Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (album)

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Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (en français : la « Fanfare du Club des Cœurs Solitaires du Sergent Poivre ») est le huitième album du groupe britannique The Beatles. Cet album est souvent cité comme leur plus grande œuvre et l'un des albums les plus influents de tous les temps par les critiques, figurant à la première place dans la liste des 500 plus grands albums de tous les temps du magasine Rolling Stone.. Enregistré par les Beatles sur une pé
Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (album)

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (en français : la « Fanfare du Club des Cœurs Solitaires du Sergent Poivre ») est le huitième album du groupe britannique The Beatles. Cet album est souvent cité comme leur plus grande œuvre et l'un des albums les plus influents de tous les temps par les critiques, figurant à la première place dans la liste des 500 plus grands albums de tous les temps du magasine Rolling Stone.. Enregistré par les Beatles sur une période de 129 jours, l'abum est sorti le en Grande-Bretagne et le jour suivant aux États-Unis. L'origine du nom de l'album vient du fait qu'à l'époque, dans l'ouest des États-Unis apparaissaient des groupes avec des noms à rallonge, comme Quicksilver Messenger Service ou Big Brother and the Holding Company. Sur une idée et un concept imaginés par Paul McCartney, les Beatles décident de former un groupe fictif qui lui aussi aurait un nom très long et partirait en tournée à leur place. En , ils ont en effet définitivement cessé de se produire en public.

Contexte

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band est enregistré alors que le groupe s'est extrait de la pression liée à la Beatlemania. Les Beatles ont donné leur dernier concert au Candelstick Park de San Francisco le . Après cette ultime tournée des États-Unis, où le décalage entre ce qu'ils voulaient proposer à leur public et ce que celui-ci parvenait à entendre au milieu des hurlements et dans des conditions de sonorisation encore balbutiantes, ne cessait de se creuser, les quatre Beatles — même Paul McCartney, qui était celui qui tenait le plus à continuer les tournées — décident que c'est assez. À partir de là, ils deviennent un groupe de studio (sauf lors du « rooftop concert » pendant les sessions d'enregistrements de Let It Be). Pour la première fois dans leur carrière, ils disposent de tout le temps nécéssaire pour préparer leur album. En tant que groupe vedette d'EMI et celui ayant le plus de succès, ils ont un accès presque illimité à la technologie des studios Abbey Road. Les quatre membres du groupe ont une préférence pour les longues sessions de nuit et toute l'équipe d'ingénieurs de son dirigée par George Martin est à leur service, prête à toutes les inventions possibles à leur demande. À partir des enregistrements de Rubber Soul et de Revolver, les goûts des Beatles ont évolué du Rhythm & Blues, de la pop et du rock 'n' roll de leurs débuts vers une variété de nouvelles influences qui va de la musique indienne sous l'impulsion de George Harrison à la musique classique et même baroque dont George Martin est un expert. Les musiciens sont par ailleurs devenus familiers d'un grand nombre d'instruments comme l'orgue Hammond et le piano électrique ; leur palette instrumentale couvre maintenant les cordes, les cuivres, les instruments à vent, les percussions et beaucoup d'autres. Sans oublier un nombre important d'instruments indiens comme le sitar, la tambura et diverses percussions, grâce à George Harrison, très intéressé à inclure ces sons dans la « musique occidentale ». L'ensemble de ces évolutions, qui concerne aussi l'écriture des paroles, est arrivé à maturation au moment des sessions de Sgt. Pepper's. La période Sgt. Pepper a aussi coïncidé avec l'introduction de quelques innovations musicales importantes. Le travail de Bob Dylan, Frank Zappa, Jimi Hendrix, Phil Spector et Brian Wilson redéfinissait radicalement ce qui était possible pour les musiciens pop en termes d'écriture et d'enregistrement. Les technologies de studio ont atteint un haut degré de développement et de grandes innovations sont encore à venir. Les vieilles règles de l'écriture sont abandonnées, et des thèmes lyriques complexes sont explorés pour la première fois dans la musique populaire. Les chansons deviennent plus longues, le point culminant étant atteint dans les années 1970 avec par exemple Pink Floyd et ses titres s'étalant sur une face entière d'album, comme le morceau Echoes.

