Herbert von Karajan

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Herbert von Karajan (Salzbourg, 5 avril 1908 - Anif près de Salzbourg, 16 juillet 1989) était un chef d'orchestre autrichien. Spécialiste du répertoire austro-germanique et mitteleuropéen de Bach à Bartok ainsi que de l'opéra italien, il a laissé près d'un millier d'enregistrements chez Deutsche Grammophon, EMI et Decca, ce qui en fait un des chefs les plus enregistrés du .
Herbert von Karajan

Herbert von Karajan (Salzbourg, 5 avril 1908 - Anif près de Salzbourg, 16 juillet 1989) était un chef d'orchestre autrichien. Spécialiste du répertoire austro-germanique et mitteleuropéen de Bach à Bartok ainsi que de l'opéra italien, il a laissé près d'un millier d'enregistrements chez Deutsche Grammophon, EMI et Decca, ce qui en fait un des chefs les plus enregistrés du .

Orientations musicales

Karajan a exploré un très vaste répertoire allant jusqu'à la musique atonale du . Il a déclaré à l'occasion de la parution de son enregistrement de l'opéra Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, qu'il n'a enregistrée qu'une seule fois après l'avoir plusieurs fois dirigée à la scène, qu'il s'agissait de son ouvrage préféré. Il a confié lors d'une entrevue à la radio France-Musique qu'il était en osmose avec cette œuvre comme si il l'avait écrite, et qu'avant de l'enregistrer pour EMI, il avait dit aux musiciens de l'orchestre (le Philarmonique de Berlin) que tout ce qu'ils avaient fait avec lui jusque là n'était qu'une préparation à l'enregistrement de Pelléas.Entretien avec René Koering et Philippe Caloni, 23/06/79, France Musique, archives de l'INA. Toutefois, son nom reste surtout attaché aux « piliers » du répertoire germanique. Son répertoire est en fait celui des autres chefs de sa génération, voire plutôt de la génération précédente. En effet, s'il montre dans Mozart, surtout dans les années 1950, un naturel assez nouveau, ni Schubert ni Schumann ne font vraiment partie de son univers. Ses interprétations de Haydn, et plus encore de Bach, sont d'une époque révolue. Les œuvres du vingtième siècle qu'il a dirigées étaient soigneusement choisies et ne constituent en rien un aperçu représentatif de leur époque : le Concerto pour orchestre Bartok, Le Sacre du printemps, la 10° symphonie de Chostakovitch et quelques autres (Honegger, Nielsen). Dans les années 1970, il ajoute à son répertoire quelques œuvres de « l'École de Vienne » et de Gustav Mahler (symphonies n° 4, 5, 6, 9 et Le Chant de la terre). Avec Bruckner également, il entretient la même relation que des chefs nés quinze ans avant lui : si ses 4°, 5°, 7°, 8° et 9° symphonies font partie du cœur de son répertoire, il ne s'aventure que rarement dans les autres, qui semblent moins bien lui convenir. En définitive les compositeurs qu'il a le plus pratiqués, le plus exhaustivement et dans lesquels il est le plus reconnu sont Beethoven, Brahms, Wagner et peut-être Richard Strauss. Pour tous les autres compositeurs, il peut réunir un ou deux de ces critères mais pas les trois. Si Karajan est donc plutôt un homme du passé, de son propre passé, pour les œuvres qu'il joue, les choses sont moins simples concernant son style de direction. Il appartient à une génération de chefs germaniques de culture et d'école mais influencés par quelques chefs latins, italiens surtout : tout particulièrement Toscanini et De Sabata. Par rapport à des chefs d'une génération antérieure, cela se traduit par des tempi plus stables et une plus grande transparence, tout en conservant un son orchestral de culture germanique, large et puissant. Même si le style de Karajan a évidemment évolué au cours de sa carrière, on peut dire que ces caractéristiques se sont maintenues, avec toutefois une prédilection croissante pour le legato et le son.

