Pierre Messmer

Infos
Pierre Messmer, né le 20 mars 1916 à Vincennes dans le Val-de-Marne et mort le 29 août 2007 à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris, est un homme politique français, chancelier de l'ordre de la Libération, chancelier honoraire de l'Institut de France et membre de l'Académie française. Engagé dans les Forces françaises libres, il avait été après guerre, administrateur colonial, ministre des Armées de 1960 à 1969 du général de Gaulle, ministre de l'Outre
Pierre Messmer

Pierre Messmer, né le 20 mars 1916 à Vincennes dans le Val-de-Marne et mort le 29 août 2007 à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris, est un homme politique français, chancelier de l'ordre de la Libération, chancelier honoraire de l'Institut de France et membre de l'Académie française. Engagé dans les Forces françaises libres, il avait été après guerre, administrateur colonial, ministre des Armées de 1960 à 1969 du général de Gaulle, ministre de l'Outre-mer en 1971 puis Premier ministre de 1972 à 1974 sous la présidence de Georges Pompidou. Il a été également maire de Sarrebourg de 1971 à 1989.

Jeunesse et formation

Né dans une famille alsacienne qui avait opté pour la France en 1871, fils de l'industriel Joseph Messmer"Le Figaro" Biographie Who's Who de Pierre Messmer , Pierre Messmer étudie à l'école Massillon et au lycée Charlemagne. Breveté de l'École nationale de la France d'Outre-mer (1934-1937), diplômé de l'École des langues orientales (1934-1936), il obtient son doctorat en droit en 1939. Il était également militant à l'Action françaiseL'Action française 2000 du 6 septembre 2007, article de Pierre Pujo: « Les deux Messmer ».

Seconde Guerre mondiale

Mobilisé en 1939, il est sous-lieutenant au 12 régiment de tirailleurs sénégalais« Le gaulliste Pierre Messmer est mort », Le Monde, 29 août 2007. il rejoint Marseille où il embarque en juin 1940 avec Jean Simon sur le Capo Olmo, un bateau italien réquisitionné, qu'il aide à détourner sur Gibraltar puis l'Angleterre pour rejoindre les Forces françaises libres. Officier dans la 13 demi-brigade de Légion étrangère, il participe aux combats en Érythrée, en Syrie, à la bataille de Bir Hakeim, aux campagnes de Tunisie. Il rejoint Londres et l'état-major du général Koenig, commandant en chef des forces françaises de l'intérieur. En août 1944, il débarque en Normandie et participe à la libération de Paris et à la campagne de France.

En Indochine

Parachuté en Indochine en août 1945, Pierre Messmer est fait prisonnier par le Viet Minh et s'évade après 2 mois de captivité.

Carrière administrative et politique

Carrière dans l'administration coloniale

Pierre Messmer exerce ensuite ses fonctions d'administrateur de la France d'outre-mer :
- 1946 : secrétaire général du Comité interministériel pour l'Indochine
- 1947-1948 : directeur du cabinet du Haut Commissaire en Indochine
- 1950-1952 : administrateur du cercle de l'Adrar mauritanien
- 1952-1954 : gouverneur de la Mauritanie
- 1954-1956 : gouverneur de la Côte d'Ivoire
- 1956 : directeur de cabinet de Gaston Defferre, ministre de la France d'outre-mer
- 1956-1958 : haut commissaire de la République au Cameroun
- 1958 : haut commissaire de la République en Afrique équatoriale française
- 1958-1959 : haut commissaire de la République en Afrique occidentale française