Conception

La « fanfare du club des cœurs solitaires du Sergent Poivre » vous accueille dans son show. L'album Sgt Pepper's est ce show, et tout, jusqu'à la pochette innovante — elle s'ouvre, elle contient les paroles des chansons imprimées au dos, elle est munie d'une planche d'accessoires à découper, une première dans le rock — et débordante de couleurs, fait de ce disque le premier « concept-album » de l'histoire, ne serait-ce que par son retentissement. Pourtant, au-delà du personnage de Billy Shears, qui fait le lien entre le premier titre et With a Little Help from My Friends, les chansons n'ont pour la plupart aucun rapport entre elles. Afin d'assurer la cohérence du projet, George Martin a l'idée de demander au groupe de reprendre Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band en avant-dernier morceau (« merci, nous espérons que vous avez aimé le show, il est temps de partir »). De même, le hasard fait parfois bien les choses. Ainsi, le cri du coq que l'on entend à la fin de Good Morning Good Morning est dans la même tonalité que le premier accord de la reprise de Sgt Pepper's et permet donc de lancer celle-ci. L'album se clôture par la longue décroissance d’une note de piano (jouée simultanément sur tous les pianos disponibles dans les studios par plusieurs personnes en même temps), un sifflement à 20 Khz inaudible par l'homme, mais destiné à faire aboyer les chiens (cela dit, on peut tout de même entendre distinctement celui-ci sur la réédition en CD), et un « jingle » sans fin sur le sillon intérieur. En effet, sur les premiers pressages mono de l'album, juste après le dernier morceau, A Day in the Life, un sillon enregistré et revenant sur lui-même pouvait être écouté. Il l'est à nouveau depuis la réédition en CD. Une légende, fausse, affirmait que les Beatles prononcent I never know the end (« je ne connais pas la fin »). Le groupe prononce deux ou trois phrases. Une première phrase en premier plan pouvant être entendue aussi bien à l'endroit qu'à l'envers, disant quelque chose comme « He never kissed me any other way / is he any other way » ou encore « it will be like this again » dans un sens, dans l'autre « very soon ». La deuxième phrase, en arrière-plan, est enregistrée à l'envers et seule sa deuxième partie est compréhensible : « Supermen ». Ce sillon a alimenté de nombreuses spéculations participant à la légende des Beatles. Si Sgt. Pepper's n'est pas un concept-album au sens strictement musical, il en est un tout simplement parce que ses auteurs l'ont pensé ainsi et l'ont fait savoir.

Innovations techniques

Les innovations en terme d'enregistrement sont nombreuses pour Sgt. Pepper et marqueront durablement l'industrie du disque et la façon de considérer le travail en studio. Quelques exemples :
- le « vari-speed », un nouveau bouton sur le magnétophone qui permet de faire varier la vitesse de défilement de la bande. On enregistre ainsi la voix en faisant tourner le magnétophone plus lentement puis on le remet à vitesse normale. Ce procédé est utilisé pour modifier le timbre de la voix de John Lennon sur Lucy in the Sky with Diamonds. On peut aussi s'en servir pour relier deux prises enregistrées à un tempo différent, comme sur Strawberry Fields Forever ;
- la « synchronisation » de deux magnétophones 4-pistes à travers une fréquence émise d'une machine vers l'autre, utilisée pour enregistrer l'orchestre symphonique exécutant la fameuse « montée » dans A Day in the Life, tandis que tourne la bande où jouent les Beatles ;
- le « reduction mixdown » (également appelé bouncing) permet de transférer les quatre pistes enregistrées sur une machine pour n'en faire plus qu'une seule sur une autre, libérant ainsi trois nouvelles pistes. On peut multiplier le procédé, mais avec une certaine limite : quatre fois (soit un 16 pistes virtuel), ce qui constituera le maximum permis pour ne pas avoir trop de dégradation du son ;
- la généralisation de la stéréophonie. Bien que Sgt Pepper soit encore un album conçu et mixé en premier lieu en mono, c'est bien sur cet album que les ingénieurs du son des studios Abbey Road innovent en travaillant spécifiquement sur un mixage stéréo, entraînant de nombreuses et très débattues différences dans les rendus finaux ;
- la créativité débridée qui voit George Martin demander à Geoff Emerick de lancer des bandes musicales en l'air, puis de les recoller au hasard afin de tenter de produire les sonorités demandées par John Lennon sur son titre Being for the Benefit of Mr. Kite! ;
- l'utilisation des pédales wah-wah et d'un fuzzbox, qu'ils tranforment avec leurs propres idées expérimentales, comme faire passer des voix et des instruments à travers une cabine Leslie. Une autre innovation sonore importante est la découverte de la technique de la boîte de direct par Paul McCartney, dans laquelle on peut enregistrer la guitare basse en la branchant directement dans un circuit amplifiant de la console d'enregistrement. Paul enregistre désormais ses parties de basse à part, et souvent à la fin.

