Ateliers monétaires romains

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La multiplication des ateliers monétaires, lieu de frappe des monnaies, est un phénomène qui apparaît tardivement dans l'Empire romain.
Ateliers monétaires romains

La multiplication des ateliers monétaires, lieu de frappe des monnaies, est un phénomène qui apparaît tardivement dans l'Empire romain.

Implantation des ateliers monétaires romains

Sous la République, et dans les deux premiers siècles de l’Empire romain, la centralisation est de règle : seul Rome frappe la monnaie romaine, le Sénat romain émet les monnaies de bronze (d’où leur marque SC = Senatus Consulte), et l’atelier impérial frappe les monnaies d’or et d’argent. Exceptionnellement, des ateliers monétaires mobiles accompagnèrent l'armée, lors des guerres de Sylla en Orient, ou des guerres civiles déclenchées par Jules César. La création sous Auguste d’un second atelier monétaire impérial important à Lugdunum est une exception, qui s’arrête en 82.
- L’explication de cette exception Lugdunaise est réduite aux hypothèses : certains avancent les besoins massifs de numéraire de la Gaule nouvellement conquise, et la plus peuplée des provinces. Plus probablement, le séjour prolongé en Gaule de Auguste entre -15 et -13, puis la proche présence de l’armée du Rhin, engagée dans les campagnes de Germanie peuvent justifier la création de cet atelier.
- le centralisme n’exclut pas la présence de petits ateliers provinciaux, pour la frappe du numéraire de faible valeur, mais de poids élevé (un sesterce en bronze pèse environ 25g). La crise de l’Empire romain au , et sa militarisation provoquent une première décentralisation, et multiplient les ateliers à proximité des zones militaires, grandes consommatrices de numéraire.
- De façon marginale, les mouvements d’usurpation créent d’éphémères ateliers, comme Ambianum (Amiens) lors de l’usurpation de Magnence, ou Rotomagus (Rouen) lors de celle d’Allectus. La réforme monétaire entreprise sous Dioclétien à partir de 294 voit une seconde vague de création d'ateliers monétaires, quadrillant les diverses provinces, à l'exception du secteur espagnol : Londres, Carthage, Aquilée, Thessalonique, Nicomédie et Alexandrie. Enfin, les capitales impériales successives de la tétrarchie voient l'ouverture de quelques ateliers supplémentaires. Les invasions du mirent fin à l’activité des ateliers d'Occident et de la zone danubienne.

Fonctionnement des ateliers monétaires

Un atelier monétaire comporte une ou plusieurs officines, sorte de poste de production. Pour émettre une série, l’officine grave deux coins ou matrices, un pour l’avers avec le profil de l’empereur, l’autre pour le revers avec un motif et une inscription, puis frappe les flancs. La matière première brute, or, argent, cuivre, étain pour le bronze provient des mines, principalement l’Hispanie (Espagne) et la Dacie (Transylvanie), sources qui s’épuisent vers le , et plus largement du recyclage du produit des conquêtes de pays riches. Là aussi cette source s’épuise après la conquête de la Dacie en 105. Le déficit de métaux précieux lors de la crise monétaire du est surmonté au début du par les confiscations effectuées aux dépens des temples. Enfin un recyclage continuel avec la refonte des monnaies collectées par l’impôt se pratique largement. D’après ce que possèdent les numismates, la qualité de fabrication est dans l’ensemble bonne, malgré parfois des défauts de frappe :
- pièce écrasée et présentant des fissures sur le bord,
- motif mal centré, ou décalage d’orientation entre les deux faces
- relief médiocre dû à l’usure du coin. Les techniques d’alliage du cuivre et de l’argent sont parfaitement maîtrisées. Les ateliers savent frapper des flancs mêlant du cuivre en partie durci, et de l’argent encore fluide pour obtenir des pièces à la surface argentée. Au la production des solidi est soigneusement contrôlée avant l’émission, et atteint une précision de poids de chaque pièce au 1/10 de gramme.

La monnaie comme expression impériale

Au et au , la multiplication du donativum aux soldats à chaque avènement et chaque grand événement du règne impérial est fréquemment l’occasion de l’émission de lots de pièces neuves, dont les revers sont l’expression de la propagande impériale. Leurs thèmes sont extrêmement variés :
- ils célèbrent les victoires, les réalisations ou les vertus de l’empereur et parfois celles de son épouse, ou de son fils et successeur pressenti.
- ils invoquent une divinité évidemment protectrice de l’empereur : Apollon, le Génie de Rome, Sol Invictus sous Aurélien, Jupiter et Hercule pendant la tétrarchie, chrisme pour Constantin Ier et ses successeurs.
- ils lancent de véritables slogans politiques : CONCORDIA MILITUM : la concorde entre les armées. FIDES EXERCITUS : la fidélité de l’armée PAX AETERNA : la paix pour toujours, etc.

Les marques d’atelier

Chaque atelier marquait généralement le revers des pièces de sa production par l’abréviation de son appellation. S’il comportait plusieurs officines, elles étaient précisées par une lettre de classement, latine ou grecque, précédant généralement la marque d’atelier, par exemple A.L, B.L, C.L, D.L pour quatre officines à Lugdunum, ou la série P, S, T, Q pour d’autres ateliers. Au , les marques se complexifient, avec l’emploi de préfixe ou de suffixe. Par exemple l’atelier de Thessalonique (TS ou TES) emploie aussi :
- SMTS, pour S(acra) M(oneta), monnaie sacrée, c'est-à-dire intouchable (en d’autres termes, le rognage est interdit).
- TESOB, pour OB(ryziacus), en or pur, marque de certification introduite dans divers ateliers en 368.

Liste des ateliers monétaires romains

Les ateliers monétaires connurent parfois des interruptions, selon la situation politique locale. Le tableau ci-dessous n’en tient généralement pas compte. Au Bas-Empire, l’ensemble des ateliers actifs était le suivant : Catégorie:Économie sous la Rome antique Catégorie:Numismatique romaine Catégorie:Institution monétaire
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