Cantillation

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La cantillation est la façon liturgique de chanter (et non de réciter) les textes de la Torah. Elle se pratique à chaque lecture de la Torah dans les offices des fêtes et de la semaine. Pour ce faire, des signes de cantillation apposés discrètement au texte, guident le Hazzan, le ministre-officiant. Plusieurs maîtres du judaïsme, dont Rachi se sont penchés sur le système de signes et sur la pérennité de cet aspect, considéré comme sacré. Aujourd
Cantillation

La cantillation est la façon liturgique de chanter (et non de réciter) les textes de la Torah. Elle se pratique à chaque lecture de la Torah dans les offices des fêtes et de la semaine. Pour ce faire, des signes de cantillation apposés discrètement au texte, guident le Hazzan, le ministre-officiant. Plusieurs maîtres du judaïsme, dont Rachi se sont penchés sur le système de signes et sur la pérennité de cet aspect, considéré comme sacré. Aujourd'hui, la cantillation varie selon les rites des communautés juives. Le chant est retranscrit par ces signes dans la version massorti de la Bible hébraïque (le Tanakh) avec les voyelles et les signes de cantillation. En hébreu ils sont connus sous le nom de טעמי המקרא, ta`améi ha-mikra ou simplement טעמים, té`amim. Certains de ces signes se retrouvent aussi dans les manuscrits médiévaux de la Michna. Les motifs musicaux signifiés par ces marques sont nommés nigoun et טראָפ trop en Yiddish. la première fonction de ces signes de cantillation est de guider le chant des textes sacrés pendant les offices. Chaque mot du texte quasiment est associé à une phrase musicale. Mais en réalité, c'est plus complexe car certains mots ont deux signes et la cantillation dépend du contexte. Il y a plusieurs groupes de phrases musicales. On les choisit en fonction de la partie de Bible que l'on chante. De plus, la musique varie selon les traditions des communautés juives et même selon les styles individuels. Les signes de cantillation fournissent aussi des informations sur la structure syntaxique du texte et ils sont considérés comme des commentaires en eux-mêmes, par certains, soulignant d'importantes idées par la musique. Ils ne sont donc pas distribués au hasard et suivent une grammaire spécifique. Le mot ta'am signifie "goût" ou "sens", qui peut éclairer un passage. Le système actuel provient de la Massorah de Tibériade. Les caractères sont intégrés en Unicode du signe 0591 jusqu'à 05AF dans le jeu de l'alphabet hébreu.

Les fonctions des signes

On distingue trois fonctions :
- Syntaxe : Ils divisent les versets bibliques en plus petites unités de compréhension (ils sont donc une source parfois importante d'exégèse). C'est grâce à la combinaison de ces signes que l'on peut savoir si les mots font partie de la même phrase. Une hiérarchie de signes de diverses forces découpe les versets en phrases. Cet aspect peut rappeler la fonction de la ponctuation moderne avec ses virgules, tirets, points-virgules et points.
- Phonétique : La plupart des signes de cantillation indiquent la syllabe spécifique où placer un accent tonique.
- Musique : Les signes ont des valeurs musicales. La Bible ne se récite pas mais se chante. L'expérience du texte se charge de sens particuliers. Les Psaumes, les Proverbes et le livre de Job : Dans ces trois livres (poétiques), plus récents, la cantillation se fait par un système différent. La plupart des signes semblent identiques mais leur fonction diffère complètement ; d'ailleurs, peu de ces signes conservent le même usage que dans le reste du Tanakh. Les récits courts au début et à la fin du Livre de Job utilisent le système ""normal", mais le corps de livre en utilise un autre. Pour cette raison, ces trois livres sont appelés "Sifrei `Emet", livre de vérité. Le mot "Emet" signifiant la Vérité est un acronyme de "`lyov", "Michlé" et "Téhilim".