Instrumentation

Les chansons de Sgt. Pepper comportent des arragements musicaux très élaborés — par example, l'ensemble de clarinettes sur When I'm Sixty-Four — et des utilisations excessives d'effets sonores comme l'echo, la réverbération et les bandes passées à l'envers. Beaucoup de ces effets ont été crées avec la collaboration de George Martin et des ingénieurs des studios Abbey Road. L'un des quelques moments de discorde est survenu pendant l'enregistrement de She's Leaving Home. George Martin était indisponible à ce moment et Paul McCartney, impatient, a engagé Mike Leander pour écrire les arrangements de la section des cordes. L'occasion se répètera lors de la composition de la musique du film Magical Mystery Tour, aussi avec Leander. Un autre exemple sur la production de l'album est la chanson de John Lennon Being for the Benefit of Mr. Kite!, qui clôture la première face. Les paroles ont été adaptés presque mot pour mot d'une vieille affiche de cirque du que Lennon a acheté à un magasin d'antiquités dans le Kent le jour où les Beatles y ont filmé le clip promotionnel de Strawberry Fields Forever. Le collage sonore qui donne à la chanson son caractère distinctif a été crée par George Martin et Geoff Emerick, qui ont amassé divers enregistrements d'orgues et de « sons de cirque », qui ont ensuite été coupés en longueurs variées, jetés dans une boîte, mixés ensemble dans un ordre aléatoire, faisant une longue bande qui fut mixée avec la chanson lors de la production finale. La chanson qui ouvre la deuxième face, Within You Without You, est inhabituellement longue pour une chanson pop à cette époque, et ne figure que George Harrison au chant, au sitar et à la guitare acoustique, tous les autres instruments étant joués par un groupe londonnien de musiciens indiens. Ces déviations du rock 'n' roll traditionnel ont été facilités par la décision des Beatles de ne plus faire de concerts, par leur habileté à engager de bons musiciens et par l'intérêt grandissant de Harrison pour la musique et la religion hindoue, qui l'ont mené à prendre des leçons de sitar avec le musicien indien Ravi Shankar. Sa fascination pour la musique de l'Inde est mise en évidence sur beaucoup de chansons, comme Lucy in the Sky with Diamonds et Getting Better, où il joue de la tambura. Cet album utilise aussi beaucoup de claviers. Un piano à queue est utilisé sur beaucoup de chansons comme A Day in the Life et Lovely Rita et un orgue Hammond est utilisé dans beaucoup d'autres chansons. Un clavecin peut être entendu sur Fixing a Hole et un harmonium est joué par George Martin sur Being for the Benefit of Mr. Kite!. D'autres instruments, comme le piano électrique, le glockenspiel et le mellotron sont utilisés sur l'album. Encore à ce jour, Sgt. Pepper reste une pierre angulaire de l'histoire de la musique.

Versions mono et stéréo

Les Beatles étaient présents pendant le mixage de l'album en mono et le disque vinyle est originellement sorti dans cette version accompagnée d'un mixage stéréo préparé par une équipe d'ingénieurs du son des studios Abbey Road dirigée par Geoff Emerick. Les deux versions sont fondamentalement différentes : la bande est en effet lue à une autre vitesse. Par exemple, la chanson She's Leaving Home a été mixée à une plus grande vitesse que sur l'enregistrment original et joue donc sur un tempo plus vite. À l'opposé, la version mono de Lucy in the Sky with Diamonds est considérablement splus lente que sur la version stéréo version et comporte beaucoup d'effets sonores. Ce problème apparaît aussi sur la version en CD de l'album. Le cri de Paul McCartney à la fin de Sgt. Pepper (Reprise) peut être très bien entendu dans la version mono, mais est presque inaudible dans la version stéréo. La version mono de la chanson comporte une batterie qui ouvre la chanson avec plus de présence et de force, de la manière qu'elle est jouée dans cette version. Dans le mixage stéréo, le fameux segue à la fin de Good Morning Good Morning — le cri du coq qui devient un son de guitare — est placé à un temps différent. D'autres variations entre les deux mixages incluent un rire plus fort à la fin de la version mono de Within You Without You et une fin froide et sans écho sur la version mono de Being for the Benefit of Mr. Kite!.

