Jean-Martin Charcot

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Jean Martin Charcot Jean-Martin Charcot, né à Paris le 29 novembre 1825 et mort à Montsauche-les-Settons le 16 août 1893, est un clinicien et neurologue français, professeur d'anatomie pathologique, titulaire de la chaire des maladies du système nerveux, membre de l'Académie de médecine (1873) et de l'Académie des sciences (1883). Il est le fondateur avec Guillaume Duchenne de la neurologie moderne, le précurseur de la psychopathologie et l'un des plus grands clinicien
Jean-Martin Charcot

Jean Martin Charcot Jean-Martin Charcot, né à Paris le 29 novembre 1825 et mort à Montsauche-les-Settons le 16 août 1893, est un clinicien et neurologue français, professeur d'anatomie pathologique, titulaire de la chaire des maladies du système nerveux, membre de l'Académie de médecine (1873) et de l'Académie des sciences (1883). Il est le fondateur avec Guillaume Duchenne de la neurologie moderne, le précurseur de la psychopathologie et l'un des plus grands cliniciens français.

Biographie

En 1860 Charcot commence à enseigner l'anatomie pathologique à l'université de Paris et en 1862 il est nommé à la Salpêtrière. En 1869 il est le premier à décrire la sclérose latérale amyotrophique, aussi connue sous le nom de maladie de Charcot et en 1873 il devient membre de l'Académie de médecine. En 1882 la première chaire mondiale de neurologie est créée pour lui et il crée une école de neurologie à la Salpêtrière, où il commence bientôt à donner ses célèbres leçons (voir une gravure d'A. Lurat, réalisée d'après un tableau d'André Brouillet) dont on retrouve une trace importante dans son ouvrage en trois volumes Leçons sur les maladies du système nerveux faites à la Salpêtrière (publiés de 1885 à 1887). Il mit en évidence le rapport entre les lésions de certaines parties du cerveau et les atteintes motrices. Sigmund Freud est son élève d'octobre 1885 à février 1886. Il suit ses cours avec passion, le rencontre et obtient même le droit de traduire en allemand certains de ses travaux. Parmi ses élèves et collaborateurs, on compte également Joseph Babinski, Georges Gilles de La Tourette, Gilbert Ballet, Eugen Bleuler, Albert Pitres, Charles Féré, Alfred Binet et Pierre Janet. Charcot souffrait d'une insuffisance coronarienne chronique sévère et mourut d'un infarctus du myocarde. Selon une autre version il mourut d'un œdème du poumon. Son fils Jean-Baptiste Charcot (1867-1936), médecin également, est l'auteur de campagnes et de travaux océanographiques dans les régions polaires.

Hypnose et hystérie

Jean-Martin Charcot (1825 - 1893) durant une leçon avec une patiente hystérique, à l'Hôpital de la Salpêtrière. En 1876, Charcot est membre d'une commission nommée par Claude Bernard pour étudier les expériences de métallothérapie du médecin Victor Burq (1823-1884). En 1878, il commence à étudier l'hypnose sous l'influence de Charles Richet et en 1882, dans Sur les divers états nerveux déterminés par l'hypnotisation chez les hystériques, il réhabilite l'hypnose comme sujet d'étude scientifique en la présentant comme un fait somatique propre à l'hystérie. Pour Charcot, l'intérêt pour l'hypnose est inséparable de la méthode anatomo-clinique, c'est à dire de l'identification des altérations anatomiques susceptibles d'expliquer les maladies nerveuses organiques. Il a recours à l'hypnose dans une perspective expérimentale pour démontrer que les paralysies hystériques ne sont pas déterminées par une lésion organique mais par ce qu'il appelle une "lésion dynamique fonctionnelle" qu'il est possible de recréer sous hypnose. Charcot n'utilise en revanche pas l'hypnose dans un cadre thérapeutique, pour tenter de "défaire" des symptômes qu'il avait d'abord provoqués de manière artificielle. La publication du livre de Charcot marque le début de l'âge d'or de l'hypnose en France et fait de Charcot le chef de file de ce que l'on a appelé l'École de la Salpêtrière. Charcot y décrit les trois états du Grand Hypnotisme des malades hystériques:
- La léthargie, obtenue en pressant sur les paupières du sujet, durant laquelle le sujet reste inerte tout en manifestant une « hyperexcitabilité neuro-musculaire » (le moindre contact provoque une contracture)
- La catalepsie, obtenue en rouvrant les yeux du sujet (ou en faisant résonner un gong), durant laquelle le sujet prend les poses qu'on lui donne et « transfère » à volonté les contractures du coté du corps où l'on applique un aimant
- Le somnambulisme, obtenu en frictionnant le sommet du crâne du sujet, durant lequel le sujet vous parle et bouge normalement
- Le sujet fait preuve d'une amnésie totale au réveil. Le travail de Charcot restitue également toute sa dignité au sujet de l'hystérie: la malade n'est plus une simulatrice, puisque Charcot de toute son authorité répond de l'authenticité et de l'objectivité des phénomènes hystériques. Les études cliniques de Charcot permettent aussi de découvrir, à la surprise générale, que l'hystérie n'est pas le privilège des femmes. Dans les leçons 18 à 22 des Leçons sur les maladies du système nerveux, portant sur sept cas d'hystérie masculine, Charcot déclare que les symptômes hystériques sont dus à un « choc » traumatique provoquant une dissociation de la conscience et dont le souvenir, du fait même, reste inconscient ou subconscient. Il pose là les bases de la théorie « traumatico-dissociative » des névroses qui sera développée par Pierre Janet, Joseph Breuer et Sigmund Freud. Ces derniers, entre 1888 et 1889, entreprennent de « retrouver » sous hypnose les souvenirs traumatiques de leurs patients.

Œuvres

- Sur les divers états nerveux déterminés par l'hypnotisation chez les hystériques, 1882
- Leçons sur les maladies du système nerveux, 1885-1887
- Avec Paul Richer, Les Démoniaques dans l'art, Delahaye et Lecrosnier, 1887
- Avec Paul Richer, Les Difformes et les Malades dans l'art, Lecrosnier et Babé, 1889
- La foi qui guérit, Félix Alcan, Paris, 1897

Bibliographie

-Victor Burq, Métallothérapie, 1871
-Victor Burq, Des origines de la métallothérapie, 1882
-Léon Chertok et Isabelle Stengers, Le cœur et la raison. L'hypnose en question de Lavoisier à Lacan, Paris, Payot, 1989
-Mikkel Borch-Jacobsen, Folies à plusieurs. De l'hystérie à la dépression, Empêcheurs de penser en rond, 2002 ==
Sujets connexes
Académie de médecine   Académie des sciences (France)   Alfred Binet   Amnésie   André Brouillet   Blanche Wittman   Cerveau   Claude Bernard   Eugen Bleuler   France   Georges Gilles de La Tourette   Gilbert Ballet   Hypnose   Hystérie   Hôpital de la Salpêtrière   Inconscient   Infarctus du myocarde   Isabelle Stengers   Jane Avril   Jean-Baptiste Charcot   Joseph Babinski   Joseph Breuer   Léon Chertok   Mikkel Borch-Jacobsen   Montsauche-les-Settons   Méthode anatomo-clinique   Neurologie   Paris   Paul Richer   Pierre Janet   Poumon   Psychopathologie   Sclérose latérale amyotrophique   Sigmund Freud   Subconscient   Zone érogène  
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