Légitimisme

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Le légitimisme est une tendance politique royaliste française, basée sur la loi fondamentale du Royaume de succession par ordre de primogéniture mâle, d'une part, et d'indisponibilité de la Couronne, d'autre part, selon lesquelles le roi de France ne peut être que l'aîné des Capétiens, par voie de conséquence le chef de la maison de France, même s'il s'agit d'un prince étranger voire l'ex-souverain d'un autre royaume (tel Alphonse XIII d'Espagne, considéré par cet
Légitimisme

Le légitimisme est une tendance politique royaliste française, basée sur la loi fondamentale du Royaume de succession par ordre de primogéniture mâle, d'une part, et d'indisponibilité de la Couronne, d'autre part, selon lesquelles le roi de France ne peut être que l'aîné des Capétiens, par voie de conséquence le chef de la maison de France, même s'il s'agit d'un prince étranger voire l'ex-souverain d'un autre royaume (tel Alphonse XIII d'Espagne, considéré par cette tendance comme légitime roi de France de 1936 à 1941), suivant la succession par ordre de primogéniture mâle, qu'on appelle la loi salique, ou encore la « loi des mâles » (expression de Maurice Druon) ; d'après cette tendance politique le roi de France (et de Navarre) — à travers cette loi de succession intangible — est désigné par Dieu, et non pas élu par de grands électeurs comme l'Empereur ou comme le roi de Pologne. Henri d'Artois, « comte de Chambord » Cette tendance est née en 1830, lors de la prise du pouvoir par Louis-Philippe, avec les royalistes partisans de la branche aînée des Capétiens, représentée par le roi Charles X (de 1824 à 1836), puis par son fils le « comte de Marnes » (Louis « XIX », de 1836 à 1844), puis par le neveu de ce dernier, qui porte d'abord le titre de « duc de Bordeaux » puis celui de « comte de Chambord » (Henri « V »). Le 20 septembre 1833, alors qu'est célébrée à Prague la majorité du duc de Bordeaux, qui attire de nombreux royalistes français, les puissances européennes de la Sainte-Alliance ont ouvert depuis le 9 septembre la conférence de Münchengrätz, en Bohême. Au cours de cette conférence, aucune résolution n'est arrêtée à l'encontre de la monarchie de Juillet ni, a fortiori, pour rétablir les Bourbons de la branche aînée sur leur trône. D'ailleurs, à la suite du Royaume-Uni, l'Autriche, la Prusse et la Russie ont reconnu Louis-Philippe en 1830. Les légitimistes ne peuvent donc plus compter, comme en 1814, sur les armées étrangères pour reconquérir leur couronneSelon une dépêche adressée à Louis-Philippe par son ministre de l'Intérieur, le comte d'Argout, le 9 septembre 1833, un agent légitimiste de retour de Prague aurait affirmé que la cause légitimiste était perdue, le prince de Metternich lui ayant déclaré qu'« il n'y avait qu'une seule affaire en Europe, c'était de comprimer l'esprit révolutionnaire, que le roi avait merveilleusement contenu les républicains en France, que Charles X était incapable d'en faire autant, que le duc d'Angoulême était un crétin, et qu'un enfant serait tout ce qu'il y a de pire au monde, qu'aussi les puissances ne feraient jamais la guerre pour rétablir la branche aînée » (cité par Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Fayard, 2002, p. 717).. Les légitimistes français ne peuvent donc tabler que sur leurs propres forces. Or, les tentatives de soulèvement – comme l'insurrection royaliste dans l'Ouest de la France en 1832 que tente d'organiser la duchesse de Berry – échouent, tandis que le parti légitimiste connaît une constante érosion électorale. En 1883, à la mort du dernier Bourbon de la branche aînée, Henri « V », « comte de Chambord », petit-fils de Charles X, une grande partie des anciens légitimistes - appelés par leurs adversaires « Blancs d'Eu », ou plus généralement « orléanistes » - a reconnu comme héritier légitime du trône de France, l'aîné de la branche cadette d'Orléans, petit-fils de Louis-Philippe, Philippe d'Orléans, « comte de Paris » (Philippe « VII » pour ses partisans). Cependant, une partie des légitimistes, se basant sur les lois fondamentales du Royaume, qui ne reconnaissent pas le principe de nationalité issu de la