Canne (marche)

Infos
La canne est le nom générique d'un accessoire allongé en forme de bâton, touchant le sol et tenu à la main, principalement destiné à aider la marche, bien qu'il puisse remplir d'autres fonctions (mode, outil, arme, sport, etc.). La canne tire son appellation du végétal du même nom "canne" (nom vernaculaire du roseau), par analogie de nature et de forme avec le matériau employé initialement pour sa fabrication. L'apparition de cette signification de canne comme "bât
Canne (marche)

La canne est le nom générique d'un accessoire allongé en forme de bâton, touchant le sol et tenu à la main, principalement destiné à aider la marche, bien qu'il puisse remplir d'autres fonctions (mode, outil, arme, sport, etc.). La canne tire son appellation du végétal du même nom "canne" (nom vernaculaire du roseau), par analogie de nature et de forme avec le matériau employé initialement pour sa fabrication. L'apparition de cette signification de canne comme "bâton de promenade" date du (Larousse)Pierre Faveton précise que le mot canne viendrait de «kanch» (canne en hébreux) qui aurait donné «Canna» en latin, d'où proviendrait l'appellation française, in "Les Cannes" (infra). A partir de là, la canne connaît d'innombrables déclinaisons de forme, d'usage, voire de dénomination.

L'histoire de la canne

La canne féminine au ;La nuit des temps Si les premières cannes furent d'abord vraisemblablement de vulgaires bâtons ramassés et utilisés comme tels de façon multi-utilitaire, puis progressivement ouvragés et façonnés, il est difficile de dater l’apparition de la canne qui, en outre, n'adoptera cette appellation générique commune que très tardivementSelon Pierre Faveton "La canne n'a pas d'âge. La première canne a dû être inventée spontanément dès que l'homme, se saisissant d'une branche cassée, a compris le parti qu'il pourrait en tirer" (bibliographie infra).. Toutefois, on reconnaît volontiers à l'égyptien Toutankhamon la qualité de premier collectionneur de cannes (on en a retrouvé plus d'une centaine de tous types dans son tombeau)Au moins 130 modèles différents . Plus de 300, selon le site d'un fabricant spécialisé , mais la canne est également évoquée dans l'antiquité grecque (par exemple Œdipe face au Sphinx) et dans la Bible (notamment l'épopée de Moïse ou l'histoire de Jacob)Selon l'histoire de la canne sur le site d'un fabricant spécialisé et un résumé de l'ouvrage de Pierre Faveton (bibliographie infra) , également présente chez les Assyriens et à Rome où tous les nobles ont une canne. Même le légionnaire romain joint à son uniforme une canne-bâton (canne centurion). À l'exception de ce dernier exemple, la canne fait alors souvent office de signe distinctif, hiérarchique ou nobiliaireSelon l'histoire de la canne sur le site d'un spécialiste des cannes anciennes et de collection même s'il est probable que la canne poursuit une destinée plus rustique et plus utilitaire dans les couches plus rurales de la société. ;La période post moderne Plus près de nous, au Moyen Âge, la canne se fait plus discrète au profit de l'épée chez les féodaux. On note cependant les spécificités des cannes de pèlerinage appelées bourdonDu latin «burdus»: bâton, selon Pierre Faveton (Bibliographie infra). Ce sont des cannes hautes, gainées ou cloutées, parfois sculptées, avec une poignée disposant d'une butée inférieure (pour bloquer la main ou lier une gourde). La Renaissance remet timidement la canne en vogue. François I possède une canne, la régente Catherine de Médicis aussi. Elle reste donc l'apanage des monarques et de la noblesse, comme plus tard pour Louis XIII, puis Louis XIV, ainsi que pour leurs courtisans qui en firent l'une des règles de l'étiquette et même pour leurs comédiens qui l'utilisent comme symbole de grandeur dans leurs pièces. Le XVIII° siècle connu cependant la canne de femmes, enrubannée (ou à dentelles)Selon le site d'un fabricant spécialisé et c'est aussi de cette époque que date l'usage codifié de la canne comme instrument de défense, ce qui deviendra un art martial bien français. On se souvient également de la très riche canne de RichelieuSelon l'histoire de la canne sur le site d'un spécialiste des cannes anciennes et de collection . La Révolution marque une étape et une parenthèse extravagante. La canne se démocratise et l'épée autonome décline : la canne-poudrier de la garçonne, et surtout, les énormes cannes torsadées (cannes-gourdin) des