Débat sur l'énergie nucléaire

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L’énergie nucléaire, qui contribue (2004) à hauteur de 17, 3% à la production mondiale d’électricité (soit 6, 4% de l’énergie primaire ou 2, 8% de l’énergie finale)World Energy Outlook 2006, rapport de l’Agence internationale de l'énergie (agence de l’OCDE, Paris, 2006], est un sujet de débat politique. La stratégie énergétique nucléaire des pays est très différenciée : absence de production électro-nucléaire, arrêt programmé des capacités de production
Débat sur l'énergie nucléaire

L’énergie nucléaire, qui contribue (2004) à hauteur de 17, 3% à la production mondiale d’électricité (soit 6, 4% de l’énergie primaire ou 2, 8% de l’énergie finale)World Energy Outlook 2006, rapport de l’Agence internationale de l'énergie (agence de l’OCDE, Paris, 2006], est un sujet de débat politique. La stratégie énergétique nucléaire des pays est très différenciée : absence de production électro-nucléaire, arrêt programmé des capacités de production, moratoire sur la construction de nouvelles tranches, projet de centrales ou travaux de réalisation en cours. La définition d’une telle stratégie, au sein d’une politique énergétique globale, s’appuie sur la confrontation entre les risques et les opportunités associées à la production électro-nucléaire. Le débat porte alors sur une évaluation différentielle de ces risques et opportunités, ainsi que sur les implications socio-économiques de l’industrie nucléaire.

Introduction

Les thématiques du débat

L’utilisation du nucléaire en tant que source d’énergie fait débat. Ce débat est complexe dans la mesure où il porte sur de nombreuses questions distinctes. Cet article a été structuré en tentant d’isoler chaque thématique faisant l’objet de débats. En premier lieu, on peut distinguer les thématiques se rapportant à l’appréciation des risques liés à l’industrie nucléaire. Cette thématique constitue un des points majeurs de la contestation opérée par les anti-nucléaires. Des débats existent également autour du cycle de production global lié au nucléaire civil. Ce cycle débute avec la question de l’approvisionnement en combustible, c’est-à-dire en matières fissibles, et s’achève avec la question du traitement des déchets. D’autres thématiques existent : impact du nucléaire sur le réchauffement climatique, conséquences indirectes sur la structure du réseau électrique… La question des éventuelles évolutions technologiques futures visant à améliorer la production d’énergie d’origine nucléaire fait également l’objet d’une thématique à part entière. Enfin, un état des lieux sur la place occupée actuellement par le nucléaire dans la politique énergétique de quelques pays permet d’apporter un éclairage global sur la question du nucléaire civil dans le monde.

Les participants au débat

Les industriels du secteur (Areva, Électricité de France, Toshiba-Westinghouse, MHI, GA, etc.) exercent des actions de lobbying sur les pouvoirs publics visant à promouvoir l’énergie nucléaire (construction de nouveaux réacteurs, attribution de budgets de recherche…) ou de publicité à destination du grand public visant essentiellement à convaincre l’opinion de l’innocuité et de l’intérêt d’une telle énergie. Les organisations non gouvernementales internationales opposées à l’utilisation de l’énergie nucléaire (Greenpeace, Les Amis de la Terre, WWF, etc.) exercent des actions de lobbying sur les pouvoirs publics visant à restreindre l’utilisation de l’énergie nucléaire (opposition à la poursuite de l’exploitation des réacteurs en service ou à la construction de nouveaux) ou de publicité à destination du grand public visant essentiellement à convaincre l’opinion des dangers et de l’inutilité d’une telle énergie. Les organisations internationales telles l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ou l’Agence de l’OCDE pour l’énergie nucléaire (OCDE/AEN) ont pour objectif de promouvoir les usages pacifiques (à travers des actions d’information, de communication, etc.) et limiter les usages militaires de l’énergie nucléaire (contrôle du respect du Traité de non-prolifération nucléaire notamment), et d’organiser la coopération (normalisation des règles de sûreté, R&D conjointe, etc.) entre les différents pays. D’autres acteurs participent au débat : de nombreuses associations nationales ou locales, des organismes de recherche, des cabinets d’expertise. Les conclusions rendues par ces derniers sont souvent attaquées en évoquant un risque de partialité lié à leurs sources de financement.

Les risques liés au nucléaire

Introduction

L’appréciation des risques liés à l’industrie nucléaire, et en particulier du risque de survenance d’un accident grave, constitue un thème central du débat sur l’énergie nucléaire. Si une analyse partagée est que la probabilité d’occurrence d’un accident nucléaire grave ou d’un autre problème impliquant l’industrie nucléaire (détournement à des fins militaires notamment) n’est pas nulle, le débat porte sur l’évaluation de cette probabilité, d’une part, et sur la gravité des conséquences, d’autre part. L’évaluation combinée de ces deux facteurs permet d’arriver à une perception globale du risque (voir Étude sur la perception des risques en France). Cette perception globale, suivant qu’elle amènera au final à considérer le risque comme acceptable ou non, constitue une ligne de démarcation majeure entre partisans et opposants au nucléaire.

Étude sur la perception des risques en France

En France, la perception des experts s’oppose nettement à celle du grand public sur l’importance des risques liés au nucléaire. Les retombées de l’accident de Tchernobyl présentent un risque élevé voir très élevé pour 54% du grand public contre 18% des experts interrogés, les déchets radioactifs entrainent un risque élevé pour 57% du grand public et 25% des experts et les centrales nucléaires sont dangereuses pour 47% du grand public et 19% des experts sur le site internet de l’IRSN.

Risque d’accident grave

Prise en compte du risque d’accident par l’industrie nucléaire

Les industriels du secteur font valoir que la conception d’une centrale intègre une analyse de sûreté visant à réduire à la fois la probabilité de survenance d’un accident et ses conséquences potentielles grâce à deux logiques d’analyse : une analyse probabiliste, qui consiste à calculer une probabilité de survenance pour chaque problème potentiel, puis à chercher à prendre des mesures afin de minimiser cette probabilité (on parlera de "sécurité active"), et une analyse déterministe, plus adaptée aux évènements réfractaires à un calcul de probabilité (comme le risque terroriste évoqué plus loin) qui consiste à partir du principe que le problème survient et à chercher à en réduire les conséquences (par exemple en créant des enceintes de confinement). On parle alors de « sécurité passive ». Les opposants au nucléaire estiment que cette prise en compte des risques par les industriels n’est pas suffisante et évoquent notamment le fait que, selon eux, des contraintes de rentabilité peuvent conduire les industriels ou l’État à sous-évaluer certains risques, ou à ne pas prendre toutes les mesures de sécurité préventive nécessaires.

