, 75 des 188 espèces de Primates sont menacées de disparition. Toutes les espèces de primates sont inscrites à l'annexe II ou pour les plus menacées à l'annexe I de la CITES.

Voir aussi

- liste détaillée des familles et genres de primates
- liste alphabétique des genres de primates
- liste alphabétique des noms vernaculaires de primates
-singe, primatologie comparée
-eucaryote, chordé, vertébré, euthérien.

Notes

Romans liés au sujet

-Les Animaux dénaturés de Vercors.
-Les Grands Singes de Will Self.
-La Planète des singes de Pierre Boulle. ===
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