jacobins (appelées arbre de liberté ou pouvoir exécutif), avec des variantes comme les grosses cannes ficelées d'une corde à boyau et fourrées d'une épée des Incroyables, alors que de leur côté, les muscadins qui se moquaient des jacobinsRoyalistes progressistes (du nom de leur parfum favori : le musc) affichaient au contraire des jacobins une mise soignée, exhibaient pourtant eux aussi une grotesque canne-gourdin Voir l'histoire de la canne sous la Révolution . ;La période moderne Après cette joyeuse période d'excentricité collective, c'est principalement la Belle Époque qui fera de cette orthèse un accessoire viril et élégant de la mode masculine bourgeoise (et non plus seulement aristocratique), complément indissociable du frac noir et de la redingote. On parle alors d'âge d'or de la canneDe multiples sources, dont , et et, selon Pierre Faveton (bibliographie infra), "Il est alors aussi incongru à un homme de sortir sans sa canne qu'à une femme de se promener sans chapeau". Beaucoup de grands bijoutiers-joaillers se sont investis dès le 19° siècle dans la fabrication de luxueux pommeaux de cannes, comme Fabergé, Cartier, Tiffany, etcSelon le site d'un fabricant spécialisé dans les cannes de prestige . Les cannes de cette époque sont d'ailleurs, aujourd'hui, les fleurons de belles collections. Depuis, après un dernier engouement lors de la période Art déco, la canne revient sporadiquement dans la lumière, bien que, de nos jours, ce soit souvent par dérision ou par excentricité individuelle (exemples récents célèbres : le peintre Dali, le faux comte de Saint Germain, certains artistes du mouvement gothique, etc.)A noter une élégante exception avec l'acteur-danseur franco-américain Fred Astaire (milieu du XX°s) que l'on voyait parfois avec une canne (dans Top Hat) , à l'exception des utilisations très spécialisées (médicales ou sportives).L'inoubliable Charlot et sa canne de bambou ;La symbolique de la canne a ainsi singulièrement évolué. Au plus loin que l'on remonte dans le temps, la canne fut jadis associée aux images du patriarche (Moïse), du pouvoir (crosse de l'évêque ou du monarque), du berger, du pèlerin (Compostelle), puis à celle du Maître à danser (canne-pochette). Aujourd'hui, bien qu'elle connaisse une réelle désaffection depuis le début du 20° siècle, autre qu'utilitaire, elle s'identifie encore à l'image de la vieillesseOn se souvient de l'image du général de Gaulle marchant avec sa canne sur la lande irlandaise après sa démission, ou du président américain Roosevelt à Yalta, à celle du magicien et, de plus en plus, à celle du randonneur, retrouvant ainsi son utilité première pour la promenade. Mais qui peut oublier la célèbre silhouette de Charlot et sa canne de bambou flexible ou les cannes virevoltantes des Dupont et Dupond de Hergé ? Cependant, l'histoire démontre que de tout temps, la canne a eu ses trois fonctions principales qui emportent toutes les autres : l'appui, la parade et la défenseComme le souligne Pierre Faveton précité.

La canne dans tous ses aspects

La canne peut être classée en quatre catégories

- la canne d’agrément, voire de prestige, dite aussi "canne vestimentaire", qui est un accessoire raffiné de la tenue masculine qui s'affiche.
- la canne orthèse, plus indispensable au déplacement et à la marche : ordinaire, spécialisée (cannes traditionnelles du monde rural) ou médicale.
- la canne à système qui est ingénieuse et qui cache toute sorte d'usages et d'objets plus ou moins utilitaires, inoffensifs ou non.
- la canne sportive, traditionnelle (art martial) ou plus contemporaine (bâton de randonnée) Néanmoins, cette catégorisation n'est qu'une commodité. Il n'est pas toujours facile, ni pertinent, de distinguer les cannes entre elles, ni de les regrouper, notamment en fonction de leurs différentes utilisations qui s'interpénètrent : la canne d'agrément peut aussi servir de riche orthèse; la canne sportive n'est pas à proprement parler une canne orthèse bien qu'elle en dérive mais la canne de randonnée sert néanmoins aussi d'aide à la marche et, en outre, peut être seulement de loisir et non pas sportive (donc une forme d'agrément); les cannes système sont souvent des cannes d'agrément parfois luxueuses, etc. En fait, les modèles de canne et leurs usages sont si diversifiés que leurs seuls points communs sont parfois seulement d'être un accessoire tenu à la main et leur forme générale commune silhouettée en bâton.