Pochette

La pochette de l'album est, sans nul doute, une des plus célèbres de l'histoire de la musique. On y voit les Beatles, au centre, chacun vêtu d'un uniforme de parade d'une couleur différente. Ils se tiennent debout, réunis derrière une grosse caisse, sur laquelle figure le titre de l'album, sur un logo conçu par l'artiste Joe Ephgrave. À leurs pieds, un massif de fleurs rouges écrivent le nom du groupe. Cette pochette présente une vraie rupture avec les précédents albums en le fait qu'ici, chaque Beatle a sa propre coiffure, son propre costume, sa propre identité. Le contraste est d'ailleurs accentué par la présence de statues de cire à l'effigie des « anciens Beatles » à leurs côtés, comme assistant à leur propre enterrement ; en effet, cet album a été conçu comme étant un album du groupe du « Sergent Pepper », et non des BeatlesNotes sur la pochette de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band.. Ce très fort décalage, à la fois avec ce que les Beatles avaient été et entre les membres eux-même, fut d'ailleurs vu par certains fans comme l'annonce d'une rupture proche (qui n'intervint cependant officiellement que trois ans plus tard). C'est aussi la première fois qu'on voit, sur une pochette d'album officielle des Beatles, les désormais célèbres lunettes rondes de John Lennon. On raconte qu'il était myope depuis de nombreuses années, mais qu'il trouvait que les lunettes ne lui allaient pas. Il dût cependant porter des lunettes rondes pour un rôle dans le film How I Won the War tournée à la fin de l'année 1966 ; il en fit dès ce moment sa marque de fabrique. Enfin, c'est aussi la première fois que chacun des membres du groupe porte la moustache. Une autre particularité de la pochette réside dans la quantité et la diversité des personnages célèbres que l'on peut voir aux côtés des Beatles ; en effet, la pochette se présente comme un veritable "portrait de famille", sur lequel apparaissent les personnages "sans qui les Beatles n'auraient pas été les Beatles". Ainsi, on peut y retrouver Edgar Allan Poe, dont il est fait référence dans les paroles de I Am the Walrus, Bob Dylan, chanteur admiré par le groupe, et qui leur a fait découvrir la marijuana lors de leur tournée américaine de l'été 1964, ou encore Lewis Carroll, dont les écrits inspirèrent la rédaction des paroles de Lucy in the Sky with Diamonds. L'ensemble des personnages fut choisi par le groupe, et seul Ringo Starr ne soumit aucune proposition. Notons qu'il ne s'agit pas ici d'un photomontage, mais bien de la photo du groupe devant une assemblée de silhouettes grandeur nature en carton découpé et imprimé — lorsqu'il ne s'agit pas de statues. La réalisation de la pochette nécessita donc un travail important à Peter Blake, un des pères du « pop art », qui conçut en collaboration avec son épouse Jann Haworth la pochette de cet album. La production fut confiée à Robert Fraser, et Michael Cooper fut choisi pour prendre les photos proprement dites. La préparation du décor nécessita deux semaines de travail, et la session de photo dura plusieurs heures, le 30 Mars 1967. Le coût final de cette pochette s'éleva à près de 3000 livres, soit environ 100 fois le coût habituel à l'époque. La pochette reçu l'année de sa sortie le Grammy Award de la meilleure pochette d'art, à l'instar de leur précédent album, Revolver, l'année précédente.

Liste des célébrités présentées

Rang par rang, de haut en bas, on peut voir : On notera aussi que sur la version de l'album destinée au public d'Union Soviétique, le sigle du "Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band" est retranscrit en alphabet cyrillique, de même que la photo de Karl Marx est remplacée par une photo de Raspoutine.

