Magie (surnaturel)

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La Magie (que certains écrivent avec une majuscule pour la distinguer de la prestidigitation) est un ensemble de techniques, souvent ritualisées selon des codes de connaissance dits ésotériques, qui, bien que le mécanisme interne en soit plus ou moins insaisissable, permettraient de produire des phénomènes d'altération de la réalité, comme positiver le destin, influencer à sa guise le comportement d'autrui ou le cours des événements. Anneau ancien reprenant le sym
Magie (surnaturel)

La Magie (que certains écrivent avec une majuscule pour la distinguer de la prestidigitation) est un ensemble de techniques, souvent ritualisées selon des codes de connaissance dits ésotériques, qui, bien que le mécanisme interne en soit plus ou moins insaisissable, permettraient de produire des phénomènes d'altération de la réalité, comme positiver le destin, influencer à sa guise le comportement d'autrui ou le cours des événements. Anneau ancien reprenant le symbole du pentagramme, souvent associé à des pratiques magiques

Concepts

Étymologie

L'origine du mot magie est très discutée. Certains n'y voient que la racine grecque magia, alors que d'autres remontent aux Perses de la période mazdéenne, chez qui le magoï était une personnalité importante dans le système religieux du zoroastrismePour Jean Servier "que sais-je" puf 1993, le mot est utilisé la 1 fois par Darius de Behistan, mais c'est Hérodote qui en précise le sens : Magoi est la sixième et dernière des tribus du peuple des Mèdes, la tribu des Mages . C'est vers le milieu du IVe siécle avant J-C que le mot Magéia (en latin magia) est employé par les grecs en tant que doctrine issue de la Perse, notamment avec Zoroastre, qui fut l'initiateur de Pythagore, Epiménide, Démocrite et Platon . Parmi les Mages perses, ou prêtres de Zoroastre, les plus célèbres sont : Zorotas le Chaldéen et Osthanès . Pour Jean Servier, l'utilisation actuelle du mot magie, ainsi que les notions qu'elle regroupe n'a pas cessé depuis, et surtout à l'époque contemporaine, de s'asseoir sur des malentendus, des confusions, des simplifications et des abus de langage . Ceci notamment par certains anthropologues, ethnologues, sociologues ... La magie nécessite, pour permettre de la comprendre, des délimitations et des distinctions notables par rapport à la science, la religion et la sorcellerie . . D'autres, enfin, regardent vers les peuples sémitiques du Moyen-Orient, voyant son origine dans le mot akkadien magdim.

Magie et Science, le conflit des paradigmes

Une très grande majorité de personnes opposent la magie et la science, quel que soit le paradigme (scientifique ou magique) qu'ils prennent pour référence pour juger ces deux concepts. Certains toutefois considèrent que l'un comme l'autre modélise le monde à sa façon, et tentent une synthèse de ces deux paradigmes (modèles d'appréhension du monde et de ses fonctionnements), chacun ayant ses propres failles.

Les tenants du paradigme scientifique

Ceux qui se rattachent au paradigme scientifique pour juger la réalité concourent à catégoriser la croyance en la magie comme une superstition, et à réduire les phénomènes magiques à :
-une coïncidence fortuite en ce qui touche aux événements supposés, par le magicien ou les personnes impliquées dans les dits événements, avoir été induits par magie (voir synchronicité) ;
-lignorance ou de la négation de causes physiques identifiables dans le cas de phénomènes physiques possibles mais prétendus, par les individus y ayant assisté, avoir été causés par de la magie ;
-un processus d'autosuggestion, voire d'un symptôme névrotique, en ce qui concerne des phénomènes touchant à l'esprit d'une personne revendiquant l'origine magique de son état psychique.
-un processus de somatisation dans le cas d'un individu "physiquement" affecté, et revendiquant une cause magique à cette affection (« envoûtement »...).