La canne et ses composantes

;Les divers éléments d'une canne Le bâton (ou fût) de la canne classique est souvent en bois, parfois sculptéDans les régions montagneuses, les cannes sculptées sont prisées de nos jours comme souvenirs touristiques, en dehors de leur utilité fugitive d'aide à la promenade. On pense également aux cannes que sculptaient les marins en souvenir de leurs périples, mais il peut aussi s'agir de véritables chefs-d'œuvre sur des cannes d'exception, marqueté, incrusté ou gainé (en cuir ou tressage, par exemple), choisi en fonction de ses qualités esthétiques ou plastiques, précieux ou non (ébène, érable, châtaignier, palissandre, etc). Il peut être aussi en jonc, en métal ou en matériau composite (modèles sportifs). Le bâton est plutôt de section cylindrique mais peut être carré (voire, plus rarement, triangulaire ou ovale) pour les modèles sportifs notamment. En principe le bâton est droit et lisse (hormis les cannes sculptées) mais il peut être torsadé, noueud et de forme vermiculaire. La poignée. En principe, le bâton s'orne, d'une manière distincte, d'un pommeau (milord ou en boule) ou d'une crosse (classique, en équerre ou Derby), où l'or, l'argent, l'ambre et l'ivoire peuvent servir de support à de véritables œuvres d'art, éventuellement incrustées de pierres précieuses ou de nacre. On trouve aussi des pommeaux et des crosses aux formes les plus diverses, notamment des têtes humaines ou d'animaux. Toutefois, la poignée est le plus souvent en bois, en métal ou en matière plastique sur les modèles contemporains courants, voire en caoutchouc pour certaines poignées destinées à la randonnée. Quand la canne a une vocation sportive très marquée la poignée fait corps avec la canne, raison pour laquelle celle-ci renoue volontiers avec sa dénomination native de "bâton" (cf. infra). Les éléments annexes. A l'extrémité inférieure, on trouve l'embout (férule), généralement en caoutchouc, ou en métal en forme de pique (parfois amovible), tandis qu'à l'extrémité opposée, la présence éventuelle d'une dragonne peut permettre l'attache au poignet. Également au niveau supérieur, le bâton peut être renforcé, ou décoré, par une ou des bagues (viroles) et se voir doter d'un accroche-canne. Certaines cannes sont même munies d'amortisseurs. ;La longueur de la canne est variable pour un confort de marche optimum right La canne doit être adaptée à la morphologie de la personne, notamment à sa taille. Il faut donc choisir une canne d'une longueur adéquate. Certains modèles sont réglables, télescopiques, repliables ou démontables en plusieurs morceaux, pouvant éventuellement s'emboîter (canne entée). Une petite astuce permet d’estimer la «longueur idéale» d'une canne classique : En adoptant une posture relaxée, les pieds joints, et les bras le long du corps, le haut de la canne devrait être à la hauteur du poignet. Selon la forme du pommeau, par exemple avec des poignées courbées, il est parfois plus facile d’inverser la canne (poignée contre le sol) afin de contrôler si la férule arrive au niveau du poignet. Généralement, les cannes pour les hommes mesurent entre 90 et 96 cm. Pour les femmes, cela varie entre 85 et 90 cm. En principe la canne est portée du côté opposé à la jambe, au pied ou à la hanche affaiblis, quel que soit le côté de la main dominante. Pour marcher, il faut avancer simultanément la jambe affaiblie et la canne puis basculer la jambe saine en avançant. Le corps opère un transfert de poids sur la jambe saine et ainsi de suite. Lorsque qu’une canne est utilisée pour maintenir l’équilibre, il faut se fier à son corps et adopter la position qui offre le plus de confort. Ces informations techniques proviennent du site d'un fabriquant spécialisé dans les cannes de prestige