Probabilité d’occurrence d’un accident

Un accident peut avoir de nombreuses causes potentielles : rupture de tuyauterie, séisme, perte d’alimentation électrique, attentat… Pour un réacteur nucléaire à eau pressurisée (REP) tels ceux exploités en Europe de l’Ouest, le risque de fusion du cœur est estimé à 0, 005% par centrale et par an Commission AMPERE, 2000, Rapport final, SPF Economie, Bruxelles, 2000, page E-96 (http://mineco.fgov.be/energy/ampere_commission/home_fr.htm). Les centrales de type REP intègrent des enceintes de confinement en béton dans le but d’empêcher les matériaux radioactifs de se répandre dans l’environnement en cas de fusion du cœur. C’est ce qui s’est passé à Three Mile Island (voir ci-dessous). Une étude du MIT Beckjord Eric S. et al., The future of nuclear power - an interdisciplinary MIT study, Massachussetts Institute of Technology, 2003, page 51 note 9 http://www.mit.edu/afs/athena/org/n/nuclearpower/ estime que la probabilité de rupture de l’enceinte de confinement en cas de fusion du cœur est de 10%. Les anti-nucléaires contestent les conclusions de ces études, en arguant de la partialité des organismes les ayant financés. Ils affirment que les risques réels sont bien supérieurs et citent diverses défaillances qui, d’après eux, contredisent les études officielles (notamment l’inondation de la centrale nucléaire du Blayais en décembre 1999, ou, plus récemment, les conséquences d’un tremblement de terre sur la centrale nucléaire japonaise de Kashiwazaki-Kariwa en juillet 2007). D’autre part, ils rappellent qu’il existe toujours dans le monde (mais pas en France) des centrales en activité ne disposant pas d’enceintes de confinement (c’était le cas de la centrale de Tchernobyl).

Conséquences d’un accident

Au-delà de la probabilité de survenance d’un accident, l’autre débat porte sur les conséquences possibles d’un accident grave. Par 'accident grave', on entend ici principalement l’hypothèse, jugée hautement improbable dans une centrale moderne par les partisans du nucléaire, d’une fusion du cœur associée à une rupture des différentes enceintes de confinement. S’il semble globalement admis que la probabilité de survenance d’un accident grave dans une centrale nucléaire, bien que non nulle, soit très inférieure à ce que l’on rencontre en milieu industriel conventionnel, il est également admis que les conséquences potentielles relèvent également d’une autre échelle. En effet, la puissance énergétique qui serait dégagée en cas de réaction nucléaire non contrôlée est potentiellement considérable. Les anti-nucléaires chiffrent des pertes humaines considérables, tandis que les partisans de cette énergie font valoir différents dispositifs de sécurité susceptibles de réduire l’impact d’un tel évènement. Au-delà des conséquences à court terme, l’autre spécificité non contestée du nucléaire en cas d’accident grave, contrairement à la plupart des autres risques industriels, est de pouvoir libérer sur des zones géographiques étendues des substances radioactives toxiques dont la durée de vie est extrêmement longue, allant de quelques semaines à plusieurs dizaines de milliers d’années. Les anti-nucléaires affirment que, dans certains scénarios de fusion du cœur et de rupture des enceintes de confinement, des zones géographiques de la taille d’un pays sont susceptibles de devenir inhabitables pour plusieurs dizaines d’années, et engendrerait des conséquences humaines et écologiques dramatiques à l’échelle du siècle.

Synthèse des deux principales opinions en matière d’analyse du risque d’accident grave

Bien que les positions des participants au débat en matière d’analyse du risque nucléaire ne sauraient se résumer à deux positions uniques et opposées, on note toutefois de nombreux points communs dans la synthèse que peuvent faire les partisans d’un côté, et les opposants au nucléaire de l’autre. Ainsi, l’analyse des pro-nucléaires en matière de risque nucléaire est, en substance : « L’industrie nucléaire intègre des normes de sécurité extrêmement sévères, rendant la probabilité de survenance d’un accident grave suffisamment faible pour que le risque soit acceptable. De plus, les progrès technologiques futurs devraient permettre de réduire encore plus le risque à l’avenir. » De leur côté, les opposants aux nucléaires font valoir, en substance : « Aucune construction humaine ne peut se prévaloir d’être à 100% fiable : dès lors, l’accident devient quasiment certain sur une période suffisamment longue, alors même que les conséquences potentielles en matière nucléaire sont telles qu’elles sont inacceptables. » Et si, au final, les parties conviennent que « le risque zéro n’existe pas », les conclusions qu’ils en tirent diffèrent. Les partisans du nucléaire utilisent parfois cette expression afin de tenter de banaliser le risque nucléaire et de rappeler qu’il existe des risques dans tous les domaines, le nucléaire n’étant selon eux qu’un risque mineur et acceptable en comparaison d’autres risques (notamment par rapport à certains risques naturels). Tandis que pour les opposants au nucléaire, cette phrase est surtout utilisée afin de rappeler que quelque soit les efforts de sûreté qui pourraient être entrepris par l’industrie nucléaire, celle-ci ne pourra jamais être totalement fiable et que la seule façon, selon eux, d’arriver à un risque nucléaire égal à zéro, c’est de stopper son exploitation.

Les accidents passés illustrant le débat

Les accidents passés les plus fréquemment cités au cours du débat sont :
- la catastrophe de Tchernobyl, mise en avant pour illustrer les conséquences catastrophiques d’un éventuel accident. Les opposants à l’énergie nucléaire mettent notamment en avant le fait que le vieillissement des installations conduit à une augmentation du risque d’accident grave. Les concepteurs et exploitants de réacteurs nucléaires estiment quant à eux que la référence à l’accident de Tchernobyl est injustifié de part le fait que la conception des RBMK est largement différente de celle des REP, REB et CANDU.
- l’accident de Three Mile Island où, en dépit d’une réaction en chaîne comparable à celle qui survint à Tchernobyl, les personnes irradiées ont (selon la Société américaine pour l’énergie nucléaire) reçu en moyenne l’équivalent d’une radio des poumons Samuel Walker, Three Mile Island: A Nuclear Crisis in Historical Perspective (Berkeley: University of California Press, 2004), p. 231.ANS Public Information, available at http://www.ans.org/pi/matters/tmi/whathappened.html, grâce à l’enceinte de confinement dont toutes les centrales occidentales bénéficient, mais qui n’existait pas à Tchernobyl.
- l’accident de Tokaimura, plus récent que les précédents et qui est sensé illustrer les risques liés au facteur humain.

Risques liés à l’impact des installations nucléaires en fonctionnement normal

Risques liés à l’extraction du minerai

Les mines d’uranium françaises sont toutes fermées aujourd’hui. 55 millions de tonnes des résidus d’exploitation, considérés non dangereux, ont été laissés sur place. De faible activité, leur important volume induirait pourtant des risques : dégagement de radon, dissémination de radium emporté par l’eau de pluie pouvant polluer des rivières et se concentrer dans les végétaux . La CRIIRAD dénonce la contamination des eaux potables et la dispersion de ferrailles contaminées par les mines exploitées au Niger, d’où provient une partie de l’uranium utilisé en France .

Risque de légionellose

D’après un rapport de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire et du travail) les riverains de 15 centrales nucléaires françaises sont menacés de légionellose dans un rayon de 20 km autour de celles-ci. Des niveaux importants ont été ponctuellement observés, dans l’eau des tours de refroidissement, mais EDF ayant droit à des taux 500 à 5000 fois plus importants que les autres industries, aucune mesure n’a été prise. Dans les autres pays européens, les normes sont les mêmes pour les centrales nucléaires et les autres industries (source : Que choisir, n° 440 de septembre 2006).