Les tenants du paradigme magique

A l'inverse, ceux qui s'affilient au paradigme magique reprochent à la science :
-
sa prétention à la vérité absolue. Il s'agit en outre d'une tendance commune à tous les paradigmes : tout modèle d'appréhension du réel tend à confondre ses conclusions avec le réel lui-même bien que les modèles théorisés ne soient par essence que des hypothèses, certes basées sur des observations rigoureuses mais pas nécessairement représentatives de toutes les observations possibles. La science, à l'instar de tout paradigme, n'est qu'une perspective sur le monde parmi d'autres.
-
une procédure trop contraignante pour mettre à l'épreuve certaines pratiques magiques. Les procédures de la science ne seraient pas adaptées par nature pour vérifier certains phénomènes, ce qui rendrait l'expérience inutile car nécessairement inefficace, voire empêcherait la magie d'opérer. C'est là le point le plus litigieux, la communauté scientifique refusant très souvent de considérer que ses procédures puissent être inadéquates à certaines expériences. La magie étant irrationnelle, donc non rationalisable, elle entrerait alors dans un domaine particulier de la science, entre l'observé et le faux : le non-vérifiable.
-
son manque d'ouverture d'esprit concernant certains points potentiellement rationnalisables. Le scientifique serait entravé par la peur du ridicule pour accorder du crédit aux hypothèses "magiques" : le cas échéant, il y met à l'épreuve sa "pertinence" face à ses pairs.

La synthèse de ces deux approches

Certaines personnes tentent parfois un recul vis-à-vis de ces deux paradigmes, refusant l'opposition traditionnelle faite entre ces deux domaines. Une synthèse possible peut se faire en les considérant pour ce qu'ils sont, soit des paradigmes, c'est-à-dire deux manières différentes d'appréhender le monde. Il est important pour effectuer cette synthèse de bien percevoir les différences de nature entre la science et la magie. Les lois naturelles, quelles qu'elles soient, peuvent être considérées selon une approche scientifique ou magique, considérant qu'il s'agit de deux points de vue différents sur une même chose même si la totalité du réel est encore loin d'avoir été modélisée par ces deux approches. Les croisements sont toutefois parfaitement possibles : par exemple, certaines vulgarisations scientifiques sont souvent une manière de faire entrer un peu de magie, d'instincts, de symbolisme et de sensations dans un monde perçu comme désenchanté par le paradigme scientifique. La psychologie permet en effet une intrusion de la science dans le domaine habituellement décrit par la magie. (Même si elle y fait preuve d'une certaines souplesse quant à la vérification de ses hypothèses, qui font que certains en critiquent l'appartenance aux domaines scientifiques). On observe d'ailleurs de nombreux croisements entre magie et psychologie, vu avec appréhension par de nombreuses personnes, ces croisements étant souvent utilisés par des sectes pour renforcer leurs emprises sur leurs membres.

Les domaines magiques (Magie blanche, noire etc... )

Les milieux pratiquant la magie ne sont pas, à l'instar du milieu scientifique, unifiés dans leur convention de langage ou de catégorisation. Chaque tradition ou culture possède ses propres définitions des catégories magiques, les couleurs par exemple n'ont pas les mêmes sens en fonction des cultures. Les catégorisations dont nous parlons ici ne sont donc absolument pas des conventions universelles, et leur sens peut varier en fonction de la communauté qui les utilise. Il s'agit donc de procéder avec prudence lorsqu'on cherche à définir ou comprendre les particularités de la magie, et surtout faire attention à ne pas faire d'amalgame en confondant par exemple des catégories nommés par le même mot mais n'ayant pas le même sens en fonction des milieux ésotériques. Une importante part des adeptes modernes de la Magie considèrent que la magie est une, provenant des lois même du monde, et que ce n'est que son utilisation particulière et nos intentions qui permettent de la catégoriser. La magie ne serait donc pas divisée par nature, mais sa séparation en différentes catégories permet de classifier plus aisément les différentes pratiques, de porter des attentions particulières à certaines "tendances" attachées à certains types de rituels, de pratiques. Pour certains, cette catégorisation de la magie ne sert qu'à améliorer la concentration des pratiquants, en leur permettant de se servir de la force de certains symboles (couleur ou autre) pour mieux se placer dans certains états d'esprit, plus efficaces pour les objectifs qu'ils se sont fixés. La catégorisation de la magie, dans ce cas, ne serait alors qu'une technique utile, mais ne dépendrait pas de la nature même de la magie. Certaines techniques habituellement classées en magie noire pourraient donc par exemple être utilisées pour le bien, et d'autres de magie blanche pour le mal.