Des cannes pour tous les usages

;Les cannes d'agrément. Exemple de canne d'agrément Si certains modèles de prestige servent uniquement d'éléments décoratifs et de standing censés traduire la personnalité de leur propriétaire, d'autres sont réellement prévus pour l'aide à la marche normale en ville, tout en ayant une esthétique soignée qui les prédestinent à un usage plus mondain. Soulignons qu'il s'agit ici presque uniquement d'un accessoire masculin, si l'on excepte le cas des élégantes cannes féminines du XVIII° siècle (cf. supra) et les modes cycliques dans la bourgeoisie féminine contemporaine. C'est d'ailleurs en tant qu'attribut indispensable de la mode vestimentaire masculine que ce type de canne à connu un engouement populaire sans précédent, en particulier durant tout le XIX° siècle. On trouve peu de crosses arrondies dans cette catégorie. Ce sont plus volontiers des cannes à pommeau, ou derby (notamment pour les femmes). La poignée est en fait l’élément le plus travaillé et le plus précieux. C’est généralement elle qui confère, à la canne, son caractère et son originalité Pour des exemples contemporains de pommeaux et cannes d'orfèvres , ou de cannes de luxe , et . ;Les cannes orthèse Cette catégorie connaît plusieurs variantes, généralement toutes utilitaires, avec un caractère plus ou moins marqué d'aide à la marche. On pense d'abord aux usages urbains classiques de la part des personnes âgées, des deux sexes, avec une canne généralement ordinaire, destinée à améliorer l'appui au sol et aider aux franchissement d'obstacles simples comme un trottoir. On trouve ici tous les types de poignée, avec une préférence pour une simple crosse arrondie. C'est, avec les cannes anglaises (ci-dessous), l'exemple le plus courant et le plus visible de nos jours de la présence des cannes dans notre vie quotidienne. Les cannes spécialisées ou traditionnelles : Ces cannes sont surtout mentionnées pour des raisons historiques et ne subsistent plus, en général, que pour le folklore. Il s'agit notamment des cannes en usage dans le monde rural, souvent plus rustiques, en même temps, d'une utilité indéniable. Ainsi, la houlette du berger lui sert tout à la fois à se déplacer, à se reposer, à diriger son troupeau, à tuer le serpent, à écarter les broussailles, etc. A noter que la crosse épiscopale que tient l'évêque symbolise justement la houlette du berger conduisant ses brebis. Les noms de ces cannes diffèrent suivant les régions en fonction de l'utilisation particulière, des formes et du matériau utilisé (makhila au pays basque, boulade dans le massif central) Selon le site d'un fabricant spécialisé . Les poignées sont, soit absentes ou faisant corps avec le bâton (éventuellement couronnées par un petit pommeau aplati), soit des crosses arrondies. Dans cette catégorie, on pense également par analogie, aux cannes plus symboliques qu'utilitaires des compagnons, aux cannes maçonniques, voire aux cannes des tambours-majors (ou bâton major) qui sont aussi une variante des cannes de métier (cf. infra). Les cannes dites "médicales" répondent aux nécessités de la rééducation, d'un handicap ou du grand âge. On en dénombre plusieurs types : les cannes orthopédiques (concerne surtout une adaptation de la poignée); les cannes à plusieurs pieds (tripodes ou quadripodes) qui ont un bâton supérieur vermiculaire et une poignée horizontale; les cannes anglaises (modèle de béquille très commun, comportant une poignée horizontale et un support incliné pour l'avant-bras, de couleur souvent grise et dont le bâton est généralement en métal chromé). Ces cannes sont généralement ajustables en hauteur par un dispositif télescopique. Enfin, de nos jours, une canne blanche signale une personne malvoyante. Ces cannes n'ont donc rien à voir avec un type particulier de canne à système (infra) qui par le passé cachait une petite trousse de soins. ;Les cannes à système : Elles furent innombrables jadis, démontrant que l'homme du en particulier avait une imagination débordante. Elles font la joie des collectionneurs mais certains modèles sont encore commercialisés aujourd'hui. Pour une fonction utilitaire, plus ou moins gadget, avec des possibilités infinies que cachait le fût de ces cannes : lorgnette, tabatière, pipe, toise, parapluie, siège ou trépied, pince cueille-fruit, fiole à parfum ou poison, flacon et verres, simple tire-bouchon (ou attirail complet pour le pique-nique avec couteaux, fourchettes, tire-bouchon, flacon, poivrière et salière), montre, boussole, jeux de dès, lampe, porte-cigarettes (avec briquet ou allumettes et grattoir, ainsi