Stefan Nemanja

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Stefan Nemanja Stefan Nemanja ou en français Étienne Némania, en serbe cyrillique Стефан Немања (né en 1117 - mort le 13 février 1199), souverain serbe de la dynastie des Nemanjić, prince de la principauté médiévale de Rascie (Рашка) en Serbie à partir de 1166. Il abdiqua le 25 mars 1196 et se retira dans un monastère. Plus tard, avec son fils Saint Sava, il fonda sur la Sainte Montagne le monastère de Hilandar. C'e
Stefan Nemanja

Stefan Nemanja Stefan Nemanja ou en français Étienne Némania, en serbe cyrillique Стефан Немања (né en 1117 - mort le 13 février 1199), souverain serbe de la dynastie des Nemanjić, prince de la principauté médiévale de Rascie (Рашка) en Serbie à partir de 1166. Il abdiqua le 25 mars 1196 et se retira dans un monastère. Plus tard, avec son fils Saint Sava, il fonda sur la Sainte Montagne le monastère de Hilandar. C'est là qu'il mourut trois ans tard comme un simple moine nommé Syméon. L'Église orthodoxe l'a canonisé sous le nom de saint Syméon le Myroblite. Elle le fête le 13 février.

Descendance

Il est le fondateur de la dynastie des Nemanjić. Il laissa cinq enfants dont trois fils qu'il eut avec sa femme Ana :
- Stefan Ier Nemanjić et Stefan Vukan qui régnèrent sur la Serbie ;
- Saint Sava, le saint patron fondateur de l'Église orthodoxe serbe. et deux filles :
- Efimija Nemanjić, se marie à Thessalonique avec le despote d'Épire,
- une dernière fille dont le nom a été oublié, épouse d'un Bojar de Skoplje. Nemanja est né à Ribnica, aujourd'hui Podgorica. Il fut d'abord baptisé selon le rite catholique, puis il fut baptisé dans le respect du rite orthodoxe à Ras dans l'église Saint-Pierre. Il est le fils de Zavida.

La conquête et l'établissement du pouvoir de Nemanja

Nemanja avait autorité sur les territoires orientaux de la Serbie. En 1163, Manuel Ier Comnène donne à Nemanja la région de Dubrocica pour fief hérédidaire, il lui donne aussi le titre de Zupan. Nemanja mène alors sa propre politique sur ses terres sans en débattre avec ses frères Tihomir, Stracimir et Miroslav. Il fait construire plusieurs églises et monastères pour consolider le christianisme orthodoxe, notamment le monastère de Saint-Nicolas dans les environs de Kuršumlija ou l'église de la Sainte Vierge. Sa politique d'indépendance vis-à-vis de ses frères, les décide à agir contre lui. Ils le firent enfermer, mais Nemanja réussit à s'enfuir et à regagner ses terres. À partir de là, il chassera ses frères et se proclamera grand Zupan en 1166. Manuel Ier reçoit Tihomir qui le convainc de la trahison de Nemanja envers lui. L'empereur de Constantinople offrit alors une aide militaire à Tihomir, des latinikons francs, mercenaires turcs et grecs. En septembre 1168, les armées de Tihomir et de Nemanja se rencontrèrent dans le Nord du Kosovo dans la région de Zvečan près du village de Pantino. Nemanja vainquit. Dans sa tentative d'échapper à Nemanja, Tihomir se noya dans la rivière de Sitnica. Nemanja décida alors que l'empereur ne méritait plus son soutien, car il avait encouragé ses frères contre sa politique d'autonomie, alors que c'est Manuel, lui-même, qui avait donné à Nemanja l'autonomie en lui offrant la région de la Dubrocica. Il décida de se libérer de la tutelle de l'Empire grec, il profita de la guerre entre Venise et Constantinople en 1171. Allié à Étienne III de Hongrie , Nemanja se préparait à marcher sur les terres greques, lorsque la mort du roi de Hongrie le laissa seul en face de Manuel. Il décida alors de négocier avec Manuel 1, après lui avoir exprimé sa soumission, Nemanja fut invité à Constantinople par l'Empereur où il lui pardonna et lui donna le titre de grand Zupan. Par la suite, Nemanja sera fidèle à sa parole jusqu'à la mort de l'empereur Manuel. La Serbie de Nemanja

Au retour de Constantinople il réaffirme son autorité

En 1176 à son retour, Nemanja obéit à Manuel qui lui avait demandé de pardonner à ses deux autres frères. Il nomma Miroslav, Prince de Hum, l'actuelle Herzégovine, et Stracimir, Prince de la Morava de l'Ouest. Nemanja poussa aussi Prvoslava, le fils de Tihomir à renoncer à son héritage en sa faveur. La même année, il poursuivit aussi les bogomiles , plus connus en Occident sous le nom de cathares, qu'il chassa définitivement de ses terres, après avoir eu l'accord de l'Assemblée.

