Gauche et droite en politique

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Les notions de droite et de gauche en politique renvoient en France à l’Assemblée nationale où, en août-septembre 1789, les députés partisans du veto royal se regroupèrent à droite du président, les opposants à ce veto se rassemblant à gauche sous l’étiquette de patriotes. On considère parfois ces notions comme un peu caricaturales, même si elles sont à l'origine de nombreux conflits politiques et d'une bipolarisation
Gauche et droite en politique

Les notions de droite et de gauche en politique renvoient en France à l’Assemblée nationale où, en août-septembre 1789, les députés partisans du veto royal se regroupèrent à droite du président, les opposants à ce veto se rassemblant à gauche sous l’étiquette de patriotes. On considère parfois ces notions comme un peu caricaturales, même si elles sont à l'origine de nombreux conflits politiques et d'une bipolarisation, à l’instar de ce qui s’est passé en Angleterre depuis la disparition du parti libéral. Les notions de droite et de gauche étant détaillées séparément, cet article vise à en effectuer un positionnement relatif (voir Le Cru et le cuit).

Raisons du clivage

On ne dispose pour le moment que d’hypothèses. L’une d’entre elles a trait au paradoxe de Condorcet et au théorème d'impossibilité d'Arrow, qui aboutissent aux conclusions suivantes :
- Les systèmes de votes simples à dépouiller ne garantissent pas une cohérence des choix d’une assemblée. En particulier, ils peuvent conduire dans certains cas spécifiques à préférer A à B en l’absence de C, B à C en l’absence de A, et C à A en l’absence de B (circularité), ce qui indique un comportement incohérent. Il s’agit d’un inconvénient qui n'est pas inhérent à la démocratie, mais au contraire à ces systèmes de vote, et Condorcet lui-même insiste particulièrement là-dessus. Le système de Hare s’en affranchit parfaitement.
- La cohérence des choix collectifs se retrouve toutefois si les préférences des uns et des autres peuvent s’ordonner, mutatis mutandis, sur un axe principal donné. Cela se retrouve dans :
- droite et gauche en France
- républicains et démocrates aux États-Unis
- conservateurs et travaillistes en Grande-Bretagne
- conservateurs et libéraux au Canada
- conservateurs et sociaux-démocrates en Allemagne
- libéraux et travaillistes en Australie

Articulation du clivage

Par la nature relative de cet axe créé par l'évolution des sociétés et donc des regards portées sur celles-ci, sa signification changera au cours du temps.
-Georges Clemenceau, considéré comme d’extrême gauche en son temps, serait par ses propos sans illusions sur la démocratie et son comportement (feu ouvert à plusieurs reprises sur des manifestants) vu comme d'extrême droite aujourd’hui.
-Le thème du retour à la terre cher à Philippe Pétain (donc de droite) a été quelque temps l’une des composantes du mouvement écologiste (surtout dans les années 1970).
-La colonisation a été, vers 1870, prônée par une partie de la gauche (Victor Hugo, Jules Ferry…) au nom du devoir d’aide aux populations, et combattue par une partie de la droite (en particulier Adolphe Thiers) au nom du détournement de capitaux dont la métropole avait besoin pour se développer. En 1960, les positions s’étaient inversées. En dépit de l'ouvrage classique de René Rémond, Les Droites en France (1954), le concept reste à géométrie très variable au cours du temps. Depuis les années 1980, gauche et droite semblent se définir en France par consensus sur la devise nationale : la droite mettrait l’accent sur la liberté à qui elle donne priorité sur l’égalité, et la gauche donnerait priorité à égalité sur la liberté. Ce positionnement présente au moins le mérite de rappeler que ce qui unit ces mouvements est bien plus grand que ce qui les sépare. Il ne s’agit pas contrairement à la vision de Sartre dans les années 1950 d’un combat du bien contre le mal, mais bien selon l’expression de Norman Spinrad d’une opposition dans le cadre démocratique entre deux visions différentes et partiellement incompatibles du bien. Rappelons d’ailleurs qu’en 1914 la notion d’impôt sur le revenu était considérée comme de gauche et celle d’impôt sur le capital comme d’extrême-gauche. En 2004, la constestation de ces deux impôts est devenue plus que marginale, les conflits portant davantage sur les taux à adopter. Deux autres impôts ont été créés depuis (TVA et CSG) qui n’étaient réclamés en 1914 ni par la droite, ni par la gauche. Toutefois en dépit de positionnements sur des sujets particuliers qui peuvent être appropriés par un côté ou l'autre, le clivage droite/gauche, est avant tout fondé sur l'opposition conservatisme/progressisme, le conservatisme étant fondé, lui, sur la conservation des situations économiques et sociales au nom des lois "transcendantales" (ce sera, pour la droite religieuse, au nom de l'ordre divin et de la morale religieuse et, pour la droite libérale, au nom de la loi du marché). Le progressisme a pour but l'égalité sociale et économique des citoyens et leur émancipation des loi transcendantales, en favorisant la transformation de la société par l'évolution des lois adaptées par et pour les hommes. C'est ainsi qu'au cours de l'histoire de la France, les libéraux se sont décalés vers la droite. Au moment de la révolution, les libéraux étaient à gauche de l'échiquier et ont participé aux transformations de la société française de l'ancien régime en participant à la rédaction des constitutions et des lois. Cependant, avec l'évolution de la société, les inégalités n'étaient plus dues à des privilèges de classe, mais à une propriété économique favorisée par le libéralisme économique. Ainsi, au cours du , la défense du libéralisme économique s'est-elle rapprochée de la défense des inégalités en faveur d'un patronat capitaliste triomphant au nom de la loi du marché et des libertés économiques. Dans le même mouvement, la gauche s'est transformée en mouvement d'opposition au libéralisme économique et à la loi "transcendantale" du marché, en faisant la promotion de lois régulant l'économie pour favoriser l'égalité économique et sociale. Dans l'ensemble, on peut noter un basculement des partis de la gauche vers la droite au fur à mesure des conquètes sociales. Ainsi on peut prendre l'exemple du Parti radical : à l'extrème gauche au début de la troisième république, il passe progressivement au centre-gauche sous la quatrième, pour terminer aujourd'hui à droite (il soutient l'UMP). Inversement, lors des retours en arrière, on constate un retour vers la gauche des partis qui étaient passés à droite. On peut citer l'exemple des républicains modérés (ou girondins) : classés à droite dans la république ultra-progressiste de 1792-1794, ils passent au centre au moment du directoire (arbitrant le conflit entre jacobins et monarchistes), puis à gauche au moment de la restauration de la monarchie.

