Sainte Marguerite d'Youville

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Sainte Marie-Marguerite d'Youville (née Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais) (15 octobre 1701 - 23 décembre 1771) fondatrice des sœurs grises ou sœurs de la charité, était la première québécoise (et même canadienne) à être élevée à la sainteté.
Sainte Marguerite d'Youville

Sainte Marie-Marguerite d'Youville (née Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais) (15 octobre 1701 - 23 décembre 1771) fondatrice des sœurs grises ou sœurs de la charité, était la première québécoise (et même canadienne) à être élevée à la sainteté.

Biographie

Elle naquit à Varennes, près de Montréal au Canada, la fille de Christophe-Dufrost de Lajemmerais et Renée de Varennes, elle-même la sœur de la Vérendrye, celui qui a découvert les Rocheuses. Après avoir étudié avec les Ursulines à Québec, elle dut se répartir les tâches ménagères dans la maison de sa mère devenue veuve. Elle se maria en 1722 à François-Madeleine d’Youville (1700-1730), qui la traita avec indifférence, et la laissa veuve huit ans plus tard avec trois enfants et beaucoup de dettes. Elle fut obligée de travailler par elle-même pour pouvoir subvenir à ses besoins. Deux de ses fils atteignirent l'âge adulte : ils devinrent tous deux prêtres. De sa propre pauvreté, elle aidait ceux qui étaient dans le besoin. Ses trois enfants :
- Joseph-François Youville de la Découverte (1724-1778).
- Marie-Louise Douville (1727-1727).
- Charles-Marie-Magdeleine Youville dit Dufrost (ou Charles d'Youville Dufrost) (1729-1790) En 1759, L'abbé Charles d'Youville Dufrost était curé de la paroisse St-Joseph-de-la-Pointe-Lévy de la seigneurie de Lauzon (aujourd'hui la ville de Lévis), lors de l'invasion des troupes du général James Wolfe dans la région de Québec. En juillet, le curé d'Youville Dufrost ira se réfugier, avec 287 paroissiens, dans la forêt de St-Henri-de-Lévis. Apportant avec lui les registres et certains articles liturgiques de sa paroisse. Il sera finalement capturé avec ses paroissiens et détenu par les troupes du major John Dalling jusqu'en septembre. Pendant ce temps, les registres restèrent cachés dans un four à chaux, ce qui expliquerait les altérations et les lacunes de cette période. Après un certain temps, le curé Charles d'Youville Dufrost finit par rentrer dans les bonnes grâces de James Murray (gouverneur) et la vie reprit son cours. Il est décédé à Boucherville le 17 mars 1790. Il fut aussi le premier biographe de sa mère.. Mère d'Youville avait une grande dévotion pour Dieu le Père, une dévotion qui serait l'élément marquant de sa vie. La providence l'avait vraisemblablement destinée à secourir de la dette et de la ruine l'hôpital, fondé en 1694 par M. Charon, puis géré par la confrérie portant son nom. Cette entreprise allait être le travail de fondation d'un nouvel institut religieux, les sœurs grises ou sœurs de la charité, qui fut, semble-t-il, destiné à fleurir sous la direction de Mère d'Youville. Lorsque, en 1747, l'Hôpital Général lui fut confié, elle avait déjà, avec quelques sœurs vivant sous une règle provisoire, commencé à pratiquer les travaux corporels et spirituels de la miséricorde. Elle ouvrit l'hôpital aux soldats infirmes, aux personnes âgées, aux insensés, les incurables, aux enfants assistés et aux orphelins. Lorsque, pour sauver l'Hôpital Général de Québec, l'intendant Bigot, avec l'appui de l'évêque Pontbriand, décida d'y transférer la propriété de l'hôpital de Montréal, Mère d'Youville se soumit. L'intervention du supérieur sulpicien, Cousturier, maintint les droits de Mère d'Youville. En 1755, Mgr Pontbriand confirma la règle de l'institut conçu par le Père Normant. Mère d'Youville assuma la dette entière de 49 000 livres et pour restaurer, reconstruire et soutenir l'établissement, fit admettre davantage d'épileptiques, de lépreux et de contagieux exclus de l'Hôtel-Dieu. Son revenu principal était dans la fabrication de vêtements pour les magasins royaux et pour les marchands des pays d'en haut. Pendant la guerre de Sept Ans, tellement de soldats britanniques étaient traités, que l'une des ailes de l'hôpital était appelée la salle des Anglais. Mère d'Youville racheta au prix d'une rançon un soldat britannique, destiné à la torture, de la capture des Indiens et sauva de leur fureur plusieurs fugitifs, dont un qui, par gratitude, prévint plus tard le bombardement de l'hôpital construit en forteresse. En raison du coût exorbitant des nécessités de la vie, dû à la corruption sans scrupule, son hôpital était lourdement endetté au moment de la conquête. L'argent que lui devait le gouvernement français, 100 000 livres, fut seulement rendu sous Louis XVII, et la somme s'appliquait au travail commencé par la fondatrice. En dépit de sa pauvreté, Mère d'Youville entreprit de sauver tous les enfants assistés placés sous sa charité. Lorsque, en 1766, l'hôpital général fut détruit par un incendie, complètement résignée à sa perte, elle s'agenouilla avec ses sœurs et récita le Te Deum.

Postérité

Église Catholique

Son institut s'est depuis répandu à travers le Canada et même aux états avoisinants. Le décret introduisant la cause de sa béatification, et lui permettant d'être appelée Vénérable, fut signé le 28 avril 1890. Le pape Jean XXIII béatifia Marguerite le 3 mai 1959. Jean-Paul II la canonisa en 1990. L'antipape contemporain, Grégoire XVII, s'était décidé à la canoniser dès 1975.

Canada

En 2003, elle est devenue membre du Temple de la renommée médicale canadienne.

Notes

Source

- Roy, J.-Edmond. Histoire de la Seigneurie de Lauzon, volume 1 à 5, Mercier et Cie, 1897 (réédité en 1984). ==
Sujets connexes
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