Saintonge

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right La Saintonge (en saintongeais Saintonghe, le g est expiré) est une ancienne province dont les limites ont plusieurs fois varié avec le temps. Évoluant selon les époques entre l'Aquitaine, le Poitou et l'Anjou (durant le premier Moyen Âge), elle est ensuite l'objet de longues disputes entre deux domaines royaux, le capétien et le plantagenêt. D'où des luttes incessantes entre 1152 et 1451. La Saintonge apparaît ainsi comme une terre de fron
Saintonge

right La Saintonge (en saintongeais Saintonghe, le g est expiré) est une ancienne province dont les limites ont plusieurs fois varié avec le temps. Évoluant selon les époques entre l'Aquitaine, le Poitou et l'Anjou (durant le premier Moyen Âge), elle est ensuite l'objet de longues disputes entre deux domaines royaux, le capétien et le plantagenêt. D'où des luttes incessantes entre 1152 et 1451. La Saintonge apparaît ainsi comme une terre de frontière, ses seigneurs hésitant souvent entre l'attachement anglo-aquitain et le lien avec Paris. Tout montre que l'attachement anglo-aquitain y a été dominant jusque vers la moitié du (en dépit du traité de Brétigny qui rattache la province aux Anglo-Aquitains). À partir de ces années, les erreurs de conduite du comte de Derby (chevauchée de 1346) puis du Prince Noir tendent à retourner l'opinion vers Paris duché d'Aquitaine. Elle est aujourd'hui à cheval sur cinq départements, une grande partie sud de la Charente-Maritime, la Charente pour la moitié ouest, le nord Gironde, appellé Pays Gabaye et le sud Deux-Sèvres, elle montait aux portes de Niort et au sud Vendée, elle possède une partie du Marais Poitevin.

Histoire

les origines

Toute la Saintonge a été peuplée de Néanderthaliens, comme le montrent les découvertes faites tout au long des vallées des affluents de la Charente, et tout spécialement de Pierrette à Saint-Césaire. La Saintonge a eu au néolithique une forte implantation de mégalithes : dolmens (à Cognac, Châteaubernard, Saint-Brice...) qui signent une forte population.

période gauloise et gallo-romaine

La Saintonge était peuplée par les Celtes Santones, et constitua une civitas prospère de la Gaule romaine. La capitale de la province d'Aquitaine fut établie à Saintes, qui bénéficia d'importants travaux d'urbanisation : pont sur la Charente, arc de triomphe de Germanicus marquant l'arrivée de la principale voie romaine de Gaule, partant de Lugdunum (Lyon, capitale de la Gaule romaine), amphithéâtre et thermes. Eutrope de Saintes, originaire de Saintes, au , a christianisé ce territoire qui comprenait aussi l'Aunis. Il fut martyrisé et le blason de la Saintonge représente d'ailleurs sa mitre, celle du premier évêque de Saintes], entourée de trois fleurs de lys, sur fond bleu. Saintes fut envahie successivement par les Alains, les Vandales au début du et par les Wisigoths en 419. En 507, elle fut conquise par Clovis avec le reste de l'Aquitaine et incorporée au Regnum Francorum. Morcelée en de nombreux fiefs, les seigneuries les plus importantes en étaient celles de Saintes, de Saint-Jean-d'Angély, d'Aulnay, de Cognac, de Jarnac et de Jonzac. En 565, un Waddon est mentionné comme comte de Saintonge. Au , l'Aunis est séparée de la Saintonge qui va dépendre du sénéchal du Poitou jusqu'en 1360.

La Guerre de Cent Ans

Aux et les sires de Châtellaillon jouent un rôle important sur ce territoire, qui passe sous domination anglaise en 1152, par le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenêt. Il fut repris en partie (rive droite de la Charente) à Jean sans Terre entre 1204 et 1210, En 1258, la Saintonge devient une partie du duché de Guyenne, laissé à Henri III d'Angleterre par Saint-Louis, roi de France. En 1371, elle est reconquise en totalité par Bertrand du Guesclin, et en 1375 la Saintonge est réunie définitivement à la couronne de France par le roi de France Charles V.

Les Guerres de religion

De 1542 à 1549, elle connut de sérieuses révoltes contre la gabelle, jusqu'à l'édit de Henri II, roi de France. À partir des années 1550, les idées de la Réforme se développèrent rapidement et le protestantisme y devint très actif, avec La Rochelle, dans l'Aunis voisin, devenue une des capitales et place-forte des protestants. La paix de Saint-Germain-en-Laye, le 8 août 1570, reconnaît d'ailleurs La Rochelle comme une des quatre places de sûreté accordées aux Protestants. Les années 1570 à 1590 furent marquées par les terribles Guerres de religion, et de 1593 à 1595 eu lieu la première révolte des Croquants. Signé en 1598 par le Henri IV, roi de France, l'Édit de Nantes apporta une vingtaine d'années de paix, jusqu'en 1620. Saint-Jean-d'Angély tombe en 1621, face à Louis XIII roi de France, et en 1628 après le siège de la Rochelle, la Saintonge est de nouveau regroupée avec l'Aunis dans une Généralité. Dans les années 1630 à 1650, la guerre de Trente Ans fit des ravages et fut accompagnée de révoltes paysannes contre les nouveaux impôts de 1629 à 1643: les Croquants. De 1650 à 1653, la Fronde des Princes touche la Saintonge et provoque la misère des campagnes. Les années 1660 connaissent une reprise des persécutions à l'égard des protestants, qui aboutissent en 1685, à la révocation de l'Édit de Nantes, qui verra le début de l'exode de nombreux huguenots vers le Nouveau Monde, et l'arrivée de Fénelon, chargé de la « conversion » des protestants locaux.