Carrière ministérielle

Sous la Cinquième République, il devient le ministre des Armées de Charles de Gaulle, lors d'un remaniement ministériel en 1960 du gouvernement Debré. Il le restera 9 ans, jusqu'au départ de de Gaulle en 1969. Il sera confronté à la révolte des généraux d'avril 1961, aux réformes d'une armée post-coloniale et mettra en œuvre la force de frappe nucléaire voulue par le président. On lui prête d'avoir dissuadé le Général de l'emploi de l'armée lors des événements de mai 68. Il lui sera reproché la validation et l'acceptation de la politique gouvernementale en 1962 à la fin de la guerre d'Algérie en n'évacuant et en ne protégeant pas les harkisL'Express, 9 août 2001 "la longue plainte des harkis" ., un grand nombre étant tué après l'indépendance algérienne. Messmer s'il assumait son rôle, se défendra toujours des accusations d'une responsabilité de sa part ou de celle du gouvernement dans le massacre des harkis. Plus récemment, il lui sera aussi reproché d'avoir autorisé la formation par des officiers français de militaires sud-américains dans les années 60 et début des années 70 aux "techniques" expérimentées en Algérie de lutte contre des mouvements révolutionnaires ou clandestins.Documentaire Escadrons de la mort, l'école française, première diffusion sur Canal + le 1 septembre 2003. Après le départ de De Gaulle, en 1969, il fonde l'association « Présence du gaullisme », puis après l'élection de Pompidou, il devient ministre des départements et territoires d'outre-mer. Georges Pompidou le choisira comme son deuxième Premier Ministre, en 1972, à la suite de Jacques Chaban-Delmas. Il dirige 3 ministères :
- Gouvernement Pierre Messmer (1) 6 juillet 1972
- Gouvernement Pierre Messmer (2) 5 avril 1973
- Gouvernement Pierre Messmer (3) 1974 Il affirmera par la suite ne pas avoir aimé cette fonction et ces deux années, années difficiles, marqués par des difficultés politiques et le début de la crise économique. Néanmoins, la majorité qu'il conduit comme premier ministre gagne les élections législatives de 1973. Face au choc pétrolier, Pierre Messmer prend aussi la décision de lancer la construction de treize centrales nucléaires, engageant la France dans le « tout nucléaire » afin d'assurer son indépendance énergétique. Il se déclare prêt à se présenter à la présidence de la République en 1974 pour autant que Chaban-Delmas, Giscard et Edgar Faure acceptent d'abord de se retirer. Edgar Faure, à qui les sondages prédisent un échec cuisant, trouve là une porte de sortie honorable et inespérée : il consent à s'effacer sans conditions. Giscard d'Estaing a l'habileté d'accepter dans la mesure où Chaban-Delmas en fera autant ; mais ce dernier, pourtant victime d'une campagne violente menée par Le Canard enchaîné, n'arrive pas à croire qu'il a perdu toute chance et se maintient. Messmer renonce. Il restera malgré tout député de Moselle jusqu'en 1988, mandat acquit en 1968 ; de même il restera maire de Sarrebourg jusqu'en 1989. De 1986 à 1988, sous la première cohabitation, il est président du groupe RPR à l'Assemblée nationale.

Après 1988

Retiré de la vie politique, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques en 1988, dont il est le secrétaire perpétuel de 1995 à 1998. En 1992, il devient président de l'Institut Charles de Gaulle et en 1995 de la Fondation du même nom. Il est élu à l'Académie française le 25 mars 1999, au fauteuil de Maurice Schumann (13 fauteuil). Il a été chancelier de l'Institut de France du 1999 au 1 janvier 2006. En 1997, il témoigne au procès de Maurice Papon. Il déclara : « Le temps est venu où les Français pourraient cesser de se haïr et commencer de se pardonner ». En 2001, avec d'autres anciens résistants, il demandera sa grâce. Par décret du Président de la République en date du 6 juin 2006, il a été nommé chancelier de l'ordre de la Libération pour une période de quatre ans, en remplacement du général d'armée (cr) Alain de Boissieu, décédé. Il décède le 29 août 2007 à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. Il présidait l'Association des Amis de Michel Debré et la Fondation de la France Libre. Il était également membre du comité d'honneur du Mouvement Initiative et Liberté. Depuis sa disparition, Robert Galley est le dernier gaulliste historique. Ses obsèques seront célébrées le 4 septembre aux Invalides à Paris en présence de nombreuses personnalités politiques et militaires, dont le président Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon, les ministres Hervé Morin, Michèle Alliot-Marie, Xavier Darcos, Bernard Kouchner, Michel Barnier, André Santini, Roger Karoutchi et Nathalie Kosciusko-Morizet, l'ancien président Jacques Chirac, les anciens premiers ministres Pierre Mauroy, Édith Cresson, Édouard Balladur et Dominique de Villepin. Les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, Christian Poncelet et Bernard Accoyer, ceux de la Cour des Comptes Philippe Séguin, du CSA Michel Boyon et de la Halde Louis Schweitzer. Des membres de l'Académie française, Hélène Carrère d'Encausse, Jean Dutourd et Alain Decaux. Les anciens ministres Roland Dumas, Charles Pasqua et Simone Veil et le maire de Paris, Bertrand Delanoë.Il est inhumé au cimetière de Saint-Gildas-de-Rhuys dand le Morbihan.

Fonctions gouvernementales

- février 1960 - avril 1969 : ministre des Armées (sous le gouvernement Michel Debré, remaniement de février 1960, les 5 gouvernements Georges Pompidou et le gouvernement Maurice Couve de Murville)
- février 1971 - juill 1972 : ministre d'État chargé des Départements et territoires d'outre-mer (sous le gouvernement Jacques Chaban-Delmas, nomination ponctuelle)
- juillet 1972 - avril 1974 : Premier ministre, sous la présidence de Georges Pompidou (3 gouvernements Pierre Messmer)

Mandats électoraux

Mandat de député

- 1968 - 1988 : député de la Moselle et président du groupe RPR à l'Assemblée nationale de 1986 à 1988. Battu en 1967, il est en effet élu à l'Assemblée nationale en 1968 (UDR), 1969, 1973, 1974, 1978 (RPR), 1981 et 1986 (à trois reprises il remplace son suppléant, Maurice Jarrige, qui lui laisse sa place pour lui permettre de retrouver son siège au Parlement).
-Ancien député européen

