Variations Goldberg

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Les Variations Goldberg (page de titre) Les Variations Goldberg constituent une œuvre pour clavecin composée par Johann Sebastian Bach, et portant le numéro 988 dans le catalogue BWV.
Variations Goldberg

Les Variations Goldberg (page de titre) Les Variations Goldberg constituent une œuvre pour clavecin composée par Johann Sebastian Bach, et portant le numéro 988 dans le catalogue BWV.

Histoire

"Clavier Übung / Se composant / D’une / ARIA / Avec différentes variations (“Verschiedene Verändegungen”) / Pour le clavecin / A deux claviers. / Composée à l’intention des amateurs / Pour la récréation de leur esprit / Par / Johann Sebastian Bach / Compositeur du Roi de Pologne et Prince Électeur de Saxe / Maître de Chapelle et / Directeur de la musique à Leipzig. / Edité à Nuremberg / Chez Baltasar Schmidt". Selon la tradition, elles furent écrites vers 1741 pour distraire les nuits d'insomnie du Comte Keyserling, et être jouées par son claveciniste Johann Gottlieb Goldberg, élève du compositeur (d'après la biographie de Bach écrite par Forkel en 1802)« Clavier Ubung consistant dans un air et de nombreuses variations pour clavecin à deux claviers, publié par Baltasar Schmidt, à Nuremberg. Cette œuvre admirable se compose de trente variations dans lesquelles se trouvent entremêlés des canons combinés à toutes sortes d’intervalles et de mouvements, depuis l’unisson jusqu’à la neuvième ; la mélodie en est facile et coulante. Il se trouve aussi une fugue régulière à quatre parties et d’autres variations très brillantes pour deux clavecins , enfin un quodlibet, comme il l’appelait, et qui suffirait à lui seul à rendre son auteur immortel. : il n’occupe pourtant point le premier rang de ce recueil. Ces variations sont un modèle d’après lequel toutes les variations du monde devraient être faites, quoique, pour des raisons faciles à comprendre, la chose n’ait jamais été tentée par personne. Nous en sommes redevables au Comte Kayserling, ancien ambassadeur de Russie à la cour de l’Électeur de Saxe. Il résidait souvent à Leipzig et amenait avec lui Goldberg, que nous avons cité ci-dessus comme ayant reçu de Bach des leçons de musique. Le comte, plein d’infirmités, avait de nombreuses nuits d’insomnie. A cette époque, Goldberg vivait dans la maison de l’ambassadeur et couchait dans une chambre attenante à celle de ce dernier, pour être prêt à lui jouer quelque morceau s’il s’éveillait. Le comte dit un jour à Bach qu’il aurait aimé avoir pour Goldberg quelques morceaux de clavecin. Ces morceaux devaient être d’un caractère plutôt calme et plutôt joyeux, afin qu’ils le pussent récréer pendant ses nuits de repos. Bach pensa que ce but serait atteint à souhait à l’aide de variations. Il avait considéré jusqu’alors comme un travail bien ingrat ce genre de composition, dans lequel l’harmonie a périodiquement des tours semblables : mais il était dans cette phase de son existence où il ne pouvait toucher une plume sans produire un chef d’œuvre. Les variations subirent le même sort ; elles sont l’unique modèle de ce genre qu’il nous ait laissé. Toujours, le comte les appelait ses variations. Il ne se lassait jamais de les entendre, et dans la suite, pendant ses longues insomnies, il avait coutume de dire : « Cher Goldberg, jouez-moi donc, je vous en prie, une de mes variations ». Jamais peut-être Bach ne reçut pour aucun de ses ouvrages une aussi belle récompense ; car le comte lui fit cadeau d’un gobelet d’or empli de cent louis d’or. Mais la valeur de cet ouvrage, comme œuvre d’art, ne se pouvait payer, le cadeau eût-il été mille fois plus considérable encore. Il est important d’observer que les planches gravées de ces variations portent des errata importantes que l’auteur s’est empressé de corriger sur son exemplaire » Johann Nikolaus Forkel. Sur la vie, l'art et les oeuvres de Johann Sebastian Bach. Leipzig, 1802. Trad. Felix Grenier. Cette légende est néanmoins largement contestée aujourd'hui, du fait de l'âge du jeune Goldberg en 1741 (14 ans); de l'absence de toute dédicace ou allusion au Comte Keyserling, contrairement aux habitudes de Bach; et de l'absence, dans l'inventaire des biens de Bach après sa mort, de trace des riches cadeaux faits par Keyserling à Bach, selon Forkel (une coupe en or remplie de cent louis d’or).

