Francisme (linguistique)

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Le terme francisme (ou hexagonisme), formé sur le modèle de québécisme et de belgicisme, est employé dans le cadre du débat sur la norme du français québécois. Il est considéré comme un québécismeDictionnaire québécois-français, Lionel Meney, 1999 Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française, site consulté le 10 août 2007 Antidote, Druide informatique, version RX 4, 2006. Les dictionnaires
Francisme (linguistique)

Le terme francisme (ou hexagonisme), formé sur le modèle de québécisme et de belgicisme, est employé dans le cadre du débat sur la norme du français québécois. Il est considéré comme un québécismeDictionnaire québécois-français, Lionel Meney, 1999 Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française, site consulté le 10 août 2007 Antidote, Druide informatique, version RX 4, 2006. Les dictionnaires définissent le « francisme » comme un fait de langue propre à la FranceDictionnaire québécois-français, Lionel Meney, 1999 Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française, site consulté le 10 août 2007 Antidote, Druide informatique, version RX 4, 2006 Dictionnaire du français plus, Claude Poirier, 1988. En réalité, il semble que cette marque s'emploie indifféremment pour les tournures propres au français d'Europe et au français de France. On peut donc dire que ce terme sert à désigner les tournures inconnues ou inusitées au Québec, associées au français parlé en France et en Europe.

Gallicisme ou francisme ?

Il ne faut pas confondre gallicisme et francismeAntidote, Druide informatique, version RX 4, 2006. Un gallicisme est une tournure idiomatique propre à la langue française (faire d'une pierre deux coups) ou un emprunt à la langue française dans une autre langue (garage ou souvenir en anglais) et un « francisme » est un type de régionalisme.

Les francismes dans les dictionnaires

En France

Les dictionnaires publiés en France n'indiquent pas les mots et les sens dont l'usage est restreint à la France. Les rédacteurs du Nouveau Petit Robert écrivent en effet ceci dans sa préface au sujet des régionalismes dans le dictionnaire: :« Ces données ne prétendent pas remplacer les descriptions spécifiques et plus exhaustives des belgicismes , et encore moins se substituer à des dictionnaires du français décrivant l'usage et la norme de cette langue dans une communauté sociale donnée (le Robert vient d'en faire la tentative très sérieuse au Québec, par le Dictionnaire québécois d'aujourd'hui.)» Le Nouveau Petit Robert, bien qu'il décrive fondamentalement une norme du français de France, inclut certains régionalismes de France et d'ailleurs pour souligner qu'il existe plusieurs « bons usages », définis non par un décret venu de Paris, mais par autant de réglages spontanés ou de décisions collectives qu'il existe de communautés vivant leur identité en Français. »

Au Canada

Les deux principaux dictionnaires généraux de langue française publiés au Canada ces dernières années, le Dictionnaire du français plus (1988) et le Dictionnaire québécois d'aujourd'hui (1992), indiquent les francismes par la marque d'usage « (France) ». Les banques de données terminologiques Termium du Bureau de la traduction du gouvernement canadien et Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française font de même. Le projet Franqus et le Dictionnaire canadien bilingue, en préparation, utiliseront plutôt la marque « FE » pour « français d'Europe ». La préface du Dictionnaire québécois d'aujourd'hui donne les indications suivantes au sujet du marquage géographique: :« Ce sont les mots et les sens particuliers à la France (les francismes) qui sont les plus nombreux. Un système de balisage à deux niveaux les identifie. Lorsque le mot désigne une réalité concrète ou abstraite spécifique au pays de nos ancêtres, la marque « France », placée entre parenthèses, précède la définition (ex. : 1 tabac, sens 3, T.V.A.); très souvent, ces synonymes n'ont pas de synonyme nord-américain. Lorsque la réalité est commune aux deux communautés francophones, c'est-à-dire lorsqu'il existe des formes linguistiques synonymiques dont l'emploi est circonscrit géographiquement, le même système est utilisé (ex. : (France) 2 se tailler, tantine, tapée et tarte, sens 2, qui correspondent respectivement à partir ou s'enfuir, tante, grande quantité, coup ou gifle au Québec). Chaque fois que cela est possible, les synonymes en usage au Québec sont signalés sous l'entrée « française ». Par ailleurs, la très grande majorité des mots hexagonaux cités appartient au registre familier et ils possèdent parfois, au Québec même, des synonymes de même niveau (par ex. : (France) 2 se tailler et (Québec) sacrer (le) son camp, tous deux signifiant « décamper, déguerpir, partir »). Les mots ou les sens qui figurent au dictionnaire avec la marque « France » sont en général connus ici mais leur emploi est plutôt passif, c'est-à-dire que l'utilisateur du dictionnaire peut les entendre, grâce à la télévision, la radio, au cinéma, etc., ou les lire, grâce aux journaux, aux revues, à la littérature, etc., mais il les intégrera rarement à son usage actif, sauf lorsqu'il veut créer un effet rhétorique. En outre, une nuance est apportée dans l'utilisation de la marque « France » sous la forme de : « Surtout en France ». Cette expression sert à noter qu'un mot est usuel en France tout en ayant une certaine fréquence active au Québec, le plus souvent d'ailleurs dans le registre soutenu (ex. : 1 soda, tapissier, tartine, sens 1, 2 timbale, week-end) À l'occasion, on a aussi fait une remarque sur le genre des mots qui diffère en France et au Québec (ex. : parka et thermos qui sont du genre masculin dans l'usage québécois alors qu'en France, ils sont soit masculins, soit féminins ; minestrone est féminin ici et masculin en France tandis que mozzarella est féminin outre-atlantique et masculin de de ce côté-ci de l'océan). »

