Soliman le Magnifique

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210px Soliman le Magnifique (Kanûnî Sultan Süleyman) (ou Süleyman Ier ) est né le 27 avril 1495 à Trébizonde (Trabzon) et meurt le 7 septembre 1566 à Szigetvár. Seul fils survivant de Selim I Yavuz, il fut le dixième sultan de la dynastie ottomane. Son père Selim Ier (Yavuz Sultan Selim Han) dit le «Cruel» ou le «Terrible» ou inflexible (1470 - 1520) lui ouvrit une voi
Soliman le Magnifique

210px Soliman le Magnifique (Kanûnî Sultan Süleyman) (ou Süleyman Ier ) est né le 27 avril 1495 à Trébizonde (Trabzon) et meurt le 7 septembre 1566 à Szigetvár. Seul fils survivant de Selim I Yavuz, il fut le dixième sultan de la dynastie ottomane. Son père Selim Ier (Yavuz Sultan Selim Han) dit le «Cruel» ou le «Terrible» ou inflexible (1470 - 1520) lui ouvrit une voie toute tracée. Et donc, à sa mort, le 20 septembre 1520 son fils unique, Soliman, monte logiquement sur le trône. Avec l'aide de son grand vizir, il impose les réformes qui lui valurent son surnom turc de « Législateur » (Kanûnî). Sous son règne, l’Empire ottoman devient une grande puissance mondiale, continuant à s’étendre pendant encore un siècle avant de commencer une longue phase de déclin.

Biographie

Les premières années

À l’âge de sept ans il fut envoyé dans la capitale, Istanbul pour y suivre ses humanités qui consistaient, à l'époque, en l'étude des sciences, histoire, littérature, théologie. Son père, Selim le terrible, y ajouta les techniques militaires. Il fit ses premières expériences en matière de gouvernement dans différentes provinces. Dès le début de son règne il entreprit plusieurs campagnes de conquêtes. Il conquit ainsi la Serbie en 1521 en prenant Belgrade. L'année suivante, il assiégea et prit l’île de Rhodes en 1522, laissant les chevaliers de Saint Jean se réfugier à Malte.

L'apogée de son règne

Le 29 août 1526 Soliman remporta la victoire de Mohács contre le roi Louis II de Hongrie et occupa la majeure partie de la Hongrie, dont il donna le trône à Jean Zápolya prince de Transylvanie. Mais Charles Quint, Saint Empereur Romain, et son frère Ferdinand, archiduc d’Autriche, reprirent la Hongrie. Une contre-attaque de Soliman se termina par un échec en raison du mauvais temps. Soliman menaça Vienne en 1529 et en 1532. Finalement en 1533, il signa un traité de paix avec Ferdinand, coupant en deux la Hongrie dont une partie revint aux Habsbourg, et l’autre à Jean Zápolya. À la mort de Jean Zápolya, Ferdinand resta dans sa partie de la Hongrie, donnant à Soliman l'impression de pouvoir annexer l'autre partie. Il s'en suivit de nouveaux combats et un nouveau traité pour revenir au point de départ. De 1533 à 1536 il conquit l’est de l’Anatolie et l’Azerbaïdjan. Dans la même période, les troupes ottomanes occupèrent le Yémen. Les corsaires turcs installés à Alger prirent Tunis aux Hafsides en son nom en 1534. Leur royaume fut conquis par le pacha turc de Tripoli qui prit Kairouan en 1557 et par le pacha d’Alger qui prit Tunis en 1569. Soliman consolida ses conquêtes en signant une série de traités de paix avec ses voisins. En 1540, il signe avec Venise un traité de paix assorti de capitulations avantageuses pour les marchands vénitiens. En 1541 il installa une régence ottomane en Hongrie pendant l’enfance du nouveau roi. En 1547 il signa un traité de paix avec Charles Quint. Dans le même temps il entretint de bonnes relations avec la France, autre adversaire de Charles Quint. En gage de ces bonnes relations, il permit à François I d’avoir une représentation permanente à İstanbul, une chapelle d'Ambassade qui devint par la suite le Lycée Saint-Benoît et accorda à la France des capitulations. Le 29 août 1551 Soliman prend la forteresse hongroise de Belgrade et Sabac. En 1559 il signa un traité de paix avec le chah safavide d’Iran.

Sa mort

C’est alors qu’il menait une campagne contre l’empereur germanique Maximilien II que le Sultan mourut en 1566, la veille de la bataille de Szigetvár en Hongrie, remportée par les Turcs. Il fut enterré au côté de son épouse préférée Roxelane, dans le mausolée attenant à la mosquée Süleymaniye d’İstanbul.

