Catholicisme traditionaliste

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Le catholicisme traditionaliste (ou traditionalisme) s'oppose, depuis Vatican II, au catholicisme réformateur souvent improprement nommé « progressisme ». Il constitue un courant organiséYves-Marie Congar o.p., Journal d'un théologien (1946-1956), éd. du Cerf, Paris, 2000; Emile Poulat, Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste, éd. Albin Michel, Paris, 1962 composé de catholiques romains qui désirent voir maintenus les
Catholicisme traditionaliste

Le catholicisme traditionaliste (ou traditionalisme) s'oppose, depuis Vatican II, au catholicisme réformateur souvent improprement nommé « progressisme ». Il constitue un courant organiséYves-Marie Congar o.p., Journal d'un théologien (1946-1956), éd. du Cerf, Paris, 2000; Emile Poulat, Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste, éd. Albin Michel, Paris, 1962 composé de catholiques romains qui désirent voir maintenus les usages du culte et des coutumes du corps général du catholicisme tels qu'ils étaient pratiqués avant les réformes qui ont suivi le Concile Vatican II, qui eut lieu de 1962 à 1965. Le point commun de ces catholiques est l'attachement au rite tridentin, rite romain codifié par le pape saint Pie V en 1570, à la suite du concile de Trente. Après une longue crise depuis 1970, marquée notamment par l'excommunication de M Lefebvre en 1988, l'Église a réintégré des prêtres traditionalistes isolés ou des groupes – dont l'abbé Laguérie en septembre 2006 –, et vient, par le motu proprio Summorum Pontificum, accompagné d'une lettre pastorale, publié le 7 juillet 2007 par le pape Benoît XVI, de confirmer que la messe de saint Pie V (la messe en latin antérieure au concile Vatican II célébrée selon le missel publié en 1962 par le bienheureux pape Jean XXIII) n'a jamais été abrogée et de faciliter l'usage de l'ensemble du rituel traditionnel (notamment, la Messe, les sacrements du Baptême, du Mariage, de la Pénitence, de l’Onction des Malades, de la Confirmation, la lecture du Bréviaire).

Principales caractéristiques

Un catholicisme d'essence « contre-révolutionnaire »

Beaucoup de thèses contre-révolutionnaires et anti-libérales du XIX (Syllabus de Pie IX, thèses concordataire ou réfractaire..) et qui s'opposaient à la frange du catholicisme libéral (appelé aussi modernisme ou progressisme) sont reprisent par le biais du traditionalisme qui en fait donc l'héritier principal du catholicisme antilibéral. Beaucoup de traditionalistes font donc référence à la condamnation du libéralisme de Pie IX et à celle du modernisme de Saint Pie X.

L'attachement au « rite tridentin » et à la « Tradition » de l'Eglise

La messe traditionnelle connue aussi sous le nom de « latine » ou « grégorienne » dite de « saint Pie V », par opposition au Novus Ordo Missae (ou réforme liturgique) et l'attachement à la « Tradition de l'Église » sont les deux principales revendications de cette forme de catholicisme.

Les principales mouvances du traditionalisme

Parmi les figures de cette mouvance à la fois au sein et en marge de l'Eglise catholique on dénombre Mgr Lefebvre fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et qui fut excommunié en 1988, l'abbé Philippe Laguérie supérieur de l'Institut du Bon Pasteur, et les autres membres des instituts ou communautés traditionnelles Ecclesia Dei qui sont maintenant rattachés directement au Saint Siège.

La mouvance « Saint-Pie X » en marge de l'Église

La critique du dernier concile Vatican II jugé simplement « pastoral » et de ses effets jugés « dévastateurs » fait partie des revendications de la « frange dure » emmenée par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et par son fondateur Mgr Lefebvre. Ils avancent que, depuis le concile Vatican II, la présentation et la compréhension de l'enseignement de l'Eglise a changé à un degré inacceptable notamment sur l'oecuménisme et la liberté religieuse. Leur nombre est évalué à environ 150 000 dont 50 000 en France. Si la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et les ordres apparentés (Carmélites, Frères de la Fraternité et Soeurs de la Fraternité) reste la plus connue et numériquement la plus importante, cette mouvance regroupe d'autres communautés religieuses, les principales étant : - Pour les hommes : Bénédictins (Brésil, France, États-Unis), Dominicains (France), Capucins (France), Rédemptoristes (Ecosse), Fraternité de la Transfiguration (France), Fraternité St Josaphat (Ukraine) - Pour les femmes : Dominicaines enseignantes (France, États-Unis), Dominicaines contemplatives (France), Franciscaines (France, États-Unis), Clarisses (France), Petites Soeurs de Saint-Jean-Baptiste (France)