qu'un cendrier) ou porte gants. On évoque aussi l'existence de cannes encrier, éventail, violon, jeu d'échecs et trousse à outils (par exemple des sécateurs, des couteaux-scies, haches et marteaux.)Selon cet historique de la canne déjà évoqué , des cannes se transformant en trépied pour y fixer un appareil photo, des cannes pour la pêche (cannes de promenade renfermant une canne à pêche complète, quelquefois une épinette ou un harpon), des cannes pour l'écriture ou le dessin (avec encriers, porte-plume, porte-mine, grattoir, matériel de peinture, chevalet, etc.), des cannes farces et attrapes (avec pétards, lance confettis, jet d’eau, etc.) et bien d'autres !Selon le site d'un négociant en cannes de collection . Il y eut même des cannes de voyeur dissimulant une sorte de périscope et on trouve aujourd'hui des cannes à roulettes comportant un cabasPour un exemple et des cannes podomètres. Pour une fonction de défense : dague, épée, dard, matraque, embouts plombés, sarbacane, pistolet ou fusilPour des exemples contemporains d'une bonne partie de toutes ces cannes et . Bien que ce type de canne ait surtout fait fureur à la belle époque pour remplacer l'épée déclinante, on trouve encore certains modèles contemporains. Parmi ces cannes à systèmes il faut faire une place historique aux cannes de métiers, par exemple, la canne-toise de maquignon (pour vétérinaires et marchands de chevaux) qui étaient des cannes de mesure, comme les cannes des croque-morts, du tonnelier, du drapier, du laitier. Il y avait également la canne-vrille du forestier, la canne-velte (jauge du marchand de vin ou de grains), la canne de dégustation du représentant en liquides, la canne soude (plombage des marchandises par l'employé d'octroi), etc. Selon le site d'un fabricant spécialisé . Bâton de randonnée traditionnel ;Les cannes sportives. On pense d'abord à la canne ou bâton de randonnée (ou bâton de marche) qui peut avoir un usage sportif ou seulement de loisir. Dans une pratique sportive, sa fonction n'est pas seulement l'aide à la marche, mais apporte un soutien dans l'effort (impulsion, répartition), l'atténuation des chocs pour la descente, la réception ou le franchissement d'obstacles délicats. Dans les hypothèses de marche intensive, on attachera plus particulièrement de l'importance à la qualité de la férule (avec parfois une pointe en tungstène ou en carbure et des formes variées, en croix ou en cylindre), et à la présence d'une dragonne, ainsi qu'à la légèreté de l'ensemble et sa capacité d'absorption des chocs (flexibilité). Certains modèles sont rustiques, d'un seul tenant en bois, comportant souvent de nos jours une boussole incrustée en guise de pommeau. D'autres plus sophistiqués, en aluminium ou matériau composite (fibre de verre, carbone ou zycral), de plus en plus souvent télescopiques, avec amortisseursVoir sur un site spécialisé les explication concernant l'utilisation des bâtons de marche. Leur poignée est de toutes formes : droite, recourbée comme une canne classique ou légérement en avant, en forme de pommeau ergonomique ou en béquille derbyPour un exemple . A noter le cas particulier de AlpenstockIl s'agit d'un bâton ferré, dit "des Alpes", utilisé autrefois pour les excursions en montagne utilisé jadis en milieu alpin, dont est dérivé le bâton de ski et celui des cannes spéciales pour le trekking ou pour la marche nordique qui est un sport intensif complet qui se pratique avec deux bâtons (ressemble un peu au ski de fond, mais en marchant à pieds !). Les cannes en question sont des bâtons de marche de haute technologie. Ils ont notamment par principe une poignée ergonomique, une férule démontable spécialement adaptée, avec rondelle amovible, et systématiquement une dragonne, généralement large et ajustable. Il faut également faire une place à part à la canne légère (ou bâton), en châtaignier, utilisée dans l'art martial qu'est la canne de combat où l'instrument, bien que dérivant des cannes de marche, ignore totalement cette dernière fonction. Les cannes eurent un temps une crosse arrondie. Aujourd'hui leur poignée fait corps avec le fût. Ce sport se pratique avec une ou deux cannes. Il se pratique également avec un bâton, nommé ainsi parce que, au contraire de la canne, il se tient à deux mains et ne comporte pas de poignée au sens strict (il est aussi plus long). Enfin, pour l'anecdote, on signalera que l'on se servit jadis aussi de canne sarbacane pour s'exercer au tir de fléchettes sur cible et que certaines cannes dissimulaient une cravache dans leur fût pour faire de l'équitation (voir les cannes à systèmes).

