Rois mages

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:Pour le film, voir Les Rois mages. Adoration des magespar Albrecht Altdorfer, vers 1530. On appelle traditionnellement rois mages (en fait les mages dans l'évangile selon saint Matthieu) les visiteurs qui vinrent adorer Jésus et lui apporter des cadeaux peu après sa naissance.
Rois mages

:Pour le film, voir Les Rois mages. Adoration des magespar Albrecht Altdorfer, vers 1530. On appelle traditionnellement rois mages (en fait les mages dans l'évangile selon saint Matthieu) les visiteurs qui vinrent adorer Jésus et lui apporter des cadeaux peu après sa naissance.

Ce que dit la Bible

Les mages sont évoqués uniquement par l'évangile selon Matthieu, mais celui-ci n'en fait pas des rois, ne leur donne pas de noms et ne précise pas combien ils sont. Ils sont guidés par l'éclat d'une étoile et prévenus par l'annonce d'un ange. Ils offrent des cadeaux au Christ : « Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. » (Matthieu, II:11) Matthieu signale aussi que ces mages venaient d'Orient. Il devait donc s'agir de membres d'une classe sacerdotale importante, comme il en existait alors chez les Perses, ayant à la fois un rôle politique, religieux et scientifique. Autrement dit des païens, ou plutôt des gentils (goïms), comme on les appelait alors.

La tradition

L'évangile ne mentionne ni le nombre de trois, ni ne leur donne la qualification de rois. On pense que ce nombre provient des trois cadeaux apportés (or, encens et myrrhe) et que le prix de ces denrées à l'époque laissait supposer une fortune personnelle importante des mages en question. Ces présents sont — dans la religion chrétienne — associés à Jésus qui est roi (l'or), Dieu (l'encens, utilisé pour le culte) et vrai homme, donc mortel (la myrrhe servait à embaumer les morts). Pour la tradition, les mages sont au nombre de trois : Melchior, Gaspard (ou Gaspar) et Balthazar (ou Balthasar). Gaspard, au teint asiatique, apporte l'or, Melchior, à peau claire, l'encens, et Balthazar, à peau noire, la myrrhe . Ce sont eux qui trouvent le lieu de naissance de Jésus Christ. Leur visite est célébrée à la date du 6 janvier, jour de l'Épiphanie. Dans les premiers récits apocryphes les mages ne sont ni rois ni nommés. Selon le plus ancien d'entre eux et le plus influent, le Protévangile de Jacques, (cité par Clément d'Alexandrie et Origène au 2ème siècle) les mages sont anonymes et viennent d'orient, sans plus de détails (Protévangile de Jacques - § 21.1). Il en est de même pour le Pseudo-Matthieu, recension latine du Protévangile et tout aussi célèbre (fin du 6ème siècle, début du 7ème) (Pseudo-Matthieu - §16.1). Ce sont les textes ultérieurs qui les transformeront en rois, peut-être pour montrer la réalisation des prédictions de l'Ancien Testament (Psaumes, LXXII:10, ainsi que plusieurs versets d'Ésaïe). Les noms traditionnels de Gaspard, Melchior et Balthazar apparaissent pour la première fois dans un manuscrit du 6ème siècle, conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris et intitulé Excerpta Latina Barbari. Ils y sont désignés sous les noms de Bithisarea, Melichior et Gathaspa. A la même époque, au , ils apparaissent dans un écrit apocryphe, l'Évangile arménien de l'Enfance, qui leur donne les noms de Balthasar, Melkon, et Gaspar. Le premier aurait été roi de l'Inde, le second roi des Arabes et le troisième roi des Perses (Iran). Ce troisième nom rejoint la légende qui entoure le roi Gondopharès 1er qui aurait été converti par l'apôtre Thomas ("Actes de Thomas") Dans la Légende dorée, Jacques de Voragine les nomme même dans : Appellius, Amérius, Damascus en latin ; Galgalat, Malgalat, Sarathin en hébreu ; Caspar, Balthasar, Melchior en grec. Conformément à l'Evangile, ils sont "mages" et non "rois" Voragine mentionne aussi les corps des trois mages. Selon lui, ils avaient d'abord été enlevés par Hélène, mère de l'empereur Constantin I, puis transportés à Constantinople, puis transférés à Milan par l'évêque saint Eustorge, avant d'aboutir à Cologne, sur ordre d'un empereur germanique qu'il appelle Henri. Les dépouilles des Mages sont évoquées dans le roman d'Umberto Eco, Baudolino. L'iconographie chrétienne a fait de Balthazar un Noir, a donné des traits asiatiques à Gaspard, Melchior étant pour sa part représenté comme un vieillard blanc. Selon la tradition, les mages auraient suivi une étoile spéciale (voir ). Certains ont cherché des correspondances avec une éventuelle comète, des conjonctions astronomiques vers 3 et 2 av. J.-C. ou d'autres phénomènes. "Il est à noter, dit l'un d'eux, que l'étoile Spica (en hébreu nommée "Tsemech", « de la branche de Yahvé ») passe sous l'équateur sidéral. Ceci ne rend pas impossible le récit donné par Matthieu." Cette recherche n'a évidemment pas grand sens. L'idée de "suivre une étoile" ne semble guère réaliste. D'après Matthieu, les mages disent : "Nous avons vu son étoile en Orient.". Il rajoute toutefois "Sur ces paroles d'Hérode, ils se mirent en route; et voici que l’astre (ou étoile), qu’ils avaient vu à l’Orient, avançait devant eux jusqu’à ce qu’il vînt s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant. A la vue de l’astre, ils éprouvèrent une très grande joie." (Matthieu 2, 9-10) Il s'agirait donc bien, selon ce texte, d'un objet en mouvement qui disparaît et apparaît, bouge et s'arrête. Selon la tradition néo-testamentaire (saint Paul, Hébreux), les 3 mages représentent l'état idéal auquel l'être humain peut accéder pour réaliser son plus haut niveau de compétence: Roi, prêtre, prophète.

