Bataille des champs Catalauniques

Infos
Bataille des champs Catalauniques

La bataille

En 451 après J.-C., la bataille des champs Catalauniques, vit les forces coalisées composées de Gallo-romains et de peuples fédérés menées par le patrice romain Aétius, contre les troupes de Huns emmenées par Attila. Elle fut appelée ainsi parce que les chroniqueurs grecs, un siècle plus tard, situaient le lieu de cette bataille aux environs de Châlons-en-Champagne (Duro Catalaunum à l'époque gallo-romaine). Aujourd'hui encore, à proximité de « la Grande Romanie », antique voie romaine entre Reims et Toul, reconvertie en chemin départemental rectiligne, on peut rencontrer un terrain bordé de fossés (vestiges d'un antique relais militaire romain ou d'une enceinte celte ?) appelé « le camp d'Attila » (cf. commune de La Cheppe). Ætius eut l'occasion, comme otage dans sa jeunesse, de côtoyer les Huns et, à plusieurs reprises, en avait enrôlé comme troupes auxiliaires. Il est dès lors vraisemblable que cette bonne connaissance des us et coutumes, notamment militaires, de ce peuple nomade lui servit utilement dans le déroulement de la bataille. La victoire romaine permit, très temporairement, de maintenir la présence de l'Empire et interdit toute implantation des Huns en Gaule. Elle y conforta, en revanche, la présence des peuples barbares fédérés. La bataille des Champs Catalauniques marque l'avancée extrême en Occident des Huns établis en Pannonie (les actuelles plaines hongroises). La localisation précise du champ de bataille reste incertaine. À l'heure actuelle, il est plus facilement admis que le site de ce combat particulièrement sanglant se déroula en réalité en un lieu appelé Campus Mauriacius, Champs Mauriaques, près de Troyes, dans la plaine de Moirey, commune de Dierrey-Saint-Julien (Aube). Itinéraires probables des Huns comme ils ont envahi la Gaule, montrant le destin des villes principales dans leur chemin.

Description

Attila avait le soutien de Genséric (Gaiseric), roi des Vandales qui lui servait aussi d'agent de renseignement et de diplomate. Attila ne rencontra pas de résistance significative jusqu'à ce qu'il atteigne Aureliani (de nos jours Orléans). Sangiban, roi des Alains, dont le territoire incluait Aureliani, avait promis d'ouvrir les portes de cette ville à Attila, mais les Romains apprirent ce complot en avance et furent non seulement capables d'occuper par la force la cité, mais obligèrent les troupes de Sangiban à joindre l'armée alliée. Lorsqu’Attila se présente et constate qu'il ne peut compter sur cette ville, il fait retraite. Poursuivi, il décide de faire front dans l'espoir de tuer Aetius, qui fut son compagnon d'armes dans sa jeunesse, au risque de sa propre vie. La somme des richesses accumulées au cours des pillages de l'Europe centrale le ralentit considérablement. Les deux armées groupaient des combattants de nombreux peuples (cf. tableau), mais on ne peut le voir comme un affrontement est-ouest, des deux côtés nombreuses étaient les tribus germaniques, parfois apparentées (Goths), et les Huns étaient minoritaires parmi l'armée d'Attila. La nuit avant la bataille principale l'une des forces du côté romain rencontra une bande de Gépides loyaux à Attila où environ 15 000 hommes de chaque côté furent mis hors de combat. La bataille aurait impliqué de 30 000 à 40 000 combattants. Le massacre débute à 15 heures pour ne finir que tard dans la nuit. Les pertes sont très fortes des deux côtés, mais les barbares d’Aetius, équipés à la romaine, prennent le dessus dans la lutte rapprochée. Les forces d'Aetius occupant le sommet de la colline, les Huns lancèrent une attaque de cavalerie. Repoussés ils furent poursuivis par les Wisigoths, dont le chef Théodoric I fut tué, et se placèrent derrière leurs chariots en cercle à la tombée de la nuit. Le lendemain Aetius et le fils de Théodoric I, Thorismond, discutèrent. Ce dernier voulait attaquer le camp des Huns encerclé, mais Aetius craignait sans le dire que les Wisigoths ne deviennent trop puissants. Il conseilla à son allié de retourner à Toulouse pour s'assurer de son royaume vis à vis de ses frères. Telle est la version donnée par Jordanès dans ses Getica (215-216). Ce serait en fait Thorismond lui-même qui aurait choisi de quitter le champ de bataille puisqu'il avait objectivement plus d'avantages qu'Aetius à ne pas anéantir totalement les Huns : ainsi, la menace représentée par ses frères était réelle (son court règne prend fin l'année suivante après un complot auquel certains de ses frères n'étaient pas étrangers) sans compter qu'une déroute des Huns aurait sans doute largement fourni l'armée romaine en auxiliaires. Attila était suffisamment désespéré pour avoir placé une pile de selles pour faire un éventuel brasier dans lequel il aurait fait jeter son corps si la situation devenait critique. Lorsqu'il vit que les Wisigoths partaient, il crut à une feinte, mais il finit par comprendre qu’Aetius lui laissait ouvert le chemin du retour. Les autres alliés barbares se dispersèrent. Aetius ne put pas attaquer seul Attila, qui resta un temps sur les lieux puis se retira lentement sur le Rhin, guidé par l’évêque Loup de Troyes. Si le nombre des combattants était sans doute très élevé, il est très difficile de connaître celui des pertes, car nous n'avons pas d'inventaire direct et Attila fut diabolisé par les historiens de l'époque. Les contingents alains venus d'Orléans durent néanmoins subir de lourdes pertes, car on n'entendit plus parler d'eux. Stratégiquement, il n'y eut pas de vainqueur : les coalisés d'Aetius se désunirent, et Attila mena l'année suivante une attaque contre l'Italie du Nord sans rencontrer de résistance.