Révolution Française, a reporté alors ses espoirs sur un ex-infant d'Espagne, Jean de Bourbon, « comte de Montizón », aîné depuis 1861 des descendants de Philippe V d'Espagne (né Philippe de France, duc d'Anjou) et nouvel aîné depuis 1883 de tous les Bourbons. Jean de Bourbon (Jean « III » pour ses partisans), et surtout son fils Charles, disputaient depuis de longues années, et vainement, le trône madrilène à leur cousine Isabelle II d'Espagne (puis au fils de cette dernière, Alphonse XII), qui l'occupait à leur détriment. Alphonse XIII enfant sur timbre-poste des années 1890 Depuis lors, ces légitimistes français - appelés par leurs adversaires « Blancs d'Espagne », ou plus récemment « alfonsistes » - ont continué de considérer l'aîné des Bourbons comme le légitime prétendant au trône de France, même quand celui-ci se trouvait être un ex-roi d'Espagne, comme ce fut le cas en 1936 en la personne d'Alphonse XIII d'Espagne, à leurs yeux « Sa Majesté le roi Alphonse I de France ». Le légitimisme moderne est apparu après la Seconde Guerre mondiale. Jacques Henri de Bourbon, « duc de Ségovie », écarté de la succession éventuelle au trône d'Espagne par son père (pour cause de surdité due à une maladie d'enfance mal soignée), au profit de son frère cadet Jean de Bourbon, « comte de Barcelone » et père de l'actuel roi d'Espagne Juan Carlos, a manifesté ses droits, en 1946, en tant qu'aîné des Capétiens, reprenant le titre de « duc d'Anjou ». Le duc de Bauffremont a fondé l'Institut de la Maison de Bourbon qui regroupe les légitimistes. Le légitimisme moderne n'incarne plus une revendication politique mais une tradition historique, se démarquant là du « comte de Paris » et des orléanistes. La manifestation traditionnelle des légitimistes est la messe annuelle pour le repos de Louis XVI et Marie Antoinette à la chapelle expiatoire, dont ils ont obtenu la réouverture. Leur tendance, longtemps peu connue du grand public, a connu un certain regain à l'occasion du Millénaire capétien de 1987, où le prétendant légitimiste d'alors, Alphonse « II », duc « d'Anjou et » de Cadix (mort en 1989) a beaucoup voyagé en France, présidant de nombreuses cérémonies commémoratives. Il faut par ailleurs savoir que depuis l'avènement de Juan Carlos en 1975, d'une branche cadette des descendants d'Alphonse XIII d'Espagne, l'aîné des Bourbons, héritier présomptif de la couronne de France, ne prétend plus au trône d'Espagne (même si Louis de Bourbon conserve également en Espagne un certain nombre de partisans, qui considèrent Juan Carlos comme un usurpateur). C'est une des raisons pour lesquelles le légitimisme connaît depuis trente ans un nouveau courant de sympathie. Le légitimisme actuel s'est doté de plusieurs instances. Au premier chef figure l'Institut de la maison de Bourbon, fondé en 1973 par Jacques Henri de Bourbon, « duc d'Anjou et de Ségovie ». Il a été reconnu d'utilité publique en 1997. Placé sous la haute autorité de Louis de Bourbon, « duc d'Anjou », successeur à la onzième génération de Louis XIV, son président est actuellement Jacques de Bauffremont. L'Union des cercles légitimistes de France (U.C.L.F.) a été fondée en 1979 par Gérard Saclier de la Bâtie. Son objectif est d'encourager l'étude de la légitimité historique française et de faire connaître la monarchie. Elle regroupe un grand nombre d'associations et de cercles. Elle en coordonne les activités. Le mouvement légitimiste démocrate est représenté par le Rassemblement Démocrate. Parmi les revues légitimistes, on peut citer La Gazette royale (organe de l'UCLF, fondée en 1984), La Blanche Hermine, organe de la Fédération bretonne légitimiste (FBL), fondée en 1987) ou encore Le Lien légitimiste, fondé par Gérard de Villèle, et dont le siège social se situe 10, place Foire-le-Roi, à Tours. Parmi les personnalités légitimistes les plus médiatiques, on peut citer l'animateur de télévision Thierry Ardisson, proche du Rassemblement démocrate qui prône une démocratie couronnée, à la manière de l'Espagne de Juan Carlos ou encore le journaliste Stéphane Bern.

Voir aussi

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Sujets connexes
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