Le quatrième roi mage

Le poète Henry van Dyke, dans un de ses contes de Noël les plus connus, The Story of the Other Wise Man, a raconté l'histoire d'un quatrième roi mage, Artaban de Médée, qui voulut apporter à l'enfant Jésus trois pierres précieuses. Il vendit tous ses biens, et prit la route. En chemin, il rencontra des nécessiteux, pour qui il sacrifia ses cadeaux. Il n'atteignit jamais la crèche, mais Jésus lui apparut plus tard : en ayant aidé des inconnus en détresse, il avait trouvé et aidé Jésus aussi bien que s'il était arrivé jusqu'à Bethléem. Une légende russe raconte que le quatrième roi mage serait le père Noël. En Finlande, on raconte aussi que le Père Noël est ce quatrième roi mage qui offre des cadeaux aux enfants car, trop au nord de la planète pour voir l'étoile du Berger à l'époque, il n'aurait jamais atteint Bethléem. L'écrivain français Michel Tournier, dans son roman Gaspard, Melchior et Balthazar paru en 1980, donne une version plus iconoclaste de l'histoire d'un quatrième roi mage : Taor, prince de Mangalore. Parti du sud de l'Inde pour découvrir la recette du rahat loukoum à la pistache, il arrive trente trois ans plus tard à Jérusalem et découvre l'eucharistie.

Bibliographie

-Les Rois Mages, Michel Tournier, Gallimard, 1983 ; édition poche : Gallimard-Jeunesse, 1998
- La saga des Rois Mages : La fève et la couronne, Renée-Paule Guillot, Le Serpent à plumes, 2006
-Les Rois Mages, histoire, légende et enseignements, Jean Chopitel & Christiane Gobry, Le Mercure dauphinois 2002 ==
Sujets connexes
Albrecht Altdorfer   Ancien Testament   Balthazar   Baudolino   Bethléem   Cologne   Constantin Ier (empereur romain)   Constantinople   Encens   Gaspard   Hélène (mère de Constantin)   Jacques de Voragine   Jésus de Nazareth   Les Rois mages   Légende dorée   Mage   Melchior   Michel Tournier   Milan   Myrrhe   Naissance   Or   Peinture chrétienne   Présents des Rois mages   Umberto Eco  
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