Hippie

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Les hippies (hippie au singulier, ou parfois hippy) étaient les membres d'un mouvement de contreculture des années 1960 et des années 1970 qui avaient pour but un style de vie marginal, communautaire ou nomade, renonçant au nationalisme corporatiste. Ceux-ci s'étaient opposés à la Guerre du Viêt Nam, avaient pour certains embrassé des aspects du bouddhisme, de l'hindouisme, et/ou de la culture religieuse américaine indigène, et étaient en désaccord av
Hippie

Les hippies (hippie au singulier, ou parfois hippy) étaient les membres d'un mouvement de contreculture des années 1960 et des années 1970 qui avaient pour but un style de vie marginal, communautaire ou nomade, renonçant au nationalisme corporatiste. Ceux-ci s'étaient opposés à la Guerre du Viêt Nam, avaient pour certains embrassé des aspects du bouddhisme, de l'hindouisme, et/ou de la culture religieuse américaine indigène, et étaient en désaccord avec les valeurs occidentales traditionnelles de la bourgeoisie. Ils virent dans l'autorité gouvernementale, le paternalisme et les mœurs qu'il prescrivait, l'industrie de corporation, et les aspects sociaux traditionnels autant d'éléments d'un establishment unifié auquel ils ne reconnaissaient aucune légitimité authentique. belge décoré dans le style flower power typique de l'iconographie hippie Il s'agissait néanmoins d'un mouvement de très grande ampleur car il concernait simultanément une grande partie de la jeunesse née du baby-boom dans tous les pays occidentaux. Bien que ce mouvement soit aujourd'hui éteint, il a laissé des empreintes profondes et durables dans les sociétés occidentales, sans être parvenu à les changer radicalement.

Le mouvement

Les origines

Haight-Ashbury, ancien quartier hippie de San Francisco Créé à la base par René Dumont un français parmi les premiers écologistes, le mouvement hippie devient le premier mouvement écologiste de l'histoire. Sa célébrité se fera d'abord aux États-Unis dans un contexte de contestation et de refus de l'ordre établi ; les manifestations contre la guerre du Vietnam et les émeutes noires dans les grandes villes américaines fédèrent une partie de la jeunesse. Mais cette génération née juste après la Seconde Guerre mondiale refuse aussi le conformisme et la soumission au pouvoir en place des médias et des artistes. Ils cherchent à fuir la société de consommation en mettant en avant les valeurs écologistes et égalitaires issues des philosophies orientales et primitives. Beaucoup de ces aspirations sont héritées des écrivains de la Beat generation qui sont souvent considérés comme les précurseurs du mouvement car eux aussi sont l'expression première de la rupture avec la société de masse. Une vie « à la cool » faite de sexe, de musique et de route. Une évasion hors de l'Amérique post-nucléaire (après 1945) et consommatrice bien-pensante, principalement sous l'influence du Jazz et du mouvement surréaliste dont les membres ont trouvé refuge à New York pendant la guerre. La technique du cut-up propre à Burroughs viendra directement de cette source, et plus généralement le goût de la prose spontanée dont Kerouac s'avèrera le meilleur représentant. Élève d'Alan Watts, introducteur de la pensée orientale à San Francisco, Gary Snyder, rejoint par Kerouac puis plus tard par Ginsberg, vont populariser la pratique de la méditation, et plus généralement du Tao et du bouddhisme zen. Peu à peu apparaît une nouvelle génération de chanteurs comme Bob Dylan ou The Doors qui représentent un nouveau genre musical, la protest song. Dès 1965, aux Pays-Bas, les Provos d' Amsterdam prônent la circulation en vélo. Ce mouvement de gauche invite chaque personne à peindre son vélo en blanc et à le laisser à la libre disposition des habitants ou organise des rassemblements contre le mariage de la reine Béatrix avec un ancien nazi. En France comme dans de nombreux pays, l'année 1968 voit fleurir la contestation de l'ordre établi dans les campus. En 1969, l'hebdomadaire Hara-Kiri est fondé, il se veut indépendant et provocateur.

La musique

La musique est un élément capital et fédérateur des adeptes du mouvement. Loin d'un simple « laissez-aller » de jeunes bourgeois oisifs, le mouvement hippie secrète une esthétique complète, musicale d'abord (Grateful Dead, Jimi Hendrix, The Doors, Pink Floyd, Crosby, Stills & Nash (and Young), Jefferson Airplane…), avec les premiers festivals de la pop : Monterey, Woodstock, l'Île de Wight ; mais aussi picturale, théâtrale, etc. La musique des hippies puise son inspiration dans la country (Bob Dylan) ou le blues (Janis Joplin) mais peut aussi venir de beaucoup plus loin comme Ravi Shankar, joueur de sitar indien qui participa au festival de Monterey. La musique représente bien le mouvement par sa diversité, sa volonté d' ouverture aux différentes cultures et d' affranchissement des règles en vigueur. D'ailleurs, au début des années 90, la rencontre entre les derniers hippies de Goa et les djs internationaux, fans de musiques électroniques et issus, en partie, de la vague Acid house, a donné naissance à la Trance-Goa ou Trance psychédélique (Psytrance), rigulièrement jouée, depuis en rave party.