Canne ou bâton ?

Il est périlleux de trancher cette querelle vis-à-vis de ceux qui pensent que les différents bâtons de marche ne sont pas des cannes et vis versa. La canne est historiquement un bâton que l'on a dénommé canne en effet tardivement (seconde moitié du Moyen-âge). Est-ce à dire que la canne ne serait qu'une variété de bâton, voire une divergence devant être distinguée à part ? ; Discussion de trois arguments contre l'assimilation bâton/canne En toutes hypothèses, bien que des bâtons soient aussi commercialisés par les marchand de cannes, trois arguments sont avancés pour contester l'assimilation du bâton à la canne, quant à leur usage, à leur structure et leur forme respectifs.
-On objecte d'abord que la canne est réservée à la marche et au soutien. Pourtant, auparavant, comme par la suite, la canne a toujours eu de multiples usages (défensif, utilitaire, de soutien, et symbolique), de sorte qu'il semble erroné de cantonner respectivement la canne et le bâton dans un champ particulier et de les distinguer de ce point de vue. D'ailleurs le sport dénommé "canne de combat" ne vise ni le soutien, ni la marche et les cannes de prestige ne servent presque jamais à la marche. A l'inverse, un bâton de randonnée sert bien à la marche et même au soutien (par exemple lors d'un franchissement), ainsi qu'à l'impulson, comme une canne classique, mais dans des circonstances de terrain différentes. C'est l'intensité et la proportion de chaque fonction qui diffère. Ceci accentue effectivement certaines particularités que l'on retrouve peu ou pas sur les cannes ordinaires. Mais les différences sont aussi flagrantes entre une canne classique, une canne de prestige, une canne médicale et une canne à système. Cependant, le mot "bâton" sonne bien à l'air du temps, celui du retour à la nature, colle parfaitement avec son usage non urbain et semble renouer avec ses lointaines origines. Un concept de canne "verte" en somme.
-On a avancé que la canne était essentiellement ouvragée et constitué de plusieurs morceaux distincts (dont la crosse) au contraire du bâton qui, en outre, n'aurait pas de poignée. On pourrait objecter dans ce cas qu'il s'agit bien d'une canne mais réduite à son bâton. Mais de nos jours, une canne à crosse d'un seul tenant peut aussi être nommée bâton pour souligner sa rusticitéPour un exemple , tandis que les bâtons de randonnée ou de marche actuels sont à la fois sophistiqués, usinés et assemblés de plusieurs parties, dont une poignée généralement en caoutchouc.
-Enfin, un dernier argument consiste à souligner que le bâton aurait certes une poignée mais faisant corps avec lui. C'est ici la silhouette de l'objet qui est en cause. C'est même ce qui justifie que de rares négociants distinguent les cannes de randonnée, des bâtons de randonnées, quand bien même ils ont strictement les mêmes usages et qualités !Une canne de randonnée et un bâton de randonnée sur le même site Pourtant les cannes à pommeau et certaines cannes blanches sont aussi profilées comme des bâtons et nombre de bâtons de marche modernes ont une poignée derby, comme une canne classique. ; Sans doute plus une question d'image qu'une réelle distinction Toutefois, l'argument silhouette met l'accent sur l'image sportive et terrienne à laquelle renvoie la randonnée, fort éloignée de l'image la plus commune de la canne contemporaine, avec une crosse recourbée, auxiliaire urbain de la vieillesse. Ceci, additionné de la dimension nature déjà évoquée, semble expliquer que la canne retrouve son appellation originelle de "bâton" dans ce cas (bien que l'on parlait jadis aussi de bâton de vieillesse et que l'on parle tout autant aujourd'hui de canne de randonnée). A cela s'ajoute parfois une dimension traditionnelle et symbolique. Par exemple, on reçoit la makhila, qualifiée aussi de bâton de marche, comme on reçoit un bâton de vie, avec une certaine solennité. Là encore la comparaison avec l'image habituelle de la canne semblerait vulgaire. Tout serait donc finalement qu'une question d'image et d'identité, voire de tradition, en notant que cela se dissout parfois en pratique : par exemple, on parle plutôt du "bâton" de berger, mais si l'on doit le distinguer de son homonyme qui est un saucisson, il sera naturel de qualifier le premier de canne et le second d'aliment ou de charcuterie. On ajoutera que la dénomination des cannes est aussi une question d'époque et d'inspiration. A l'âge d'or de la canne on disait du dandy qu'il se promenait la badine (ou la baguette) à la mainSelon Pierre Faveton (bibliographie, infra). Le bâton était réservé aux rustres. Ainsi la canne serait un terme générique qui ne préjudicie en rien à ses usages et dénominations spécifiques, chacun avec ses caractérisitiques et ses traditions propres, liées à une origine commune qui se perd parfois dans la nuit des temps : au tout début, sans doute une branche tombée de l'arbre qui une fois dépouillée fit un bâton qui servit à l'homme à se défendre, à s'appuyer, sans doute à fouiller, et à bien d'autres usages encore, que l'on peut se plaire, ou non, à distinguer aujourd'hui dans des utilisations et des dénominations entremêlées.