Magie blanche / Magie noire

L’anthropologie a démontré que l’homme fait traditionnellement la distinction entre deux sortes de pratiques, en fonction de leurs buts : la magie blanche et la magie noire (anciennement nommées "théurgie" et "goétie"). La première concerne une utilisation de la Magie à des fins altruistes, ou préventives lorsqu’elle est pratiquée pour soi. La seconde désigne une Magie motivée par des fins de vengeance, et visant à l’échec d’une victime (ou d’une communauté de victimes) dans un domaine particulier de sa (leur) vie. Les adeptes de la magie noire passent pour être néfastes à la société, dont ils s’évertuent à perturber l’équilibre, tandis que les adeptes de la magie blanche sont censés rectifier ces troubles, ou les empêcher. C’est ainsi que, depuis les sociétés qui accordent un certain crédit aux pratiques magiques jusque dans l’imaginaire populaire, les magiciens peuvent être du côté du Mal (si l’utilisation qu’ils font de la Magie est égoïste, et/ou est cause, chez autrui, de souffrance, ou de situations enclines à causer de la souffrance) ou du Bien (s’ils utilisent la Magie à des fins altruistes, ou du moins qui ne causent pas de tort à autrui). D'autres visions beaucoup plus modernes ont cherché à séparer la magie blanche et la magie noire en utilisant d'autres éléments que "le bien" et "le mal". La morale variant d'une société à l'autre, et cette notion de bien et de mal étant trop souvent trouble et peu précise, rien n'étant jamais tout blanc ou tout noir. La Magie blanche serait alors une magie utilisée pour satisfaire en premier lieu une volonté d'harmonie et de perpétuation du fonctionnement "sain" du monde, indépendamment de la volonté personnelle et individuelle du mage (et parfois même nécessitant un sacrifice personnel du mage) La magie noire étant une magie cherchant au contraire à perturber l'harmonie ou le fonctionnement ordinaire du monde dans l'intérêt personnel et individuel du mage. Il s'agit alors non plus d'une démarcation bien/mal, mais d'une démarcation intérêt individuel / intérêt collectif. La "collectivité" incluant souvent bien plus que l'humanité seule.

Magie rouge

En 1830, face à une démarcation blanc/noir très souvent utilisée, une nouvelle démarcation est apparue (plusieurs siècles aprés) pour catégoriser une autre forme de magie, appelée rouge. Elle possède de nombreuses définitions différentes, certains utilisent cette démarcation pour diviser la magie noire en deux partie distinctes. Avec d'une part les magies (noires) visant à détruire ou maudire mais n'apportant rien d'autre au mage qu'un plaisir sadique face au malheur et à la frustration que ses opérations suscitent (ou sont censées susciter) chez la victime. Et d'autre part les magies (rouges donc) ayant un but plus égoïste, visant à apporter au mage des biens et plaisir matériels ou charnels (mais pas nécessairement en rapport avec la sexualité.) Toutefois, la plupart des définitions de la magie rouge possédent une caractéristique relativement commune, associée directement à la sexualité, à l'amour, à la séduction et au plaisir charnel ou amoureux. La magie rouge est alors essentiellement relationnelle (s'occupant des rapports particuliers entre deux humains). Il existe toutefois deux courants parmi ceux qui utilisent cette catégorisation rouge amoureuse et/ou charnelle. Ceux qui considèrent que la magie rouge contient essentiellement les charmes et enchantement séducteurs, comme les philtres d'amour, ou toutes les magies cherchant à séduire et à obtenir du pouvoir de séduction sur les individus charmés. Cette catégorisation est souvent illustrée par les sorcières sensées avoir obtenu le cœur de certaines personnes déjà mariées, ou inaccessibles socialement, par des envoûtements, et cela (bien sûr) contre le gré de ces dernières. D'autres considèrent que ces pratiques sont des enchantements et des manipulations égoïstes à classer uniquement dans la magie noire, et ne placent dans la magie rouge que les pratiques et rituels visant non pas à manipuler, mais à révéler des sentiments déjà existants, ou à les développer. Dans cette vision, la magie blanche est issue d'une personne pour aider la communauté, la magie noire tire bénéfice du monde extérieur pour les besoins personnels du mage et la magie rouge est basée sur l'amour et les échanges volontaires entre les deux participants à cette magie. Par exemple certains rituels entre amoureux se basant sur leur amour pour se rendre plus forts, ou pour lutter contre une maladie ou une affliction particulière de l'un des membres sont des exemple de cette magie rouge "non-manipulatrice".