Structure

Elles sont composées d'une aria, suivie de trente variations et d'un retour de l'aria, soit 32 pièces correspondant aux 32 mesures de l'aria (deux fois seize mesures). L'aria, une sarabande lente et ornée, est fondée sur le motif de basse très répandu de la "gagliarda italienna" (gaillarde italienne). Elles constituent la quatrième et dernière partie de la Clavierübung (« exercices, ou pratique du clavier »), publiée à Nuremberg par Baltasar Schmidt, en 1741 ou 1742. Elles sont initialement destinées au clavecin à deux claviers, l'usage fréquent de croisements de mains rendant leur interprétation difficile sur un seul clavier. A l'instar de la Chaconne pour violon solo, ces variations reposent davantage sur la basse continue que sur l'air principal, selon la technique de la chaconne ou du ground anglais. Elles sont divisées en dix ensembles de 3 variations, chaque groupe s'achevant par un canon, selon un ordre allant du canon à l'unisson (var.3) jusqu'au canon à la 9 (var.27). Au lieu du canon à la 10 prévisible, la var.30 est un quodlibet qui combine avec fantaisie plusieurs thèmes populaires en contrepoint : « Ich bin so lange nicht bei dir gewest, ruck her, ruck her » (Il y a si longtemps que je ne suis plus auprès de toi, rapproche-toi, rapproche-toi); et « Kraut und Rüben haben mich vertrieben / Hätt’ mein’ Mutter Fleich gekocht, so wär’ ich länger blieben”) » (Choux et raves m’ont fait fuir, Si ma mère avait fait cuire de la viande, je serais resté plus longtemps ». La première mélodie était très répandue au XVIIe sècle comme "Kerhaus", dernière danse : morceau que l'on jouait pour faire comprendre que la soirée dansante se terminait.

Liste des variations

Ligne de basse des variations Goldberg
- Aria
- Variatio 1 a 1 clav.
- Variatio 2 a 1 clav.
- Variatio 3 Canone all’unisono
- Variatio 4 a 1 clav.
- Variatio 5 a 1 ovvero 2 clav.
- Variatio 6 Canone alla Seconda
- Variatio 7 a 1 ovvero 2 clav.
- Variatio 8 a 2 clav.
- Variatio 9 Canone alla Terza a 1 clav.
- Variatio 10 Fughetta a 1 clav.
- Variatio 11 a 2 clav.
- Variatio 12 Canone alla Quarta in moto contrario
- Variatio 13 a 2 clav.
- Variatio 14 a 2 clav.
- Variatio 15 Canone a la Quinta in moto contrario a 1 clav., Andante
- Variatio 16 Ouverture a 1 clav.
- Variatio 17 a 2 clav.
- Variatio 18 Canone alla Sesta a 1 clav.
- Variatio 19 a 1 clav.
- Variatio 20 a 2 clav.
- Variatio 21 Canone alla Settima
- Variatio 22 Alla breve a 1 clav.
- Variatio 23 a 2 clav.
- Variatio 24 Canone all’Ottava a 1 clav.
- Variatio 25 a 2 clav.
- Variatio 26 a 2 clav.
- Variatio 27 Canone alla Nona
- Variatio 28 a 2 clav.
- Variatio 29 a 1 ovvero 2 clav.
- Variatio 30 Quodlibet a 1 clav.
- Aria