Citations

- Alphonse KarrEcrivain français du plus connu pour son commerce de fleurs coupées que pour ses œuvres : « Tu plantes ta canne, le lendemain un rosier a poussé. »
- David Lloyd George : « Un socialiste est un homme qui ne fait aucune différence entre une canne et une ombrelle parce que toutes les deux tiennent dans un porte-parapluies. »
- Serge Gainsbourg : « L'amour est aveugle et sa canne est rose. »
- Gao Xingjian : « Seule la canne est plus solide que les expériences pour s'appuyer ». (Extrait de La montagne de l'âme)
- Jérôme Touzalin : « L'intuition est à la connaissance ce que la canne blanche est à l'aveugle. »

Curiosités

- La canne à système est ancienne : Charles VIII de Suède possédait déjà une canne avec une poignée constituée d'un haut flacon en cristal de roche rempli d'un parfum pour homme et Henri VIII d'Angleterre avait une canne de jonc armée de 2 petits pistolets à rouets.
- Les muguets (gentilshommes dandys du ) bombardaient de bombons de sucre ou de cornets à billets doux, les demoiselles se promenant dans les jardins du Palais-Royal, avec des cannes sarbacane
- Au , Alexandre Jean Joseph Le Riche de la Poupelinière, dit "La Popelinière", possédait une canne valant une fortune (plus de 10 000 écus d'or à l'époque)
- En 1687, le compositeur français Jean-Baptiste Lully meurt des suites d'un malencontreux coup de canne (dit bâton de direction, pour diriger l'orchestre) qu'il s'était donné lui-même en dirigeant l'un de ses ballets.Le chef Apache Géronimo et sa canne : surtout un signe d'autorité
- À partir de 1834, Balzac exhibe une canne monstrueuse, sertie de turquoises, qui cache aussi le portrait de son aimée
- Depuis 1880, une canne à pommeau d'or est remise traditionnellement chaque année par l'administration portuaire de Montréal à un capitaine d'un navire océanique ayant réussi à atteindre la destination sans escale .
- En 1871, en pleine répétition de son opérette "Les brigands", Offenbach brise sa canne avec une violente exubérance pour réveiller l'ardeur de ses chanteurs
- La "canne à absinthe" du peintre Toulouse-Lautrec cachait aussi une petite visionneuse qui permettait de passer des vues de femmes nues.
- Le célèbre repris de justice, René la Canne tient son surnom de l'orthèse sur laquelle il devait compter suite à une blessure de sa jambe par arme à feu.
- La canne blanche utilisée par les malvoyants français (entre autres) est généralement jaune en Belgique et verte en Argentine .
- Mme Schaller 76 ans et M. Smith 52 ans, tous deux marchant avec une canne, se sont frappés l'un l'autre avec leur orthèse en se croisant, le 29 mars 2007 à Toronto, en pleine rue. Résultat de leur refus de priorité mutuelle : deux ans de prison avec sursis et deux blessures d'orgueil.

