Ergonomie

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L'ergonomie est « l'étude scientifique de la relation entre l'homme et ses moyens, méthodes et milieux de travailExtrait de la définition adoptée par le IV Congrès international d'ergonomie. Voir aussi la définition officielle sur le (en anglais). » et l'application de ces connaissances à la conception de systèmes « qui puissent être utilisés avec le maximum de confort, de sécurité et d'efficacité par le plus grand nombreExtrait de la définition de l'ergonomie r
Ergonomie

L'ergonomie est « l'étude scientifique de la relation entre l'homme et ses moyens, méthodes et milieux de travailExtrait de la définition adoptée par le IV Congrès international d'ergonomie. Voir aussi la définition officielle sur le (en anglais). » et l'application de ces connaissances à la conception de systèmes « qui puissent être utilisés avec le maximum de confort, de sécurité et d'efficacité par le plus grand nombreExtrait de la définition de l'ergonomie retenue par la Société d'ergonomie de langue française. » Pour Pierre Cazamian c'est « l'étude multidisciplinaire du travail humain qui tente d'en découvrir les lois pour en appliquer les règles. » L'ergonomie, dans sa facette la plus spectaculaire mais non la seule, vise à éviter des catastrophes industrielles telles que celle de TMI (nucléaire), où l'incompréhension du fonctionnement du système technique dû à une interface trop peu axée sur l'opérateur, ses besoins, ses capacités et ses limites a transformé un incident (une vanne qui se ferme mal) en catastrophe économique, et qui aurait pu avoir des conséquences proches de celles de Tchernobyl (nucléaire).

Définitions

Le terme « ergonomie » vient du grec « Ergon » travail et « Nomos » règles. C'est en 1949, lors de la première réunion de Ergonomics Research Society, que Murrel l'employa pour la première fois. Les systèmes concernés par cette adaptation peuvent être des espaces physiques de travail (par exemple postes de contrôle, chaînes de production), des éléments de ces espaces (par ex. synoptiques, contrôles-commandes), mais également des interfaces professionnelles ou grand public (on parle alors d' interface homme-machine), telles que des logiciels, des sites internet/intranet, ainsi que l'organisation du travail (rotation des horaires, organisation des services). L'ergonomie utilise des connaissances issues de la physiologie du travail, de la psychologie cognitive (mémoire, attention, perception, apprentissage…) et de la psycho-physiologie (vigilance, postures, conditions de travail…), de la sociologie des organisations, de la psychologie sociale, de la linguistique, entre autres : en fait toutes les sciences relatives à l'homme. Elle est fondée sur des modèles de la situation de travail (en particulier celui de Jacques Christol, Jacques Leplat et Gilbert de Terssac) qui mettent l'accent sur la différence de nature entre la tâche (projet, consigne, du domaine du virtuel, du futur) et l'activité (du corps - dont le cerveau bien sûr) qui prend des postures et fait des mouvements, actionne des commandes, actionne volontairement ou non des processus de pensée, communique avec autrui, organise ses actions etc. Le premier trait dominant de l'analyse de cette activité, c'est que l'opérateur "régule" son activité, en fonction de son environnement externe, de son état interne (fatigue par exemple) pour obtenir un maximum de régularité de la performance : accélération du rythme de travail pour rattraper du retard ou faire face à une urgence, modification du mode opératoire face à la mauvaise qualité des résultats obtenus... Le second trait dominant, c'est la notion de compromis entre les exigences de la performance, (toujours explicitement ou implicitement présentes) et les exigences liées au respect des règles (de sécurité, de gestion, techniques, règlementaires...). L'observateur de l'activité du travail constate toujours que ce compromis existe, et qu'il n'est pas construit comme le voudraient les organisateurs, en privilégiant la règle prescrite avant tout. La réalité est plus complexe, comme dans la vie courante, où nous respectons tous les vitesses limitées sur la route...sauf si nous avons peur de rater notre train, ou d'arriver en retard à un rendez vous urgent... Ce "compromis cognitif" pour reprendre le terme de René Amalberti (ouvrage cité) est aussi affecté par les aspects psychiques de l'activité, dans la mesure ou les études des aspects psychiques du travail, de plus en plus nombreuses, montrent que la réalisation de la production nécessite de plus en plus non seulement de faire des compromis avec la sécurité (ce qui n'est jamais écrit) mais aussi avec sa peur, son stress, ses émotions etc. Ce compromis ne peut être étudié "en chambre", sans aller sur le terrain, auprès des opérateurs en activité, qu'il s'agisse de réaliser une machine, un poste de travail, ou une interface informatique : les normes et règles ne suffisent jamais.