Risque liés au refroidissement des centrales

Pour assurer leur refroidissement, les installations nucléaires (comme les centrales thermiques à flamme) prélèvent puis rejettent de l’eau dans les rivières ou la mer. La chaleur et les éléments chimiques contenus dans les rejets des centrales affectent l’écosystème des rivières et des milieux marins. La réglementation française régissant le fonctionnement des centrales impose des limites aux rejets d’eau chaude et aux rejets chimiques. Selon le Réseau Sortir du nucléaire, lors de la canicule 2003, 6 centrales françaises ont rencontré des problèmes pour se conformer aux limites de température, et le réseau a pu répertorier 30 journées dans l’illégalité, malgré les dérogations exceptionnelles accordées cette année-là par l’Autorité de sûreté nucléaire. Les antinucléaires critiquent vivement ces décisions, le Réseau Sortir du Nucléaire accuse EDF de « sacrifier l’environnement au profit de la production nucléaire ».. Les canicules de 2003 et de 2006 ont suscité des problèmes de refroidissement pour les centrales nucléaires : certains réacteurs ont dû être arrosés, d’autres fonctionner à bas régime, et d’autres être arrêtés car impossibles à refroidir, l’eau manquant dans les rivières ou étant trop chaude ; les rejets de la plupart des autres ont dépassé les limites habituelles des règles environnementales (rejets dans les rivières d’eau trop chaude et de produits chimiques ne pouvant se diluer).

Risques liés au terrorisme et à la prolifération

Risque de détournement du nucléaire civil au profit d’un armement nucléaire

Les opposants à l’énergie nucléaire mettent en avant le fait que des installations nucléaires civiles peuvent être utilisées dans le cadre d’un programme nucléaire militaire :
- les installations de fabrication du combustible (notamment d’enrichissement de l’uranium) pourraient être utilisées pour fabriquer de l’uranium propre à un usage militaire. Cela nécessite cependant des développements spécifiques pour obtenir de l’uranium hautement enrichi (>90% en U235) quand les réacteurs civils utilisent de l’uranium faiblement enrichi à moins de 5% en U235.
- le plutonium produit dans les réacteurs électrogènes pourrait être utilisé dans la fabrication d’une bombe après retraitement du combustible irradié. Cependant, la composition isotopique du plutonium contenu dans le combustible irradié n’est pas compatible avec une utilisation militaire et demande des traitements supplémentaires. Historiquement, le développement des explosifs atomiques précède le développement de l’industrie nucléaire civile qui n’est donc pas nécessaire à un programme militaire. Certains pays hautement industrialisés disposent de programme civils avancés et pourraient produire des ogives nucléaires en quelques mois ; c’est le cas notamment de l’Afrique du Sud ou du Japon. Ces pays offrent des garanties internationales en se livrant volontairement à la surveillance de l’AIEA.

Bombe radiologique

Des matières radioactives pourraient être détournées et utilisées avec des explosifs classiques pour fabriquer une bombe radiologique. En 1996, une capsule de césium associée à de la dynamite est retrouvée dans un parc de Moscou sur les indications de rebelles islamiques de la république séparatiste de Tchétchénie.

Risques pour la démocratie

Certaines organisations antinucléaires critiquent l’industrie nucléaire à cause de risques supposés pour la démocratie. Ces organisations soutiennent que la gestion du combustible et des déchets, ainsi que la surveillance des centrales, notamment dans le but de réduire les risques terroristes, nécessiterait, selon elles, des forces de police qui ne seraient pas nécessaires dans le cas des énergies renouvelables. C’est ce que montre le sociologue Jean-Pierre Le Goff dans son livre Mai 68 : l’héritage impossible livre Mai 68 : l’héritage impossible 1998, réédition en 2002, La Découverte, ISBN 2-7071-3654-9 en citant plusieurs articles paru à cette époque: "Pour les écologistes, le nucléaire n’est pas seulement dangereux. La décision de son développement n’est pas seulement un « fait accompli technocratique » qui s’est effectué sous la pression d’un « lobby » présent au sein de l’appareil d’État. Il entraîne un type de surveillance des personnels et des populations incompatibles avec les libertés démocratiques. Le journaliste Michel Bosquet dans un article de la revue Le Sauvage « de l’électronucléaire à l’électrofascisme » dénonce un nouveau « despotisme » entraîné par le développement de l’énergie nucléaire. La société nucléaire qui se met en place n’est pas seulement, une « société policière » selon la terminologie de l’époque, elle est dirigée par « une caste de techniciens militarisés », une « chevalerie nucléaire », qui serait soustraite à la loi commune. Comprenant des dizaines de milliers de membres, cette caste « contrôlera et régira des centaines de milliers de civils », « appareil militaire, elle exercera sa domination au nom des impératifs techniques de la méga machine nucléaire ». Pour Brice Lalonde et Dominique Simonet, animateurs des « amis de la Terre » le développement du nucléaire risque d’amener vers le « totalitarisme technocratique »."

Les ressources fissiles

Évaluation des ressources

D’après l’OCDE-AEN (livre rouge), les ressources minières en uranium répertoriées aujourd’hui dépassent un total de 17 millions de tonnes. Soit 300 ans de consommation actuelle, à des conditions d’accès toutefois très différentes. Les réserves de minerai à coût d’exploitation inférieur à 40$ le kilo sont suffisantes pour 30 ans (60 ans pour moins de 80$ le kg). Enfin, la généralisation de la technologie des réacteurs à neutrons rapides (moins consommateur d’uranium) permettrait de multiplier la durée de vie prévisionnelle des réserves par un facteur 50 (soit de 1500 ans à 3000 ans de consommation au rythme actuel). Toujours d’après l’OCDE-AEN, l’exploitation des ressources non conventionnelles (phosphates, eau de mer) permettrait de multiplier les réserves par 100. En 2003, l’extraction minière de l’uranium couvre environ la moitié des besoins de l’industrie. La fourniture d’uranium est en effet assurée pour une autre moitié par des sources secondaires : stocks d’uranium militaire surnuméraires par rapport aux besoins (États-Unis et Fédération de Russie), uranium et plutonium de retraitementRessources, production et demande de l’uranium : Un bilan de quarante ans - Rétrospective du Livre rouge ; Éditions OCDE ; 2007. D’autre part, l’apparition du concept de « développement durable » dans le débat sur l’écologie et le réchauffement climatique amène à s’interroger sur la place de la filière nucléaire. L’énergie nucléaire est non renouvelable, mais l’évaluation de la durée prévisionnelle de consommation des ressources est sujette à débat car elle dépend des technologies mise en œuvre (par exemple la surgénération) mais aussi du niveau de la demande, qui pourrait changer de manière importante selon que la filière nucléaire se développe ou, au contraire, décline.

Sûreté d’approvisionnement

Provenance des approvisionnements

L’énergie nucléaire est pour le moment relativement épargnée par les embargos, car l’uranium est extrait dans des pays stables tels que l’Australie et le Canada. Il existe des mines dans des pays moins stables comme le Niger.
- L’approvisionnement en uranium provient de zones géographiques diversifiées (Canada, Afrique, Australie, Asie), politiquement plus stables que certains pays exportateurs de pétrole, comme ceux du Moyen-Orient. Selon le ministère français de l’Économie, cette stabilité constitue une garantie quant à la sécurité d’approvisionnement. De plus, des réserves d’uranium supplémentaires existent en France; elles ne sont pas exploitées aujourd’hui parce que non rentables dans les conditions actuelles du marché de l’uranium naturel. Les six premiers pays producteurs sont : le Canada (30% du total), l’Australie (21%), le Niger (8%), la Namibie (7, 5%), l’Ouzbékistan (6%) et la Russie (6%).

