Algèbre

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L'algèbre est la branche des mathématiques qui étudie les structures algébriques, indépendamment de la notion de limite (rattachée à l'analyse) et de la notion de représentation graphique (rattachée à la géométrie). L'étude des structures algébriques peut être faite de manière unifiée dans la cadre de l'algèbre universelle. Pour la « structure d'algèbre », voir l'article : Algèbre sur un corps.
Algèbre

L'algèbre est la branche des mathématiques qui étudie les structures algébriques, indépendamment de la notion de limite (rattachée à l'analyse) et de la notion de représentation graphique (rattachée à la géométrie). L'étude des structures algébriques peut être faite de manière unifiée dans la cadre de l'algèbre universelle. Pour la « structure d'algèbre », voir l'article : Algèbre sur un corps.

Histoire

Antiquité

Les Babyloniens savaient déjà résoudre l'équation du 2 degré (ou équation quadratique). Le premier document connu énonçant un problème algébrique tel que nous le connaissons est le Papyrus Rhind. Ce papyrus, actuellement (2007) au British Museum de Londres, date de -1650, ère chrétienne. Il comporte l'énoncé suivant : :On doit diviser 100 miches de pain entre dix hommes comprenant un navigateur, un contremaître et un gardien, tous trois recevant double part. Que faut-il donner à chacun ? Diophante, au IV siècle, développe la méthode de résolution en nombres rationnels et découvre que le discriminant doit être le carré d'un nombre rationnel.

Perse et monde musulman

al-Khwarizmi Le mot vient de l'arabe al-jabr , qui est devenu algebra en latin et qui signifie « la réunion » (des morceaux), « la reconstruction » ou « la connexion » (en espagnol le mot algebrista désigne celui qui pratique le calcul algébrique mais aussi le rebouteux, celui qui sait réduire les fractures osseuses de la Real Academia Española). C'est un des premiers mots de titre en arabe d'un ouvrage du mathématicien perse Al-Khawarizmi qui reprend, dans la première partie du , les travaux de Diophante d'Alexandrie . Ce dernier avait imaginé de représenter une inconnue par un symbole nommé arithme. Le titre de cet ouvrage (Al-jabr wa'l-muqabalah) qui s'inscrivait dans l'époque d'essor des sciences et techniques islamiques (la culture de l'époque voulait que tout savoir soit traduit en arabe et disséminé dans tout l'Empire), a donné le mot moderne . Après un voyage dans le nord de l'Afrique, Léonard de Pise dit Fibonacci fut séduit par cette nouvelle façon d'écrire les chiffres (différente des chiffres romains) et par le système décimal. Dès son retour au pays, il est parmi les premiers à populariser les chiffres arabes et le système décimal en Europe et travaille sur sa fameuse suite.

XVI siècle : Europe

Le pape Gerbert d'Aurillac avait ramené d'Espagne vers l'an 1000 le zéro, invention indienne que les mathématiciens Al-Khawarizmi et Abu Kamil avaient eux-mêmes fait connaître dans tout l'Empire, et aussi à Cordoue. Cette numération de position lance une ère de calcul algébrique, d'abord au moyen des algorismes nommés ainsi en hommage à Al-Kawarizmi, qui remplacent peu à peu l'usage de l'abaque. Les mathématiciens italiens du XVI siècle (del Ferro, Tartaglia et Cardan) résolvent l'équation du 3 degré (ou équation cubique). Ferrari, élève de Cardan, résout l'équation du 4 degré (ou équation quartique), et la méthode est perfectionnée par Bombelli. À la fin du siècle, le Français Viète découvre que les fonctions symétriques des racines sont liées aux coefficients de l'équation polynomiale. Jusqu'au , l'algèbre peut être globalement caractérisée comme la suite ou le début des équations et comme une extension de l'arithmétique ; elle consiste principalement en l'étude de la résolution des équations algébriques, et la codification progressive des opérations symboliques permettant cette résolution. À noter que c'est au français François Viète (1540-1603) que l'on doit l'idée de noter les inconnues à l'aide de lettres . Au XVII siècle, les mathématiciens utilisent progressivement des nombres « fictifs », tels que l'une des racines carrées de -1, pour parvenir à calculer les racines non réelles de leurs équations. Cette « extension » des nombres réels (qui prendra le nom de nombres complexes) amène d'Alembert (en 1746) et Gauss (en 1799) à énoncer et démontrer le théorème fondamental de l'algèbre (ou théorème de d'Alembert-Gauss) : toute équation polynomiale de degré n en nombres complexes a exactement n racines (en comptant chacune avec son éventuelle multiplicité). Ou, sous sa forme moderne : le corps \ _\mathbb C des nombres complexes muni de l'addition et de la multiplication est algébriquement clos. Le XIX siècle s'intéresse désormais à la calculabilité des racines, et en particulier à la possibilité de les exprimer par des formules générales à base de radicaux. Les échecs concernant les équations de degré 5 amènent le mathématicien Abel (après Vandermonde, Lagrange et Gauss) à approfondir les transformations sur l'ensemble des racines d'une équation. Évariste Galois (1811 - 1832), dans un mémoire fulgurant, introduit pour la première fois la notion de groupe (en étudiant le groupe des permutations des racines d'une équation polynomiale) et aboutit à l'impossibilité de la résolution par radicaux pour les équations de degré supérieur ou égal à 5. Une étape décisive était franchie avec l'écriture des exposants fractionnaires. Celle-ci permettra à Euler d'énoncer sa célèbre formule e^i\pi= -1.