Autres couleurs

D'autres couleurs sont parfois utilisées de la même manière, pour différencier certaines pratiques. (Toutefois leur utilisation est nettement moins conventionnée encore que les différenciations blanche/noire/rouge. Ces catégories sont donc souvent sujettes à des variations importantes de signification, en fonction des communautés magiques qui les utilisent)
-Cette séparation entre deux visions possibles de la magie rouge, (voir chapitre précédent), à donné naissance à l'appellation de magie rose (rouge teintée de blanc) à la magie rouge "non manipulatrice", laissant alors le titre de magie rouge exclusivement aux charmes et manipulations magiques séductrices égoïstes. La magie rose est alors basée sur l'amour et la communion des amoureux, et la magie rouge sur la séduction et les rapports de pouvoirs entre les individus.
- La magie verte permet souvent de séparer de la magie "blanche" (ou de la noire parfois) les magies ne concernant que l'ordre naturel végétal (voir animal, s'ils sont sauvages.)
- Le terme de magie bleue est parfois utilisée pour catégoriser toutes les magies de protections (blanche traditionnellement). La magie bleue ne vise donc pas des actions proprement dites, mais à empêcher les mauvais sorts (ou les mauvaises fortunes plus naturelles) de nous atteindre.

Catégorisations non-colorées (élémentaire, nécromancie, divination...)

Toutes les démarcations vue précédemment portaient sur la couleur, mais la couleur n'est pas la seule démarcation symbolique existante. Il existe d'autres catégorisations possibles, qui ne se recoupent pas avec les catégories colorées de la magie.
-On distingue parfois dans certaines communautés la magie Élémentaire. Issue de la division par les alchimistes du monde en 4 éléments inertes. Cette magie concerne donc ces éléments, et est sous divisée en magie du feu, de l'eau, de la terre et de l'air. (Ou en des mélanges de ces éléments) note : Les alchimistes catégorisaient un cinquième élément composant les êtres vivants, un élément non inerte donc : l'âme ou l'ether.
-Une catégorisation courante concerne la magie de la mort et des esprits des morts : La nécromancie. Cette catégorie inclut, entre autres, les célèbres magies concernant les morts-vivants, ainsi que celles non moins célèbres des discussions avec les âmes des morts. Elle s'est beaucoup enrichie des échanges entre la magie occidentale et la magie Vaudou africaine. La nécromancie est souvent appréhendée comme s'il s'agissait d'une magie noire, car la mort est jugée obscure et malfaisante en occident, et souvent associée aux symboles de couleur noir. Toutefois, cette catégorisation de la magie ne correspond pas à la catégorisation "noire" de la magie : la mort, même si elle est souvent repoussante et effrayante n'étant pas "mauvaise" par nature. La nécromancie pouvant être bonne ou mauvaise, cette démarcation est souvent indépendante des autres catégorisations colorées par ceux qui la pratique.
-La divination, est une catégorisation des magies visant la prédiction de l'avenir. (Elle peut se recouper parfois avec la nécromancie, quand il s'agit de mettre en œuvre l'esprits des morts.) Elle inclut une très grande variété de pratiques magiques, qu'il s'agisse par exemple du tarot de Marseille, de la célèbre boule de cristal, de la très ancienne astrologie, de la numérologie, etc.

Les traditions magiques

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Partie à développer. Il existe différents systèmes, ou traditions, magiques. On peut citer pêle-mêle :
-la tradition Rose-Croix et une de ses affiliations la sorcellerie;
-la magie énochienne élaborée au XVIe siècle par le mage élizabéthain John Dee ;
-la magie de la Golden Dawn, prestigieux institut occulte du XIXe siècle dont les pratiques furent notamment codifiées par Samuel Mathers ;
-la magie dite "thélémite", mise au point par Aleister Crowley ;
-La Magie du Chaos ;
-La magie vaudou
- et bien d'autres encore...