Les costumes

Sur cette pochette, chacun des Beatles est vêtu d'un uniforme de parade d'inspiration militaire en satin, d'une couleur extrèmement vive et personnalisé à la peinture fluorescente. John Lennon porte un costume vert-jaune, Paul McCartney est vêtu de bleu, George Harrison de rouge et Ringo Starr de rose. Ces uniformes, créés par Manuel Cuevas, connus pour avoir dessiné des costumes de scène pour de nombreux chanteurs, comportent aussi des insignes particulières à chaque membre : Lennon porte les armes royales du Royaume-Uni sur sa manche droite, McCartney et Harrison portent leur médaille de l'Ordre de l'Empire britannique, qui leur fut donné par la Reine, et un écusson portant les initiales "O.P.P.", mises pour "Ontario Provincial Police", en français "Police provinciale de l'Ontario", est aposé sur la manche gauche de McCartney.

Reste du coffret

La grande innovation présente dans la pochette originale du vinyl de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band réside en le fait qu'elle soit double. De cette manière, elle pouvait d'ouvrir comme un livre, faisant apparaitre une photo plus reserrée du groupe, toujours en uniforme, sur un fond jaune uni, et permettaient l'insertions d'interessants suppléments. Cette configuration avait été choisie car l'album devait être double à l'origine. Lorsque les Beatles s'appeçurent qu'ils ne disposaient pas d'assez de compositions pour justifier un double album, la pochette avait déjà été envoyée aux impimeurs ; ils décidèrent alors de conserver le modèle que l'on connait aujourd'hui. A l'origine, le groupe avait pour projet d'y inclure toutes sortes de suppléments, comme des crayons de couleurs ou des pin's. Cependant, face au coût potentiel d'une telle opération, on se résigna à inclure une simple planche d'accessoires à découper, munis d'une description en haut à gauche. On pouvait y trouver :
-Une moustache prête à l'emploi
-Une carte postale figurant le portrait du fameux Sergent Pepper
-Deux badges
-Une paire d'écussons rayés à appliquer sur ses manches pour ressembler au groupe.
-Un autre portrait du groupe. Une autre innovation de cet album fut l'impression des paroles des chansons sur la pochette. En effet, ce qui est devenu une habitude faisait à l'époque figure d'exception (les paroles étaient souvent disponibles uniquement dans des livrets vendus séparément).

Réception

À sa sortie, Sgt. Pepper a reçu un accueil très vaste des critiques et du public. Beaucoup de revues de l'album apparaissant dans les journaux et magazines musicaux en , immédiatement après le lancement de l'album, étaient généralement positives. Le critique du Times Kenneth Tynan a décrit Sgt. Pepper comme « un moment décisif dans l'histoire de la civilisation occidentale ». Un critique notable qui n'a pas aimé l'album est Richard Goldstein, du New York Times, qui a écrit : « Comme un enfant attendu, Sergeant Pepper est gâché. Il présente des cors et des harpes, des quartets d'harmonica, plusieurs bruits d'animaux, et un orchestre de 41 musiciens » et a ajouté que c'était « un album d'effets sonores, superbe mais ultimement frauduleux. Cette revue provoqua l'envoi de plusieurs lettres furieuses à Goldstein. D'un autre côté, Goldstein a décrit la chanson A Day in the Life comme « une excursion morbide dans la musique émotive avec de bonnes paroles », et qu'elle « reste la plus importante chanson du couple Lennon/McCartney, et qu'elle est un évènement pop historique. Le musicien rock qui s'est moqué de l'album est Frank Zappa, qui a accusé les Beatles d'utiliser l'esthétisme du « flower power » à des fins monétaires, mentionnant dans un article du magasine Rolling Stone qu'il sentait qu'ils « étaient là juste pour l'argent ». Cette critique est plus tard devenu le titre de l'album des Mothers of Invention We're Only in It for the Money, qui se moquait de Sgt. Pepper avec une pochette similaire. Ironiquement, lorsque l'enregistrement de Sgt. Pepper a été terminé, Paul McCartney a dit : « Cet album sera notre Freak Out! », qui fait référence au premier album de Zappa (1966), qui est considéré par beaucoup de gens comme un des premiers albums-concept. La durée de vie de l'album dans les charts britanniques et américains est phénoménale. En Grande-Bretagne, il est entré à la position n°8 avant même que l'album ne soit sorti et a atteint la première place la semaine suivante où il est resté pendant 23 semaines consécutives. Il a été ensuite détrôné par la bande sonore du film The Sound of Music. Lors de la réédition en CD de l'album en 1987, il a atteint la troisième place. En juin 1992, le CD a été réédité pour le 25 anniversaire de l'album, et a atteint la sixième position. En 2007, pour commémorer les 40 ans de sa parution, Sgt. Pepper's est à nouveau entré dans les charts à la 47 place. En tout, l'album a passé 198 semaines dans les charts britanniques. Sgt. Pepper est le premier album rock à gagner le Grammy Award de l'album de l'année (en 1968). Les ventes aux États-Unis totalisent 11 millions d'albums vendus, et 30 millions à travers le monde. L'album a figuré sur bon nombre de listes des meilleurs albums rock, comme le magazine Rolling Stone, Bill Shapiro, Alternative Melbourne, Rod Underhill et VH1. En 1997, Sgt. Pepper a été nommé plus grand album de tous les temps dans la liste Music of the Millennium. En 1998, le magasine Q l'a placé à la position n°7.