Compositeurs enregistrés

Le legs discographique de Karajan est considérable. Karajan a enregistré jusqu'à quatre ou cinq fois certaines œuvres (Le canon de Pachelbel, des symphonies de Beethoven, la Missa Solemnis de Beethoven, Un Requiem Allemand de Brahms). Dans l'ordre alphabétique (liste exhaustive / en gras ses compositeurs de prédilection) : Albinoni, Bach, Balakirev, Bartok, Beethoven, Berg, Berlioz, Bizet, Boccherini, Borodine, Brahms, Britten, Bruckner, Chopin, Chostakovitch, Corelli, Debussy, Délibes, Dvorak, Grieg, Haydn, Hindemith, Honegger, Humperdinck, Lehar, Leoncavallo, Liszt, Locatelli, Mahler, Manfredini, Mascagni, Mendelssohn-Bartholdy, Moussorgski, Mozart, Nielsen, Offenbach, Orff, Pachelbel, Pizzetti, Ponchielli, Prokofiev, Puccini, Rachmaninov, Ravel, Respighi, Reznicek, Rimski-Korsakov, Rossini, Roussel, Saint-Saëns, Franz Schmidt, Schönberg, Schubert, Schumann, Sibelius, Smetana, Johann Strauss père, Johann Strauss fils, Joseph Strauss, Richard Strauss, Stravinsky, Tchaïkovski, Torelli, Vaughan Williams, Verdi, von Suppé, Wagner, Weber et Webern.

Carrière

- 1929 : Remarqué en dirigeant Tchaïkovski et Richard Strauss à Salzbourg, puis à Ulm
- Mars 1935 : adhère au Parti nazi. Il le quittera en 1945.
- 1938 : consacré par la presse du Troisième Reich. Article : das Wunder Karajan (le miracle Karajan). Devient un pion utilisé contre Wilhelm Furtwängler dans la guerre culturelle interne qui oppose Joseph Goebbels à Goering pour le contrôle du monde musical allemand ; Goebbels soutenant l'orchestre philharmonique et Goering l'opéra national (Staatsoper).
- 1939 : est interdit par Hitler de conduire à Bayreuth après qu'il a perdu le fil des Maitres Chanteurs qu'il conduisait sans livret lors d'une représentation pour les monarques yougoslaves. Il continue comme maître du Staatskapelle de l'Opéra à Berlin. Il devient le protégé de Hermann Göring. Il sera mandaté par Hitler pour célébrer la Chute de Paris par une représentation de "Tristan und Isolde" (avec Germaine Lubin) en présence des notables nazis et de Winifred Wagner.
- 1947 : est "dénazifié" par les Alliés et pris sous contrat par Walter Legge
- 1948 : Devient chef d'orchestre permanent du Philharmonia Orchestra (Londres)
- 1955 - 1989 : élu chef à vie de l'Orchestre philharmonique de Berlin
- 1956 - 1964 : directeur artistique de l’Opéra d’État de Vienne succédant à Karl Böhm
- 1967 : Prend la direction du Festival de Salzbourg. Enregistrement (jusqu'en 1971) d'un Ring qui fait date par son parti-pris de transparence sonore et de légereté orchestrale.
- 1969 - 1971 : Directeur artistique de l'Orchestre de Paris
- 1973 : Crée le Festival de Pâques de Salzbourg
- 1977 - 1989 : Retour à Vienne après la brouille de mai 1964. Il n'y fut plus jamais directeur, mais chef invité
- à partir de 1982 : rapports de plus en plus tendus avec « ses » musiciens de Berlin. Karajan va de plus en plus souvent diriger à Vienne.
- 1987 : Neujahrskonzert (Concert du Nouvel An) au Musikvereinssaal de Vienne avec Kathleen Battle (soprano)
- 1988 : Dernier concert parisien au Théâtre des Champs-Elysées (Paris). Programme Schönberg et Brahms.
- 1989 : Démissionne de l'Orchestre Philharmonique de Berlin. Dernier enregistrement : Symphonie n° 7 de Bruckner, avec l'orchestre philharmonique de Vienne (DG).

Adaptation de l’hymne européen

L'introduction instrumentale de l'Ode à la joie a été adoptée en 1972 par le Conseil de l'Europe comme hymne de l'Union européenne, puis en 1985 comme hymne officiel par les chefs d'État et de gouvernement de l'Union. L'interprétation officielle fut confiée à Herbert von Karajan qui en réalisa trois arrangements : un pour piano, un autre pour instruments à vent et un troisième pour orchestre symphonique.

Bibliographie

- Richard Osborne, Une vie pour la musique, L'Archipel, 1999. ISBN 2-841871894
- Bruno Streiff, Karajan, le chef d'orchestre, , 2003.

Vidéographie

- Herbert Von Karajan in rehearsal and performance (1965 (Schumann), 1966 (Beethoven)), réalisation Henri-Georges Clouzot, DVD Unitel, 2006 ==
Sujets connexes
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