Principes de l’action magique

La pratique de la Magie repose sur la croyance que l’esprit humain est tout-puissant sur le monde qui l’entoure et qu’une pensée déterminée, bien orientée, bien concentrée, peut se concrétiser, influer sur les choses et les êtres. Mais comment cette concrétisation de la pensée serait-elle possible ? Selon les esprits matérialistes et la plupart des savants, il s’agit d’un phénomène physiquement impossible et n’ayant aucun fondement scientifique. Selon les magiciens, un pouvoir ou une force secrète servirait de truchement entre le monde mental et le plan de la réalité physique. La Magie est en effet présentée par ses adeptes comme l’utilisation d’un pouvoir ou d’une force pour influencer une cible donnée (le praticien lui-même, une tierce personne, une collectivité dont le magicien fait partie ou non) et les événements la concernant. Les adeptes de la Magie occidentale contemporaine définissent ainsi le rôle des pratiques magiques : mettre en action cette fameuse force ou ce pouvoir pour influencer la destinée d’une cible. La connexion peut être facilitée par des accessoires, comme les encens ou des ingrédients.

La connexion psychique avec la cible

D’après les théories magiques, l’opérateur doit établir une connexion psychique (ce qui serait possible au moyen de la force évoquée) avec la cible de son action. Il doit ensuite imaginer cette cible dans la situation qu’il souhaite lui voir arriver. Tout cela s’effectue bien sûr par concentration et visualisation mentale, mais les magiciens s’aident aussi de la parole (alors appelée incantation). Cependant, l’être humain ne peut rester concentré sur le même objet bien longtemps, et la connexion psychique établie entre le magicien et sa cible - une nécessité aux yeux des adeptes de la Magie - souffre donc de fragilité. C’est pour remédier à cela que les magiciens utilisent un « objet magique » (aussi appelés « témoins »). Ces derniers, mis en scène dans un rituel, ont pour fonction de faciliter la connexion en question, en aidant le praticien à se concentrer sur sa cible d’une part et sur l’effet qu’il désire d‘autre part.

Outils de la Magie : les témoins

Il en existe traditionnellement deux sortes : les témoins d’action (représentations de l’effet désiré, de la situation telle que l’on voudrait qu’elle soit) et les témoins-cibles (représentation de l’individu ou de la collectivité visée). Tous deux entrent dans les facteurs de base de l’action magique.

Les facteurs de base

Les facteurs de l’action magique sont :
-le témoin d’action (représentant l’effet désiré),
-le témoin cible (représentant la cible de l’action), et
-la force, le pouvoir du magicien (qui alimente la connexion entre l‘esprit du praticien et sa cible)

Les témoins d’action

Glyphes astrologiques. Un rituel magique peut inclure l'emploi d'un glyphe particulier, déterminé en fonction de l'influence planétaire qui correspond au but poursuivi. Les témoins d’action ont pour fonction d’aider le magicien à se concentrer sur l’effet désiré, à s‘« immerger » dans son désir. Les témoins d’action peuvent être des dessins, des symboles (astrologiques, …), de l’encens, des bougies d’une certaine couleur, des huiles… ayant une « correspondance » de type conceptuel, archétypal (au sens psychanalytique jungien), avec l'effet voulu. Exemple : La couleur voire le nombre des bougies sont déterminés en fonction du but poursuivi, d'après des codes ésotériques de correspondances.
-Dans le cas d’un sort d’amour, le témoin d’action peut être :
-le dessin d’un cœur
-le symbole de la planète Vénus, du fait que celle-ci est associée en astrologie à l’amour
-de l’encens de rose, du fait que la rose est traditionnellement associée à la notion d’amour
-de l’huile essentielle de rose, pour la même raison que celle évoquée ci-dessus
-une ou plusieurs bougies de couleur rouge, cette couleur étant associée à la passion ;
-etc.
-
-Les correspondances peuvent même aller jusqu’à s’appliquer à la quantité de bougies : le 15 sera ici de rigueur, ce dernier étant, en numérologie, le chiffre de l’amour. En somme, un témoin d’action est la représentation symbolique, archétypale, de l’effet désiré. (voir aussi à correspondances hermétiques).