Indépendance énergétiqueDéfinition selon l’INSEE : le taux d’indépendance énergétique est le rapport entre la production nationale d’énergies primaires (charbon, pétrole, gaz naturel, nucléaire, hydraulique, énergies renouvelables) et les disponibilités totales en énergies primaires, une année donnée. Ce taux peut se calculer pour chacun des grands types d’énergies ou globalement toutes énergies confondues. Un taux supérieur à 100% (cas de l’électricité) traduit un excédent de la production nationale par rapport à la demande intérieure et donc un solde exportateur.

Selon les ressources des différents pays utilisant du combustible nucléaire, les matières fissiles sont domestiques (ressources minières propres, produits du retraitement, emploi civil des matières militaires) ou importées. La très haute densité énergétique des combustibles fissibles permet d’en stocker de grandes quantités et évite donc les problèmes de flux tendus présents dans l’approvisionnement en pétrole et en gaz naturel. Ainsi, même en cas d’instabilité ou de crise politique dans les pays exportateurs de combustible fissible, le stockage permet d’éviter une pénurie pendant une, voire plusieurs années. Le combustible présent en réacteur représente en permanence deux années de consommation.
- L’emploi de l’énergie nucléaire ne garantit pas l’indépendance énergétique d’un pays, puisqu’elle ne fournit de l’énergie que sous la forme d’électricité (par exemple, pour la France, 78, 46% de la production d’électricité en 2005, 42% de la production d’énergie primaire en 2005). Or, actuellement, l’électricité ne représente que 23% de l’énergie finale consommée en France (36, 4 millions de tonnes d’équivalent pétrole, tep, sur 160, 6 millions en 2005) et l’énergie nucléaire, seulement 17, 78%, selon les statistiques de la Direction générale de l’énergie et des matières premières de l’Observatoire de l’énergie (28, 55 millions de tep sur 160, 6 millions en 2005). L’Agence internationale de l’énergie a évalué la part du nucléaire dans la production d’énergie primaire à 41, 6% pour l’année 2004. De fait, la facture énergétique française (hors coût du nucléaire) a augmenté de 24% en 2004, de 35% en 2005 et de 19% en 2006, soit un doublement en 3 ans : malgré ses 58 réacteurs nucléaires, la France consomme énormément d’énergies fossiles classiques (pétrole, gaz, charbon).
- Pour la production d’électricité en France, il n’y aurait pas d’indépendance énergétique avec la filière nucléaire, puisque l’uranium (le combustible des réacteurs) est importé en particulier du Niger, d’Australie, du Canada.

Les déchets radioactifs

Schéma simplifié des flux de matières radioactives de la production électronucléaire

Problématique des déchets radioactifs

Les déchets radioactifs sont issus majoritairement de l’industrie électro-nucléaire. Comme les autres déchets industriels, les déchets radioactifs se caractérisent par un degré et une durée de nocivité. Parmi l’ensemble des déchets de la filière, la gestion des déchets à vie longue (de l’ordre du million d’années de durée de nocivité) fait particulièrement débat. Les principales interrogations portent sur la quantité de ces déchets, la possibilité technique et économique de les gérer sur le très long terme et les fondements éthiques sous-jacents à une réflexion affectant plusieurs générations.

Définitions des déchets radioactifs

Définition qualitative

Un déchet radioactif est une matière radioactive classifiée comme déchet. Cette classification repose sur des définitions légales. La prise en compte d’autres définitions conduit à évaluer différemment la quantité de déchets radioactifs. Par ailleurs, le mode de gestion du déchet a une influence sur la présentation des inventaires. Selon Saida Enegstrom (SKB, Suède), « la définition des déchets nucléaires est tout autant scientifique que sociale et politique » - Compte rendu de la rencontre du 6 mai 2003 à Rennes organisée dans le cadre du débat public sur la gestion des déchets radioactifs ; Deuxième table ronde : Quelles solutions pour les déchets nucléaires ?. Les résidus miniers sont des matières faiblement radioactives issues de l’extraction d’uranium, de thorium mais aussi d’autres minerais contenant une faible proportion de radioéléments. Ces résidus sont réintégrés à l’environnement sur site, en comblant les excavations par exemple. Ce sont des déchets au sens où ils n’ont pas d’emploi subséquent. En revanche, leur catégorisation en tant que déchet radioactif dépend de leur activité résiduelle qui diffère selon le traitement subi par le minerai et le taux d’extraction des matières radioactives. Les rejets radioactifs des centrales nucléaires ou des installations du cycle du combustible sont soumis à autorisation. Ces déchets sont gérés par dilution au sein de masses de fluide importantes : atmosphère pour les rejets gazeux, océan pour les rejets liquides. Ces matières n’étant pas accumulées mais évacuées au fur et à mesure de leur production, elles n’apparaissent pas dans les inventaires de déchets à gérer. Les déchets de moyenne activité et à vie longue (MA-VL) sont des déchets d’activation. Ils ne comportent pas ou très peu de matières fissiles, de transuraniens ou de produits de fission. La notion de déchets de haute activité et à vie longue (HA-VL) est plus controversée. La définition légale en France renvoie à des matières radioactives qui n’ont pas d’emploi subséquent, qui ne sont pas valorisables. Ainsi, selon les pays et la stratégie de cycle mise en œuvre (retraitement ou stockage direct), le combustible irradié fait ou non parti de l’inventaire des déchets HA-VL. En France, le scénario privilégié en 2006 par EDF est le retraitement de l’ensemble des matières valorisables, à court terme sous la forme de MOX et d’URE, à plus long terme dans des réacteurs nucléaires avancés soumis à R&D. Dans ce cadre, l’Andra produit l’inventaire des déchets à fin 2004. D’autres scénarios sont cependant envisagés (par exemple par les opposants à l’énergie nucléaire). Dans ces scénarios alternatifs, l’application de la définition de déchet comme matière n’ayant pas d’emploi subséquent conduit à considérer d’autres matières radioactives comme déchet.
- Le premier scénario envisagé est un retraitement partiel des combustibles irradiés, voire l’arrêt du retraitement. Dans ce cadre, tout ou partie des stocks de combustible irradié devient de facto un déchet.
- L’autre principal scénario alternatif est « l’arrêt du nucléaire ». Ce scénario admet des variantes selon les activités arrêtées : nucléaire militaire (armement et propulsion), production électro-nucléaire, médecine nucléaire. Par ailleurs, d’autres activités non nucléaires produisent également des déchets radioactifs. Dans ce cadre, tout ou partie des stocks de matières radioactives valorisables devient de facto un déchet. En France, l’inventaire de l’Andra évalue ces stocks (à fin 2004).
Les matières utilisées pour la fabrication des armes ou au titre de stocks stratégiques sont couvertes par le secret-défense. Elles ne sont donc pas recensés dans l’inventaire français réalisé par l’Andra.
Le débat sur ces questions de définition des déchets radioactifs renvoie ainsi au débat plus général de l’avenir de la production électro-nucléaire, tant en terme de maintien de l’option nucléaire qu’en terme de choix de stratégie en cas de maintien de l’option nucléaire.

Quantité de déchets

Il existe plusieurs comptabilités des déchets radioactifs. Il y a les déchets produits à date, les déchets engagés ainsi que les déchets prévisibles. Les prévisions de volumes de déchets reposent alors sur la définition de différents scénarios (durée de vie des réacteurs, taux de combustion, pertes au cours du retraitement…) que les différents acteurs du débat utilisent selon leurs propres modalités. Par ailleurs, un point particulier est souvent mis en avant au cours du débat : il s’agit de la prise en compte du conditionnement des déchets dans les volumes indiqués. On peut ainsi distinguer plusieurs volumes : le déchet en lui-même, le colis de déchet avec sa matrice, le colis de déchet conditionné et jusqu’au colis de stockage (dans ce cadre) qui comprend éventuellement un sur-conteneur. Ces différentes définitions alimentent une certaine confusion dans le débat où chacun des acteurs emploie la définition qu’il estime la plus pertinente.