Algèbre moderne

Dès lors, l'algèbre moderne entame un parcours fécond : Boole crée l'algèbre qui porte son nom, Hamilton invente les quaternions, et les mathématiciens anglais Cayley, Hamilton et Sylvester étudient les structures de matrices. L'algèbre linéaire, longtemps restreinte à la résolution de systèmes d'équations linéaires à 2 ou 3 inconnues, prend son essor avec le théorème de Cayley-Hamilton (« Toute matrice carrée à coefficients dans \ _\mathbb R ou \ _\mathbb C divise son polynôme caractéristique »). S'ensuivent les transformations par changement de base, la diagonalisation et la trigonalisation des matrices, et les méthodes de calcul qui nourriront, au XX siècle, la programmation des ordinateurs. Parallèlement, Kummer généralise les structures galoisiennes et étudie les structures de corps et d'anneau. Dedekind définit les idéaux (déjà entrevus par Gauss) qui permettront de généraliser et reformuler les grands théorèmes d'arithmétique. L'algèbre linéaire se généralise en algèbre multilinéaire et algèbre tensorielle. Au début du XX siècle, sous l'impulsion de l'allemand Hilbert et du français Poincaré, les mathématiciens s'interrogent sur les fondements des mathématiques : logique et axiomatisation occupent le devant de la scène. Peano axiomatise l'arithmétique, puis les espaces vectoriels. La structure d'espace vectoriel et la structure d'algèbre sont approfondies par Artin en 1925, avec des corps de base autres que \ _\mathbb R ou \ _\mathbb C et des opérateurs toujours plus abstraits. On doit aussi à Artin, considéré comme le père de l'algèbre contemporaine, des résultats fondamentaux sur les corps de nombres algébriques. Les corps non commutatifs amènent à définir la structure de module sur un anneau et la généralisation des résultats classiques sur les espaces vectoriels. L'école française « Nicolas Bourbaki », emmenée par Weil, Cartan et Dieudonné, entreprend de réécrire l'ensemble des connaissances mathématiques sur une base axiomatique : ce travail gigantesque commence par la théorie des ensembles et l'algèbre dans le milieu du siècle, et confirme l'algèbre comme langage universel des mathématiques. Paradoxalement, alors que le nombre de publications suit une croissance exponentielle à travers le monde, alors qu'aucun mathématicien ne peut prétendre dominer qu'une toute petite partie des connaissances, les mathématiques n'ont jamais autant paru unifiées qu'aujourd'hui.

Notations européennes modernes

- Les symboles "+" et "-" apparaissent en 1489 dans l'ouvrage Arithmétique de John Widmann (Leipzig)
- Le signe "=" apparaît en 1557 chez Robert Recorde "
parce que deux choses ne sauraient être plus égales que deux lignes parallèles''".
- Les signes "" apparaissent en 1610 chez Thomas Harriot (1560-1621).
- William Oughtred (1574-1660) introduit le signe de la multiplication "x" dans son Clavis Mathematica (1631). Il introduit aussi les termes de sinus, cosinus et tangente.
- Le signe de la division "/" est utilisé par J. H. Rahn en 1659 et introduit en Angleterre par John Pell en 1668.

Voir aussi


- Algèbre générale
- Structure algébrique
- Algèbre universelle
- Algèbre linéaire
- Algèbre multilinéaire
- Algèbre tensorielle
- Algèbre sur un corps
- Algèbre sur un anneau
- Algèbre de Boole
- Tribu (mathématiques)
- Algèbre de Clifford
- Algèbre de Jordan
- Algèbre de Lie
- Algèbre relationnelle
- Calcul algébrique
- Clôture algébrique
- Courbe algébrique
- Élément algébrique
- Entier algébrique
- Équation
- Équation algébrique
- Équation polynomiale
- Extension algébrique
- Géométrie algébrique
- Mesure algébrique
- Nombre algébrique
- Surface algébrique
- Topologie algébrique

Notes

Bibliographie

- Adolf P. Youschkevitch, Les Mathématiques Arabes, VIIIe-XVe siècles, Ed. VRIN, Paris - 1976 ==
Sujets connexes
Abaque (calcul)   Abu Kamil   Alexandre-Théophile Vandermonde   Algèbre de Boole   Algèbre de Boole (logique)   Algèbre de Clifford   Algèbre de Lie   Algèbre générale   Algèbre linéaire   Algèbre multilinéaire   Algèbre relationnelle   Algèbre sur un anneau   Algèbre sur un corps   Algèbre tensorielle   Algèbre universelle   Analyse (mathématiques)   André Weil   Arabe   Arithmétique   Arthur Cayley   British Museum   Calcul algébrique   Carl Friedrich Gauss   Chiffres arabes   Clôture algébrique   Cordoue   Corps algébriquement clos   Courbe algébrique   Croissance exponentielle   David Hilbert   Diagonalisation   Diophante d'Alexandrie   Discriminant   Emil Artin   Entier algébrique   Ernst Kummer   Espace vectoriel   Espagnol   Extension algébrique   François Viète   George Boole   Gerolamo Cardano   Giuseppe Peano   Géométrie   Géométrie algébrique   Henri Cartan   Henri Poincaré   James Joseph Sylvester   Jean Dieudonné   John Pell   Joseph-Louis Lagrange   Latin   Leonhard Euler   Limite   Logique   Londres   Ludovico Ferrari   Mathématiques   Mesure algébrique   Module   Niels Henrik Abel   Nombre algébrique   Nombre complexe   Nombre rationnel   Nombre réel   Papyrus Rhind   Perse   Polynôme   Quaternion   Raphaël Bombelli   Richard Dedekind   Sciences et techniques islamiques   Scipione del Ferro   Structure algébrique   Suite de Fibonacci   Système décimal   Thomas Harriot   Théorie axiomatique   Théorème de Cayley-Hamilton   Théorème de d'Alembert-Gauss   Topologie algébrique   Tribu (mathématiques)   Trigonalisation   William Oughtred   William Rowan Hamilton  
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