La campagne de Niš

En 1183, Nemanja décida de participer aux côtés de la Hongrie à une guerre contre l'Empire grec. En effet, Manuel Ier Comnène était décédé en 1180, Nemanja n'est plus lié à sa promesse envers le nouvel Empereur Byzantin, Alexis II Comnène. Les deux armées occupèrent, au profit de la Serbie, la ville et la région de Niš. Les Grecs étaient en déroute, mais devant les portes de Sofia. Le Roi de Hongrie Béla III fut renversé par des manoeuvres diplomatiques et financières par Constantinople. Nemanja continue alors seul la guerre contre Byzance, il ne visa plus vers Sofia, mais poursuivit son objectif d'unir les terres serbes, il s'emparera des régions autour de la ville de Vranje, toute la vallée de la Morava sur les deux rives, du Kosovo, de Hvosno et Lab que l'on appelle aujourd'hui la Métochie.

La campagne de l'Adriatique

Après avoir récupéré une importante partie des terres peuplées de Serbes dans l'est, Nemanja décida de reprendre à Byzance les terres qui l'avaient vu naître, les terres de la Dioclée, et qui étaient, pour lui, celles de ses ancêtres. En 1184, l'armée des trois frères, (Miroslav et Stracimir avaient rejoint Nemanja dans cette campagne), était devant les murs de la riche République de Dubrovnik. La ville était orthodoxe et peuplée de Serbes, comme toute la région, mais elle était jalouse et surtout très fière de son indépendance, et elle résista à l'armée de Nemanja deux fois de suite. En effet, après un premier échec en 1184, Nemanja revint en 1185 devant ces murs, pour subir un nouvel échec militaire. En 1186, Nemanja décida alors de libérer les autres villes de la région qui étaient sous domination byzantine, l'armée serbe prend les villes de Svac, Bar, Danj, Sard et Ulcinj avec une étonnante rapididé.

Nemanja conquiert l'autonomie serbe vis à vis de Byzance

Nemanja joua habilement avec la Hongrie et Byzance qui étaient toutes deux en opposition, il était orthodoxe, mais était avant tout un souverain serbe, et s'il était dans l'intérêt des Serbes d'affaiblir Byzance pour récupérer des terres peuplées de Serbes, il n'hesiterait pas. En 1190, il reçut à Nis l'empereur Frédéric Barberousse, en partance pour Jérusalem pour la 3 croisade, il avait préparé du ravitaillement pour l'armée germanique et accueuilli l'empereur du Saint empire germanique avec faste, pour enfin lui proposer de devenir son vassal si leurs armées attaquaient ensemble Byzance. Barberousse refusa poliment l'invitation de son hôte et le quitta en bon terme pour reprendre sa route vers Jérusalem. En 1190, Constantinople a joui de la mort de Barberousse qui s'est noyé dans la rivière Saleph en Asie Mineure, actuellement en Turquie. Byzance, pour se venger, fit perdre à Nemanja la bataille de la Morava. Mais Nemanja négocia avec Isaac II Ange, et il dut rendre à l'empereur byzantin une partie de ses dernières conquêtes, mais reçut en échange la reconnaissance de son autonomie. Son second fils Stefan épousa ainsi la princesse Eudoxie, nièce de Isaac II et fille du futur empereur byzantin Alexis III Ange, qui lui attribua 1195 le titre de Sébastokrator.

Nemanja devient Saint Syméon

Icone de Saint Simeon En 1195, Alexis II ange monta sur le trône de Constantinople. Nemanja avait alors plus de 80 ans. Lors de l'Assemblée de 1196, il lui fît part de son intention de passer la main à son fils Stefan et de se consacrer à la vie monastique. Il donna à Vukan, son fils ainé, l'autorité sur la Dioclée et à Rastko, la région de Hum, future Herzégovine. Sa vie de moine débuta d'abord à Studenica, où il prit le nom de Syméon, mais même dans cette vie monastique où il pensait peut-être, retrouver la méditation et la paix, il fut rejoint par son passé et l'action. Son fils Rastko donna la région de Hum à son frère Vukan et partit pour le Mont Athos dans le Monastère de Vatopedi. Il demanda à son père de venir le rejoindre. Tous les deux restaurèrent le Monastère de Hilandar et devinrent les mécènes du Mont-Athos. En deux ans, Syméon avait fait de la Serbie l'un des piliers de la chrétienté orthodoxe. Saint Sava poursuivit avec talent l'œuvre de son saint père. Le 13 février 1199, Syméon s'éteignit à Hilandar. Immédiatement, ses fils demandèrent qu'il soit proclamé saint. Cela fut fait : "Saint Syméon le Myroblite" était inscrit au calendrier. Le titre de Myroblite honore les saints dont les reliques ont miraculeusement suinté du myron, une huile parfumée.

Sources

- Dusan Batkovic, "Histoire du peuple serbe", éditions L'age d'homme
- Georges Castellan, Histoire des Balkans, XIV-XX siècle, éditions Fayard
- Donald M. Nicol, Les Derniers siècles de Byzance, 1261-1453, éditions les Belles Lettres ===
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