Positionnement

Droite et gauche possèdent tout de même chacune quelques figures de proue. La droite, malgré toutes ses diversités, ne désavouerait pas des personnages historiques comme Caton l'Ancien, Juvénal ou Cicéron. La gauche se reconnaîtrait davantage dans les Gracques, Rosa Luxemburg ou Jean Jaurès. Dans l’ensemble, il s’agit bien d’un positionnement relatif, leurs électeurs respectifs se réclamant rarement de faire pencher le bateau dans un sens ou dans l’autre, mais plutôt de le remettre droit, quitte à faire ce qu’on nomme en termes de voile du rappel, c'est-à-dire un peu de surenchère. Pour cette raison, aucune maison n’est vraiment propriétaire de son électorat, qui ne se gêne pas d’ailleurs pour le lui faire savoir. On serait par ailleurs très embarrassé aujourd’hui, pour classer des hommes politiques comme Abraham Lincoln à droite ou à gauche. Il faut seulement noter qu'il appartenait au parti républicain (« droite »), et que des agitateurs d'idées comme Michael Moore (« gauche ») se réclament de ses idées aujourd'hui (2005). A noter qu'à l'époque de Lincoln, le "parti républicain" était de gauche.

Filiation du clivage

Deux théories s'opposent pour établir la filiation du clivage droite-gauche :
- la théorie de idéologie. Selon cette théorie, l'idéologie prime sur le positionnement au sein du clivage droite-gauche. Ainsi, un libéral du XIXe siècle (positionné à gauche) aurait pour héritier au XXe siècle un libéral (même si positionné à droite).
- la théorie relative. Selon cette théorie, le positionnement au sein du clivage droite-gauche l'emporte sur l'idéologie. Ainsi, un libéral du XIXe siècle (positionné à gauche) aurait pour héritier au XXe siècle un socialiste (car également positionné à gauche).

Tableaux et filiations historiques des gauches et des droites

(sur les sites de Dominique Chathuant, professeur d’histoire-géographie)
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- Graphique de l'Hémicycle de la Chambre des députés (1910-1938) sur le site consacré à Gratien Candace (1873-1953), député (1912-1942) qui fut l'un des premiers hommes noirs à devenir ministre (1932-1933) et vice-président de la Chambre (1938-1942) :
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- Texte intégral des trois volets de l'analyse par André Siegfried des sensibilités politiques françaises en 1930 (Chambre de 1928) :
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Voir aussi

- Échiquier politique Catégorie:Science politique Catégorie:Histoire de France en:Left-Right politics he:שמאל וימין בפוליטיקה ja:右翼思想・左翼思想 sv:Höger-vänster-skalan
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