L'époque révolutionnaire et napoléonienne

À partir de 1744, des loges maçonniques d'obédience anglaise sont fondées à Saintes, à Rochefort et à La Rochelle, et en 1757 et 1758, les côtes subissent des incursions britanniques. L'année 1785 est marquée par de mauvaises récoltes et la disette, et l'année 1789 par une très forte crise agricole. De 1790 à 1794, les campagnes sont marquées par des révoltes importantes et par la Terreur (troubles anti-seigneuriaux, révolte vendéenne, menaces britanniques). La plus grande partie de la province rejoint le nouveau département de Charente-Inférieure, avec Saintes comme préfecture, qui sera tranférée à La Rochelle en 1810. La partie Est de la province, autour de Cognac devenue sous-préfecture, est rattachée au département de la Charente.

Personnages célèbres

- Samuel de Champlain (1567-1635), explorateur et le fondateur de la ville de Québec
- Guy Chabot de Saint-Gelais, 7° baron de Jarnac, (1514, 6 août 1584), auteur du célèbre Coup de Jarnac.
- François I (1494-1547), roi de France, né à Cognac.
- François Fresneau (1703-1770), ingénieur du Roi, il eut découvert l'hévéa, l'arbre à caoutchouc.
- Jean Ogier de Gombauld (1576-1666), poète et auteur dramatique.
- Pierre Loti (1860-1923), écrivain.
- Raymond de Montaigne (1581-1637), Evêque de Bayonne et Lieutenant général de la sénéchaussée de Saintonge
- Bernard Palissy (1509-1590), céramiste.
- François Mitterrand né le 26 octobre 1916 à Jarnac, mort le 8 janvier 1996, président de la République française de 1981 à 1995.

Édifices remarquables

- Vestiges gallo-romains de Saintes dont les Arènes et l'arc de triomphe de Germanicus.
- Les forts maritimes des pertuis : Fort Boyard, du Chapus, de l'île d'Aix, le sémaphore de Fouras (Vauban).
- Les tours de La Rochelle : Saint-Nicolas, de la Chaîne et des Quatre-Sergents.
- Les tours de l'ancienne abbatiale de Saint-Jean-d'Angély
- L'église romane Saint-Pierre d'Aulnay située en Poitou malgré le nom Aulnay-de-Saintonge.
- Les églises romanes de Saintes : Saint-Eutrope et l'Abbaye aux Dames.
- L'église romane Sainte-Radegonde de Talmont-sur-Gironde.
- Le château, les édifices du Moyen Âge et les portes de la ville de Cognac
- Le château de la Rochecourbon.
- Le château de Taillebourg.
- les châteaux de Poitou-Charentes, du donjon de Pons au château de Javarzay
- La ville fortifiée de Brouage.
- Les ponts de l'estuaire de la Charente : pont suspendu de Tonnay-Charente, pont transbordeur de Martrou près de Rochefort, pont levant de Martrou (détruit), pont récent de Soubise.

Notes et références de l'article

Voir aussi

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Sujets connexes
Alains   Aliénor d'Aquitaine   Anjou   Années 1550   Années 1570   Années 1590   Années 1630   Années 1650   Années 1660   Aquitaine   Aunis   Bailliage et sénéchaussée   Bernard Palissy   Bertrand du Guesclin   Celtes   Charente-Maritime   Charente (fleuve)   Charles V de France   Château de Javarzay   Château de la Rochecourbon   Châteaubernard   Châtelaillon-Plage   Clovis Ier   Cognac (Charente)   Coup de Jarnac   Deux-Sèvres   Donjon de Pons   Duché d'Aquitaine   Eutrope de Saintes   Fort Boyard   Fouras   Franc-maçonnerie   François Ier de France   François Mitterrand   Fronde (histoire)   Gaule   Gaule romaine   Gironde   Grande-Bretagne   Guerre de Cent Ans   Guerre de Trente Ans   Guerres de religion (France)   Guy Chabot   Guyenne   Généralité   Henri III d'Angleterre   Henri II de France   Henri IV de France   Histoire de la Charente   Histoire de la Charente-Maritime   Huguenot   Jarnac   Jean Ogier de Gombauld   Jonzac   La Rochelle   Louis IX de France   Lyon   Moyen Âge   Niort   Nouveau Monde   Néolithique   Paix de Saint-Germain-en-Laye   Paris   Pierre Loti   Poitou   Protestantisme   Préfecture   Président de la République française   Raymond de Montaigne   Rochefort (Charente-Maritime)   Réforme protestante   Saint-Brice (Charente)   Saint-Césaire (Charente-Maritime)   Saint-Jean-d'Angély   Saint-Même-les-Carrières   Saintes   Saintongeais   Samuel de Champlain   Siège de La Rochelle (1627-1628)   Soubise (Charente-Maritime)   Sénéchal   Taillebourg (Charente-Maritime)   Talmont-sur-Gironde   Tonnay-Charente   Traité de Brétigny   Vandales   Wisigoths  
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