Historique

L'ergonomie ne se développe véritablement qu'à partir de la Seconde Guerre mondiale mais le mot a été employé par Wojciech Jastrzebowski dès 1857. On peut cependant citer de nombreux précurseurs à l'approche ergonomique du travail comme le médecin Villermé (L’État physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures, 1840), les physiologistes Marey et Chauveau ou, de façon un peu provocatrice, l'organisation scientifique du travail promue par Taylor (le premier à penser le travail comme objet d'études "d'intention" scientifique. La première revue d'ergonomie, Le Travail humain, est créée en 1933 par Henri Laugier et Jean-Maurice Lahy. À la suite de Maurice de Montmollin, les francophones distinguent généralement deux grands courants en ergonomie :
- L'ergonomie centrée sur l'activité qui insiste sur la compréhension de la situation de travail dans son ensemble, l'analyse de la demande et du cadre de l'intervention et la distinction entre le travail prescrit et le travail réel. Cette école est principalement présente dans les pays francophones, au Brésil et sous une autre forme en Scandinavie.
- L'ergonomie du facteur humain, centrée sur la recherche de résultats généraux (sur les postures, les cadences, les ambiances de travail…) et la définition de normes. Elle est dominante aux États-Unis et au Japon. Il faut citer Jacques Christol qui a été le premier ergonome praticien vivant de son activité de conseil auprès des entreprises, à partir du début des années 1970, et a été le seul président ni universitaire ni d'un organisme public de la société de langue française (SELF) (de 1984 à 1987). Il a contribué à la mise en place de la méthodologie d'intervention utilisée aujourd'hui par la plupart des ergonomes praticiens. Il faudrait encore distinguer entre les ergonomes qui parlent du Facteur Humain et ceux qui parlent DES Facteurs Humains, et maintenant Facteurs Humains et Organisationnels, pour mieux marquer la dimension collective et sociale des problématiques actuelles sur la fiabilité des systèmes socio-techniques complexes (secteurs nucléaire, armement, chimie, trafic aérien...). Le plus souvent en France, l'utilisation du terme Facteur(s) Humain(s) ne signifie pas un déaccord avec l'approche par l'analyse de l'activité, mais seulement le désir de se démarquer d'une ergonomie trop cantonnée, en tous cas dans la représentation commune, dans les aspects physiques de l'étude du travail : "la hauteur du plan de travail et la couleur des murs et des écrans" Peu à peu, les visions se rapprochent, les uns découvrant les avantages de l'observation du réel, que rien ne remplace, les autres celui des standards, des normes que personne ne peut plus contester dans certains domaines, comme par exemple dans les fonctions informatiques, ou le calcul des ports de charge (équation du NIOSH) bien utiles pour une première approche de certaines questions). Le début du XXIe siècle, avec l'émergence des pays "low cost" et la délocalisation des activités industrielles sur lesquelles s'est en partie construite l'ergonomie (la chimie, la sidérurgie, par exemple) ont conduit les ergonomes à s'intéresser de plus près aux autres composantes de la vie économique : c'est en effet l'explosion des techniques de l'informatique à distance, l'internet, les ERP dans les entreprises (systèmes d'information intégrant théoriquement tous les besoins de l'entreprise, la gestion de la production, des stocks, des affaires, de la formation, le pointage des temps, la comptabilité ...). Ces logiciels, très importants pour l'alignement des enteprises sur les conditions concurentielles actuelles, modifient profondément l'organisation du travail, au delà même de ce qu'avait accompli les politiques de qualité (ISO 9000, TQM...). Les ergonomes participent aux spécifications de ces ERP en apportant leur connaissance du travail réel, pour rendre le changement plus facile, et plus adapté aux situations de travail que rencontrent concrètement les opérationnels. Par ailleurs, l'expansion des sites internets, des services accessibles par ces moyens multiplie les besoins d'une connaissance approfondie de l'homme devant l'écran, afin de ne pas risquer de mettre en place des sites difficiles à utiliser, aux fonctionalités inutiles ou difficilement accessibles pour les handicapés. Des efforts sont actuellement entrepris pour réguler la profession sur une base volontaire autour d'un titre d'« Ergonome européen » protégé par une marque déposée. Ce processus est compliqué par la diversité des pratiques et des connaissances des ergonomes suivant les pays et les champs d'application, ainsi que par le peu d'ancienneté de la profession, qui fait que les demandeurs eux-mêmes, lorsqu'ils savent avoir des questions d'ergonomie à résoudre, ont quelquefois du mal à faire le tri entre les offres de service existant sur le marché.