Gestion des déchets

Les déchets de faible et moyenne activité ou à vie courte sont principalement stockés dans des centres de surface (ou en subsurface). Les débats portent essentiellement sur la sûreté de ces centres à court et long terme, sur la possibilité de contamination radioactive issue des déchets stockés. Concernant les déchets à vie longue, les principales problématiques débattues reposent sur les modalités de gestion des déchets, la sûreté à long terme des différents modes de gestion et le financement. Les différentes modalités de gestion de long terme identifiées en 2006 comprennent :
- le stockage des déchets dans un milieu qui retarde le relâchement des radio-nucléides sur une échelle de temps compatible avec leur décroissance radioactive (sur le fond océanique tel que pratiqué par le passé ou en couche géologique profonde tel qu’envisagé en 2006),
- l’entreposage des déchets en un milieu accessible à la surveillance, avec des possibilités de reprise des colis,
- la transmutation des déchets afin de réduire leur durée ou leur degré de nocivité,
- l’arrêt de la production des déchets par abandon des filières nucléaires militaires, électrogènes ou médicales. En 2006, plusieurs pays ont décidé de la construction d’un centre de stockage en couche géologique profonde, tandis que d’autres poursuivent leurs études sur le sujet. Cette modalité de gestion amène à des oppositions locales, ainsi qu’à une opposition générale. L'opposition locale est initiée par le syndrome « pas dans mon jardin » (Not In My Back-Yard) - La contestation locale est née de la recherche ou de la mise en route de laboratoires géologiques souterrains. Cette contestation a été souvent qualifiée de NIMBY (not in my backyard). Les vignerons du Gard ou les éleveurs de poulets de Bresse illustrent à merveille cette lutte pour la protection de leur image. Alors que de potentiels sites de stockage étaient à l’étude près de leurs terroirs, ils avaient organisés une résistance farouche pour éviter cette intrusion du nucléaire dans leur environnement.. Cette tendance est notamment illustrée par les résultats d'un sondage réalisé par Ifop pour Les Verts en septembre 2005 : « L’opposition massive à une telle initiative (la présence d’un centre d’enfouissement des déchets nucléaires dans leur commune ou dans une commune proche) traduit la forte prégnance du précepte « not in my backyard » qui traverse l’ensemble des catégories de la population ». Dans une seconde phase, cette opposition rejoint une opposition plus large. Au niveau politique, l’ensemble des bénéficiaires du centre de stockage (le pays par exemple) assure une redistribution préférentielle vers le lieu du stockage : ce sont les politiques d’accompagnement (économique, enseignement, scientifique). Ces politiques d’accompagnement sont parfois qualifiées de corruptives par les opposants au stockage géologique. La structuration des oppositions locales en réseaux rejoint l’opposition générale (notamment des organisations anti-nucléaires nationales ou internationales) au sein d’une opposition de principe. À ce niveau, le débat s’appuie principalement sur la confrontation d’avis d’experts. C’est essentiellement un débat technique concernant les hypothèses et méthodologies de modélisation en lien avec les connaissances scientifiques, ainsi que l’évaluation du coût du stockage et son financement. Ce débat est ensuite instrumentalisé à destination de l’opinion publique, avec l’utilisation d’une vulgarisation des argumentations et une symbolique importante :
- À titre d’illustration, les colis de déchets correspondant à 40 ans de production des centrales actuelles pourront être entreposés dans l’équivalent d’un seul terrain de football Dossier d’initialisation du débat sur la gestion des déchets HA-VL / MA-VL
- Les manifestants sont arrivés sur le site derrière un canon napoléonien plus symbolique que dangereux. Car les militants sont pacifistes et aiment les symboles. Pour preuve, ces tombes construites sur le rond-point. Un enterrement à grand renfort de sonnerie aux morts et de minutes de silence. Des logos nucléaires peints à la chaux sur le bitume devant laisser une trace de leur mécontentement. Journal de la Haute-Marne, 31/07/06 Enfin, il existe une distinction, parfois floue parfois marquée, entre les opposants au stockage géologique qui soutiennent de façon générale l’utilisation de l’énergie nucléaire (avec un mode de gestion des déchets à vie longue différent) et les opposants à l’énergie nucléaire qui s’opposent au principe du stockage géologique en tant que part du cycle du combustible nucléaire.

Aspects économiques de la gestion des déchets

Deux principaux thèmes font débat au sein de la problématique économique liée à la gestion des déchets : l’évaluation du coût de la gestion des déchets (et sa prise en compte dans le coût de l’électricité nucléaire) et le financement pérenne de ce coût. Par ailleurs, les termes du débat sont relativement différents selon les catégories de déchet impliquées.

Autres thématiques du débat

Impact de l’énergie nucléaire sur le réchauffement climatique

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont identifiées de manière assez consensuelle comme causes d’un réchauffement climatique global. La production électro-nucléaire émet, selon un rapportL’Énergie nucléaire et le protocole de Kyoto ; OCDE/AEN ; NDD ; Paris de l’Agence pour l’énergie nucléaire de l’OCDE, peu de GES par rapport à la production d’énergie fossile, et en moyenne moins que les énergies renouvelables :
- Dans le monde, l’utilisation de centrales nucléaires permet d’abaisser de plus de 8% les émissions de GES du secteur énergétique (17% pour la seule électricité), par rapport à l’utilisation de centrales thermiques à flammeL’Énergie nucléaire et le protocole de Kyoto ; OCDE/AEN ; NDD ; Paris.
- Pour les seuls pays de l’OCDE, l’économie réalisée représente près de 1 200 millions de tonnes de dioxyde de carbone ou environ 10% des émissions totales de CO2 imputables à la consommation d’énergie (les objectifs du protocole de Kyoto sont une réduction de 700 millions de tonnes entre 1990 et 2008-2012)L’Énergie nucléaire et le protocole de Kyoto ; OCDE/AEN ; NDD ; Paris. Ainsi, le développement de l'énergie nucléaire permettrait de participer à la réduction de l'émission des GES. Mais des doutes demeurent sur sa capacité à apporter pour autant une réponse au problème du réchauffement climatique. Des études semblent montrer que le nucléaire ne pourrait agir au mieux que de manière partielle, voire, selon ses opposants , de manière marginale, dans la lutte contre le réchauffement. En effet, l’effet de serre est un phénomène mondial et la part actuelle de l’énergie nucléaire est faible et déclinante (6, 4% de l’énergie primaire ou 2, 8% de l’énergie finale Agence internationale de l'énergie, 2006, Paris, 2006). La stabilisation du climat requiert, au niveau mondial, une réduction de l'ordre de 50% des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050 den Elzen Michel, Meinshausen Malte, 2006, Multi-gas emissions pathways for meeting the EU 2°C climate target, in Avoiding dangerous climate change (Edited by Schellnhuber et al.), Cambridge University Press, Cambridge, 2006, www.stabilisation2005.com. Or, selon un calcul théorique, remplacer toute la production actuelle d'énergie d'origine fossile par une production nucléaire dans les zones où cela serait raisonnablement envisageable permettrait une économie annuelle de 1, 7 gigatonne (milliards de tonnes) équivalent carbone environ, soit 25% à 30% des émissions humaines de CO2 fossile., par Jean-Marc Jancovici Ainsi, seul un développement considérable de la filière, y compris dans de nombreux pays ne disposant pas aujourd'hui de centrales nucléaires, permettrait de contribuer de manière importante à la réduction des GES. Mais une telle hypothèse semble difficilement réalisable, surtout dans des délais aussi courts, pour des raisons à la fois technologiques, politiques (risque de prolifération, opposition des mouvements écologiques), mais aussi de coût d'investissement et de niveau de réserve du combustible Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean, Le plein s'il vous plaît !, édition Points. Voici quelques opinions de personnalités concernant l'impact du nucléaire sur le réchauffement climatique :
- Patrick Moore, considère cette source d’énergie comme la seule solution réaliste au problème du réchauffement climatique, article en anglais.
- C’est également l’opinion du scientifique James Lovelock, inventeur des théories Gaïa.
- L'astrophysicien Hubert Reeves suggère, au contraire, de délaisser le nucléaire pour les énergies renouvelableshttp://sv38630.nfrance.com/~v1002/IMG/2004-09-22_Dev.durable_Reeves.html.
- Jean-Marc Jancovici, bien que défenseur du nucléaire par ailleurs, juge que celui-ci ne pourra pas contribuer de manière suffisante à la réduction des GES dans des délais compatibles avec les contraintes imposées .