Le jugement de l'Histoire

Vu de l’étranger Soliman, le Grand turc, paraissait un danger pour tout le monde en raison de sa puissance et de son ambition, mais à l’intérieur il était considéré comme un bon souverain, combattant la corruption, et comme un mécène envers les artistes et les philosophes. Lui-même est connu pour avoir été un poète et un habile bijoutier. Pour tous les commentateurs c'est au , sous le règne de Soliman, que l'Empire connaîtra son apogée, lorsque ses armées s'avanceront jusqu'à la capitale autrichienne en 1529 et 1532 (elles feront d'ailleurs ces sièges en vain). Inversement, Vienne marquera la limite de l’expansion de l'Empire en Occident (comme Aden en fixera la limite à l’Est). Pour les chroniqueurs de l'époque, le siège de Vienne causa, en Occident un traumatisme très important. Si important qu'ils le plaçaient à un niveau équivalent à celui des invasions Vikings ou de la grande peste.

Le rôle de Roxelane

Roxelane Si on a parfois accusé Soliman de cruauté, certains disent qu’il faut y voir l’influence de son épouse Roxelane (Hürrem Sultan en turc), sultane fille d’un prêtre orthodoxe ukrainien et nommée Aleksandra Lisowska (1505-Edirne 1558). Roxelane était devenue la troisième épouse dans la hiérarchie du harem avec la naissance d’un fils. On dit qu’elle était une très habile politique et qu’elle savait jouer de la fascination de son époux. La règle de succession en vigueur chez les ottomans était que le successeur devait être le fils aîné, aussi celui-ci devait se débarrasser de tous ses frères comme autant de concurrents. Le prétendant était Mustafa le fils d'une autre épouse. En 1541 un incendie détruisit l’ancien palais et tout le harem fut déplacé vers le grand palais où elle se retrouva plus proche du Sultan : c’est ainsi que commença l'ère dite du « règne des femmes ». Roxelane avait un rival à éliminer, c’était le plus fidèle compagnon de Soliman, Ibrahim. Ce dernier était comme Roxelane un ancien captif et esclave, il devint le grand vizir de Soliman durant 13 ans. Ibrahim avait possédé Roxelane. Soliman lui avait promis sa sœur, Hatice, en mariage. En offrant Roxelane au Sultan, Ibrahim avait pensé que cela consoliderait sa position, mais ce fut le contraire qui advint. Roxelane devint jalouse de l’amitié de Soliman pour Ibrahim, elle se mit à répandre des ragots sur Ibrahim. Une nuit il fut étranglé par un garde sourd-muet, mais cependant aucune preuve d'évidence n’a été rapportée sur la responsabilité de Roxelane dans ce meurtre. Soliman voulait construire un nouveau palais, Roxelane craignant de s’y voir enfermée dans un nouveau harem, l’en dissuada et l’incita à construire une mosquée. C’est ainsi que l’architecte Sinan fut choisi pour la construction de la mosquée dite « Süleymaniye » à İstanbul en 1549. Une fausse lettre du prince héritier Mustafa au chah d’Iran lui demandant son aide pour renverser Soliman fut interceptée. Mustafa se précipita chez son père pour se justifier, seul et sans arme. Soliman tua son fils le 6 novembre 1553, tout en le pleurant. Des quatre fils de Roxelane:
-le premier Mehmet mourut jeune de mort naturelle;
-le second Cihangir, bien que brillant était atteint d’épilepsie;
-le troisième Bayezid était intelligent et cruel, c'est le Bajazet de Jean Racine.
-Selim (le futur Selim II) le quatrième était donc son élu car Roxelane pensait qu’il ne devrait pas assassiner ses frères, étant d'un naturel plutôt doux. Roxelane ne verra pas ses plans s'accomplir car elle mourut le 17 avril 1558. Les deux frères s’affrontèrent contrairement à ce qu’avait supposé leur mère, ce qui amena Bayezid à se réfugier en Perse auprès du Chah. Soliman parvint à le faire extrader pour l'assassiner rapidement.

L’héritage

La mosquée de Soliman le Magnifique à Istanbul (Suleymaniye Cami) La mosquée de Soliman à Istanbul Soliman fit bâtir de nombreux complexes religieux, (külliye), comprenant mosquée, madrasas, bibliothèque, cantines et mausolée, dont le plus célèbre est la mosquée Süleymaniye d’İstanbul. Il fit construire des complexes de ce genre à Damas à Médine et au Yémen. En 1517 Selim I avait pris le contrôle de l’ancien territoire de Judée aux Mamelouks. Les Ottomans reçurent des centaines de réfugiés fuyant les conversions forcées opérés par le roi Ferdinand II d'Aragon en 1492, c’est ainsi qu’à Istanbul s’était installée une importante minorité juive. Soliman pris soin de restaurer Jérusalem et il fit entourer la vieille ville d'une muraille que l'on peut encore voir aujourd'hui.

Bibliographie

- André Clot, Soliman le Magnifique, Fayard, 1983 ==
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