Enregistrements

Les Variations Goldberg constituent un des sommets de la forme « thème et variations ». L'une des interprétations les plus connues est celle, au piano, de Glenn Gould (enregistrée quatre fois, les deux plus connues étant celles de 1955 et de 1981), analytique et chantante à la fois. Elles ont été de nombreuses fois enregistrées, au piano, au clavecin, à l'orgue, en trio à corde et même à l'accordéon. Triés par date
- Wanda Landowska - novembre 1933 Paris - EMI 5 67200 - ADD - clavecin
- Glenn Gould - 21 juin 1954 - CBC - mono - piano
- Glenn Gould - 10 juin 1955, New York - Sony Classical 52 594 - ADD - piano : Un des enregistrements les plus connus : Glenn Gould au piano lors de ses débuts. Gould lui-même finira par en critiquer le style lyrique et l'interprétation « hors tempo », tout en émettant des réserves générales sur son style (le manque d'unité temporelle par exemple). - Sans reprises
- Rosalyn Tureck 1957 Abbey Road- EMI-Philips Classics (great pianists) - avec reprises - ADD - piano
-Glenn Gould - 1959 Prise directe au festival de Salzbourg - Sony Classical 52685 - ADD - piano
-Ralph Kirkpatrick - 1959 Deutsche Grammophon 439 673-2 - ADD - clavecin
-Helmut Walcha - juin 1960 - mars 1961 - Hamburg - EMI 4 89166 - ADD - clavecin
-Gustav Leonhardt - 1965 Teldec - clavecin
-Wilhelm Kempff - juillet 1969 Deutsche Grammophon 439 978-2 - ADD - piano
-Charles Rosen - juillet 1969 Sony SBK 48173 - ADD - piano
-Gustav Leonhardt - 1978 Deutsche Harmonia Mundi GD77149 - ADD - clavecin
-Trevor Pinnock - 1980 Archiv Produktion 415 130-2 - ADD - clavecin
-Glenn Gould - avril/mai 1981 New York Sony Classical 52619 - DDD - piano : Une des rares œuvres re-enregistrées par Gould. Interprétation plus classique, plus sobre et plus lente que celle de 1955 - et avec la plupart des reprisesLe minutage donne 38'26 pour l'enregistrement de 1955 et 51'14 pour celui de 1981.. Les séances d'enregistrement ont donné lieu à un film de Bruno Monsaingeon.
-András Schiff - Decca 1983 - 417 116-2 (1 CD) - toutes les reprises
- Scott Ross - 1er avril 1985 - Erato DDD - clavecin
-Chen Pi-hsien - octobre 1985 au Festeburgkirche, Francfort Naxos 8.550078 - DDD - piano
-Maria Tipo - 26-28 juin 1986 Paris EMI HMV 5 86666 - DDD - piano
-Ton Koopman - 1987 Erato - clavecin
-Keith Jarrett - janvier 1989 ECM Records 839 622-2 - DDD - clavecin
-Lars Ulrik Mortensen - 20/22 mars 1989 Kastelkirken - Copenhague - Kontrapunkt 33023 - DDD - clavecin Thomas Mandrup Poulsen 1984 d'après Ruckers / a-415Hz - diapason d'or.
-Virginia Black - Collins 1991 - 70032-2 (2 CDs) - toutes les reprises
-Maggie Cole - juin 1990 Virgin 5 61555 (2 CD) - DDD - clavecin
-Vladimir Feltsman - 26 octobre 1991 prise directe au Conservatoire de Moscou - 513260T - DDD - piano - Toutes les reprises
-Pierre Hantaï - juin 1992 - Opus 111 OPS 30-84 - DDD - clavecin
-Andrei Gavrilov - 1993 Deutsche Grammophon 435 436-2 - DDD - piano
-Jean Guillou - Orgue Keukler ND des Neiges Alpes d'Huez DORIAN - DOR-90110 - DDD - orgue
-Eleonore Bühler-Kestler - octobre 1993, Bayreuth - CHARADE; CHA 3012 - DDD - clavecin
-New European Strings Chamber Orchestra (Orchestre) - octobre 1993 Hambourg, transcription par Dmitry Sitkovetsky - Nonesuch - orchestre
-Peter Serkin - 1-3 juin 1994 Manhattan BMG Classics 09026 68188 2 - DDD - piano
-Bernard Lagacé - Analekta (Québec) 1996 - Montréal (Québec), Nov. 1995 - DDD - orgue
-Luc Beauséjour - Analekta (Québec) 1997 - FL 2 3132 - DDD - clavecin
- Béatrice Martin - Conservatoire de Musique de Paris, Cité de la Musique, 1998 - clavecin
-Angela Hewitt - Hyperion 2000 - CDA 67305 - Londres, Henry Wood Hall, 28 août-1 septembre 1999 - piano
-Bernard Labadie et Les Violons du Roy (Québec) - septembre 1999 - Dorian xCD-90281 - DDD - arrangement pour cordes et basse continue
-Amati String Trio - décembre 1999 Synagogue de Middelburg, The Netherlands Columns Classics 99564 - DDD - trio à cordes
-Evgeni Koroliov - Hänsler Edition Bachakademie - 1999 - piano
-Murray Perahia - juillet 2000 Sony Classical SK/SM 89243 - DDD - piano
-Céline Frisch - 2001 Alpha 14 (2 CDs) - avec BWV1087 - clavecin
-András Schiff - 2003 ECM
-Jill Crossland - 2003 Apex (Warner Classics) 0927 49979 2 - DDD - piano
-Pierre Hantaï - 2003 - Mirare MIR 9945 - DDD - clavecin
-Jenő Jandó - 2005 Naxos 8.557268 - DDD - piano ---- Sans date d'enregistrement - A insérer dans la première liste
-Christiane Jaccottet - ZYX Classics CLS 4131
-Konstantin Lifschitz - Denon Records -
-78961 - Lifschitz alors agé de 16 ans