Notes et références

Voir aussi

- Canne de combat
- Makhila
- Parapluie bulgare

Bibliographie

- Albert E. Boothroyd, "Fascinating Walking Sticks" , Liberty Cap Books, (1970), 205 pages
- William J. Burtche, "The Romance behind Walking Canes", Dorrance and Company, (Philadelphie 1945)
- René-Marie Cazal, "Essai historique, anecdotique sur le parapluie, l’ombrelle et la canne et leur fabrication" , F. Malteste et Cie, (Paris)
- René-Marie Cazal, "Le parapluie, l'ombrelle et la canne" , (1984)
- Sergio Coradeschi et Maurizio De Paoli, "Les collections : les cannes", Celiv, (1993)
- Sergio Coradeschi et Alfredo Lamberti, Editoriale Giorgio Mondadori & Associati, "dall'essenziale allo stupefacente", Bastoni (Milan 1986), 196 pages, 28 x 38 cm, ISBN 978-8837409753
- Collectif, "La canne et ses mystères", Musée de Carouge, (Genève 1998), 137 pages
- Catherine Dike, "Les cannes à système, un monde fabuleux et méconnu" , Editions de L'Amateur, (Paris 1982), ISBN 2-85917-023-5
- Catherine Dike, "Cane Curiosa, from Gun To Gadget", Editions de L'Amateur, (Paris 1983), 374 pages, ISBN 2-85917-027-8
- Catherine Dike et Guy Bezzaz, "La canne objet d'art" , Editions de l'amateur, (Paris, Genève 1988), 398 pages, ISBN 2-85917-074-1
- Catherine Dike, "Canes in the United States", Illustrated Mementoes of American History, 1607-1953, Cane Curiosa Press, (Ladue, Missouri (USA) 1994), 398 pages, ISBN 0-9642249-0-9
- Catherine Dike, "Walking Sticks", Shire Album 256 , Shire Publications, (2002), 32 pages, ISBN 0-7478-0079-0
- Pierre Faveton, "Les Cannes", Massin, (Paris), ISBN 2-7072-01324
- Jean-Luc Fayet, "La canne au pays du couteau", (Thiers 1988)
- Sylvie Girard, "Cannes et parapluies et leurs anecdotes" , MA éditions, (Paris 1986)
- Ulrich Klever, W. Heyne Verlag, "Stöcke", (Munich 1980)
- Ulrich Klever, " Spazierstöcke, Zierde, Werkzeug und Symbol", Callwey Verlag, (Munich 1984)
- Oliver Selfridge, "Sticks" , Houghton Mifflin Company, (Boston 1967)
- Jefftrey B. Snyder, "Canes, from the Seventeenth to the Twentieth Century", Schiffer Publishing Ltd, (Atglen (USA) 1993), 200 pages
- Kurt Stein, "Canes & Walking Sticks", (York (Pennsylvania) 1974), 175 pages, ISBN 978-0873870382
- Roven Verlag, "Wanderstöcke", (1982) ==
Sujets connexes
Alphonse Karr   Aluminium   Ambre   Amortisseur   Art déco   Assyriens   Bague   Bambou   Belle Époque   Berger   Bible   Bois   Boussole   Bâton   Cabas   Canne blanche   Canne de combat   Caoutchouc (matériau)   Carbone   Carbure   Catherine de Médicis   Charles VIII de Suède   Charlot   Cheval   Chevalet (peinture)   Châtaignier   Cible   Cigarette   Compagnonnage   Confetti   Cravache   Crosse épiscopale   Cuir   Dague   Dard   David Lloyd George   Derby   Dessin   Directoire   Dragonne   Drapier   Fibre de verre   Flacon   Forestier   Franklin Delano Roosevelt   Fred Astaire   Fusil   Gao Xingjian   Grain   Grattoir   Harpon   Henri VIII d'Angleterre   Hergé   Honoré de Balzac   Ivoire   Jacob   Jean-Baptiste Lully   Jonc   Jérôme Touzalin   Laitier   Lampe   Makhila   Marche   Marche nordique   Massif central   Matière plastique   Matériau composite   Maître à danser   Mode (habillement)   Montre (horlogerie)   Montréal   Mouvement gothique   Moyen Âge   Moïse   Métier   Nacre   Nature   Or   Orthèse   Palais-Royal   Palissandre   Parapluie   Parapluie bulgare   Parfum   Pays basque   Peinture   Pince   Pipe   Pistolet   Podomètre   Poignée   Poison   Porte-plume   Pèlerin   Périscope   Pétard   Pêche (halieutique)   Randonnée   Renaissance (période historique)   René la Canne   Rome antique   Roseau   Sarbacane   Serge Gainsbourg   Silhouette   Siège   Tabatière   Tambour-major   Tire-bouchon   Toise   Tonnelier   Toronto   Trekking   Tungstène   Vieillesse   Vin   Violon   Voyageur représentant placier   Voyeurisme   Vétérinaire   Yalta  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^