Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires

Infos
La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES - anciennement : MILS Mission Interministérielle pour la Lutte contre les Sectes) est un organisme de l'État Français ayant comme mission d'observer et d'analyser le phénomène des mouvements à caractère sectaire.
Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES - anciennement : MILS Mission Interministérielle pour la Lutte contre les Sectes) est un organisme de l'État Français ayant comme mission d'observer et d'analyser le phénomène des mouvements à caractère sectaire.

Création de la MILS

La MILS (Mission Interministérielle pour la Lutte contre les Sectes) a été instituée auprès du Premier ministre français, dont elle dépend, en 1998, avec pour objectif d'analyser le phénomène des sectes. Elle avait pour prérogative d'encourager les services publics à anticiper et combattre les actions entreprises par les sectes qui pourraient porter atteinte à la dignité humaine ou menacer l'ordre public. La MILS publie chaque année un rapport pointant les défis et enjeux particuliers de la lutte contre les sectes, ainsi que les phénomènes caractérisant et gravitant autour des sectes. Celle-ci se fonde sur un décret : Décret n° 98-890 du 7 octobre 1998 instituant une mission interministérielle de lutte contre les sectes.

De la MILS à la MIVILUDES

Le 28 novembre 2002, néanmoins, un décret présidentiel (abrogeant le précédent décret) a annoncé que la MILS serait remplacée par une Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires MIVILUDES. Sa mission est définie officiellement comme étant d'analyser « le phénomène des mouvements à caractère sectaire dont les agissements sont attentatoires aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales ou constituent une menace à l'ordre public ou sont contraires aux lois et règlements ». Toujours attachée au Premier ministre à l'image de la MILS, elle est présidée par « une personnalité nommée par décret », aidée par un « comité exécutif de pilotage opérationnel » constitué de représentants et délégués des différents ministères, ainsi que par un « conseil d'orientation », constitué de personnalités issues de la société civile. L'idée sous-jacente à cette évolution de dénomination et de mission officielle est de court-circuiter les critiques suscitées par Alain Vivien, l'ancien président de la MILS qui avait parfois prété à polémique, en centrant l'activité de la mission sur « les dérives sectaires » plutôt que sur les « sectes ». A la fin du mois d'août 2005, Jean-Michel Roulet a été nommé nouveau président de la Miviludes par décret du Premier ministre et a indiqué qu'il voulait aider les victimes de sectes à dénoncer ce qu'elles ont subi. Il a estimé que la liste parlementaire des sectes de 1995 était « complètement caduque » mais reconnaît qu'elle « a permis de cerner le phénomène même si c'était de manière parfois erronée et partiellement incomplète ». Il a cependant déclaré qu'il entend privilégier la constitution d'une jurisprudence, avec des éléments concrets, et aimerait "avancer ne serait-ce que de cinq jugements" durant sa présidence. "La lutte antisectes n'est pas politicienne", a-t-il insisté, "les dérives sectaires sont un enjeu trop grave pour être purement politicien".

Les critères de dangerosité

La Miviludes, comme les commissions parlementaires avant elle, reprend pour définir les dérives sectaires les critères établis par les Renseignements généraux :
- La déstabilisation mentale
- Le caractère exorbitant des exigences financières
- La rupture avec l'environnement d'origine
- L'existence d'atteintes à l'intégrité physique
- L'embrigadement des enfants, le discours antisocial, les troubles à l'ordre public
- L'importance des démêlés judiciaires
- L'éventuel détournement des circuits économiques traditionnels
- Les tentatives d'infiltration des pouvoirs publics Elle ajoute à ces critères :
- La menace d'atteinte à l'ordre public
- Des conditions de vie déstabilisantes
- Les atteintes à des personnes en état de faiblesse et d'ignorance
- La sujétion mentale conduisant à des actes ou à des abstentions préjudiciables
- Le refus des autres et l'isolement dans un groupe
- La violation des principes fondateurs de la République
- Le non-respect des conventions internationales ratifiées par la France

Polémiques et critiques

Polémiques sur les changements au sein de la MIVILUDES en 2005

Sous le gouvernement de Dominique de Villepin (2005), un certain nombre de participants de la MIVILUDES ont été remplacés, Jean-Michel Roulet remplaçant Jean Langlais à la présidence. Ce changement a amené diverses critiques. Nathalie Luca, chargée de recherche au Centre d'études interdisciplinaires des faits religieux de l'EHESS et membre de la MIVILUDES, en démissionne le 16 novembre en expliquant qu'elle refuse d'être liée « à un prévisible durcissement de la position de la Miviludes » Le Monde 20 décembre 2005. . À l'opposé, Catherine Picard, députée PS et présidente de l'UNADFI, déclare que la MIVILUDES est trop timorée et ne remplit plus son rôle, « se bornant à communiquer une fois par an un rapport sur l'air de Tout va très bien » et affirme que certains membres du gouvernement Villepin, en particulier Nicolas Sarkozy « s'affichent comme favorables aux sectes » Présentation par Catherine Picard au congrès 2005 du Parti Socialiste.

Critique du rôle de la Miviludes

Pour Dominique Kounkou, pasteur et sociologue : La MIVILUDES, comme la MILS, aborde toute cette affaire un peu à l'envers, mais il faut voir les problèmes en face. Il faut que nous puissions arriver à prendre conscience d`une chose : nous avons une liberté fondamentale, c’est la liberté de conscience et la liberté de religion. Cette liberté religieuse est constitutionnelle, cela signifie en fait que c’est l’Etat qui devrait être garant de cette liberté, pas du contenu, mais au moins de cette liberté. Et voilà que le même Etat, au lieu d’être garant, met en place une Mission qui est directement rattachée au chef de l’exécutif, chargé lui-même d’empêcher cette liberté d`exister. Cela nous amène au problème de fond : est-ce qu’il n’y a pas lieu de mettre en cause l’utilité publique de la MIVILUDES ? http://www.coordiap.com/grill200608.htm
-a

Pratiques contestables de la MIVILUDES

Anne Morelli, historienne athée et directrice adjointe du Centre Interdisciplinaire d'Études des Religions et de la Laïcité à l'Université Libre de Bruxelles (CIERL-ULB), a récemment vivement critiqué des acteurs de la MIVILUDES. Invitée à une émission de télévision sur les minorités spirituelles sur France 2, elle fut témoin d'une intervention des membres de la mission susnommée pour interdire l'accès du plateau aux membres de ces minorités qui devaient participer au débat. Le public fut uniquement constitué de figurants. D'après Anne Morelli, le but avoué des membres de la MIVILUDES était de ranimer la phobie anti-secte Article Anne Morelli.

Notes et références

==
Sujets connexes
Alain Vivien   Anne Morelli   Août 2005   Catherine Picard   Commissions d'enquête parlementaires sur les sectes en France   Dominique de Villepin   Gouvernement Dominique de Villepin   Le Monde   Nathalie Luca   Nicolas Sarkozy   Novembre 2002   Premier ministre   Secte  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^