Gorges d'Olduvai

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Gorges d'Olduvai Localisation des gorges d'Olduvai (TZ-1), parmi les principaux sites de découverte d'hominines (australopithèques, ...), en Afrique : Tchad (TD) : •  TD-1 – Bahr el-Ghazal •  TD-2 – Djourab Éthiopie (ET) : •  ET-1 – Hadar •  ET-2 – Herto •  ET-3 – Omo Kenya (KE) : •  KE-1 – Lac Turkana Tanzanie(TZ) : •  TZ-1
Gorges d'Olduvai

Gorges d'Olduvai Localisation des gorges d'Olduvai (TZ-1), parmi les principaux sites de découverte d'hominines (australopithèques, ...), en Afrique : Tchad (TD) : •  TD-1 – Bahr el-Ghazal •  TD-2 – Djourab Éthiopie (ET) : •  ET-1 – Hadar •  ET-2 – Herto •  ET-3 – Omo Kenya (KE) : •  KE-1 – Lac Turkana Tanzanie(TZ) : •  TZ-1 – Gorges d'Olduvai •  TZ-2 – Laetoli Afrique du Sud (ZA) : •  ZA-1 – Sterkfontein •  ZA-2 – Swartkrans •  ZA-3 – Kromdraai •  ZA-4 – Taung Les gorges d'Olduvai constituent l'un des plus importants complexes de sites préhistoriques d'Afrique de l'Est. Elles ont livré des industries lithiques, des vestiges fauniques et des Hominidés fossiles dont les âges sont compris entre 1, 8 million d'années et 400 000 ans avant le présent. Elles ont également donné leur nom à l'Oldowayen, période du début du Paléolithique inférieur caractérisée par des industries relativement peu élaborées.

Situation géographique et contexte géologique

Les gorges d’Olduvai entaillent le versant ouest de la vallée du Rift, dans la plaine du Serengeti, au nord de la Tanzanie et à proximité de la frontière kenyane et dans une aire protégée : l'Aire de conservation du Ngorongoro. Elles sont d'un intérêt archéologique exceptionnel pour différentes raisons :
- la présence d'un lac a permis à l'origine une sédimentation pratiquement continue sur les deux derniers millions d'années et un ensevelissement relativement rapide de nombreux restes fauniques et lithiques ;
- l'intense activité volcanique, qui a entraîné le dépôt tout au long de la séquence de différents niveaux de cendres volcaniques susceptibles d'être datés ;
- la mise au jour de cette longue séquence par l'érosion liée au ruissellement, entraînant le creusement des gorges qui ont entaillé les différentes couches en les rendant accessibles. La longue séquence d'Olduvai a été subdivisée en différents horizons ou Beds. Si le lieu a parfois été considéré comme le « berceau de l'humanité », il ne faut pas perdre de vue que les groupes humains préhistoriques étaient probablement présents dans de nombreuses régions d'Afrique mais qu'à Olduvai, une conjonction de facteurs favorables a permis la conservation puis la redécouverte et l'étude de témoignages directs ou indirects de leur existence.

Historique des recherches

Si le site est connu depuis 1911, l’essentiel des recherches a eu lieu à partir de 1931, sous la direction de Mary et Louis Leakey. En 1959, la découverte d’un crâne d’Australopithecus boisei, le « Zinjanthrope », a entraîné une intensification des travaux de terrain qui se sont poursuivi jusqu’en 1973. De nombreux autres vestiges d’Hominidés ont été découverts par la suite, dont les ossements d’OH 7, l’holotype d’Homo habilis. L’archéologie d’Olduvai est décrite dans de nombreuses publications, dont deux monographies publiées sous la direction de Mary Leakey, l’une en 1971 pour les Beds I et II, l’autre en 1994 pour les Beds III, IV et Maseks.