Pratique de l'ergonomie

Suivant la définition de l'ANACT elle rassemble des connaissances sur le fonctionnement de l'homme en activité afin de l'appliquer à la conception des tâches, des machines, des outillages, des bâtiments et des systèmes de production. Après avoir été créée par un collectif de chercheurs ayant été confrontés pendant la guerre aux difficultés de conception des interfaces Homme - Machine, un physiologiste, un psychologue et un ingénieur (Floyd, Murrel et Welford), l'ergonomie a été longtemps captée par des spécialistes autoproclamés, qu'il s'agisse d'ergonomes d'entreprises ou d'ergonomes de conception. Les principes de l'ergonomie sont la vue globale des conditions de travail, la pluri et l'inter disciplinarité et la participation de tous les acteurs (donc de l'opérateur, c’est-à-dire du salarié qui occupe ce poste de travail) et la productivité du système Homme-Machine, productivité sans laquelle il n'y a pas... de travail. La physiologie du travail, la psychologie du travail et d'ingénierie sont à l'origine de l'ergonomie, et s'y sont rajoutées de la sociologie, de la biomécanique et de l'anthropométrie. Actuellement au delà de cours lors des études d'ingénieur ou de médecin du travail, il existe des formations diplomantes de métrologue et d'ergonome, en particulier celle du CNAM. La formation comprend la métrologie (mesures de l'éclairement au luxmètre et au luminancemètre, du niveau sonore avec divers types d'audiomètres, mesures biométriques, analyse de la tâche et étude du poste avec étude des mouvements en position, fréquence, force, charge…). Elle comprend aussi des cours de méthodologie de l'intervention (en ergonomie comme aileurs, les bonnes intentions ne suffisent pas pour assurer un changement), des cours de méthodologie de l'observation et de l'analyse du travail, ainsi que de la conception des postes de travail : c'est dire que l'ergonomie n'est pas la simple addition de connaissances sur le fonctionnement de l'homme, mais bien leur intégration au service des opérateurs au travail, pour leur assurer sécurité, bonnes conditions de travail, et moyens d'être productifs. La formation peut être également assurée au travers des études de psychologie (dans des universités comme , Paris V, , etc.) qui permettent de disposer des connaissances de base sur l'être humain. La majeure partie de la formation se fait par apport de connaissances sur le fonctionnement de l'homme et des organisations, apprentissage de méthodes d'analyse du travail, et par des études de cas qui facilitent la mise en place de la méthodologie (analyse de la demande, recueil de données, premières hypothèses, analyse des tâches et analyse de l'activité par observation et entretien avec les opérateurs, élaboration d'un modèle de fonctionnement de l'opérateur, de l'atelier..., puis propositions d'aménagement (ou de conception), suivi de la réalisation, du démarrage, et enfin évaluation et suivi des conséquences du changement par analyse des indices socio-économiques et opinion des opérateurs). L'intervention de l'ergonome peut se situer soit au stade de la conception (de l'objet, du poste de travail ou de l'installation, de l'atelier, du processus...) c'est de l'ergonomie de conception, soit en correction d'un poste suite à accident ou pathologie, ou encore plainte des tenants du poste. Il peut aussi s'agir d'aménager un poste de travail pour l'adapter à un handicap de l'opérateur, ou lorsque les objectifs visés par l'entreprise ne sont pas atteints (qualité ou productivité insuffisante, plaintes des opérateurs...) ou lorsque l'entreprise souhaite se lancer dans une réorganisation, mettre en place un nouveau système informatique... Des postes d'ergonomes existent dans de grandes entreprises, quelquefois dans des services de médecine du travail avec la mise en place de l'inter disciplinarité, dans les cabinets de consultants en ergonomie. Ces derniers peuvent être missionnés et financés par divers organismes (Caisse Régionale d'Assurance Maladie - CRAM, ANACT, AGEFIPH pour l'aménagement de postes de salariés reconnus handicapés), l'INRS Institut de Recherche pour la Sécurité : de nombreuses voix, en particulier chez les organisations syndicales s'accordent à dire qu'il conviendrait d'ailleurs de réoganiser cet ensemble, afin que chacun des quatre organismes ne fassent pas chacun la même étudeFrance Culture, du grain à moudre, émission du 31 août 2007 http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/fiche.php?diffusion_id=55375.

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