Accident nucléaire et assurance

Les assureurs privés n’acceptent pas de couvrir le risque induit par une centrale nucléaire en raison des coûts très élevés d’un sinistre grave semblable à celui de Tchernobyl . C’est donc l’argent public qui sera mis à contribution pour jouer le rôle d’assurance en cas d’accident nucléaire, en vertu de conventions internationales comme la Convention sur la responsabilité civile dans le domaine de l’énergie nucléaire (Convention de Paris) . C’est aussi, aux États-Unis, l’objet de la loi Price-Anderson limitant, grâce à des fonds publics, la responsabilité des industries du nucléaire civil énergétique donc améliorant artificiellement leur rentabilité).

Emploi et efficacité énergétique

Les organisations opposées au nucléaire font remarquer que le nucléaire produit, à investissement égal, beaucoup moins d'emplois que les énergies renouvelables et les économies d'énergie. Une étude sur le projet EPR a notamment montré que le même investissement produirait deux fois plus d'énergie et cinq fois plus d'emplois dans d'autres secteurs.

Centralisation de la production

La production d’énergie nucléaire est un système centralisé, ce qui poserait divers problèmes :
- cette centralisation implique le transport de l’électricité par des dizaines de milliers de kilomètres de lignes THT (Très haute tension) qui sont elles mêmes vulnérables et qui sont dénoncées comme nuisant aux paysages. Il existe 254 000 pylônes de taille comprise entre 25 et 100m de hauteur .
- les opposants au nucléaire estiment que ce système est extrêmement vulnérable face aux évènements climatiques comme ce fut le cas lors de la tempête de décembre 1999

Systèmes nucléaires futurs

Deux axes de recherche majeurs visent à améliorer la performance du nucléaire. Le premier concerne les recherches sur la transmutation, devant permettre la construction de réacteurs dits « à neutrons rapides » ou « surgénérateurs ». Le principal avantage de cette avancée réside dans la diminution importante de la consommation d'uranium, qui apporterait un allongement considérable de la durée prévisionnelle d'exploitation des réserves de ce combustible. Le Japon a ouvert son premier surgénérateur commercial, fonctionnant au plutonium, en 1994 , alors que la France a fermé le réacteur Superphénix par arrêté ministériel du 30 décembre 1998. La transmutation, bien que constituant une évolution technologique importante, n'apporte néanmoins aucune révolution sur les principes mis en œuvre : les réacteurs à neutrons rapides s'appuient toujours sur la fission nucléaire. L'autre domaine de recherche fondamental envisage lui un changement plus radical puisqu'il concerne le passage de la fission à la fusion nucléaire : au lieu de "casser" des atomes lourds en atomes plus légers, la fusion doit permettre de fusionner des atomes légers (de l'hydrogène) pour créer des atomes plus lourds (essentiellement de l'hélium), libérant au passage une énergie considérable, beaucoup plus importante que l'énergie libérée par la fission. La fusion est le mécanisme de production d'énergie utilisée par le soleil, ou au sein des bombes H. Les principaux avantages de la fusion résident dans un niveau de production d'énergie beaucoup plus élevé, mais aussi par le fait que le combustible (les atomes d'hydrogène) se trouve de manière abondante sur Terre (dans l'eau notamment). Enfin, les pro-nucléaires avancent que la fusion devraient permettre de réduire considérablement les déchets dangereux en produisant essentiellement de l'hélium. Ce à quoi les opposants au nucléaire répondent que la fusion devrait également produire d'autres particules radioactives. Quoi qu'il en soit, la fusion nucléaire est encore très loin d'être une solution industrialisable et n'est, à ce jour, qu'un sujet d'étude de laboratoire. Le principal problème rencontré réside dans le fait que le processus de fusion, pour être initié, nécessite actuellement des températures extrêmement élevées (de l'ordre de plusieurs dizaines de millions de degrés Celsius). Cela pose à la fois des problèmes afin de produire une telle température, mais également pour confiner les particules ainsi chauffées dans un conteneur capable de résister à une telle chaleur.

Le nucléaire dans la politique énergétique de quelques pays

Certains pays se sont détournés des centrales nucléaires, comme l’Allemagne, en 2001, qui a lancé un plan de fermeture de toutes les centrales nucléaires censé aboutir au plus tard en 2021. La position « médiane » est celle du moratoire sur la construction de nouvelles centrales nucléaires. C’était par exemple le cas de la Suisse où plusieurs initiatives populaires visant à la fermeture pure et simple des centrales ont été successivement repoussées par la population. Récemment, par votation populaire, le moratoire n’a pas été prolongé. Enfin, l’industrie nucléaire subit une reprise dans certains pays. Ainsi les États-Unis envisagent depuis 2006 de reprendre la construction de centrale, espérant sur une réduction de leur dépendance énergétique à l’égard du Moyen-Orient.

Pays renonçant à la production d’énergie nucléaire

Plusieurs pays, majoritairement européens, ont abandonné la production d’énergie d'origine nucléaire depuis 1987, suite à la catastrophe de Tchernobyl. L’Australie, l’Autriche, le Danemark, la Grèce, l’Irlande et la Norvège, qui ne disposaient pas alors de centrales, proscrirent tout nouveau projet de construction. La Pologne a même arrêté la construction d’une centrale. La Belgique, les Pays-Bas, l’Espagne et la Suède ont décidé de ne pas construire de nouvelle centrale, mais continuent d’exploiter les centrales existantes. L’Allemagne va encore plus loin en fermant volontairement des centrales avant leur date théorique de fin d’activité, dans le cadre d’un plan de « sortie du nucléaire » qui doit s’achever vers 2018 s’il n’est pas remis en cause entre temps.