Le témoin cible

Le témoin cible est un objet qui représente la cible de l’opération magique. Cette cible peut être le magicien lui-même, une autre personne, ou encore une entité composée de plusieurs personnes (comme une association, un groupe, une entreprise…).
-Le témoin-cible doit aider le magicien à se concentrer sur l’individu ou la collectivité visée. Ainsi, la prétendue force émise par la pensée du magicien - cette pensée étant entièrement tournée vers l’effet désiré grâce aux témoins d’actions - est censée se servir de cette concentration vers la cible, de cette supposée connexion psychique établie entre le magicien et sa cible, comme d’un support pour parvenir jusqu’à cette même cible et l’affecter.
-A noter que le témoin-cible n’est pas toujours utilisé en tant qu’objet à contempler, mais qu’il est parfois manipulé. Ces manipulations sont une « mise en scène » de l'action désirée sur la cible, et sont censées faciliter chez cette dernière la concrétisation de l’effet voulu. Ce type de pratiques, appelé envoûtement, repose sur le processus psychologique de la pensée par analogie et obéit à ce que l’anthropologue James George Frazer a dénommé le principe de similitude : le magicien, considérant que percevoir la représentation d’une chose « le relie » à la chose et « le rend maître » de celle-ci, se dit capable d’agir sur cette chose en agissant sur sa représentation. La célèbre dagyde ou poupée vaudou est l’exemple par excellence de ce principe, selon lequel on peut affecter psychiquement un individu rien qu'en portant une action sur un objet le représentant.
-Une autre pratique, visant pour les magiciens à renforcer le témoin-cible, consiste à incorporer à ce dernier des fragments du corps de la personne réelle : cheveux, ongles, gouttes de sang, de salive… James George Frazer appelle ce concept le principe de contagion : toute atteinte à un objet «imprégné» d'une personne est censé se répercuter sur la personne elle-même.

Divergences des cultures

Il est intéressant de voir que le mode opératoire diverge selon les cultures : les magiciens de certaines traditions privilégieront des pratiques qui se verront négligées dans d’autres. Par exemple, les pratiques magiques propres aux sociétés dites "primitives", ou celles jadis très répandues dans les milieux ruraux européens, usent beaucoup de dagydes et autres effigies, et ne recourent pas aux témoins d’action. En revanche, dans les traditions magiques occidentales où le symbolisme tient une grande place, les adeptes ont coutume de mettre en jeu les correspondances hermétiques à travers l'emploi de témoins d'action (bougies, encens, etc.).

Magie et religion

Peut-on parler de fait religieux pour la magie, ou à l'inverse : la pensée magique est-elle le fondement de la pensée religieuse ?

Le courant évolutionniste : la magie est le « premier stade »

James Frazer Dans son ouvrage Le Rameau d'or, James George Frazer, anthropologue du courant évolutionniste, théorise l'hypothétique passage de l'humanité par trois stades intellectuels — magie, religion, science — et par là s'approprie la simplification « progrès = rationalisation ». Il distingue par ailleurs, dans son analyse de la pratique de la magique, deux lois intellectuelles dans l'acte magique : la loi de sympathie (« le semblable appelle le semblable ») et la loi de contagion (« ce qui a été mis en contact continue à agir à distance »). Un autre anthropologue évolutionniste, Edward Tylor, ne fait pas de différence radicale entre magie et religion, préférant une catégorie plus large : le « surnaturel ». Il fut pour cela largement critiqué par Edward Evan Evans-Pritchard.

L'École française de Sociologie : complémentarité et différenciation de la magie et de la religion

Dans Les formes élémentaires de la religion, Émile Durkheim sépare magie et religion par le nombre de participants et de croyants : la magie ne prête pas à des manifestations collectives. Pour Hubert et Mauss, la religion est collective et sujette à des sacrifices, tandis que la magie est individuelle et sujette à des maléfices.

Malinowski : explications psychologiques ?

Pour Bronislaw Malinowski, la magie est pragmatique, répond à des buts précis, et est individuelle. On recherche son efficacité et trouve ses fins par les rites. La religion est plus abstraite, désintéressée, et on trouve ses fins dans les rites. Magie comme religion ont pour dénominateur commun leur fonction apaisante pendant des périodes de troubles ou de doutes psychologiques.