Fonction syntaxique

En général, chaque mot du Tanakh a un signe de cantillationDeux exceptions cependant : Une locution reliée par un trait d'union est considérée comme un seul mot. Réciproquement, un long mot peut avoir deux signes, par exemple une "rupture" sur la syllabe accentuée et une "liante", deux syllabes avant, à la place du meteg.. En général, chaque mot du Tanakh est associé avec un signe, qui peut être "rupture" montrant la coupure (la fin de la phrase) avec le texte qui suit, ou un "liant" accolant deux mots comme un "coulé" en musique. Il y a quatre niveaux de "rupture", classés par importance.
- Le premier niveau, nommé "Empereurs", figurés par le signe sof passouk (littéralement "fin de verset") évidemment en fin de verset, et atnakh (ou "etnakhta") marquant le milieu du verset. Image:Sof-passouk.gif|Sof passouk en vert Image:Tinhta.gif|Etnakhta ou atnakh en vert
- Le deuxième niveau, nommé "Rois". Ce niveau avec le signe zaqef katan (il devient zaqef gadol quand il est seul). Il est remplacé par tifkha à côté d'un sof passouk' ou atnakh. Un niveau de séparation plus fort est utilisé dans les très longs versets : segol. Quand il apparaît seul, il peut être remplacé par chalchélèt. Image:Zakef-katan.gif|Zakef katan en vert Image:Zakef-gadol.gif|Zakef gadol en vert Image:Tifha.gif|Tifkha en vert Image:Segol.gif|Ségol en vert Image:Shalshetet.gif|Chalchélèt en vert
- Le troisième niveau, celui des "ducs". Ce niveau utilise revia. Mais pour des raisons "musicales", il est remplacé par zarka quand il est à proximité de segol, et par pachta ou yetiv à côté de zakef, et par tevir à côté de tifkha. Image:Mounah-revia.gif|Mounakh révia en vert Image:Zarka.gif|Zarka en vert Image:Pashta.gif|Pashta en vert Image:Tevir.gif|Tévir en vert
- Le quatrième niveau, nommé "Comtes". On trouve généralement les signes de ce niveau dans les versets les plus longs. Ils ont tendance à s'amasser près du début du demi-verset. Pour des raisons purement musicales, on les chante de façon plus élaborée que les niveaux au-dessus. Ils se nomment pazer, guérèch, gerchayim, telichah guédolah, mounakh légarméh et karné farah. Image:Pazer.gif|Pazer en vert Image:Azla-gueresh.gif|Guéresh en vert Image:Guereshim.gif|Gershayim en vert Image:Tlicha-guedolah.gif|Télicha guédolah en vert Image:Karne-farah.gif|Karné farah en vert La séparation habituelle est mounakh. Selon la rupture qui suit, elle peut être remplacée par merkha, mahpakh, darga, kadma, télicha ketanah ou yerakh ben yomo. Image:Mounah.gif|Mounakh en vert Image:Merha.gif|Merkha en vert Image:Mahpah.gif|Mahpakh en vert Image:Tlicha-ketanah.gif|Télicha ketanah en vert Image:Yerah-ben-yomo.gif|Yerakh ben Yomo en vert Image:Marha-hefoulah.gif|Merkha Khefoulah en vert Un autre signe, merkha khefoulah, correspond à un double merkha. Il y a des discussions quant à la nature "liante" de merkha kefoulah, et de son remplacement possible par tevir. Les ruptures ont une fonction à peu près similaire à la ponctuation dans les langues occidentales. Sof passouk pourrait être arrêt complet, un point et Atnakh serait un point-virgule. Au deuxième niveau, on trouverait les virgules… Quand deux mots forment une locution comme ""péné hayamim" (la face des eaux), le premier porte invariablement une "liante". Les signes de cantillation sont souvent importants pour l'interprétation d'un passage. Les mots Kol koré bamidbar (Isaïe 40) pourraient être traduit par : Sa voix crie dans le désert : "… préparez la voie de Dieu" ; mais comme le mot "koré" porte un zakef katan (rupture de deuxième niveau), la lecture précédente est fausse, c'est plutôt : Une voix crie : " dans le désert, … préparez la voie de Dieu ".

Fonction phonétique

La plupart des signes de cantillation sont imprimés sur la lettre consonantique où l'on place l'accent tonique. Cela montre l'endroit de la plus importante note de la phrase musicale. Certains signes se trouvent toujours sur la première ou la dernière consonne d'un mot. Peut-être pour des raisons mélodiques ou pour les distinguer des autres accents de formes voisines. Par exemple : pachta, qui se trouve sur la dernière lettre ressemble à kadma qui se trouve sur la syllabe accentuée. Certains signes sont écrits et chantés différemment selon que l'accent tonique se trouve dans leur mot ou sur la dernière syllabe. Pachta sur un mot de ce type se dédouble, pour l'accent tonique et pour la dernière syllabe. Guérech se dédouble à moins qu'il ne survienne sur un mot non-accentué sur la dernière syllabe ou qu'il suive kadma (et former avec le nigoun kadma vé'azma).

Fonction musicale

Les signes de cantillation formalisent le chant rituel de la Bible. Techniquement, c'est plus une forme de prononciation et d'élocution que de la mélodie, bien qu'elle ne soit pas absente de l'exercice. C'est pourquoi les juifs (comme les musulmans) parlent de récitation et de lecture, comme pour un hymne métrique. La valeur musicale des signes a le même usage pour les juifs partout dans le monde. Mais les tonalités et la musicalité varient d'une communauté à l'autre, parfois même dans le rite. Voici les plus communes :
- Rite ashkenaze :
- Les mélodies polono-lituaniennes, utilisées par les descendants des Juifs d'Europe de l'Est sont les plus répandues dans la diaspora et Israël.
- Les mélodies ashkenazes d'Europe centrale et occidentales ont quasiment disparu du fait de la Shoah mais persistent par endroit, en Angleterre notamment. Elles avaient été transcrites par Johannes Reuchlin comme liturgie juive allemande à l'époque.
- Rite sépharade et mizrahi :
- La mélodie "sépharade de Jérusalem" (Sepharadi-Yerushalmi) d'origine syrienne, est la plus répandue en Israël, et aussi dans les communautés sépharades de diaspora.
- La mélodie marocaine est très commune en France.
- La mélodie hispano-portugaise se trouve en Espagne et au Portugal chez les Sépharades d'Espagne et du Portugal, à Gibraltar, aux Pays-Bas, en Angleterre, au Canada, aux États-Unis et en Amérique du Sud.
- D'autres variantes dont les grecques-turques-balkanes, irakiennes, syriennes, égyptiennes sont chantées en Israël et parfois en diaspora.
- La mélodie Italienne est encore en Italie, comme à la synagogue italienne de Jérusalem et celle d'Istanbul.
- La mélodie Yéménite a aussi ses représentants en Israël.

Notes et références

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