Allemagne

En 2000, le gouvernement allemand constitué du SPD et d’Alliance '90 / les Verts' a officiellement annoncé son intention d’arrêter l’exploitation de l’énergie nucléaire. Jürgen Trittin (parti écologiste), ministre de l’environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire a conclu un accord avec les compagnies productrices d’énergie en vue de l’arrêt progressif des 19 centrales nucléaires allemandes avant 2020. En considérant qu’une centrale a une durée de vie de 32 ans, l’accord prévoit précisément combien d’énergie chaque centrale produira avant sa fermeture. Les centrales de Stade et d’Obrigheim ont été arrêtées le et le - le début du démantèlement est programmé pour 2007. Les militants anti-nucléaires critiquent l’accord car considèrent qu’il s’agit d’une garantie d’utilisation planifiée des centrales plutôt que d’un réel arrêt du programme. Ils avancent que l’échéance est trop lointaine et critiquent le fait que le décret ne concerne pas l’utilisation du nucléaire à des fins scientifiques (comme dans le centre de München II) ni l’enrichissement de l’uranium (l’échéance de l’usine d’enrichissement de l’uranium de Gronau a été repoussée). De plus, la production de combustible nucléaire recyclé resta autorisée jusqu’à l’été 2005. Par ailleurs le réacteur d’Obrigheim a été arrêté et son démantèlement ne commencera qu’en fin 2007. Le gouvernement allemand décida que les compagnies de productions d’énergie seraient dédommagées et aucune décision n’a été prise quant au stockage final des déchets nucléaires. Les opposants au nucléaire ont déclaré qu’une imposition plus importante et une politique adaptée auraient rendu possible un arrêt plus rapide. La décision de fermeture progressive des centrales nucléaires a toutefois abouti, moyennant des concessions sur des thèmes tels que la protection de la population lors du transport des déchets nucléaires à travers l’Allemagne, et malgré le désaccord du ministre de l’environnement sur ce point. Cependant, les arguments pour l’arrêt progressif de l’énergie nucléaire ont encore été discutés en raison des prix croissants des combustibles fossiles. Pendant les élections fédérales de 2002, le candidat chancelier Edmund Stoiber de la CDU/CSU a promis d’annuler, s’il était élu, l’arrêt progressif. En 2005, Angela Merkel (CDU) avait annoncé qu’elle renégocierait une échéance avec les compagnies de production d’énergie. Le programme des énergies renouvelables prévoit une taxe de financement. Le gouvernement, déclarant la protection du climat comme un objectif principal, a le projet de réduire de 25% les rejets de CO2 dans l’atmosphère entre 1990 et 2005. En 1998, l’utilisation de l’énergie renouvelable était de l’ordre de 284 PJ (pétajoules, 284 mille milliards de joules, 79 milliards de kWh), ce qui correspond à 5% de la demande totale d’énergie. Le gouvernement veut atteindre les 10% en 2010. Les opposants à ce programme d’arrêt du nucléaire prévoient une crise de l’énergie par l’absence de sources alternatives. Ils prévoient que seul le charbon pourrait pallier cette crise au prix d’énormes émissions de CO2, ou qu’il faudra importer des centrales nucléaires françaises ou de centrales à gaz russes.

Autriche

Le 9 juillet 1997 le parlement autrichien adopta à l’unanimité le maintien de la politique nationale anti-nucléaire. En Autriche, l’énergie nucléaire est anticonstitutionnelle.

Belgique

La politique d’arrêt du nucléaire à été annoncée en juillet 1999 par la coalition au pouvoir à cette époque, formée par les partis libéraux, socialistes et écologistes. Cette coalition promulgue La loi de sortie du nucléaire le 31 janvier 2003 Moniteur belge du 28 février 2003 . Cette loi prévoit la fermeture de chacun des sept réacteurs après 40 ans d'exploitation commerciale et interdit de construire de nouveaux réacteurs (sauf cas de force majeure). Ces fermetures s'échelonneront entre 2015 et 2025. Lors de leur promulgation, quelques citoyens ont prédit qu’elles seraient abrogées quand un gouvernement sans écologistes serait élu, mais entre 2003 et 2007 un gouvernement sans écologistes n’a pas modifié ces dispositions — peut-être à cause de l’événement de la centrale de Tihange (le 22 novembre 2002), qui a changé l’opinion publique sur la question du nucléaire. Les discussions autour de l'énergie nucléaire ont toutefois été relancées à partir de 2006.

Irlande

En Irlande une centrale nucléaire a été proposée en 1968. Elle aurait dû être construite pendant les années 70 à Carnsore Point dans le County Wexford. Le programme, qui prévoyait aussi 4 autres réacteurs, a été abandonné après une forte opposition des associations de protection de l’environnement. L’Irlande n’a donc jamais utilisé d’énergie nucléaire.

Italie

L’Italie a choisi par voie référendaire en 1986, suite à la catastrophe de Tchernobyl, d’arrêter définitivement ses quatre réacteurs nucléaires. Après un moratoire sur l’énergie nucléaire le dernier réacteur a été fermé en 1990. L'Italie importe actuellement 17% de son électricité des pays voisins, dont la France et la Suisse, ce qui a rendu possible le gigantesque black-out qui l'a touchée le 28 septembre 2003 |, .

Slovénie

La Slovénie fermera son unique centrale nucléaire de Krško en 2023.

Suède

Un référendum a suivi en 1979 l’accident de Three Mile Island survenu aux USA. Il a été jugé partial car les trois réponses possibles conduisaient toutes plus ou moins à l’arrêt du nucléaire civil. Le parlement a interdit dès 1980 la construction de nouveaux réacteurs nucléaires et a fixé la date limite d’exploitation des centrales existantes à 2010. Après l’accident nucléaire de 1986 en Ukraine, la question de la sécurité nucléaire a été de nouveau discutée et l’arrêt des deux réacteurs de Barseback décidé, l’un en juillet 1998, l’autre avant juillet 2001, bien que cette perte d’énergie dut être compensée. Le gouvernement suivant a essayé de relancer le programme nucléaire mais, suite à des protestations, y a renoncé et décidé de repousser l’échéance à 2010. À Barseback, le premier réacteur a été fermé le 30 novembre 1999 et le second le 1 juin 2005. L’arrêt de l’exploitation de la filière nucléaire a été très controversé en Suède où certains redoutaient qu’elle perde ainsi de sa compétitivité au niveau international. La pour compenser l’abandon des réacteurs de Barseback. En 1998, le gouvernement a décidé de ne pas construire d’autres barrages hydroélectriques afin de préserver les ressources d’eau nationales. Malgré des recherches d’autres sources d’énergie, En mars 2005, un . Un autre . Des .

Australie

L’Australie n’a jamais exploité de centrale nucléaire. L’Australie dispose de grandes réserves de gaz naturel et d’un charbon peu onéreux. La majorité politique est toujours opposée à l’énergie nucléaire, autant pour des raisons environnementales qu’économiques. Cependant, certains politiciens commencent à penser que l’énergie nucléaire pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre et permettre de construire des usines de dessalement de l’eau.

Pays avec un moratoire sur la construction de nouvelles centrales

Espagne

En Espagne un moratoire a été adopté par le gouvernement socialiste en 1983 et la planification d’un arrêt progressif est discutée à nouveau.