Lévi-Strauss : les liens entre magie et religion

Claude Lévi-Strauss distingue magie et religion pour préférer le parallèle magie/psychanalyse. Cependant la magie ressemble à une science car elle cherche à intervenir sur les éléments. « La religion contient nécessairement de la magie et la magie contient nécessairement de la religion ».

Critiques

Evans-Pritchard préfère ne pas faire de découpage trop rigide entre magie et religion : la magie doit être placée dans le contexte social général. Il fait cependant la distinction entre magie blanche préventive et magie noire offensive. On a également soulevé le problème des « classifications », celles-ci rigidifiant souvent la réalité et réduisant l'approche à de l'ethnocentrisme. Faut-il définir la religion par ce qu'elle n'est pas (la philosophie, l'idéologie, la magie...)?

Histoire de la Magie dans le monde occidental

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Partie à développer davantage.

De la préhistoire à l'antiquité

Pour ce qui est de la partie occidentale, la magie viendrait du chamanisme antérieur au Christianisme, qui serait sa source la plus ancienne et la plus plausible. Les notions de symbologie utilisées par les magiciens d'aujourd'hui remonteraient alors à l'époque de l'homme des cavernes. Le shaman de l'époque se servait de rituels et de sacrifices pour demander aux dieux de modifier les évènements. Le chamanisme se serait répandu relativement rapidement à l'ensemble de la planète, et donc jusqu'en Amérique et en Europe (Réf. The Standing Stones Book of Shadows de Scott Cunningham). Le shamanisme se base surtout sur la théurgie.

Dans l'Antiquité

Dans la Grèce antique, la magie recouvrait trois notions : le terme maghéia, la "magie" proprement dite, correspondait à un corpus de pratiques mystiques d'origine orientale (dont le versant théorique constituait l'Hermétisme) permettant à l'initié de pénétrer les mystères divins et d'atteindre la perfection. Les deux autres sections étaient d'une part la pharmakéia, ou "pharmacopée", l'art de la connaissance des plantes et de leur usage thérapeutique, et d'autre part la goetéia, la "goétie" ou "sorcellerie", soit l'art d'influencer autrui ou le cours des choses.

Au Moyen Âge et à la Renaissance

Au moyen âge, les premières sorcières pratiquant la magie, de descendance druidiques pour la plupart, ont subi "les foudres" de l'église catholique. Même des supposés membres de sociétés secrètes comme la rose-croix, ont commencé à se regrouper en secret après avoir été en grand nombre accusés de sorcellerie, pour la plupart pratiquant simplement l'occultisme.

La Magie aux XIXe, XXe et XXIe siècles

Dans le dernier tiers du XIXe siècle, la Magie a acquis une place importante dans le mouvement de l'Occultisme. Un membre de la société de rose-croix (Gerald Gardner) a même fondé une tradition de sorciers et sorcières qui devint la Wicca après l'abolition en Angleterre de la peine capitale imposée aux sorcières. La tradition se nomme aujourd'hui Wicca Gardnerienne et un accent important est mis sur la magie peu importe son type et celle-ci ressemble énormément à la Magie qui caractérise l'œuvre de Joanne Kathleen Rowling : Harry Potter.

Références

Citations

-
Toute technologie suffisamment évoluée est impossible à distinguer de la magie | Arthur C. Clarke

Notes

Voir aussi

Duel de magie', deux magiciens transformistes s'affrontent, l'un prenant la forme d'un serpent, l'autre d'un rapace. peint par Yoshitsuya Ichieisai — Japon, années 1860.
- ésotérisme
- zététique | science | épistémologie
-disciplines :
- démonologie
- exorcisme
- illusionnisme
- incantation
- invocation
- magie draconique
- métempsycose
- nécromancie (voir aussi : art divinatoire)
- thaumaturgie
- thérianthropie (généralisation de la lycanthropie)
- théurgie
- Magie du Chaos
- Le film de 1987 intitulé Le moine et la sorcière
- Ésotérisme
- Sorcellerie
- Animisme
- Chamanisme
- Hermétisme
- Pensée magique
- Superstition
- Modèle de magie
- Baguette magique
- Abracadabra
- Franz Bardon (« la Magie est une Science noble, mère des sciences modernes, consistant en la connaissance et la maîtrise des Lois de la Nature et des 4 éléments constituant tout ce qui existe dans l'univers ( le Feu, l'Air, l'Eau et la Terre ). Le but ultime au delà de cette Connaissance et maîtrise étant de ne faire q'un avec l'Univers ou Dieu (quel que soit le nom qu'on lui donne) selon les croyances de chacun. »)