Sources

-Basso, Alberto. Jean-Sébastien Bach. Torino, 1983. Trad. Hélène Pasquier, 2 vol., Fayard, 1985.
-Cantagrel, Gilles. Le Moulin et la rivière. Airs et variations sur Bach. Fayard, 1998.
-Williams, Peter. The Goldberg Variations. Cambridge Music Handbooks. Cambridge University Press, 2001.

En littérature

-E.T.A. Hoffmann, Kreisleriana chap.I, "Souffrances musicales du maître de chapelle Johannès Kreisler". Bibl. de la Pléïade, "Romantiques allemands", vol.I, Gallimard, 1963, pp.883-7. On y voit Kreisler jouer les "Variations pour clavecin de Jean-Sébastien Bach" devant un public qui "croit que ce sont de jolies petites variations". Hoffmann décrit avec humour les réactions du public éprouvé, de la variation 3 à la variation 30.
-Les Variations Goldberg (1981) de Nancy Huston, aux éditions Actes Sud.

Au cinéma

- Le Silence des agneaux, Hannibal Lecter écoute plusieurs de ces variations.
- L'aria dans Le Patient anglais de Anthony Minghella (1996).
- Plusieurs variations, ainsi que l'aria, dans Stupeur et tremblements de Alain Corneau (2002)
- Dans Le silence de Ingmar Bergman
- Dans "La séparation", avec Daniel Auteuil et Isabelle Huppert (Christian Vincent) (1999)

Dans les jeux vidéos

-Dans le jeu vidéo Heroes of Might and Magic 2, on peut entendre le Variatio 1 a 1 clav. en fond musical, dans le château du Magicien. ==
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