Pays ayant eu un moratoire sur la construction de nouvelles centrales

Suisse

En Suisse de nombreux référendums sur ce sujet commencèrent dès 1979 par une initiative populaire de « citoyens pour la sécurité nucléaire », qui a été rejetée. En 1984, un vote pour « un futur sans nouvelle centrale nucléaire » a été rejeté à 55%. Le 23 septembre 1990 deux référendums concernaient l’énergie nucléaire. L’initiative « arrêter la construction de nouvelles centrales nucléaires » qui proposait un moratoire a propos de la construction de nouvelles centrales nucléaires a été adoptée à 54, 5%. L’initiative d’un arrêt progressif des centrales nucléaires existantes a été rejetée à 53%. En 2000, une « taxe verte » proposée pour le développement de l’énergie solaire a été rejetée à 67%. Le 18 mai 2003 deux référendums : « Sortir du nucléaire - Pour un tournant dans le domaine de l’énergie et pour la désaffectation progressive des centrales nucléaires (Sortir du nucléaire) » proposant l’arrêt progressif de l’exploitation de la filière nucléaire, et « Moratoire-plus - Pour la prolongation du moratoire dans la construction de centrales nucléaires et la limitation du risque nucléaire (Moratoire-plus) » proposant l’extension du moratoire déjà adopté, ont tous deux été rejetés. Les résultats furent : « Sortir du nucléaire » 66, 3% non, et « Moratoire-plus » 58, 4% non. Le programme « Sortir du nucléaire » proposait l’arrêt progressif de toutes les centrales nucléaires avant 2033 ; le programme « Moratoire-plus », quant à lui, proposait la prolongation du moratoire de 10 ans, ainsi que l’arrêt des réacteurs existants après 40 ans de fonctionnement. Le rejet du référendum « Moratoire-plus » a surpris, les sondages prévoyaient qu’il emporterait l’adhésion. En 2005, la Suisse exploitait quatre réacteurs nucléaires (Beznau, Gösgen, Leibstadt, et Mühleberg) produisant près de 40% de son électricité. Le reste provient de barrages hydroélectriques. Ces barrages hydroélectriques sont régulièrement réalimentés par pompage, la nuit, afin de profiter de l'énergie électrique des pays frontaliers comme la France par le biais de l'énergie nucléaire.

Pays construisant ou envisageant de construire de nouvelles centrales

États-Unis

Les États-Unis envisagent de relancer la construction de réacteurs, stoppée après l’accident de Three Mile Island (1979). Le programme nucléaire 2010 coordonne les efforts visant à construire de nouvelles centrales nucléaires et le programme de l’énergie laisse une grande place aux industries pétrolières et nucléaires.

Brésil

Le Brésil, qui possède d’importantes réserves de minerai d’uranium, envisage de renforcer ses capacités en construisant une nouvelle tranche nucléaire sur le site d’Angra dos Reis (près de Rio de Janeiro). Ce pays prévoit par ailleurs un enrichissement de l'uranium domestique.

Chine

La Chine doit faire face à une très forte augmentation de la demande en énergie et envisage la construction de 36 tranches nucléaires de 1000 MW dans les 15 ans à venir. Cela ne porterait toutefois qu’à 4% (soit 0, 8% de l’énergie) contre 1, 6% actuellement (soit 0, 3% de l’énergie) la part du nucléaire dans la consommation chinoise d’électricité.

Inde

L’Inde construit actuellement de nouvelles centrales nucléaires. En 2006, 3% de l’électricité (soit 0, 6% de l’énergie) de l’Inde était d’origine nucléaire, et la politique actuelle vise à porter ce taux à 25% (soit 5% de l’énergie) pour 2050. Le 18 décembre, l’Inde et les États-Unis ont signé un accord pour un partenariat sur la technologie nucléaire.

Japon

Le Japon a remis en route en 2002 des centrales nucléaires qu’il avait arrêtées, mais a dû fermer 17 réacteurs simultanément suite à un scandale de falsification des inspections de sûreté.

Russie

La Russie prévoit d’augmenter le nombre de réacteurs en opération de 29 à 59. Les vieux réacteurs seront conservés et remis en état, y compris les unités RBMK similaires aux réacteurs de Tchernobyl.

Pays-Bas

En 1994, le parlement néerlandais a décidé de ne plus utiliser l’énergie nucléaire après un débat sur le retraitement et le stockage des déchets nucléaires. Le réacteur de Dodewaard fut arrêté en 1997. Le parlement décida alors d’arrêter le réacteur de Borssele fin 2003, mais cette décision fut repoussée à 2013 puis annulée en 2005. Des recherches d’exploitation du nucléaire furent lancées. Le changement de politique a été précédé par la publication du rapport de l’Alliance Démocratique Chrétienne sur l’énergie soutenable. Les autres partis cédèrent. Les Pays-Bas ont mis en service un entreposage de longue durée pour les déchets à vie longue.

France

En France, le baromètre d’opinion sur l’énergie réalisé par le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) pour le compte de l’Observatoire de l’énergiel'Observatoire de l'énergie dépend du ministère de l’Énergie vise à examiner régulièrement l'évolution des opinions sur les thématiques liées à l'énergie. Il prend la forme d'une enquête auprès d'un échantillon représentatif de 2005 personnes âgées de 18 ans et plus, sélectionnées selon la méthode des quotas. Les principaux résultats obtenus en janvier 2006 sont :
- « Le choix du nucléaire au service de l'électricité reste soutenu par une majorité relative de Français mais l'engouement des années 2003-2005 se restreint.
- La production et le stockage des déchets radioactifs est l'inconvénient majeur du nucléaire et redevient central.
- Une large majorité de Français souhaitent la poursuite de l'exportation d'électricité produite à partir du nucléaire, y compris chez ceux qui critiquent l'utilisation du nucléaire.
- Les craintes sur les augmentations de prix concernent toutes les énergies sauf l'électricité. » L'Eurobaromètre (sondage de grande ampleur réalisé par la Commission européenne) de janvier 2006 montre que, pour réduire la dépendance énergétique, seuls 8% des français souhaitent des investissements dans le nucléaire (pour l'ensemble de l'Union européenne, le chiffre est de 12%)http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/ebs/ebs_247_fr.pdf Selon un sondage réalisé en juillet 2006 par BVA pour le compte de « Agir pour l'environnement » auprès de 1000 personnes, 81% des personnes interrogées pensent que le nucléaire est une technologie à risque et 31% pensent que face aux enjeux énergétiques, il faut développer l’énergie nucléaire, (50% en ce qui concerne les cadres supérieurs et 20% chez les autres employés). EDF (121 GWatt Monde, 100 GWatt en France) produit 78% de son électricité grâce à 58 réacteurs nucléaires (12% énergie renouvelable). La loi publiée au JO du 14 juillet 2005 impose (17 articles) 10% d’énergie renouvelable à horizon 2010, multipliée par la définition des zones de développement de l’éolien (ZDE) remplacant le thermique classique, et impose aussi le maintien du nucléaire en 2020 par l’EPR (European Pressurized Reactor) de test à Flamanville à horizon 2015. En août 2005, le groupe français Suez (27 GWatt europe, 5 GWatt en France) acheta Electrabel Belgique (compagnie d’électricité), qui fait fonctionner certains réacteurs. Un rapport sur la possibilité de traitement des déchets radioactifs a été commandé par le gouvernement français : il s’agit de la loi Bataille du 30 décembre 1991. Ce rapport a été rendu en 2006 et a donné lieu à la loi du 28 juin 2006 qui organise la poursuite de la recherche pour la gestion des déchets HAVL.

Finlande

Récemment, la Finlande a décidé de construire un EPR sous l’impulsion des industriels électro-intensifs (papetiers notamment) .

Voir aussi

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