Postérité

Le mythe développé sur la bataille

La bataille des champs Catalauniques devint le mythe de la victoire contre les Huns, avec toutes les altérations historiques qui forgent un mythe : ainsi, une fresque gigantesque de Wilhelm von Kaulbach la dépeint comme une bataille des chrétiens contre les Huns, où le roi Théodoric mort au combat plane au milieu du tableau, tenant une croix qui irradie dans toutes les directions. Frappé par cette fresque, Franz Liszt composa en 1857 le poème symphonique La Bataille des Huns (Hunnenschlacht), mêlant thème tzigane pour les Huns, style wagnérien pour l'engagement et évocation grégorienne pour le final.

Le lieu de la bataille

La localisation précise du champ de bataille reste incertaine. Deux lieux principaux se dégagent des études. Selon certain chercheurs européens, le champ de bataille serait situé à proximité de Châlons-en-Champagne, sur la commune de La Cheppe. Cette vaste enceinte protohistorique dite « camp d'Attila », date du C'est un vestige d'un oppidum gaulois occupé ensuite par les romains et située sur les bords de la Noblette. La forme est elliptique avec fortifications à fossés entouré de remparts en terre, hauts d'environ sept mètres, ou la végétation a depuis longtemps, repris ses droits et entoure le camp d'une épaisse barrière d'arbres, créant un endroit paisible et coupé du monde. La voie romaine passant à proximité, et l'immense plaine laissent à penser que c'est le bon lieu. Toutefois ce camp, ne fut identifié comme « camp d'Attila », qu'à partir du . Napoléon III fasciné par l'histoire y fait lancer des fouilles, mais sans résultat. Une autre série de nouvelles fouilles (à la fin du ) permettront de mettre au jour des céramiques, des colliers en bronze et diverses pièces en fer forgé (conservés au musée de Saint-Germain-en-Laye). Selon d'autres chercheurs, le Campus Mauriacius (Champs Mauriaques), serait situé sur la commune de Dierrey-Saint-Julien. Le lieu exact restant toutefois énigmatique, la « querelle » entre les historiens partisans de ces deux thèses est donc loin d'être terminée.

Voir aussi

Bibliographie

- Anne Logeay, Aux champs Catalauniques, en 451 Attila prend une déculottée à la romaine dans Historia, juin 2007 ===
Sujets connexes
Aetius   Alains   Antiquité tardive   Ardaric   Attila   Bagaudes   Burgondes   Chronique médiévale   Châlons-en-Champagne   Dierrey-Saint-Julien   Empire romain   Francs   Franz Liszt   Genséric   Gépides   Huns   Hérules   Jordanès   La Cheppe   Loup de Troyes   Mérovée   Napoléon III   Orléans   Ostrogoths   Pannonie   Patrice (titre)   Reims   Ruges   Saint-Germain-en-Laye   Skires   Thorismond   Théodoric Ier   Toul   Toulouse   Troupes auxiliaires   Troyes   Valamir   Vandales   Wisigoths  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^