Films et Séries

Films et séries en rapport avec la magie.
- Charmed (série)
- L'Illusionniste (film)
- Harry Potter (films)
- Le Prestige (film)
- Hex (série)
- Les sorcière d'eastwick (film)
- Ma belle mère est une sorcière (film)
- Hocus pocus (film)

Bibliographie

- Dragonologie, édition Milan
- Magicologie, édition Milan
- Le retour de Merlin de Deepak Chopra
- Frabato le Magicien de Franz Bardon
- De la magie. Paracelse. Strasbourg : Presse Universitaire de Strasbourg, 1998, 147 p. (ISBN 2-86820-695-6)
- Le chemin et la Véritable initiation Magique de Franz Bardon 1954
- Opération Jésus Genetic de Viam della Rosa
-
Le dernier Disciple de John Edward Tang
- Dogmes et rituels de la haute magie: la clé des grands mystères par Eliphas Levi
- Histoire de la Magie par Eliphas Levi
- Guide pratique de la magie blanche, Alexandre Travoff, Ed. Exclusif 2004, ISBN 2848910216
- Le grand livre de la Wicca, le livre des ombres, Joel Duez, Ed.Cristal 2004, ISBN 2848950129
- Grimoire de l'Apprenti Sorcier, Oberon Zen-Ravenheart, Ed. Cristal, 2006, ISBN 9782848950396
- Compagnon de l'Apprenti Sorcier, Oberon Zen-Ravenheart, Ed. Cristal, 2007, ISBN 9782848950402
- "Dogme et Rituel de l'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée", Matthieu Léon & Philippe Pissier, Les Gouttelettes de Rosée, Montpeyroux, 1999. ISBN : 2-913736-01-9 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
- La magie. Études rassemblées par et . Actes du colloque international de Montpellier, 25-27 mars 1999 organisé par le Séminaire d’étude des mentalités antiques et le Centre d’Études et de Recherches sur les Civilisations Antiques de la Méditerranée , Montpellier : Publications de l'Université Paul Valéry, 2000, 4 tomes. Tome 1. Du monde babylonien au monde hellénistique''. 330 p. (ISBN 2-84269-398-1). Tome 2. La magie dans l’antiquité grecque tardive. Les mythes. 340 p. (ISBN 2-84269-399-X). Tome 3. Du monde latin au monde contemporain. 362 p. (ISBN 2-84269-400-7). Tome 4. Bibliographie. 169 p. (ISBN 2-8426-9397-3).
- La magie. Tome 1. Du monde babylonien au monde hellénistique. Études rassemblées par et Jean-Claude Turpin. Actes du colloque international de Montpellier, 25-27 mars 1999 organisé par le Séminaire d’étude des mentalités antiqueshttp://recherche.univ-montp3.fr/cercam/rubrique.php3?id_rubrique=95 SEMA et le Centre d’études et de recherches sur les civilisations antiques de la Méditerranéehttp://recherche.univ-montp3.fr/cercam/ CERCAM, Montpellier : Publications de l'Université Paul Valéry, 2000, 330 p. (ISBN 2-84269-398-1).
- La magie. Tome 2. La magie dans l’antiquité grecque tardive. Les mythes. Études rassemblées par Alain Moreau et . Montpellier : Publications de l'Université Paul Valéry, 2000, 340 p. (ISBN 2-84269-399-X).
- La magie. Tome 3. Du monde latin au monde contemporain. Études rassemblées par Alain Moreau et Jean-Claude Turpin. Montpellier : Publications de l'Université Paul Valéry, 2000, 362 p. (ISBN 2-84269-400-7).
- La magie. Tome 4. Bibliographie. Études rassemblées par Alain Moreau, Jean-Claude Turpin et Pascale Brillet. Montpellier : Publications de l'Université Paul Valéry, 2000, 169 p. (ISBN 2-8426-9397-3). ===
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