Alphabet hébreu

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L’alphabet hébreu (héb. : אָלֶף־בֵית עִבְרִי alefbet est habituellement écrit en hébreu sans le maqaf (מקף, le trait d’union hébreu) et les deux termes du mot sont accolés : אלפבית עברי., alefbet ʼivri) est un abjad qui s’est développé à partir de l’alphabet araméen. Les Hébreux appellent leur alphabet alefbet ou, traditionnellement, aleph-beth (aleph et beth en étant les deux pr
Alphabet hébreu

L’alphabet hébreu (héb. : אָלֶף־בֵית עִבְרִי alefbet est habituellement écrit en hébreu sans le maqaf (מקף, le trait d’union hébreu) et les deux termes du mot sont accolés : אלפבית עברי., alefbet ʼivri) est un abjad qui s’est développé à partir de l’alphabet araméen. Les Hébreux appellent leur alphabet alefbet ou, traditionnellement, aleph-beth (aleph et beth en étant les deux premières lettres). Il sert principalement à la transcription usuelle de la langue hébreu et ses variétés vernaculaires ou dialectales de la famille judéo-arabe (Al Yahudiyya), ainsi que d’autres langues de tradition juive comme le judéo-espagnol (djudezmo), le ladino (forme uniquement écrite de l’hébreu traduit mot-à-mot en espagnol), le judéo-allemand (ou yiddish), le judéo-alsacien (ou jéddischdaitsch), et aussi autrefois pour celle d’autres langues sémitiques ou encore régionalement pour celles de langues indo-aryennes parlées par la diaspora juive.

Histoire de l’écriture hébraïque

L’archéologie montre que l’écriture hébraïque ancienne est proche de l’écriture phénicienne qui s’est répandue au Moyen-Orient à la fin du avant l’ère chrétienne. Pendant l’exil au avant l’ère chrétienne, les juifs en ont emprunté une forme plus moderne aux Juifs babyloniens qui en avaient hérité eux-mêmes des Juifs assyriens. C’était l’alphabet carré qui est encore utilisé aujourd’hui. Selon la tradition juive, leur écriture était formée à l’époque de Moïse, bien que le rôle d’Esdras soit reconnu pour sa contribution à l’écriture carrée. Du fait que la notation du calcul se faisait avec des lettres, comme en grec, les lettres hébraïques ont une valeur numérique, symbolique et mystique qui est abondamment illustrée par la Kabbale. Il est vraisemblable que si la forme des 22 lettres a évolué, leur rang dans l'ordre alphabétique est resté fixe depuis une origine très ancienne. Voir Alphabet ougaritique. Malgré le déclin de l’hébreu et de l’araméen comme langues parlées, l’écriture hébraïque s’est maintenue dans l’enseignement religieux et comme véhicule du yiddish et du judéo-espagnol, les langues de la diaspora. L’écriture fut remise à l’honneur (en tant que support naturel de langues vivantes) lors de la renaissance de la conscience nationale et de la langue hébraïques à la fin du et la reconnaissance de la langue hébreue comme langue officielle depuis la création de l’État d’Israël en 1948 (où les autres langues hébraïques ou variétés vernaculaires de la langue hébreue sont également parlées aujourd’hui par des communautés aujourd’hui très vivantes, et qui entretiennent des relations culturelles très importantes avec la diaspora dans le reste du Monde).

Principes généraux de l’écriture avec l’alphabet hébreu

Quelques lettres connaissent une variante contextuelle en fin de mot. C'est un procédé semblable à celui qu'on rencontre pour l'alphabet arabe, bien que beaucoup plus simple. Toutefois, ces variantes ont parfois été utilisées pour noter des différences phonétiques et orthographiques, ou conservées par tradition dans des mots composés. Pour ces raisons, les textes en écriture hébreue ne doivent pas faire l'objet d'une variation contextuelle automatique entre les formes finales et normales. L’écriture hébreue doit donc être traitée comme si les formes finales étaient des lettres distinctes au plan orthographique, complétant l’alphabet de base. Ce n'est pas nécessairement le cas des autres variations utilisant les diacritiques consonantaux notés dans le tableau ci-dessous. L'hébreu classique ne note bien sûr pas les voyelles, puisque c'est un abjad. Des signes diacritiques, points ou nikkud, ont cependant été ajoutés pour faciliter l'enseignement et la lecture des textes sacrés. Il existe également des signes de cantillation et des ornements propres à la Torah. De même, l'utilisation des matres lectionis simplifie la lecture, en transformant l’abjad classique en alphabet (sans utiliser aucune autre voyelle diacritique). Ainsi, quatre lettres de base de l’alphabet (א aleph, ה , ו waw ou י yodh) sont des semi-consonnes (ou semi-voyelles selon le point de vue), ce qui signifie qu’elles sont employées comme des consonnes dans l’écriture de base, mais le sont aussi occasionnellement comme voyelles (mater lectionis) dans certaines orthographes simplifiées de la langue hébreue ; dans l’écriture hébreue normale d’autres langues, comme le yiddish (ou judéo-allemand) et le jéddischdaitsch (ou judéo-alsacien), elles sont employées directement pour la transcription (nettement simplifiée) de leurs voyelles, sans forcément faire appel aux diacritiques voyelles de l’écriture hébreue (cela nécessite l’usage de ligatures spécifiques à ces langues pour permettre certaines distinctions orthographiques entre les usages vocaliques et consonnantaux). Ces quatre semi-consonnes en langue hébreue ont aussi une lecture contextuelle très fréquemment différente, et un comportement particulier relatif au placement des diacritiques voyelles qui peuvent aussi les précéder (et qui normalement complètent les lettres de base précédentes). Ces groupements sont alors nommés différemment pour qualifier cet usage vocalique particulier en liaison avec les autres « véritables » voyelles diacritiques hébreues (pas toujours notées même si elles sont implicites).