Controverse

La pertinence de la notion de francisme soulève la controverse. L'utilisation du terme francisme peut souligner l'opposition à l'idée que la prééminence de la norme française du français devrait aller de soi dans les dictionnaires de français en usage au Canada.Gabrielle Saint-Yves écrit dans un de 1994 au sujet de Claude Poirier, rédacteur en chef du Dictionnaire du français Plus : « The ideological weight of the metalinguistic use of the label France clearly positioned Poirier in opposition to the defenders of an exogenous linguistic norm. » L'utilité du terme est mise en doute par les tenants d'un français international unique, dans lequel la norme française serait prépondérante. Ces derniers s'opposent en général à la donnée d'indications géographiques dans les dictionnaires pour les usages spécifiquement français, ou bien contestent l'existence de ces derniers.

Citations

A. Article du Dictionnaire du français Plus (1988): francisme n. m. LING Fait de langue (prononc., mot, tournure, etc.) caractéristique du français de France. Marchand de couleurs
- est un francisme, et même un parisianisme.'' V. encycl. québécisme. – De France. B. Extrait de la page du Grand dictionnaire terminologique, produit par l'Office québécois de la langue française : " a été relevé dans la correspondance adressée à l'Office de la langue française en mai 1993 par l'équipe du Docteur Roger A. Côté, auteur de la Nomenclature systématique internationale de la médecine humaine et vétérinaire et président de la Commission ministérielle de terminologie de la santé. Ce terme vient combler, d'une certaine manière, le besoin de nos linguistes du Québec qui n'ont pas d'appellation pour désigner des termes exclusifs à l'Hexagone (ou à la France), alors qu'on utilise déjà très largement le terme « québécisme » en France pour des usages qui sont propres au Québec. Aussi, en France, on utilise les termes « belgicisme » et « helvéticisme » pour désigner des usages linguistiques propres au français de Belgique et de Suisse. On trouve même dans la revue Dialogue, Bulletin de linguistique du Module des lettres et des langues modernes de l'Université du Québec à Chicoutimi, dans le volume 4 d'avril 1993 à la page 61 ce qui suit : « Sont étiquetés comme francismes des mots dont les Québécois ne font pas spontanément usage. Entrent dans cette catégorie : asbestose, baraka, buraliste, cassoulet, drugstore, macreux, péquenaud, pépé, royalistes, sapeur-pompier, etc. ». " C. Extrait "De la francophonie néo-coloniale à la francophonie universalisante" (texte de Jean Nicolas de Surmont, citant notamment Paquot) : "D’ailleurs, dans le cadre d’une réflexion sur la marque francisme intégrée à la terminologie métalinguistique des dictionnaires québécois voulant se positionner de la même manière que les dictionnaires français par rapport au français de référence, Annette Paquot affirme : « En se répandant dans l’ensemble de la société française, les tours populaires ou argotiques, les faits dialectaux devenus régionalismes par leur emploi dans le discours français de certains locuteurs et tous les faits lexicaux originellement peu diffusés se répandent ipso facto, c’est-à-dire presque instantanément, dans une partie au moins des sociétés belge, canadienne, suisse, etc. tandis qu’un fait de même nature, même très général dans celles-ci, peut y rester confiné indéfiniment. Le déséquilibre des échanges linguistiques dans la francophonie fait que maqué est un belgicisme, que morgain est un poitevinisme, mais que moufle et mistral ne sont pas des francismes et qu’il n’y a pas de symétrie entre ces termes (Paquot, 1995 : 128 ; 2000 : 193) ». "

Notes

Voir aussi

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Sujets connexes
Anglais   Antidote   Belgicisme   Canadianisme   Claude Poirier   Dictionnaire québécois-français   Druide informatique   Débat sur la norme du français québécois   Emprunt   Francophonie   Franqus   Français d'Europe   Français de France   Gallicisme   Grand dictionnaire terminologique   Helvétisme   Lionel Meney   Office québécois de la langue française   Québécisme   Régionalisme (linguistique)   Wallonisme  
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