Plan-séquence

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Au cinéma, un plan-séquence est une séquence (ou éventuellement un morceau important de séquence) filmée en un seul plan, et restituée telle quelle dans le film final, c'est-à-dire sans montage ou interruption de point de vue (sans plan de coupe, fondu, volet ni champ-contrechamp). Le plan-séquence a une unité sur le plan narratif (c'est une séquence) et sur le plan technique (c'est un plan), d'où son nom.
Plan-séquence

Au cinéma, un plan-séquence est une séquence (ou éventuellement un morceau important de séquence) filmée en un seul plan, et restituée telle quelle dans le film final, c'est-à-dire sans montage ou interruption de point de vue (sans plan de coupe, fondu, volet ni champ-contrechamp). Le plan-séquence a une unité sur le plan narratif (c'est une séquence) et sur le plan technique (c'est un plan), d'où son nom.

Durée

Un plan-séquence peut durer de quelques dizaines de secondes à plusieurs minutes, la limite technique au cinéma (avant l'ère numérique) étant celle de la durée d'une bobine de pellicule (environ 12 minutes). Aujourd'hui, les différents supports numériques offrent cependant beaucoup plus de possibilités puisque certaines caméras peuvent tourner jusqu'à deux heures sans arrêt. La notion de « longue durée » est cependant très subjective.

Maîtrise

Le plan-séquence est souvent difficile à maîtriser, notamment en cas de mouvements de caméra et d'acteurs, car il faut étudier le champ de la caméra (moment où les acteurs entrent et sortent du champ, les accessoires comme les micros et projecteurs ne devant pas être vus…). D'où la nécessité de le répéter avant, pour que tous les intervenants (acteurs et techniciens) s'accordent.

Effets recherchés

- Donner du dynamisme à une scène
- Suivre l'action ou découvrir un lieu comme le héros (identification)
- Pénétrer dans un univers
- Présenter la simultanéité de scène adjacentes
- Montrer l'action en temps réel

Réalisateurs adeptes du plan-séquence

- Mikhaïl Kalatozov
- Brian De Palma
- Martin Scorsese
- Paul Thomas Anderson
- Alfonso Cuaron
- Gus Van Sant
- Quentin Dupieux
- Theo Angelopoulos