Chronostratigraphie

Paradoxalement, la base de la séquence a fourni des dates plus sûres que les formations postérieures : un niveau de basalte et un niveau de tuf situés sous le Bed I ont donné des dates de l'ordre de 1, 8 million d'années avant le présent (datation au potassium-argon). La polarité magnétique des sédiments volcaniques a fourni les éléments chronologiques les plus fiables pour le reste de la séquence. L’inversion Brunhes/Matuyama, classiquement considérée comme la limite entre Pléistocène inférieur et moyen et datée de 0, 7 Ma, se situe vraisemblablement vers le sommet du Bed IV. La plus grande partie du Bed II, le Bed III et la partie inférieure du Bed IV sont donc de polarité magnétique inverse. Bien qu’ils se soient mis en place durant la période inverse de Matuyama, le Bed I et la base du Bed II présentent une polarité normale entre environ 1, 7 et 1, 85 Ma : cet épisode positif qui sert désormais de repère dans les échelles paléomagnétiques a reçu le nom d’« évènement d’Olduvai ». Faute de matériau susceptible de fournir des âges radionumériques, les Beds III, IV et Masek sont datés par le paléomagnétisme et par des estimations basées sur les taux de sédimentation. Les dépôts du Bed III correspondraient à la période 1, 15 - 0, 8 Ma et ceux du Bed IV à la période 0, 8 - 0, 6 Ma. Les Beds Masek seraient antérieurs à 0, 4 Ma tandis que les Beds Ndutu et Naisiusiu, d’âge pléistocène supérieur, seraient contemporains de la formation de la Gorge elle-même. Selon une réinterprétation récente des données paléomagnétiques, les Beds Maseks pourraient être nettement plus vieux et s’inscrire dans l’épisode de polarité magnétique normale de Jaramillo.

Principales industries

Les industries mises au jour à Olduvai ont été réparties en trois catégories par Mary Leakey :
- l’Oldowayen, dont c’est le site éponyme. Présent dans le Bed I et dans un site du milieu du Bed II, il comporte de nombreux galets taillés (51 %), des sphéroïdes, des « discoïdes », des outils sur éclats et de rares proto-bifaces.
- l’Oldowayen développé est lui-même subdivisé en trois sous-groupes. L’Oldowayen développé A, limité à la base du Bed II, est comme son nom l’indique considéré comme une manifestation dérivée de l’Oldowayen, avec moins de galets taillés, plus de proto-bifaces, mais toujours dépourvue de vrais bifaces. L’Oldowayen développé B s’inscrit dans la continuité : il comporte quelques rares bifaces de petites dimensions et une proportion croissante d’outils sur éclats. Il est surtout connu dans la partie supérieure du Bed II. L’Oldowayen développé C, identifié dans la partie supérieure du Bed IV, comporte une proportion accrue de bifaces (7, 2 %) et de nombreux petits outils sur éclats.
- l’Acheuléen apparaît à Olduvai au milieu du Bed II autour d’1, 3 Ma. Il est évidemment caractérisé par l’importance du groupe des « bifaces » (bifaces + hachereaux) qui va toutefois en décroissant au profit du petit outillage sur éclat. Les principales matières premières utilisées à Olduvai sont des roches volcaniques (basalte, trachyandésite, phonolite, néphélinite) et des quartzites. Le gneiss a également été employé de manière anecdotique. À l’heure actuelle, tous ces matériaux affleurent dans un rayon de 13 km autour de la jonction des deux branches des Gorges.

Voir aussi

Références

- Leakey, L.S.B. (1951), Olduvai Gorge (Tanganyika) - A report on the evolution of the hand-axe culture in Beds I-IV, Cambridge, University Press, 164 p.
- Leakey, M.D. (1971), Olduvai Gorge - vol. 3 : Excavations in Beds I and II, 1960-1963, Cambridge, Cambridge University Press, 306 p.
- Leakey, M.D. (1994), Olduvai Gorge - vol. 5 : Excavations in Beds III, IV and the Masek Beds, 1968-1971, Cambridge, avec la coll. de D.A. Roe, Cambridge University Press, 327 p.

Lien externe

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