Allusions à la drogue

L'affiche qui inspira les paroles de Being for the Benefit of Mr Kite! L'allusion à la drogue qui apparait évidente pour la plupart des observateurs de l'époque, est le texte surréaliste et surtout les initiales (LSD) de la chanson Lucy in the Sky with Diamonds. Mais John Lennon explique qu'il est en fait parti d'un dessin que son fils Julian, alors âgé de quatre ans, a ramené de sa classe de maternelle en lui expliquant que c'était sa copine Lucy O'Donnell « dans le ciel avec des diamants ». Le compositeur, qui cite aussi Lewis Caroll et son Alice au pays des merveilles comme source d'inspiration, est le premier étonné de l'interprétation qui est faite de son titre. John Lennon et Paul McCartney écrivent ensemble la dernière phrase avant la « montée orchestrale » dans A Day in the Life, « I'd love to turn you on » (« j'aimerais te brancher »), qui fait scandale pour sa connotation et provoque son interdiction sur la radio britannique. L'héroïne joue un rôle dans le bannissement de deux autres chansons de l'album à l'antenne : Fixing a Hole, dont le titre supposerait que le chanteur se fait un « fix », alors que Paul McCartney parle seulement de « boucher un trou » dans une ferme délabrée, et Being for the Benefit of Mr. Kite!, à cause du personnage « Henry the horse », puisque « horse » signifie héroïne en argot anglais. Ce sont bien sûr des interprétations totalement erronées de la part des « autorités compétentes »...

Liste des morceaux

:Toutes les chansons sont de John Lennon et Paul McCartney, sauf où mentionné.

Face A

- Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band – 2:02
-
- Chant : Paul McCartney
- With a Little Help from My Friends – 2:44
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- Chant : Ringo Starr
- Lucy in the Sky with Diamonds - 3:28
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- Chant : John Lennon
- Getting Better – 2:47
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- Chant : Paul McCartney
- Fixing a Hole – 2:36
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- Chant : Paul McCartney
- She's Leaving Home – 3:34
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- Chant : Paul McCartney et John Lennon
- Being for the Benefit of Mr. Kite! – 2:37
-
- Chant : John Lennon

Face B

- Within You Without You (George Harrison) – 5:04
-
- Chant : George Harrison
- When I'm Sixty-Four – 2:37
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- Chant : Paul McCartney
- Lovely Rita – 2:42
-
- Chant : Paul McCartney
- Good Morning Good Morning – 2:41
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- Chant : John Lennon
- Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (Reprise) – 1:18
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- Chant : Paul McCartney, John Lennon et George Harrison
-
- Ce morceau constitue une reprise de la chanson-titre
- A Day in the Life – 5:33
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- Chant : John Lennon et Paul McCartney
-
- Ce morceau contient une chanson cachée appelée le « run-out groove »

Morceaux rejetés

Trois chansons ont été enregistrées lors des sessions de Sgt. Pepper en vue de leur introduction dans l'album, mais furent éliminés. Les deux premières chansons sont sorties en single en et la dernière est apparu dans la bande originale du film Yellow Submarine. Un autre morceau, Carnival of Light, fut enregistré par Paul McCartney. Il s'agit d'un collage sonore d'avant-garde écrit pour un évènement ayant lieu à Londres au début de l'année 1967.
- Strawberry Fields Forever, écrite par John Lennon. Elle fut la première chanson réellement enregistrée pour l'album. Le titre fait une référence à un orphelinat de la Salvation Army près de l'endroit où il vécut son enfance à Liverpool ;
- Penny Lane, écrite par Paul McCartney. Elle fut enregistrée quelques jours après When I'm Sixty-Four, qui, elle, apparaît sur l'album. Elle s'agit d'une réponse à la chanson de Lennon et évoque les années de jeunesse de McCartney à Liverpool ;
- Only a Northern Song, écrite par George Harrison. Elle fut composée pour l'album, mais fut remplacée par Within You Without You qu'il jugeait meilleure. Elle apparaît toutefois dans le film Yellow Submarine et sa bande-son.