La mouvance « Ecclesia Dei » au sein de l'Eglise

L'autre partie des fidèles de ce courant, bénéficiant de l'indult Ecclesia Dei permettant l'utilisation du rite selon les livres liturgiques de 1962, réclame la lecture « à la lumière de la tradition » des textes du concile Vatican II et veut en « effectuer une critique sérieuse et constructive » en se référant notamment au discours du pape Benoit XVI du 22 décembre 2005 . Leur nombre est évalué à 150 000 dont 40 000 en France évaluation d'Una Voce.

La mouvance « sédévacantiste »

Viennent ensuite les « sédévacantistes » se revendiquant « catholiques semper idem » : ceux-ci rejettent la validité du clergé ordonné après les réformes de 1969, ainsi que l'autorité des papes depuis 1958, de Jean XXIII à Benoît XVI avec lesquels ils ne sont pas en union. Ces papes seraient, selon eux, papes d'une nouvelle Église, l'Église conciliaire, l'Église Catholique étant alors « éclipsée ». Ils se fondent sur les prophéties de Notre-Dame de la Salette, « L'Église sera éclipsée », et sur les changements doctrinaux qui auraient eu lieu au cours des derniers pontificats. Ils sont très minoritaires.

Autres formes de « traditionalisme »

Enfin, pour être exhaustif, il faut citer deux groupes dont les effectifs sont très faibles, qui reconnaissent le Pape, mais n'ont aucun lien avec le Vatican :
- la « Contre-Réforme-Catholique » (CRC), fondée en 1958 en France par l'Abbé Georges de Nantes, suspens a divinis depuis 1966 ;
- « Tradition Famille Propriété » (TFP), association de laïcs, fondée en 1960 au Brésil par Plinio Corrêa de Oliveira. D'abord proche de M Antonio de Castro-Mayer, celui-ci s'écarte de cette association en 1984, lorsque le comportement sectaire du fondateur s'affirme.

Positionnement politique des laïcs

Beaucoup de fidèles de la « Tradition catholique » s'engagent politiquement pour tenter de restaurer les principes politiques qui ont façonné la « chrétienté » (Religion d'Etat, doctrine du Christ Roi, Syllabus..) et qui s'opposent à ceux de la Révolution française. Ils se réclament pour la plupart du nationalisme français et de la contre-révolution.

Implantations géographiques

Le catholicisme traditionaliste est bien implanté en France où l'on compte près de 400 lieux de cultes, toutes tendances confondues. Viennent ensuite les États-Unis et le reste de l'Europe.

Annexes

Notes et références

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Sujets connexes
Antonio de Castro-Mayer   Benoît XVI   CRC   Catholicisme   Catholicisme libéral   Catholiques réformateurs   Chrétienté   Concile de Trente   Contre-révolution   Crise moderniste   Ecclesia Dei   Excommunication   Fraternité Saint-Vincent-Ferrier   Fraternité sacerdotale Saint-Pie X   Fraternité sacerdotale Saint-Pierre   IIe concile œcuménique du Vatican   Institut du Bon Pasteur   Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre   Jean XXIII   Marcel Lefebvre   Modernisme   Motu proprio   Nationalisme contre-révolutionnaire   Nationalisme français   Notre-Dame de la Salette   Olivier Pichon   Philippe Laguérie   Pie IX   Progressisme   Rite tridentin   Révolution française   Septembre 2006   Summorum Pontificum   Syllabus   Sédévacantisme   Tradition   Tradition Famille Propriété  
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