Plans-séquences célèbres ou remarquables au cinéma

- Dans L'Aurore (1927, Murnau), lorsque le mari s'avance à la rencontre de la femme de la nuit. Il s'agit là d'un des tout premiers plans-séquences du cinéma.
- Dans Les Amants du Capricorne (Under Capricorne, 1949) et surtout La Corde (The Rope, 1948), d'Alfred Hitchcock, le film — on devrait dire le théâtre filmé — se déroule quasiment sans interruption avec cependant un trucage pour passer d'une bobine à l'autre.
- Dans Soy Cuba (1964, Mikhaïl Kalatozov), qui raconte la révolution castriste à Cuba dans les années 1960, des plans-séquences sont filmés dans un grand souci d'esthétique, en particulier la scène du groupe de jazz sur l'immeuble, que la caméra quitte pour aller se noyer plus bas dans l'eau agitée d'une piscine.
- Dans Requiem pour un massacre (Idi i smotri, 1984, Elem Klimov), où l'on suit les mésaventures d'un jeune partisan dans la campagne biélorusse ravagée par les massacres nazis, on trouve de longs plans-séquences, notamment dans la scène où le village est brûlé avec ses habitants, ou encore un plan-séquence particulièrement visuel sur la traversée d'un marécage par le jeune partisan.
- Dans Othello (The Tragedy of Othello: The Moor of Venice, 1952, Orson Welles), un plan-séquence tourné sur une plage avec simplement une jeep comme tout accessoire (pour porter la caméra).
- Au début de Les Sentiers de la gloire (Paths of glory, 1957, Stanley Kubrick) un travelling arrière montre un officier (Kirk Douglas) qui avance dans la tranchée et passe ses soldats en revue avant l'attaque.
- Le début de La Soif du mal (Touch of Evil, 1958, Orson Welles), avec notamment son mouvement de grue (la caméra passe au-dessus du poste frontière de Tijuana pour suivre le trajet de la voiture), interrompu soudainement par l'explosion d'une bombe.
- Le meurtre de David Locke (interprété par Jack Nicholson) dans Profession : reporter (Professione: reporter, 1974, Michelangelo Antonioni) : on voit David Locke allongé sur son lit, vivant ; la caméra se tourne vers la fenêtre grillagée, traverse celle-ci pour suivre une auto-école dans une cour, on entend un bruit de détonation, et on suit la voiture pour contourner la maison et retourner dans la pièce par la porte où l'on redécouvre Locke sur le même lit, désormais mort.
- Le début de The Player (1992, Robert Altman) est un clin d'œil et une référence directe à La Soif du mal.
- Dans le film À toute épreuve (1992), John Woo utilise un long plan séquence (plusieurs minutes) lors de la fusillade dans l'hôpital. On suit ainsi le personnage interpreté par Chow Yun-Fat tout au long de la scène qui se déroule sur plusieurs étages (la caméra le suivant lorsqu'il prend l'ascenceur).
- La fin de Principio y fin (1993, Arturo Ripstein) : une montée d'escalier dans un hôtel de passe avec comme fond musical La Valse des nuls des Tambours du Bronx.
- Dans 71 Fragments d'une chronologie du hasard (71 Fragmente einer Chronologie des Zufalls, 1994, Michael Haneke) filme pendant plusieurs minutes, en plan fixe, un des protagonistes en train de renvoyer des balles de ping-pong expédiées par un robot d'entraînement ; cette scène insupportablement longue met en avant la relation conflictuelle du personnage avec les machines (un des ressorts du film).
- Boogie Nights (1997) contient de nombreux plan-séquence et dans l'un d'entre eux la caméra plonge même sous l'eau pour accompagner un personnage lors d'une réception festive.
- Snake Eyes (1998, Brian De Palma) commence par un « faux » plan-séquence, tourné en plusieurs fois et raccordé par traitement numérique.
- Timecode (2000, Mike Figgis) est composé de quatre plan-séquences couvrant chacun la totalité du film (environ 90 minutes), car les quatre plan-séquences apparaissent simultanément à l'écran grâce à l'écran divisé en quatre parties de même taille.
- Panic Room (2002) David Fincher contient des plan-séquences avec des mouvements de caméra improbables (par exemple passant à travers l'anse d'une tasse).
- Le film L'Arche russe (Russkij kovcheg, 2002, Alexandre Sokourov) consiste en un unique plan-séquence de 96 minutes. Pour effectuer ce tour de force, le réalisateur a utilisé du matériel vidéo qui offre une capacité d'enregistrement plus longue.
- Gangs of New York (2002, Martin Scorsese) contient un plan-séquence à la 71 minute qui illustre le débarquement des immigrés Irlandais, puis leur inscription dans les rangs américains pour la guerre de sécession, puis leur embarquement dans un navire de l'armée qui se vide des cercueils des anciens soldats.
-Elephant (2003, Gus Van Sant film ayant reçu la palm d'or a cannes en 2003 fait presque exclusivement de plan-séquence.
- Old Boy (2003) de Park Chan-Wook comporte une scène de combat en plan-séquence, où l'anti-héros se bat à mains nues, seul contre 20 assaillants.
- Breaking News (2004, Johnnie To) s'ouvre sur un plan-séquence très fluide de plus de six minutes.
- La Guerre des mondes (2005, Steven Spielberg) offre un étonnant plan-séquence autour d'une fuite en voiture,
- History of Violence de David Cronenberg commence sur un plan-séquence d'un motel.
-
Lord of War (2006, Andrew Niccol) s'ouvre sur un plan-séquence retraçant, en vue subjective, la fabrication, le transport et la fin de la vie d'une balle de kalachnikov.
- Les Fils de l'homme (
Children of men, 2006, Alfonso Cuaron) est rempli de plans-séquences dans une ambiance de chaos, dans un Londres en proie au terrorisme.
- Onze (2006, Etienne Perrin) est un court-métrage de 9 minutes réalisé entièrement en plan-séquence, le tout traitant des attentats du 11 septembre 2001.
- Dans La môme (2007), Olivier Dahan utilise à plusieurs reprises le plan-séquence, notamment lorsque le spectateur découvre l'appartement New-Yorkais de Piaf (interpretée par Marion Cotillard) ou lorsque celle-ci apprends la mort de son amant.

Vidéo-clips

Le plan-séquence a également été beaucoup utilisé dans l'univers du vidéo-clip. L'intérêt (et le défi) est alors de pouvoir tourner l'intégralité du clip en un seul plan. Citons par exemple les clips réalisés par Michel Gondry, notamment pour Kylie Minogue (
Come Into my World), Lucas (Lucas With the Lid Off) ou encore Cibo Matto (Sugar Water''). Catégorie:Technique de prise de vue de:Plansequenz en:Long take it:Piano sequenza ja:長回し zh:长镜头
Sujets connexes
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