L'expérience du psychédélisme

Le LSD fut découvert en 1943 dans le laboratoire suisse Sandoz et sera déclaré illégal aux USA le 6 octobre 1966. L'esthétique psychédélique peut être assimilée aux visions provoquées par l'acide (autre nom du LSD). Le psychologue Timothy Leary, le chimiste Augustus Owsley Stanley III et le romancier Ken Kesey ont parmi d'autres encouragé la consommation de LSD. Notamment, à cette époque, de l'acide a été distribué gratuitement lors des fameux acid tests des Merry Pranksters . Il est possible de rattacher de nombreux courants artistiques à la consommation de psychotrope, aussi bien la musique (The Beatles, Pink Floyd, Grateful Dead, The Doors, Jimi Hendrix...) le dessin et la mode ont été ainsi influencé. Outre le LSD, le cannabis est aussi une drogue qui a été massivement consommée par les hippies. Il a été prétendu que le but de cette consommation de psychotropes est une volonté d'ouverture d'esprit et d'abolition des frontières mentales.

La fin

La plupart des hippies ont fini par abandonner leur envie de régénérer le "vieux monde" et se sont rangés dès la fin des années 1970 et le courant des années 1980. La trentaine venue, ils ont trouvé du travail, fondé une famille et se sont finalement intégrés dans la société de consommation qu'ils dénonçaient naguère ... Les critiques disent souvent qu'ils se sont "embourgeoisés". Toutefois, quelques irréductibles ont toujours tenu à rester fidèles aux idéaux de leur jeunesse. Les plus talentueux et les plus habiles d'entre eux ont trouvé un compromis en vivant, parfois très confortablement, de leur artisanat d'art, de leur musique, de l'agriculture biologique, ou bien encore de la pratique de médecines parallèles (dites aussi "médecines douces"). D'autres s'y sont brûlé les ailes et ont fini sans le sou au bout de la route, ravagés par les drogues dures, à l'image de certaines idoles comme Janis Joplin, Jimi Hendrix ou Jim Morrison morts d'overdose. D'autres encore ont été très marqués et diminués par des années passées, coupés du monde, dans des sectes new-age ou vaguement bouddhistes. En Asie, les hippies ont souvent été chassés des villes avec le développement du tourisme de masse. Les autorités leur ont fait la chasse comme le raconte Charles Duchaussois dans son livre Flash.

L'héritage

Le mouvement hippie, bien que peu structuré, portait en lui les germes d'un renouvellement inventif de la culture et du mode de vie des années d'après-guerre, qui, par la réussite même de ses buts matérialistes arrivait à un essoufflement particulièrement perceptible par la jeunesse. Dans différents domaines des idées nouvelles perçaient, l'autogestion, l'écologie, le rejet des religions traditionnelles. Dans les arts, la musique psychédélique et le pop-art marquèrent les esprits. Le slogan Flower Power (le pouvoir des fleurs) était le symbole de la non-violence. La génération hippie a révolutionné la musique, l'art et a ouvert la voie à l' écologie, l' humanitarisme, le pacifisme, la libération sexuelle.. qui sont autant de symboles d'une révolution culturelle et des moeurs, aujourd'hui complètement intégrés dans les sociétés occidentales, sans que celles-ci aient forcément conscience de leur origine hippie.

Bibliographie

- Jean-Pierre Bouyxou et Pierre Delannoy, L'Aventure hippie, 10/18, 2004, 416 p.
- Gérard Larnac, La Tentation des Dehors, Ellipses, 1999
- René Barjavel, Les Chemins de Katmandou, par Hachette, 1969
- Michel Lancelot, Je veux regarder Dieu en face : le phénomène hippie, Albin Michel, 1968
- Rory MacLean, Magic Bus: On the Hippie Trail from Istanbul to India, Penguin, 2006
- Tom Wolfe, Acid test, Editions du Seuil, 1975
- Barry Miles, Hippies, Octopus/Hachette, 2004, traduction française de Denis Montagnon
- Alain Dister, Oh, hippie days !, J'ai lu, 2001 ===
Sujets connexes
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