Personnel

-John Lennon – guitare acoustique, guitare électrique, orgue, piano, percussions, chant
-Paul McCartney – basse, guitare électrique, piano, orgue, percussions, chant
-George Harrison – guitare acoustique, guitare électrique, sitar, tamboura, percussions, harmonica, chant
-Ringo Starr – batterie, percussions, piano, harmonica, chant
-George Martin – clavecin, orgue, piano, harmonium
-Geoff Emerick – ingénieur du son
-Mal Evans – piano, harmonica, harmonium, percussions, chant
-Neil Aspinall – harmonica, tamboura

Anecdotes

- Pendant l'enregistrement de l'album dans le studio n° 2, dans le studio d'en face, le groupe Pink Floyd enregistrait son premier album, The Piper at the Gates of Dawn. ;
- Le jour où la photo de la pochette a été prise, John Lennon et George Harrison auraient été sous l'influence du LSD ;
- Sur la pochette, Paul McCartney porte le badge de l'Ontario Police Departement (OPP) qu'il a rapporté du Canada. Les partisans de la thèse « Paul is Dead » y liront « OPD », soit « Officially Pronounced Dead » (« officiellement déclaré mort »).
- Gandhi, Jésus et Hitler devaient figurer sur la pochette de l'album mais à la requête de la maison de disques EMI ils ont été retirés. Sur une photo montrant le montage du décor on voit la statue d'HitlerNotes sur la pochette de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band. ;
- Le nom donné à la découverte du squelette d'une australopithèque vieille de trois millions d'années, Lucy, a été inspiré de la chanson Lucy in the Sky with Diamonds ;
- Les initiales de Lucy in the Sky with Diamonds sont LSD. Le rapprochement que l'on fait immédiatement avec la substance hallucinogène est purement involontaire selon John Lennon, qui a expliqué qu'il était parti d'un dessin de son fils Julian et s'était inspiré de Lewis Caroll — plus particulièrement d'Alice au pays des merveilles — pour composer cette chanson.

Parodies et pastiches

En 1968, Frank Zappa parodie la pochette avec l'album We're Only in It for the Money (« nous ne faisons ça que pour l'argent ») fait avec son groupe The Mothers of Invention. Un autre pastiche est réalisé pour The Rutles, une émission d'Eric Idle des Monty Python qui entreprend de caricaturer la carrière des Beatles à la manière du fameux groupe d'humoristes, avec la bénédiction — et en partie le financement — de son ami George Harrison, plus le concours de Paul Frederic Simon et Mick Jagger, qui y jouent leur propre rôle. Les pastiches des chansons des Beatles créés pour l'émission sont autant de clins d'œil aux « tics » musicaux de leurs modèles — Ouch! imité de Help!, Cheese and Onions qui a des accents dA Day in the Life, Piggy in the Middle évoquant I Am the Walrus, Doubleback Alley qui est le cousin de Penny Lane, etc. Les Bidochons pastichent aussi cette pochette pour leur album The Beadochons. Elle est également pastichée pour l'album Tropical Tribute to the Beatles. Toutefois, ce n'est pas elle qui est le plus pastichée, mais celle dAbbey Road. Même Paul McCartney s’y met avec son album Paul is Live.

Notes et références

Sources et liens externes

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- Catégorie:album musical sorti en 1967 Catégorie:Album des Beatles ca:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band cs:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band da:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band de:Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band en:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band eo:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band es:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band eu:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band fi:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band ga:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band gd:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band gl:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band he:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band hr:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band hu:Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band id:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band it:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band ja:サージェント・ペパーズ・ロンリー・ハーツ・クラブ・バンド (アルバム) la:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band lv:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band nl:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band no:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band pl:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band pt:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band ru:Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band simple:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band sk:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band sr:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band sv:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band tr:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band uk:Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band zh:胡椒軍曹寂寞芳心俱樂部樂團
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