Mandat locaux

-1970 - 1982 : conseiller général de la Moselle (canton de Réchicourt-le-Château).
-1968 - 1992 : conseiller régional de Lorraine.
- 1971 - 1989 : maire de Sarrebourg
- 1978 - 1979 : président du Conseil régional de Lorraine (avant l'élection des assemblées régionales au suffrage universel)

Famille

Veuf de Gilberte Duprez surnommée « Messméralda », il s'était remarié le 6 juillet 1999 à M Bataille (née Christiane Terrail). Tous deux avaient 83 ans.

Œuvres

- Le Régime administratif des emprunts coloniaux, thèse pour le doctorat en droit (1939)
- Le Service militaire, débat avec Jean-Pierre Chevènement (1977)
- Les Écrits militaires du général de Gaulle, en collaboration avec le professeur Alain Larcan (1985)
- Après tant de batailles, mémoires (1992)
- Les Blancs s'en vont, récits de décolonisation (1998)
- La patrouille perdue, récits autobiographiques (2002)

Décorations

- Grand Croix de la Légion d'honneur
- Compagnon de la Libération - décret du 23 juin 1941
- Croix de guerre 1939-1945 (6 citations)
- Médaille de la Résistance
- Médaille des évadés
- Médaille Coloniale avec agrafes « Érythrée », « Libye », « Bir-Hakeim »
- Médaille commémorative de la guerre 1939-1945
- Officier de l'American Legion
- Commandeur de l'Ordre du Nichan Iftikhar (Tunisie)
- Commandeur de l'Ordre royal du Cambodge

Voir aussi

===
Sujets connexes
Académicien   Académie des sciences morales et politiques   Académie française   Action française   Afrique occidentale française   Afrique équatoriale française   Alain Decaux   Alain de Boissieu   Alsace   American Legion   André Santini   Assemblée nationale (France)   Bataille de Bir Hakeim   Bernard Accoyer   Bernard Kouchner   Bertrand Delanoë   Cameroun   Canton de Réchicourt-le-Château   Centrale nucléaire   Charles Pasqua   Charles de Gaulle   Christian Poncelet   Cinquième République   Compagnon de la Libération   Conseil général (France)   Conseil régional (France)   Conseil régional de Lorraine   Conseil supérieur de l'audiovisuel   Cour des comptes (France)   Croix de guerre 1939-1945   Côte d'Ivoire   Doctorat en droit   Dominique de Villepin   Décret en France   Député européen   Edgar Faure   Escadrons de la mort, l'école française   Forces françaises de l'intérieur   Forces françaises libres   France   France d'outre-mer   France libre   François Fillon   François Jacob   Gaston Defferre   Georges Pompidou   Gibraltar   Gouvernement Georges Pompidou   Gouvernement Jacques Chaban-Delmas   Gouvernement Maurice Couve de Murville   Gouvernement Michel Debré   Gouvernement Pierre Messmer   Gouvernement Pierre Messmer (1)   Gouvernement Pierre Messmer (2)   Gouvernement Pierre Messmer (3)   Guerre d'Algérie   Général d'armée   Halde   Hervé Morin   Hélène Carrère d'Encausse   Indochine française   Institut de France   Institut national des langues et civilisations orientales   Jacques Chaban-Delmas   Jacques Chirac   Jean-Jacques Servan-Schreiber   Jean-Pierre Chevènement   Jean Dutourd   Jean Simon   L'Action française 2000   Le Canard enchaîné   Le Monde   Libération de Paris   Londres   Lorraine   Louis Schweitzer   Légion d'honneur   Marseille   Maurice Papon   Maurice Schumann   Mauritanie   Michel Barnier   Michel Boyon   Michel Debré   Michèle Alliot-Marie   Ministre d'État   Ministère de la Défense (France)   Morbihan   Moselle (département)   Médaille commémorative de la guerre 1939-1945   Médaille de la Résistance   Nathalie Kosciusko-Morizet   Nichan Iftikhar   Nicolas Sarkozy   Ordre de la Libération   Paris   Philippe Séguin   Pierre Mauroy   Pierre Pujo   Premier choc pétrolier   Premier ministre français   Première cohabitation   Président de la République   Putsch des Généraux   Rassemblement pour la République   Robert Galley   Roger Karoutchi   Roland Dumas   Saint-Gildas-de-Rhuys   Sarrebourg   Simone Veil   Syrie   Sénat   Tirailleurs sénégalais   Tunisie   Union des démocrates pour la République   Union pour la nouvelle République   Val-de-Grâce   Val-de-Marne   Valéry Giscard d'Estaing   Vincennes   Xavier Darcos  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^