Alphabet consonnantal de base ou étendu (abjad) et valeurs phonétiques

Ne sont listées ci-dessous que les lettres de bases nécessaires pour la transcription de l’hébreu moderne ou classique, ainsi que leurs variantes consonnantales (y compris les ligatures spécifiques à la transcription du yiddish), à l'exclusion des autres diacritiques hébreux (points vocaliques et marques de cantillation) qui ne sont utilisés que dans l’écriture hébreue pointée. La plupart des lettres de base de l’hébreu ont des variantes phonétiques représentées avec des diacritiques permettant de les distinguer phonétiquement. Le diacritique daguesh (appelé mapiq quand il porte sur une semi-voyelle) est le plus courant et peut être ajouté au milieu de la plupart des lettres, mais il existe aussi des diacritiques plus rares (tel le rāp̄eh ou rafe pour noter la variante fricative avec un petit tiret en chef en opposition au daguesh central qui note la variante occlusive, et le varyika en yiddish très similaire au daguesh mais note une articulation déplacée de l’occlusive) pour ajouter des distinctions supplémentaires nécessaires à la transcription de variétés plus anciennes de la langue hébreue ou celle d’autres langues. D’autre part, certaines lettres peuvent former des ligatures entre elles ; ces ligatures (dont trois d’entre elles sont utilisées en yiddish) peuvent être considérées comme des lettres supplémentaires (distinctes des lettres qui les composent en théorie) car elles sont parfois nécessaires à certaines distinctions orthographiques. Enfin, les lettres peuvent aussi avoir des formes graphiques légèrement différentes, telles que la forme alternative de la lettre ayin (dont la jambe descendante devient horizontale) ou les formes élargies de certaines lettres (par exemple aleph), destinées à faciliter le placement de diacritiques (en général cela ne modifie pas la sémantique de la lettre elle-même, ni l’orthographe du mot par rapport à son écriture non diacritiquée).

Glyphes

Voici des versions agrandies des glyphes de chacune des 22 lettres de l’alphabet de base et de leurs variantes finales, dans un style traditionnel et dans un style moderne simplifié. Les noms donnés ici aux lettres indiquent à la translittération latine recommandée pour les écritures sémitiques, suivis de l’orthographe la plus commune du français. Image:Hebrew letter alef.png| א – Aleph Image:Hebrew letter bet.png| ב – Beth Image:Hebrew letter gimel.png| ג – Gimel Image:Hebrew letter dalet.png| ד – Dalet Image:Hebrew letter he.png| ה – He Image:Hebrew letter vav.png| ו – Vav Image:Hebrew letter zayin.png| ז – Zayin Image:Hebrew letter het.png| ח – Het Image:Hebrew letter tet.png| ט – Tet Image:Hebrew letter yod.png| י – Yod Image:Hebrew letter kaf.png| כ – Kaf Image:Hebrew letter final kaf.png| ך – Kaf final Image:Hebrew letter lamed.png| ל – Lamed Image:Hebrew letter mem.png| מ – Mem Image:Hebrew letter final mem.png| ם – Mem final Image:Hebrew letter nun.png| נ – Nun Image:Hebrew letter final nun.png| ן – Nun final Image:Hebrew letter samekh.png| ס – Samech Image:Hebrew letter ayin.png| ע – Ayin Image:Hebrew letter pe.png| פ – Pe Image:Hebrew letter final pe.png| ף – Pe final Image:Hebrew letter tsadi.png| צ – Tsadi Image:Hebrew letter final tsadi.png| ץ – Tsadi final Image:Hebrew letter qof.png| ק – Qof Image:Hebrew letter resh.png| ר – Resh Image:Hebrew letter shin.png| ש – Shin Image:Hebrew letter tav.png| ת – Tav

Transcriptions de l’hébreu dans d’autres écritures

On transcrit traditionnellement l’alphabet hébreu en écriture latine, grecque ou cyrillique selon les convention de transcription des langues sémitiques, à l’aide des diacritiques usuels propres à ces alphabets, tout en faisant un usage normal des lettres voyelles dont ces alphabets disposent : les diacritiques vocaliques hébreux deviennent donc le plus souvent des voyelles simples, et les diacritiques consonnantaux hébreux disparaissent souvent des consonnes transcrites (notamment dans les transcriptions simplifiées adaptées aux langues à écriture latine où l’on fait alors un usage fréquent des digraphes). Les marques de cantillation hébreues (sans valeur phonologique réelle) ne sont généralement pas transcrites, sauf parfois si elles marquent une caractère important au plan sémantique (tel qu’une emphase, qui peut être transcrite éventuellement par une marque de ton, une capitale ou plus souvent la ponctuation) ou dans les transcriptions purement phonétiques. On peut noter que l’alphabet hébreu de base n’a pas toujours été employé pour écrire la langue hébreue : certains anciens écrits massorétiques ont parfois remplacé les lettres de base de l’alphabet hébreu par les lettres de base et ligatures de l’alphabet arabe ou d’autres écritures sémitiques (tout en conservant tous les autres diacritiques vocaliques et de cantillation qu’ils ont créé pour l’alphabet hébreu !) pour la transcription cursive de textes sacrés de langue hébreue.

Voir aussi

Notes et références

Bibliographie

- L’hébreu : 3000 ans d'histoire, Mireille Hadas-Lebel, 1992, Albin-Michel (collection présences du Judaïsme), Paris.
- Les mystères de l'alphabet, Marc-Alain Ouaknin, 1997, Éditions Assouline, Paris, 1997.
- L'écriture hébraïque, alphabet, styles et calligraphie, Gabriele Mandel, 2001, Flammarion, Paris. ===
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